Serge Gaillard: Dois-je leur rappeler que j’étais économiste en chef de l’Union syndicale suisse avant d’être le chef de la Direction du travail?
La campagne sur l’assurance chômage est lancée – tsr.ch – info – suisse.
Serge Gaillard: Dois-je leur rappeler que j’étais économiste en chef de l’Union syndicale suisse avant d’être le chef de la Direction du travail?
La campagne sur l’assurance chômage est lancée – tsr.ch – info – suisse.
Depuis dimanche, bruit et vacarme tournent au-dessus et dans nos/ma têtes.
La Suisse se retrouve dans la tourmente. Contrairement aux années 1940, cette tourmente-ci c’est la Suisse elle-même qui a choisi de la provoquer.
Face aux réactions externes et aux donneurs de leçons hors sol, la mythologie et l’imaginaire helvétiques aboutiront à crisper encore plus les Suisses sur eux-mêmes selon les «bons» vieux principes du hérisson et du Réduit national. Ce phénomène-là n’aidera en aucune manière —ou très difficilement— celles et ceux profondément blessés par le résultat de ce dernier dimanche et attachés à une Suisse confiante en l’avenir, ouverte au monde et tolérante.
Par ailleurs, les réactions des pays Européens sont aussi à comprendre dans leur logique intérieure propre. Nul doute qu’une part de la vigueur de leur réaction au vote de dimanche passé vient du fait qu’ils craignent que ce vote n’entraîne une réaction de même ampleur chez eux également. L’exploitation des résultat par les différents courants européens soit populistes, soit d’extrême-droite, voire de certains membres de gouvernement comme en France ou en Italie, est venu confirmer ces craintes.

Photoglob Zurich (P.Z.) : Fabrique de chaussures C.F. Bally, Schönenwerd, menuiserie, photochromolithographie, vers 1900.
Pour notre part et depuis 1992, l’affrontement entre deux Suisses n’est pas sans évoquer la situation de notre pays entre la République helvétique de 1798 et la Guerre du Sonderbund de 1847 dans le prolongement des Lumières et de la Révolution française avec schématiquement, d’un côté, une Suisse rurale, conservatrice et réactionnaire et, de l’autre, une Suisse urbaine, industrieuse et progressiste. En 2009, si ces composantes restent globalement les mêmes, je note quelques différences significatives
Ainsi, de manière symétrique entre 1848 et 1939, le mouvement catholique-conservateur a vu l’arrivée, avec l’encyclique Rerum Novarum, du mouvement chrétien-social alors que le radicalisme s’est fractionné en premier lieu avec l’émergence dans les années 1880 du socialisme, ensuite en 1919 avec le départ des artisans et paysans pour le parti paysans, artisans et bourgeois (PAB). De plus, dans les années 1930, les tendances réactionnaires n’ont pas épargnés non plus les radicaux, comme les libéraux romands.
Aujourd’hui, en 2009, force est de constater que nous sommes dans un trend conservateur et réactionnaire qui peut s’adosser à un parti: l’UDC. De plus, contrairement aux années 1930, la scène politique nationale existe qui est plus que la seule agrégation des différents résultats cantonaux. Nul sonderfall helvétique en l’occurence —comme d’habitude serais-je tenté de le dire— puisque ce trend est européen. Il est renforcé du fait
D’autre part, le camp de l’ouverture et du progressisme est clairement à reconstruire. La tâche n’est pas simple puisqu’il devrait le faire entre des composantes inscrites dans plusieurs partis de gauche comme de droite. Elle est d’autant moins simple qu’en certaines occasions des majorités de circonstances UDC-Socialistes-Verts naissent au Parlement fédéral, voire dans les cantons ou les communes. De plus, il serait erroné de penser que ces tendances contradictoires ne touchent pas le parti des Verts qui, pour certains, pourrait servir de pivot à la recomposition du paysage politique suisse. Aucun parti n’est ainsi épargné par cette question de la recomposition.
Toute la question reste de savoir si le repli identitaire ira en s’approfondissant ou si, devant la dégradation de notre position et notre isolement à l’international, l’intégration européenne apparaîtra finalement comme notre seule bouée de sauvetage. Et, ce dernier dimanche, il est clairement apparu que l’inclinaison du curseur dans un sens comme dans l’autre dépendra beaucoup du choix que feront les milieux économiques.
Illustrations de l’article:
Le photochrome est un procédé suisse présenté lors de l’exposition universelle de Paris en 1889. Le procédé connaîtra un succès immédiat dans le monde entier jusqu’aux prémices de la Première guerre mondiale et l’arrivée des cartes postales. On les redécouvre depuis peu. D’autre part;
ces photos aux couleurs si vives instaurent une proximité immédiate entre elles et nous. Elles ont beau décrire un monde englouti, celui-ci est en haute définition: tout est net, du premier à l’arrière-plan, du ciel azur à la prairie au vert assourdissant. Tout est aussi un peu trop défini, surligné, joli et à vrai dire manipulé. Car en plus de choisir leurs couleurs, les alchimistes de Photoglob ne se gênaient pas pour trafiquer leurs images, ajoutant une barque ici, un armailli là ou changeant l’emplacement d’un hôtel de montagne pour qu’il s’inscrive dans la perspective.
Luc Debraine «Haute définition» | Le Temps, 3 décembre 2009
Usine Bally: Photoglob Zurich (P.Z.) : Fabrique de chaussures C.F. Bally, Schönenwerd, menuiserie, photochromolithographie, vers 1900.
©Slg. Photoglob-Wehrli, EAD / Graphische Sammlung, Schweizerische Nationalbibliothek ; (aus : Schweizerische Landesmuseen, Sammlung Herzog)
Moissons: Switzerland, canton of Grisons, Engadin, hay harvest, photochrome c1900. Lien: http://www.topfoto.co.uk/gallery/harvest/ppages/ppage25.html

Une belle carte! Un beau résultat! Des citoyens suisses capables, mieux que certains analystes et journalistes, de ne pas tomber dans le piège de l’amalgame et du discours des opposants. Une leçon à retenir, non?
LeTemps.ch | Les Suisses disent «oui» à 59,6%
Rien ne m’agace plus que cette volonté de nous faire croire que seuls les Européens «profitent» des accords bilatéraux sur la libre-circulation des personnes. Rien n’est plus faux et encore plus faux que je ne le pensais.
Sait-on seulement que les Suisses expatriés dans l’Union européenne représentent l’équivalent des deux-tiers de la population du canton de Vaud? [1]
Sait-on seulement qu’entre 2004 et 2007, le nombre de Suisses résidant dans l’Union européenne est passé de 388’000 personnes (sur 623’000 Suisses expatriés) à 415’000 (sur 668’000 Suisses expatriés)? [1] Ainsi donc à plus de 90%, la croissance de Suisses expatriés dans le monde est due à leur établissement dans l’Union européenne.
Sait-on seulement que des Européens ou des Suisses, en pourcentage de la population, ce sont les Suisses qui «profitent» le plus de ces accords? Et pas d’un petit bout, 25 fois plus! Ainsi, en 2006, c’est l’équivalent de 5% de la population suisse qui était établie dans l’Union européenne contre seulement 0,2% de la population de l’Union européenne en Suisse. [2]
Ainsi donc la fermeture des frontières -résultant de la non-reconduction des accords bilatéraux sur la libre-circulation- pénaliserait en premier lieu la libre-circulation des Suisses. Etonnant, non?
Notes:
[1] Source: Département fédéral des affaires étrangères, Service des Suisses de l’étranger (Schweizer im Ausland)
[2] Source: Europäische Kommission: La libre circulation des personnes
Banque de données: La Confédération met toutes les votations depuis 1848 en ligne:
En quelques clics, les internautes pourront retrouver les thèmes, les campagnes, les mots d’ordre et les résultats aux niveaux national, cantonal et communal. Cette plateforme «Swissvotes» – pour l’instant disponible seulement en allemand – sera actualisée régulièrement.
Pour toutes les votations depuis 1966, Swissvotes propose un lien direct vers la description, dans l’Année politique suisse, de la campagne de votation et du comportement des votants, a précisé jeudi l’Office fédéral de la statistique (OFS).
D’autres liens renvoient à des publications officielles dans la Feuille fédérale et, pour la plupart des votations depuis les années 1990, au livret d’explications du Conseil fédéral et aux délibérations parlementaires.
L’offre est complétée par des aperçus statistiques, un fichier de données pour réaliser des analyses personnelles ainsi que des informations de base sur l’histoire des droits populaires, des partis et des associations.
“Swissvotes” a été réalisée par l’Université de Berne en collaboration avec la Chancellerie fédérale et l’OFS.
Source : 24heures.ch
20 bloggeurs suisses s’associent pour soutenir la poursuite et l’extension de l’accord sur la libre circulation (dimanche 18 janvier 2009)
A l’initiative du bloguer vert Andrea Kyriacou de Zurich, 20 bloggeurs se sont associés pour soutenir le « OUI », pour les votations du 8 février. Sont aussi de la partie: quatre parlementaires nationaux, d’autres bloggeurs célèbres, comme le blog satyrique (de langue allemande) Swiss-lupe et le blog franco-anglophone très connu climbtothestars. Des représentants Socialistes, Verts, Chrétiens-socials, Démocrates-Chrétiens, Radicaux, Libéraux et UDC participent avec des articles issus des trois régions linguistiques et en Anglais.
Jusqu’au dimanche de votation, chaque participant rédige une contribution sur son blogg, dans lequel il explique pourquoi nous devons voter « OUI » le 8 février. Chaque contribution apparaît aussi sur le site internet de la campagne pour le « OUI » : http://www.bilablog.ch / http://www.bila-blog.ch . Bilablog.ch peut publiera ainsi quotidiennement au moins un nouvel article pendant toute la campagne précédant les votations. D’autres bloggeurs sont bien-entendu invités à participer.
Sollicité par Andrea, Politis.ch participe à cette action et publiera un billet spécifique relativement à la position des pro-européens sur la votation du 8 février 2009. Politis.ch affiche donc la bannière spécifique de l’action. Je vous incite à en faire de même. Lire la suite