EF2011 : Les résultats du Conseil des Etats à La Tour-de-Peilz

Les résultats du Conseil des Etats sont maintenants disponibles sur le site de l’Etat de Vaud pour la commune de La Tour-de-Peilz. Voici les résultats bruts et mes commentaires.

Ce vd 2011

Un premier commentaire concerne la participation.  Elle se monte à près de 46% soit légèrement supérieure à celle des élections de 2007. Elle se situe dans la cible haute du taux de participation que j’avais indiquée vendredi dernier.

Au niveau des résultats eux-mêmes, je constate que Géraldine Savary et Luc Recordon obtiennent des résultats supérieurs à leurs résultats cantonaux (plus de 4% supérieurs). Géraldine Savary frôle la majorité absolue comme nous avions frôlé la majorité à la municipalité lors des communales de cette année.

Pour sa part, Isabelle Moret dépasse Guy Parmelin, mais avec un pourcentage inférieur à sa moyenne cantonale. Fathi Derder obtient lui un score légèrement supérieur à sa moyenne cantonale. Enfin, Isabelle Chevalley et Claude Béglé font légèrement mieux à La Tour-de-Peilz que sur le plan cantonal.

EF2011 : Premières réactions de Géraldine Savary

Sur le site de 24Heures, Géraldine Savary (PS/VD), qui arrive en tête dans la course aux Etats, donne ses premières réactions concernant tant son résultat que ceux du PS suisse concernant les élections fédérales.




Source : L’UDC, le PLR, le PDC et les verts perdent des plumes | 24 Heures

EF2001 : une participation symbolisant le désarroi des électeurs-trices vaudois-e-s ?

Ces derniers jours, les médias se sont préoccupés de la question de la participation aux élections fédérales. A partir des taux de participation du vote par correspondance, fort différents selon les cantons, voire les villes, ils se sont lancés dans des conjectures concernant le taux final de participation. Et si, simplement, les habitudes de participation changeaient et que les avis fluctuaient jusqu’au dernier moment?

Ainsi dans l’édition de ce jeudi du journal 24Heures («Les Vaudois voteront peu ou tard»), il était indiqué pour La Tour-de-Peilz un taux de participation de 28%. Associés aux résultats d’autres communes du canton, cela semblait justifier le titre et le chapeau de titre de l’article:

Un coup de sonde dans le canton montre des taux de participation modestes

A titre indicatif encore, les taux de participation finaux lors des précédentes élections fédérales se sont élevés pour le canton de Vaud à 42,7% en 2003 et 44,32% en 2007.

En cette fin de matinée de vendredi et pour La Tour-de-Peilz, le taux de participation s’élève désormais à 36,75% soit 2350 votants.

De manière générale, pour 2011, cela correspond à la manière de voter de nos électeur-trices boéland-e-s.1

En premier lieu, les fins de semaine forment les pics des dépôts de bulletin. Les «bons» week-end, c’est entre 5-10% des électeurs qui déposent leur bulletin à la Maison de commune (+ à la case postale). Le dernier week-end s’inscrit dans cette même fourchette.

En conséquence, nous pouvons prévoir que la participation finale des électeurs-trices boéland-e-s devrait s’élever entre 41-45%. Par ailleurs, une période de vacances scolaires semble peu influer sur la participation. Ainsi, début juillet et au deuxième tour de l’élection à la syndicature, la participation s’était élevée à 44,79% soit le plus haut taux de participation des communales pour La Tour-de-Peilz.2

En conclusion, le caractère du dépôt tardif des enveloppes dans l’urne paraît devenir la règle. Elle l’a été également pour la dernière votation cantonale sur l’école. La conséquence du vote par correspondance amène donc à un rallongement des campagnes électorales. Celles-ci commencent de 2 à 4 semaines avant l’envoi des bulletins aux électeurs-trices et doivent se poursuivre jusqu’au dernier week-end. Elles nécessitent donc des moyens tant financiers qu’humains supplémentaires en raison des modifications de comportement des citoyen-ne-s.

Visiblement, les citoyen-ne-s prennent de plus en plus tardivement leur décision soit qu’ils attendent d’être le mieux informés possibles, soit que leurs avis sont moins tranchés et sont susceptibles d’être «influencés» par un élément de dernière minute, soit parce que le «meilleur» choix à faire est de moins en moins évident à leurs yeux.

A ce dernier titre, en 2011, la multiplication des listes dans le canton de Vaud n’a certainement pas facilité ni les choix à faire, ni la lisibilité des enjeux de ce scrutin fédéral pour les quatre prochaines années. Les résultats éclairciront-ils mieux la situation? A vous de voir.

Nota bene : dans le carde des élections fédérales, nous utilisons l’abréviation EF2011 pour des articles en lien avec ce sujet. Je prends ainsi le mot-clé utilisé par la rubrique multimédia de la RSR pour les fédérales 2011 et son journal politique quotidien : #EF2011, le quotidien politique : http://paper.li/RSRinfo/1308736596

  1. La Tour-de-Peilz connaît cette année des scrutins à répétition! []
  2. là aussi le dernier week-end avait connu un dépôt élevé de bulletin dans l’urne soit plus de 5% []

Le «Oui à la LEO» à l'heure de l'analyse

Par 52%, les citoyen-ne-s vaudois-e-s ont dit oui à la LEO (loi sur l’enseignement obligatoire). Dans le même temps, l’initiative «Ecole 2010 – Sauver l’école» était refusée par 55,5 % des votants. Petite analyse.

Le tableau ci-dessous synthétise les résultats de la votation.

Oui leoJe souhaite mettre en avant les points suivants.

Tout d’abord, le rejet de l’initiative «Ecole 2010 – Sauver l’école» est clair et net. Pas de marche arrière et c’est heureux.

Ensuite, le résultat de la LEO est à observer en lien avec la question subsidiaire. En effet, et c’est l’élément le plus curieux des résultats, en cas de double oui, aucun des deux objets ne recueillait une majorité de votants. La «faute» en revient au pourcentage très élevé de «sans réponse» à la question subsidiaire (plus de 7% du corps électoral).

Deux explications possibles à cela. Premièrement, certains prônaient le double oui. Restait la question subsidiaire et une certaine dispersion des voix de ces électeurs entre les deux projets. Cependant, cela n’explique pas tout. En effet, entre la première question et la question subsidiaire, l’initiative «Ecole 2010 – Sauver l’école» ne récolte qu’un 1% de vote supplémentaire. Le contre-projet aurait alors dû obtenir 51% de suffrages favorables. D’où une deuxième explication : certains autres auraient effectué un vote tactique. Favorables au double non, ils auraient voté oui au contre-projet devant le risque qu’Ecole 2010 soit acceptée, mais une partie d’entre eux se seraient néanmoins abstenus lors de la question subsidiaire. En conséquence, le double-non n’a certainement pas été loin de l’emporter.

Cela nous amène au rôle du sondage électoral effectué deux semaines avant la votation par le journal 24 Heures et la chaîne La Télé. Celui-ci donnait alors l’initiative gagnante avec 56% des suffrages, mais un grand nombre de sondés indiquait être indécis. Personnellement, je pense que ce sondage a été favorable aux partisans de la LEO, car, devant le risque d’un succès de l’initiative, certains électeurs sceptiques devant la LEO, et plutôt favorables à un double non, ont modifié leur vote. D’autre part, la hausse de la participation en fin de campagne seulement montre que les électeurs ont été dubitatifs longtemps face aux deux projets présentés.

Au final, c’est certainement la volonté de ne pas chercher les solutions de demain dans l’école d’avant-hier qui a forcé la décision. Il faut aussi souligner la force d’un compromis politique forgé d’abord au sein du Conseil d’Etat, puis au sein du Grand Conseil vaudois.

Je note aussi que le Centre patronal vaudois vient de perdre coup sur coup deux votations importantes sur les PC familles et sur Ecole 2010. Il convient de s’interroger sur la légitimité du Centre patronal à employer les cotisations de ses membres dans de telles campagnes politiques où son idéologie plus que les véritables questions économiques lui tient lieu de boussole.

Un dernier point concerne l’implication d’Anne-Catherine Lyon dans la campagne. La pugnacité de la ministre socialiste où elle jouait grandement la suite de sa carrière politique a certainement joué un rôle positif. Les électrices et électeurs attendent qu’un magistrat s’implique et défende ses projets. La campagne lui a surtout permis de modifier son profil de technocrate ou de ministre (trop) consensuelle et terne. Elle y gagne aujourd’hui une nouvelle dimension.

Par ailleurs, la LEO reste, à mon avis, plus un vote de raison que de passion. Saura-t-elle réduire une querelle scolaire que l’initiative tentait de relancer ou ne représente-t-elle qu’une trêve avant de nouveaux déchirements? Dans tous les cas, le modèle scolaire réactionnaire recule en ce dimanche de votation. C’est la meilleure nouvelle du jour.

François Rosset: «La réforme scolaire n’est pas une simple recette» | 24 Heures

Doyen de la Faculté des lettres, François Rosset propose, dans un article publié sur le site de l’Université de Lausanne, un regard différent sur la bataille qui fait rage au sujet de la réforme de l’école vaudoise.

Tout d’abord : le niveau baisse-t-il?

«Le choeur des mécontents a toujours beaucoup murmuré quand il s’est agi pour les plus anciens de constater l’ignorance et l’incurie des plus jeunes. On pourrait facilement réunir un florilège d’imprécations et de regrets formulés depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours sur les manquements des maîtres, la dégradation des écoles, l’érosion du savoir. Il est pourtant peu probable que les propos gravitant autour de la prochaine votation sur l’école vaudoise méritent leur place dans un tel florilège, tant ils sont pauvres et inadéquats pour la plupart d’entre eux.»

Mais surtout que savent nos enfants?

«il n’est pas pertinent de poser la question : qu’est-ce que nos enfants ne savent pas ? Sans s’interroger dans l’autre sens : que savent-ils ? Ils savent une multitude de choses dont leurs grands-parents et leurs parents n’avaient même pas l’idée, et je ne parle pas ici de la simple manipulation des gadgets qui ont envahi notre quotidien.»

Et sur la question de l’orthographe?

Affirmer que l’on sauvera l’orthographe en séparant ou en réunissant les élèves relève de la naïveté ou du mensonge calculé.

Et maintenant que penser du débat scolaire actuel ? (24 Heures):

«On se focalise sur des constats comme le déficit en orthographe en faisant croire aux citoyens qu’avec tel système on va résoudre le problème. Or, ce n’est pas une loi qui permettra de combler des déficits de connaissances; une loi sert à définir une politique d’éducation et un cadre de fonctionnement, pas à établir des contenus ou à fixer des modèles pédagogiques. Le rapport d’une communauté à sa langue dépend de facteurs beaucoup plus complexes qu’un simple système scolaire. La preuve est que dans toute la francophonie, on observe les mêmes difficultés des jeunes avec la maîtrise du français alors que les systèmes scolaires y sont très différents.»

Tout ceci forme un ensemble de propos qu’on aurait souhaité entendre plutôt dans une campagne nivelée elle par le bas. Assurément.

Au final, puisqu’il ne s’agit pas de voter pour sauver l’orthographe, établir des contenus ou fixer des modèles pédagogiques, le vote de ce week-end est un choix politique

«qui aura davantage de conséquences sur le fonctionnement de la société vaudoise que sur les connaissances réellement acquises par nos enfants à l’école.»

D’un côté, nous sommes face à un projet d’école (Ecole 2010) qui stigmatise, divise et répartit les élèves dans des ordres et bâtiments scolaires distincts. De l’autre, un projet (la LEO) qui, tant bien que mal, cherche à éviter cette stigmatisation des élèves et cherche à les faire travailler ensembles. Ségrégation ou devenir commun pour les futurs citoyens vaudois ?

Source : François Rosset: «La réforme scolaire n’est pas une simple recette».

2e tour Municipalité : Osé? Osons! Votez…

Chères électrices et chers électeurs boéland-e-s,
Le 1er tour de l’élection à la municipalité de La Tour-de-Peilz a provoqué un ballottage général. De mémoire de Boéland-e-s, il s’agit d’un fait historique. Au vu de cette situation inédite, le Parti socialiste et les Verts ont pris la décision de présenter trois candidat-e-s au 2e tour de l’élection à la Municipalité, ce qui paraît parfaitement légitime.

En effet, ce trio répond à la confiance que la population de La Tour nous a faite en élisant 35 socialistes et Verts. Le PLR, quant à lui, présente un candidat de plus que notre entente alors même qu’il a obtenu quatre sièges de moins au Conseil Communal. C’est ainsi qu’aux côtés de Lyonel Kaufmann, municipal sortant, et Richard Sendra, secrétaire syndical, le Parti socialiste et les Verts soutiennent également la candidature de Taraneh Aminian, Dr. Ing. EPFL, conseillère communale, enseignante au Gymnase de Burier, fondatrice et Présidente de l’Association des Amis du Gymnase de Burier, bien connue notamment dans les milieux associatifs régionaux.
La configuration inédite résultant du 1er tour constitue une chance unique pour la ville de connaître un vrai changement et de donner à la politique municipale boélande un nouveau dynamisme, avec de véritables projets au profit de notre communauté.

Votez… le 3 avril 2011
Lyonel Kaufmann, 49 ans, marié, deux enfants, professeur formateur, municipal de la Sécurité et des Affaires culturelles
Richard Sendra, 44 ans, marié, un enfant, Secrétaire syndical, conseiller communal
Taraneh Aminian, 54 ans, mariée, 3 enfants, Dr. Ing. EPFL, conseillère communale, enseignante au Gymnase de Burier, fondatrice et Présidente de l’Association des Amis du Gymnase de Burier, ancienne Présidente du Conseil intercommunal du SIGE

Elections : ballotage général !

En fonction des équilibres politiques de ces dernières législatures, c’est une configuration inédite qui est sortie ce dimanche des urnes boélandes. En effet, le PLR ne fait élire, pour une fois, aucun de ses candidat-e-s de sa traditionnelle liste à quatre. De plus, pour la première fois, un socialiste, votre serviteur en l’occurrence, s’intercale en troisième position.

Par ailleurs avec près de 46% des suffrages obtenus, il s’agit tout simplement du plus haut score obtenu par un socialiste au premier tour d’une élections générale à la municipalité de La Tour-de-Peilz.
Pour mémoire en 2002, les libéraux et radicaux sortaient les quatre en tête et élisaient directement trois de leurs membres à la municipalité. Les quatre candidat-e-s étaient suivis des deux candidat-e-s socialistes et d’un candidat PDC et indépendants.
En 2006, les libéraux et radicaux faisaient le carton plein en élisant directement leur quatre candidats dès le premier tour. L’écart, certes, se resserrait, mais les deux candidats socialistes suivaient derrière et un candidat udc anecdotique fermait la marche.

Cette année, les écarts se resserrent donc davantage. Les résultats et les pourcentages sont les suivants:
- Frédéric Grognuz (PLR) 1280 voix soit 49% des suffrages;
- Nicole Rimella (PLR) 1253 voix (48%);
- Lyonel Kaufmann (PS) 1190 voix (45,6%);
- Olivier Wächli (PLR) 1185 voix (45,4%);
- Félix Keller (PLR) 1180 voix (45,2%);
- Richard Sendra (PS) 1090 voix (41,7%);
- Aloïs Raemy (PDC) 555 voix (21,3%);
- Jacques Devenoge (PDC) 400 voix (15,3%).

Concernant le Conseil communal, il est encore trop tôt pour connaître les équilibres politiques. Une chose paraît sûr cependant, le PS et les Verts représenteront au moins le 40% des sièges de l’hémicycle.

C’est donc un beau succès personnel et je remercie chaleureusement les électeurs et électrices boélandes qui m’ont accordé leurs suffrages. Je remercie également mon parti ainsi que les Verts qui nous ont soutenu mon collègue Richard Sendra et moi-même.

Et je vous invite à vous mobiliser pour le deuxième tour qui est agendé au dimanche 3 avril et à voter pour les deux candidats socialistes afin que l’équilibre des forces, et non la pure mécanique électorale, soit préservé à la municipalité.

Un lieu de débat sur l'école vaudoise de demain | école durable.

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

À la fin 2010, les citoyen-ne-s vaudois-e-s décideront de l’avenir qu’ils souhaitent donner à leur école. Deux visions se confronteront:

  • l’initiative populaire « Ecole 2010: sauver l’école »
  • et un contre-projet du Conseil d’État validé par le Grand Conseil.

Pourquoi changer, que changer ? Comment trouver le consensus indispensable à la sérénité des élèves, des familles et des enseignants ? Afin que chacun puisse répondre à ces questions avec clair­voyance, «école durable» se propose d’être le lieu d’un débat aussi nourri que nourrissant.

Ecole durable est une initiative et un site réalisé par la Société pédagogique vaudoise (SPV). Des interviews vidéos sont proposés en page d’accueil de personnalités qui auront leur rôle à jouer dans le débat:

  • Anne-Catherine Lyon, conseillère d’Etat en charge du Département de la jeunesse et de la formation;
  • Jacques-André Haury, député et médecin;
  • Barbara De Kerchove, présidente de l’Association des Parents d’Elèves (APE)
  • Jacques Daniélou, président de la SPV
  • Josiane Aubert, conseillère nationale
  • Philippe Meirieu, chercheur

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

Il est à noter que les initiants de l’initiative Ecole 2010 ont également été sollicité pour donner leur avis, mais qu’ils ont décliné l’invitation. Allons mesdames et messieurs les initiants, un peu de courage démocratique!

Différentes ressources également dont évidemment l’avant-projet de loi et le texte de l’initiative Ecole 2010.

Le site est clair et bien fait. Il y a même en première page un sondage vous permettant de donner votre avis à l’affirmation suivante:

Une école obligatoire efficace doit maintenir tous les élèves ensembles jusqu’à 16 ans, sans sélection.

Après 30 votes, 50% des votant-e-s étaient d’accord avec cette affirmation, 46,7% opposés et 3,3% indécis. N’hésitez donc pas à aller également donner votre avis!

Le site: Un lieu de débat sur l’école vaudoise de demain | école durable.

Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici de refaire le débat ou la campagne du 27 septembre dernier relativement à l’initiative des gendarmes, dite d’Artagnan, pour une police unique, mais de signaler la publication d’un compte-rendu concernant l’ouvrage de Steve Savage: Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de  Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Le compte-rendu de La Vie des idées est intéressant dans la perspective des politiques sécuritaires et de l’évolution des institutions policières. L’auteur, Jacques de Maillard, se propose dans son compte-rendu de répondre à la question suivante: comment le pouvoir politique peut-il engager des réformes d’ampleur des organisations policières ?

Il s’y emploie, et c’est un des intérêts de ce compte-rendu, en comparant les évolutions des institutions policières britannique et française. Il débute son propos par une présentation des réformes connues par les polices britanniques depuis les émeutes de Brighton de 1981.

Dans sa présentation de l’ouvrage, Jacques de Maillard souligne que Steve Savage propose une lecture qui rend justice au caractère composite et plurivoque des réformes. Ce dernier souligne principalement le poids combiné de trois facteurs de changement : les crises, les professionnels et les acteurs politiques.

Au niveau des réformes entreprises en Grande-Bretagne, celles-ci ont été articulées autour de trois axes principaux:

  • la managérialisation au travers de la mise en place de nombreux indicateurs relatifs à l’activité policière;
  • la centralisation avec la mise en œuvre de plans nationaux comportant des priorités d’action, y compris concernant les polices locales;
  • une préoccupation pour le lien entre police et population avec notamment le lancement, par le New Labour, de la police de voisinage (neighbourhood policing) qui repose sur les principes de visibilité et d’accessibilité des services de police.

Un autre élément significatif à relever concernant le cas britannique réside dans le recrutement de plus en plus large d’agents civils aux différents échelon de l’organisation policière. Dans un premier temps, ceux-ci sont intervenus dans les domaines de la communication pour progressivement être également recrutés dans le domaine des patrouilles, voire même de l’investigation judiciaire. Aujourd’hui, près de 40% des membres des polices britanniques sont des civils alors qu’en France le mouvement reste à un bien plus faible niveau avec 18 % de non policiers sur l’ensemble des effectifs de police nationale.

Dans sa comparaison avec le cas français, Jacques de Maillard relève d’autres différences:

  • si  les résultats des différentes polices britanniques (indicateurs) sont rendus publics, comparés et accessibles directement sur internet, les résultats des polices françaises demeurent centralisés et tournés vers l’Etat plus que vers les citoyens;
  • les réformes britanniques ont renforcé la centralisation du système alors que celle-ci reste persistante dans le cas français. Cependant, le centralisme britannique a suscité de fortes critiques et les excès du managérialisme centralisé ont conduit à des revendications d’un «nouveau localisme», aboutissant à la «police de voisinage»;
  • si en France, police et gendarmerie sont des administrations pyramidales et intégrées; en Grande-Bretagne, le centre n’a pas la responsabilité des forces de police, qui restent locales, mais il les pilote à distance par l’intermédiaire des instruments de suivi/contrôle (les indicateurs);
  • après avoir abandonné sa réforme de la police de proximité, la France s’interroge relativement à la question de la satisfaction de la population essentiellement au travers du seul prisme des résultats chiffrés de l’activité policière. A contrario, en Angleterre, différentes crises ont conduit à une remise en cause des modèles d’action et des modes d’organisation des polices.

Jacques de Maillard termine son travail de comparaison et son compte-rendu de l’ouvrage de Steve Savage de la manière suivante:

On se gardera d’une lecture qui pourrait explicitement ou implicitement faire du modèle britannique un modèle. Non seulement les systèmes policiers ne se transforment pas par décret en fonction des bonnes idées venant de l’étranger, mais le système britannique donne une idée des dérives potentielles associées aux velléités réformatrices : pression politique constante sur l’activité policière, pilotage de l’action uniquement en fonction de tableaux de bord chiffrés, etc. Le cas britannique peut cependant constituer une source d’inspiration dans l’élaboration de nouvelles directions pour l’activité policière, pour ce qui concerne la prise en compte des perceptions de la population vis-à-vis du travail policier ou le suivi réel des réformes engagées. Ces changements ont l’avantage d’attirer l’attention sur une dimension qui est au cœur de l’activité policière : celle-ci doit construire son autorité sur le consentement et l’acceptation par la population.

Source: Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Votation : les Vaudois-e-s sont attachés à leur police…

…quelle soit cantonale ou communale. C’est la première leçon à tirer des résultats de la votation de ce week-end. Globalement les citoyen-ne-s vaudois-e-s sont satisfaits des prestations offertes par leur police. Dans le cas contraire, ils et elles auraient voulu en changer «radicalement».

Vevey - Place du marché.

Vevey - Place du marché - Dimanche soir

Par ailleurs, les citoyen-ne-s attendent de leurs autorités qu’elles se positionnent clairement lorsqu’un objet qui les concerne est soumis en votation populaire. C’est la deuxième leçon. Globalement, là où les autorités communales ont donné leur position sans ambiguïté ou arrière-pensée —pour le OUI comme pour le NON—, elles ont été suivies par leurs électeurs.

Ce faisant, les citoyen-ne-s montrent leur attachement au rôle des communes en matière de sécurité et de police. Ce sont elles qui sont considérées comme le mieux à même de déterminer la forme que celle-ci doit prendre pour répondre à leurs besoins et à ceux de leurs habitants : police secours uniquement, contrat de prestation au-delà ou police communale/intercommunale.

Enfin, loin d’être le résultat d’une loterie, les citoyen-ne-s de ce canton ont pesé le pour et le contre, se sont fait une opinion en s’informant et ne se sont pas laissés détournés soit par des slogans forcément simplificateurs, soit par les considérations annexes qui ont constamment émaillé la campagne. Il s’agit maintenant de respecter ce verdict populaire et d’avancer rapidement dans la mise en place des nouvelles structures définies par le Protocole d’accord conclut entre l’Etat et les communes.

Pour la Riviera, les résultats de la votation est un important signe de confiance dans l’organisation régionale Police Riviera et pour les hommes et les femmes qui la font vivre au quotidien. Après la chaotique expérience de Police 2000, la voie choisie par les autorités communales est ainsi clairement plébiscitée. Un merci tout particulier aux électeur-trices de La Tour-de-Peilz qui ont accepté la police coordonnée à 64%.