L’empire Hollywood attaque Internet | OWNI

Aux États-Unis, les lobbyistes des industries culturelles soutiennent plusieurs projets de loi pour renforcer les moyens de lutte contre le piratage. Quitte à autoriser des attaques en règles, en bloquant l’accès à des sites. OWNI a mené l’enquête et voici le résumé de la situation.

Protect ip act guerre copyright clef

Les lobbyistes d’Hollywood font pression pour faire adopter devant le Congrès américain une importante réforme législative, qui prévoit le filtrage et le blocage systématiques des sites soupçonnés d’encourager le piratage d’œuvres protégées. Ce mercredi 16 novembre, les élus à la Chambre des représentants étudieront en commission le projet de loi Stop Online Privacy Act (SOPA).

Il s’agit de renforcer l’arsenal juridique pour protéger la propriété intellectuelle, à tout prix. Pour certains professeurs de droit, dont Mark Lemley, enseignant à Stanford, le projet de loi instaure une “peine de mort” pour les sites Internet.

On retrouve à la manœuvre les organisations qui depuis quelques années œuvrent pour renforcer la protections des droits de propriété intellectuelle sur Internet et ce faisant, protéger leur business model : la National Music Publishers’ Association, la Motion Picture Association of America, l’American Federation of Musicians, la Directors Guild of America ou encore la Chambre de commerce des États-Unis.

Les grandes entreprises d’Internet, jusqu’alors rétives à s’engager dans le processus législatif, ont également pris la parole. Google a menacé de quitter la Chambre de commerce des États-Unis, et plusieurs entrepreneurs de la Silicon Valley se sont rendus à Washington afin d’exprimer leur mécontentement. L’on assiste donc pour la première fois à un combat des entrepreneurs du web sur le terrain législatif, résumé par certains médias américains en “Silicon Valley vs. Hollywood”.

L’article complet : L’empire Hollywood attaque Internet | Owni.

Illustration de Christopher Dombres [cc-by] via Flickr

The New Deal : A Modern History | Michael Hiltzik

Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.

Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt

Cb4fe The New Deal A Modern American History by Michael Hiltzik

1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).

Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais

une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.

Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»

Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»

Route newdeal

La construction d’une route en 1933 / Franklin D Roosevelt Library and Museum, via Wikimedia Commons

Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :

When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.

Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.

Hillary à la vice-présidence? | Richard Hétu

Hillary Clinton

Un gouverneur démocrate et un commentateur républicain ont publié récemment chacun un article sur l’hypothèse d’un ticket Barack Obama – Hillary Clinton en 2012. Pour l’un, c’est LA personne idéale pour Barack Obama, pour l’autre non. Pour les deux, Joe Biden n’est pas/plus la personne adéquate.

Ce billet  nous rappelle aussi que les manœuvres pour la campagne 2012 commenceront dès la fin des élections du mid-term de novembre de cette année…

» Hillary à la vice-présidence? | Richard Hétu.

(Photo AFP)

Dernière ligne droite pour Obama et la Réforme de Santé

Le vote du Congrès sur la réforme de santé pourrait intervenir ce dimanche. L’occasion pour Barack Obama et son équipe de retrouver, peut-être un peu tardivement, le style, les formes et les accents de sa campagne présidentielle.

C’est ainsi que le comité Démocrate, Organizing for America, produit une vidéo virale telle celle-ci:

Et que le site officiel de la Maison Blanche renchérit avec

Je me permets d’attirer votre attention sur le slogan final: «That’s why we can’t wait» qui ne peut manquer de faire écho au slogan de campagne: «Yes we can»

Enfin, Richard Hétu nous signale le dernier discours de Barack Obama à la veille de ce vote qu’Obama a qualifié d’historique et dans lequel il retrouvé sa verve de campagne en accusant les chaînes d’information continue de couvrir ce sujet comme s’il s’agissait d’une manifestation sportive:

A nouveau le dispositif choisi par Barack Obama est celui de sa campagne présidentielle avec le public de ses supporters (= dans la symbolique ici le peuple américain) répartis derrière lui pendant son discours et non un podium présidentiel où il s’exprimerait seul et isolé. Le plan est serré et non large pour renforcer sa proximité avec le public derrière lui qui forme un mur compact (solidarité, le peuple américain; blancs, noirs, jeunes et vieux réunis). Je note également la cravate bleue et sa chemise blanche aux manches retroussées et l’absence de veste : un homme du peuple au travail.

Sources:

Barack Obama, ses opposants et le racisme ordinaire

«J’ai hésité à admettre que la folie stridente de l’été – les efforts désespérés pour dépeindre notre premier président noir comme l’Autre, un étranger, socialiste, marxiste, raciste, nazi; un sans-coeur qui débrancherait les personnes âgées; un serpent qui endoctrinerait les enfants – j’hésitais à lier tout cela à la race. J’étais plutôt d’accord avec quelques conseillers d’Obama selon lesquels les présidents démocrates ont toujours provoqué une réaction écumante chez les paranoïaques – du père Coughlin contre FDR à Joe McCarthy contre Truman, en passant par John Birchers contre JFK et le vaste complot de la droite contre Bill Clinton. Mais l’insolence choquante de (Joe) Wilson à l’égard de la fonction du président – aucun démocrate n’a jamais crié “menteur” à W. quand il utilisait de faux prétextes pour justifier la guerre en Irak – m’a convaincue : certaines personnes ne peuvent pas croire qu’un homme noir est président et ne l’accepteront jamais.»

- Maureen Dowd, défendant une opinion controversée dans la chronique qu’elle signe aujourd’hui dans le New York Times.

Source: Richard Hétu

L’Etat de New York se met aux média sociaux | ReadWriteWeb France


Le département des nouvelles technologies de l’Etat de New York a publié une série de directives pour les agences régionales, les incitant à utiliser le web 2.0, les nouveaux média et les outils collaboratifs en ligne. Pour lancer le mouvement, l’Etat a annocé la sortie de son propre site web de démocratie locale destiné à consulter les New Yorkais sur les projets technologiques à mettre en œuvre. Intitulé “New York State Tech Talk”, les visiteurs peuvent y soumettre des idées et voter (pour ou contre) celles des autres, à la façon d’un Digg.

Le site incite à déposer ses idées, à brainstormer au sein de la communauté des New Yorkais, à voter pour les meilleures idées ou contre les mauvaises, mais également à suivre leur mise en œuvre concrète. Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de participation sur le site qui a ouvert début juin, et le top des idées qui remontent fait ressortir une nette prévalence d’une tendance ‘geek écolo’.

L’expérience mérite néanmoins d’être suivie relativement au développement d’outils de démocratie participative locale.

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Guerre du Vietnam : Décès de Robert McNamara | Le Temps

Robert McNamara et John Kennedy a Hyannis Port en 1961 . (Keystone)

Le nom de l’ancien secrétaire à la Défense reste associé à la guerre à outrance au Vietnam, même s’il a ensuite pris ses distances avec le gouvernement américain. Ainsi le temps des témoins fait progressivement place au temps de l’histoire relativement à la Guerre du Vietnam.

RobertMcNamaraLeTemps.ch | Décès de Robert McNamara

La citation est tirée des Mémoires de Robert McNamara publiées en 1995.

L’excellent journaliste canadien Richard Hétu revient à son tour sur le décès de Robert McNamara et ne tourne pas autour du pot en titrant «Mort d’un criminel de guerre». Il y rappelle que dès 1965 McNamara avait conclu que la guerre du Vietnam était perdue. Mais plus encore, il revient sur le témoignage de McNamara dans le documentaire Fog of War où ce dernier admet s’être comporté comme un criminel de guerre pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu’il se trouvait sous les ordres du général Curtis LeMay :

ContreInfo :: Un plan Geithner désespérant, par Paul Krugman          

« Quel terrible gâchis ! » Commentant le plan Geithner, Krugman ne dissimule ni sa colère ni sa déception. Voici pourquoi : en se refusant à prendre le contrôle du système bancaire pour solder les comptes et répartir les pertes entre actionnaires et créanciers des banques, le gouvernement américain est dans l’impasse.

L’article complet: ContreInfo :: Un plan Geithner désespérant, par Paul Krugman

La forte attente du discours d'investiture

Demain, Barack Obama prononcera son discours d’investiture à la Maison Blanche. L’attente tant à l’égard de Barack Obama que de son discours sont grandes. Richard Hétu nous apprend que deux discours de prédécesseurs ont particulièrement marqué Obama: le deuxième discours d’investiture de Lincolon, la plus brève allocution du genre de l’histoire des présidents américains avec 700 mots, et le discours de John Kennedy dont vous trouverez ici une transcription et sa vidéo:

En attendant la prestation de Barack Obama, vous pouvez toujours visionné son périple en train de Chicago à Washington avant de télécharger plus tard son discours d’investiture.

En effet, MacGénération nous apprend que

YouTube teste une fonction de téléchargement de ses vidéos. Plus besoin dans ce cas d’en passer par des scripts JavaScript ou des utilitaires. Un simple lien à cliquer et le clip diffusé en Flash sur le site arrive au format mp4 (pour ceux testés) sur l’ordinateur de l’utilisateur. L’expérience est toutefois réalisée dans un cadre très limité – mais symbolique – elle porte sur les vidéos dispensées par le site du futur président des États-Unis, Barack Obama. Mais elle pourrait être étendue à l’avenir.

Dans tous les cas, nous sommes en route pour la première expérience de Présidence 2.0.

Propos de crise (1)

Fragments discontinus de crise. Ecrits du bord de l’écran.

Crise de 1929 – Crise de 2008
Il y a comme un décalage entre les nouvelles en provenance des bourses du monde entier et notre perception des implications que celles-ci auront sur nos vies quotidiennes ses prochains temps. Comme une impression diffuse que cette crise n’est pas réelle, comme si nous étions au cinéma à regarder un remake.
Est-ce qu’à force de faire, à chaque début de crise, référence à cet événement totémique du Krach de 1929, fait que celui-ci n’est plus qu’un mythe. Qui a peur du grand méchant loup?

Notre incrédulité est fort étrange. Est-ce que les contemporains de 1929 partageaient une perception et une passivité comparables aux nôtres? 
En tout cas, les pseudos discours rassurants, distillés par les zélateurs de l’hyperlibéralisme, et l’évolution progressive du vocabulaire de crise de 2008 ressemblent furieusement à ceux de 1929.

It’s a brave new world! 

Discours de Nicolas S. à l’ONU
Hier Nicolas S. a prononcé un discours surréaliste à la tribune de l’ONU (Crise financière : réponses françaises, réponses américaines). Il veut que l’enquête soit menée pour trouver LE(S) responsable(s) de la crise et punir la/les victime(s) sacrificielle(s).
C’est un discours emblématique de la méthode S. : la recherche permanente du bouc-émissaire et de la stigmatisation d’un individu-autre jetté en opprobe à la vindicte populaire. 
Il prend l’expression gendarme du monde plus qu’au pied de la lettre. 

Crise du leadership mondial
Une des explications fournie de la crise de 1929 réside dans l’analyse qu’après 1918 nous étions dans une crise du leadership économique mondial entre l’ancienne puissance dominatrice la Grande-Bretagne, victorieuse militairement, mais rendue exsangue économique par le conflit mondial et la nouvelle, les Etats-Unis, retournée à l’isolationnisme politique et hésitant à assumer son nouveau leadership.
En 1945, la passation de « pouvoir » était réalisée et les Etats-Unis assumaient alors pleinement leur leadership tant économique et financier que politique.
Peut-être qu’aujourd’hui la crise économique n’est que le reflet d’une situation comparable où les Etats-Unis sont dans le rôle de la puissance économique rendant les armes alors que son successeur n’a pas encore endossé véritablement l’habit de la superpuissance économique.
Les différents signaux semblent indiquer que la Chine est le prochain détenteur de la couronne et que le centre de gravité de l’économie mondiale sera l’Asie (La crise financière, tremplin pour la Chine ?). Même Doris Leuthard a pris acte de ce changement à venir de leadership comme ses prédécesseurs d’après1945 qui s’étaient très rapidement adaptés à la nouvelle donne américaine.
Au niveau du modèle de société, c’est pas vraiment une ère « jojo » qui nous attend: hyperlibéralisme économique à la brutalité radicale et contrôle social totalitaire.  

Obama et McCain dans le même bâteau
La dernière nouvelle plus que surprenante du jour, c’est l’annonce de l’interruption de la campagne de John McCain et le départ pour le Congrès des deux candidats à la présidence pour tenter de trouver une solution au programme de crise présenté par le gouvernement. Une forme de gouvernement d’union nationale.

At 8:30 this morning, Senator Obama called Senator McCain to ask him if he would join in issuing a joint statement outlining their shared principles and conditions for the Treasury proposal and urging Congress and the White House to act in a bipartisan manner to pass such a proposal.  At 2:30 this afternoon, Senator McCain returned Senator Obama’s call and agreed to join him in issuing such a statement.  The two campaigns are currently working together on the details.
Source: http://www.dailykos.com/storyonly/2008/9/24/151942/594/254/608947

Quatre observations:
- l’ampleur et la gravité de la crise (américaine) est encore plus sidérale que notre imagination arrive aujourd’hui  à la concevoir; 
- le vide tout aussi sidéral du pouvoir présidentiel américain auquel tente de suppléer les deux sénateurs-candidats à la présidence;
- la parlementarisation quasi totale du régime américain devant ce vide du pouvoir présidentiel;
- G. W. Bush, premier président des Etats-Unis détenteur d’un MBA en économie (si, si) a été englouti par la crise.   
La cotation du « titre » président des Etats-Unis d’Amérique est proche de la valeur des emprunts russes après la Révolution russe de 1917!