- Lavaux: Il va falloir choisir entre un musée ou une région vivante | Jean Christophe Schwaab – «Disons-le tout net: autant les deux précédentes initiatives «sauver Lavaux» de M. Weber étaient indispensables pour protéger Lavaux, autant la no 3 serait nuisible. En effet, elle figerait presque totalement la région et empêcherait presque toute nouvelle construction, même si elle ne porte pas atteinte au site, même si elle est d’utilité publique, même si elle se situe hors de la zone viticole. Ainsi, un grand projet de la commune de Bourg-en-Lavaux sur la place de la gare de Cully (services publics, logements, commerces à proximité d’une gare qui jouira bientôt de la cadence au quart d’heure vers Lausanne…) serait condamné en cas de «oui». Il en irait de même d’un autre projet autour de l’hôpital de Lavaux, qui pourrait entre autre contenir des logements protégés.»
La solution pour Jean-Christophe Schwaab ? Le contre-projet élaboré par le Grand Conseil vaudois.
- Vidéosurveillance : ce n’est pas parce que les caméras ne servent à rien qu’il ne faut pas en rajouter | BUG BROTHER – «Si les caméras de vidéosurveillance ne servent presque à rien et ne permettent que rarement d'identifier ou d'interpeller des suspects, elles n'en déportent pas moins la délinquance vers d'autres zones, non vidéosurveillées. Résultat : les habitants de ces zones non couvertes par les caméras développent un sentiment d'insécurité et… réclament des caméras.
C'est le constat accablant effectué par la chambre régionale des comptes, qui s'est penchée sur la politique de sécurité de la ville de Toulon, où les 34 caméras n'ont pourtant permis que 15 interventions en flagrant délit, et une quarantaine de réquisitions, depuis 2005.
[…]
Voir également la très jolie "Une" qu'a récemment consacré OWNI à ces petits villages qui, à l'instar de Baudinard-sur-Verdon (155 habitants, 12 caméras), achètent eux aussi des systèmes de vidéosurveillance, quitte à y consacrer 20% de leur budget, à en installer pour surveiller des… lacs, ou encore à se doter de… fausses caméras. Ou encore ce palmarès des villes sous vidéosurveillance, où l'on découvre que 17 des 23 caméras d'Aulnay sont en panne, ou encore que certaines municipalités vont jusqu'à installer de fausses caméras : elles ne coûtent pas un bras, et les gens ont l'impression d'être protégés. Comme, de toute façon, les caméras ne servent quasiment à rien…»
Archives du mot-clef vidéosurveillance
Ecole: A quoi sert la vidéosurveillance ?
Le Café pédagogique revient aujourd’hui sur l’étude d’impact consacrée à la vidéosurveillance dans les lycées franciliens. Cette étude a étépubliée en 2007 par l’IAURIF, un institut d’urbanisme francilien. Elle redevient d’actualité en France dans le débat actuel sur l’autorité et la violence scolaire. Comme pour les autres utilisations de la vidéosurveillance, elle montre que celle-ci a une efficacité très limitée et qu’elle n’est qu’un pis-aller lorsqu’elle ne sert qu’à masquer des désengagements et un manque de personnel.
Une aide à la disciplinarisation.
[la vidéosurveillance] est efficace, lorsque les caméras sont placées à l’intérieur du lycée, sur la diminution des petits désordres susceptibles de perturber la vie scolaire dès lors qu’elle est bien exploitée. Ceci signifie que la vidéosurveillance doit s’accompagner d’une politique de sanction ou, tout du moins, d’une réponse à l’acte identifié… L’installation de caméras à l’intérieur des lycées a donc pour fonction d’appuyer la politique de disciplinarisation des comportements, d’aider à garantir l’ordre scolaire. »
La vidéosurveillance ne règle pas les questions de délinquance.
« Par contre, l’impact de la vidéosurveillance est limité pour la lutte contre les intrusions et les vols. En effet, sous réserve de données plus précises que celles que nous avons pu mobiliser dans le cadre de cette étude, il apparaît d’une faible efficience sur la diminution des vols des biens personnels (portefeuilles, portables, MP3) et dans la lutte contre les cambriolages… Son impact est également limité pour lutter contre les intrusions qui ne cessent pas, dans les sites étudiés, avec l’installation de caméras. Pour plusieurs raisons : des lieux non surveillés sont empruntés, des stratégies d’esquive sont adoptées pour déjouer la surveillance des caméras (visage masqué ou entrée au même moment qu’un flux d’élèves) ».
Comme pour les autres situations, J.P. Huchon, président du conseil régional d’Ile-de-France, préconise la présence de personnes réelles plutôt que des dispositifs techniques aussi perfectionnés soient-ils pour résoudre de tels problèmes:
« Pour que les lycées soient réellement protégés, il ne suffit pas de construire des murs et d’installer des caméras de vidéosurveillance… Il faut créer des postes de surveillants à temps plein dans les établissements. Il faut stopper les suppressions d’emplois » .
via L’Expresso du 2 Juin 2010.
La Grande-Bretagne enterre la société de surveillance
Pour son tout premier discours de politique générale, Nick Clegg, le nouveau Vice-Premier ministre libéral-démocrate britannique, a déclaré vouloir mettre un terme à la société de surveillance :
Il est scandaleux que les gens respectueux des lois soient régulièrement traitées comme si elles avaient quelque chose à cacher.
via La Grande-Bretagne enterre la société de surveillance – BUG BROTHER – Blog LeMonde.fr.
Tu es un terroriste / Du bist terrorist / You're a terrorist
«Il n’y a pas eu une seul attaque terroriste internationalement planifiée en Allemagne. Mais avec vous et les 82 millions autres terroristes, nous devons être attentifs à ce que ce ne change pas. […] Parce que vous êtes un terroriste.»
Vidéosurveillance: lire, comprendre, débattre…
Pour prolonger la réflexion et la discussion relativement aux questions touchant à la vidéosurveillance, je vous propose deux ouvrages qui replacent la question de la vidéosurveillance dans le contexte plus global des nouveaux dispositifs de contrôle et de la modification de notre rapport au monde qui en découle.
Eric Sadin (2009) Surveillance globale – Enquête sur les nouvelles formes de contrôle. Paris: Flammarion ISBN 978208122297
Nous vivons dans un monde sous surveillance : plus personne n’oserait en douter. Mais quelle forme prennent aujourd’hui les nouveaux dispositifs de contrôle et en quoi sont-ils différents des pratiques du siècle dernier ? Comment modifient-ils notre rapport au monde et aux autres ? Vont-ils jusqu’à menacer le droit à la vie privée ? Telles sont les questions abordées dans ce livre, qui reprend ainsi un débat ancien sous un jour totalement nouveau. Car il ne s’agit plus seulement d’assurer une surveillance ciblée pour déceler les comportements déviants et les punir, mais de prévenir toute dérive en instaurant un traçage permanent et généralisé. Il ne s’agit plus d’observer l’espace public, mais de pénétrer les espaces privés pour accumuler des données sur chaque individu, considéré sinon comme un terroriste en puissance, du moins comme une cible marketing, ou un voisin à espionner. S’organise ainsi un scannage ininterrompu des actes et des désirs, abolissant la frontière entre surveillant et surveillé, entre monde physique et monde virtuel. Au moyen de procédés que nous relayons ou alimentons à notre insu – vidéosurveillance, géolocalisation, bases de données, biométrie, puces RFID, logiciels d’analyse comportementale un Big Brother désincarné, dont nous sommes à la fois victimes et complices, opère désormais en chacun de nous. Mêlant l’enquête à la réflexion, cet essai explore avec une acuité remarquable les multiples enjeux de la surveillance contemporaine, et incite chacun à réagir face au danger d’une nouvelle servitude volontaire.
En complément, on pourra lire également une interview de l’auteur par Chronicart : Eric Sadin – Self Control.
Françoise de Blomac et Thierry Rousselin (2008). Sous surveillance. Démêler le mythe de la réalité. Ed. Les Carnets de l’info ISBN : 978 2 9166 2829 5
Caméras de surveillance au coin de la rue, localisation de votre téléphone par votre patron, images satellites qui montrent jusqu’au détail de votre serviette de bain, puce électronique sous la peau pour entrer au carré VIP d’une boîte à la mode… Sommes nous tous aujourd’hui réellement sous surveillance ? Toutes ces merveilleuses techniques, qui protègent nos enfants et nous facilitent la vie, ne sont-elles pas en train de construire un Etat de surveillance totale ? Si c’est le cas, pourquoi la délinquance ne faiblit-elle pas et pourquoi Ben Laden reste-t-il introuvable ? Et qui tire les ficelles ? Même si l’assemblage cohérent de toutes ces techniques relève encore aujourd’hui plus du fantasme des séries télé que de la réalité, nous sommes en train de franchir un pas (irréversible ?) en abandonnant certaines de nos libertés fondamentales au profit d’une sécurité (peut-être) accrue. L’heure est à la vigilance, si nous voulons que Big Brother reste au rayon «anticipation ».
Mais pour cela, encore faut-il démêler le possible de l’impossible, la réalité du mythe …
Une interview vidéo de Thierry Rosselin:
BPI: Thierry Rousselin, consultant en observation spatiale
envoyé par SmallbrothersOrg. – L’actualité du moment en vidéo.
Après ces deux lectures, peut-être souhaiterez-vous vous détendre? Pourquoi ne pas le faire à l’aide d’un bon film de Science fiction? Je vous propose un bon Spielberg adaptant Philippe K. Dick:
Cet article de Wikipedia vous présentera notamment les différences entre le film de Spielberg et la nouvelle de Dick. Pour une présentation du film et de ses thématiques, vous pourrez lire également cette fiche film (.pdf).
Évidemment, la sortie du film a coïncidé avec la réédition de la nouvelle de Philippe K. Dick en édition poche Folio SF.
Il n’est pas inutile de souligner que cette nouvelle de Philippe K. Dick qui pouvait sembler n’être qu’un délire d’auteur de science-fiction trouvait une tonalité toute particulière et nouvelle avec le tournage et la sortie du film qui s’inscrivaient eux dans le contexte de l’Après-11 septembre et des diverses entorses faites au nom de la sécurité d’Etat par l’administration Bush…
Bon week-end et bonnes vacances de Février pour celles et ceux qui les débutent.
Vidéosurveillance: et pourquoi pas dans nos chambres à coucher?
S’il s’agit de lutter contre la criminalité à l’aide de la vidéosurveillance autant s’attaquer aux espaces où se commettent le plus d’infractions. Or, l’espace où se commettent le plus d’infractions, ce n’est pas la rue, mais nos chambres à coucher. Démonstration par Anastassia Tsoukala.
Identification et surveillance des individus (Bpi, 2009)
envoyé par Bpi_Centre_Pompidou. – L’info video en direct.
Le premier argument qui est avancé pour justifier les politiques et les moyens de la vidéosurveillance, c’est l’argument de la sécurité. Par extension, c’est pour notre bien que nous devons accepter le sacrifice de notre vie privée. Si c’est ainsi on peut s’attendre à ce qu’on applique la même logique à tous les contextes. Or il s’avère que toutes les enquêtes de criminologie indiquent que l’espace le plus criminogène, c’est-à-dire où se commet le plus d’infraction dans nos villes contemporaines, ce n’est pas la rue, mais c’est notre domicile et surtout nos chambres à coucher. C’est là où sont commis les violences conjugales, les cas d’inceste, de viol, de maltraitance d’enfants. etc. Nous avons là des milliers de victimes réelles et pas hypothétiques. Devrions-nous alors au nom de la violation de toute une série de valeurs sociales incontestables accepter l’installation de caméras de surveillance dans nos chambres à coucher?
Anastassia Tsoukala (juriste, criminologue, maître de conférences à Paris XI) participait à la dernière table ronde « Identification, surveillance et libertés individuelles » dans le cadre du colloque « Identification et surveillance des individus : quels enjeux pour nos démocraties », organisé par la Bibliothèque publique d’information – Centre Pompidou le 17 janvier 2009.
Vidéosurveillance: le mirage technologique
Une nouvelle fois le topoï de l’angélisme dont ferait preuve la gauche nous est resservi concernant les caméras de vidéosurveillance. Pourtant à y regarder de plus près, il y a deux attitudes possibles en matière de sécurité: l’une qui cherche à vérifier le plus objectivement possible qu’un tel moyen serve effectivement à atteindre les objectifs fixés; l’autre qui gesticule à la proximité d’échéances électorales pour faire croire qu’on a la solution miracle.
« On ne peut pas dire que les techniques modernes sont inutiles. Quand on sait ce que l’on cherche, ça peut aider beaucoup. Mais si on ne sait pas ce que l’on cherche, on est automatiquement noyé dans des millions d’informations dont on ne sait que faire. La technique n’est qu’un soutien logistique à un travail de renseignement alors qu’elle est présentée aujourd’hui comme la solution miracle qui produit elle-même le renseignement. C’est là qu’est l’erreur fondamentale, le mirage de «l’enchantement technologique» […] Si on met des caméras à tous les coins de centre-ville, il faudra embaucher des milliers de gens pour regarder les images collectées. Tous ces éléments techniques ne sont ni préventifs, ni dissuasifs lorsqu’ils sont dirigés vers l’espace public en général. Les techniques ne peuvent qu’appuyer les enquêtes pour trouver quelque chose après coup, si on dispose déjà de pistes. Si on ne sait pas ce que l’on cherche, la technique ne peut rien, elle est aveugle. C’est l’homme qui a des yeux et un cerveau, ce n’est pas la machine. »
Ces propos de Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), publiés par le journal Libération en 2005 sont mêmes confirmés quatre ans plus tard par le ministère français de l’Intérieur, peu susceptible d’être considéré comme un opposant au développement des systèmes de vidéosurveillance par les collectivités publiques, lorsque ce dernier répond le 25 août 2009 à une interpellation d’un député UMP à l’Assemblée nationale dans les termes suivants:
«Il n’est pas effectué de corrélation nationale entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et leur impact sur les crimes et délits commis sur la voie publique, ainsi que les taux d’élucidation.»
Dès lors, comment peut-on expliquer cet engouement de certains politiques pour la vidéosurveillance? Pour Philippe Madelin, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité,
«La vidéo surveillance […] semble plutôt relever de l’argumentation «politique» plutôt que de l’efficacité réelle. En dotant la ville d’un système, d’une certaine manière le Maire ne garantit pas la diminution de la délinquance, mais la prise en compte de tous les paramètres de la sécurité. On réclame des renforts de police nationale ou de gendarmerie, qui ne viennent pas ; donc on veut accroître les effectifs de la police municipale, très coûteuse. En fin de compte, on croit pouvoir remplacer les «ressources humaines» par de la technologie.»
En d’autres termes, il s’agit pour le politique de gesticuler et de faire croire qu’il agit et non d’objectiver la nature exacte et l’ampleur des problèmes auxquels il s’agit de faire face, puis de se doter des moyens proportionnés et adéquats pour les solutionner. De plus, certains partis tirent un profit direct d’une insécurité réelle ou fantasmée.
Source: Vidéo surveillance : les questions « Dans le secret des faits – Philippe Madelin.
«Celui qui échange la liberté contre la sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et perdra les deux»
«Ces symptômes peuvent être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers. Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales, mais nos leaders essaient d’imposer des lois de plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour le justifier.»
Via YouTube – Hadopi, Loppsi, Sarkozie… Big Brother State ?.


