Un lieu de débat sur l'école vaudoise de demain | école durable.

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

À la fin 2010, les citoyen-ne-s vaudois-e-s décideront de l’avenir qu’ils souhaitent donner à leur école. Deux visions se confronteront:

  • l’initiative populaire « Ecole 2010: sauver l’école »
  • et un contre-projet du Conseil d’État validé par le Grand Conseil.

Pourquoi changer, que changer ? Comment trouver le consensus indispensable à la sérénité des élèves, des familles et des enseignants ? Afin que chacun puisse répondre à ces questions avec clair­voyance, «école durable» se propose d’être le lieu d’un débat aussi nourri que nourrissant.

Ecole durable est une initiative et un site réalisé par la Société pédagogique vaudoise (SPV). Des interviews vidéos sont proposés en page d’accueil de personnalités qui auront leur rôle à jouer dans le débat:

  • Anne-Catherine Lyon, conseillère d’Etat en charge du Département de la jeunesse et de la formation;
  • Jacques-André Haury, député et médecin;
  • Barbara De Kerchove, présidente de l’Association des Parents d’Elèves (APE)
  • Jacques Daniélou, président de la SPV
  • Josiane Aubert, conseillère nationale
  • Philippe Meirieu, chercheur

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

© Stiftung Schulmuseum Mühlebach, 2009

Il est à noter que les initiants de l’initiative Ecole 2010 ont également été sollicité pour donner leur avis, mais qu’ils ont décliné l’invitation. Allons mesdames et messieurs les initiants, un peu de courage démocratique!

Différentes ressources également dont évidemment l’avant-projet de loi et le texte de l’initiative Ecole 2010.

Le site est clair et bien fait. Il y a même en première page un sondage vous permettant de donner votre avis à l’affirmation suivante:

Une école obligatoire efficace doit maintenir tous les élèves ensembles jusqu’à 16 ans, sans sélection.

Après 30 votes, 50% des votant-e-s étaient d’accord avec cette affirmation, 46,7% opposés et 3,3% indécis. N’hésitez donc pas à aller également donner votre avis!

Le site: Un lieu de débat sur l’école vaudoise de demain | école durable.

Avis de gros temps pour Jacqueline de Quattro

Depuis vendredi dernier, le baromètre politique de Jacqueline de Quattro est positionné sur « avis de tempête ». Décodage.

Chronologie des faits:

• Le vendredi 27 juin, le journal Le Temps publie un interview réalisé avec Mme de Quattro qui arrive au terme de sa première année de mandat au Conseil d’Etat vaudois. Dans cet interview, elle y avoue

son étonnement. Les lenteurs de l’administration et des processus politiques mettent cette impatiente déclarée à l’épreuve. Les dossiers évoluent trop lentement à son goût. Elle ne le dit pas ouvertement, mais l’autre surprise vient du positionnement politique du gouvernement vaudois. On le prédisait plus à droite que le précédent avec l’arrivée du libéral Philippe Leuba et de Jacqueline de Quattro. C’était oublier le centrisme affirmé du président du Conseil d’Etat, le radical Pascal Broulis, qui, en pivot du gouvernement, fait et défait les majorités. 

• Samedi 28 juin 2008
Ses états d’âmes provoquent une première secousse sismique chez ses deux collègues de droite Philippe Leuba et Pascal Broulis. On apprend dans le journal 24Heures du lendemain (samedi 28 juin) que Jacqueline de Quattro « chiffonne Pascal Broulis ». Et c’est Philippe Leuba, grand adversaire de Pascal Broulis lorsqu’il était député au Grand Conseil qui envoie la volée de bois vert à sa coreligionnaire prouvant un passage réussi de la position d’arbitre de football à celle d’un tennisman adepte du service/volée:

Philippe Leuba ne partage pas davantage le point de vue selon lequel le prési dent du collège aurait «un poids prépondérant»: «Pascal Broulis défend ses positions comme la plupart des conseillers d’Etat les défendent, témoigne-t-il. Il ne gagne pas plus souvent qu’un autre. S’il a un rôle un peu différent, ce n’est pas dû à son statut de président, mais à sa qualité de chef du Département des finances qui implique une fonction très transversale. Pascal Broulis ne domine pas, il facilite le fonctionnement du Conseil d’Etat. Il a cette faculté de mettre de l’huile dans les rouages, d’éviter que les fronts ne se crispent trop facilement.» 

De quoi rêver, non? Sauf évidemment que le retour sur terre (battue?) est quelque peu brutal pour Madame la Conseillère d’Etat. Si cette dernière escomptait le soutien de la droite du Conseil d’Etat, c’est râté. D’autant que Jean-Claude Mermoud reste lui muet comme une carpe. Prise les pieds dans le tatami, elle essaie de corriger le tir dans 24Heures:

Je dis juste que c’est un gouvernement bien équilibré et que les majorités ne sont pas automatiquement de droite. Il m’arrive par exemple de voter pour un projet défendu par Pierre- Yves Maillard et je l’assume parfaitement.»

Mais comme Raphaël Nadal, Philippe Leuba ne lui laisse pas le temps de reprendre son souffle qu’il confirme son break d’avance:

Philippe Leuba, lui, trouve que la balance penche du bon côté: «Dans le domaine de la fiscalité par exemple, c’est clairement une politique de droite qui est mise en place par le gouvernement.» 

Ce en quoi, j’ai de la peine à lui donner tort… Pascal Broulis lui peut dormir tranquille, il n’a pas eu besoin de monter au filet, ni même sur le court. 

Tout le monde part ensuite en week-end. Ràs le lundi. Les météorologues prévoient alors un temps légèrement couvert avec quelques éclaircies pour les jours suivants. Mais patatras, de la station de Cointrin, ce n’est pas seulement un avis de gros temps, mais une perturbation qui met le nez à la fenêtre lorsque Le Courrier de GenèveLa Liberté et Le Régional agitent conjointement un falot tempête en lançant

un nouveau pavé dans la mare du microcosme politique vaudois. Conseillère d’Etat et avocate, Jacqueline de Quattro a fait annuler deux amendes de stationnement qu’elle a reçues à Clarens dans le courant de l’année, alors qu’elle passait la nuit chez son compagnon. Deux montants de 40 francs. La magistrate a utilisé une autorisation de stationnement dans un cadre privé.

La ministre radicale, ancienne municipale de La Tour-de-Peilz, se base sur son bon droit, faisant valoir une facilité accordée aux conseillers d’Etat, au chancelier et au vice-chancelier. Cet avantage date de mai 1990, quand la présidence de l’Association des chefs des polices municipales vaudoises (ACPMV) avait décidé d’étendre une autorisation de parcage dite «Carte A.C.», délivrée par la ville de Lausanne aux principales communes du canton.

Exonérée d’un abus de pouvoir —mais certainement moralement écornée par une partie de l’opinion publique qui n’apprécie guère ce genre de procédés—, voici la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro très clairement placée sur la défensive. Preuve en est que la communication est assurée par le Chancelier de l’Etat de Vaud, Vincent Grandjean et que Mme de Quattro s’enferme dans le mutisme. Reste à savoir à qui profite le dernier épisode de cette saga.

Qui pourrait tirer profit de ce dernier incident?

Pour mesurer qui pourrait tirer profit de ce dernier incident, il nous faut revenir en arrière et à un autre passage de cet interview accordée au journal Le Temps (voir notre billet Jacqueline de Quattro et la réforme policière vaudoise). Dans ce passage, Mme de Quattro affirme très clairement que désormais le politique reprenait la main sur le dossier de la réforme policière vaudoise:

c’est politique, c’est moi qui décide. Cela ne leur a pas fait plaisir [aux policiers]. Je souhaite, dans le cadre de la plateforme canton-commune, arriver à un accord qui serait une première depuis quinze ans.

Elle y souhaite même qu’une fois cet accord conclu, les initiants de l’initiative d’Artagnan retirent cette dernière. 

Sûr que ces propos n’ont pas fait plaisir à tout le monde à l’interne. De là l’intérêt de lâcher ce type d’informations pour la placer l’intéressée dans l’embarras et sur la défensive? J’espère que non, mais l’exemple neuchâtelois et des fuites policières relativement à Mme Valérie Garbani m’incitent à la prudence. Et à la circonspection.

 

Nicolas Sarkozy et l'école : le retour au phonographe à grand-papa

Moi aussi j’ai ma phase «retour en marche arrière». J’ai remonté mon tourne-disque, ouvert l’armoire aux 33tours, sorti Rod Stewart, Styx, Stevie Winwoods, Fleetwood Mac, Average White Band et Sea Level. Effet de l’âge? volonté de remonter le temps alors que celui devant moi diminue inéxorablement? être et avoir été? je ne le sais. Toujours est-il que c’est agréable de retrouver mon adolescence et mes 15-17 ans. Mais cela n’a de valeur que parce que je mesure le chemin parcouru et l’évolution qu’a connue autant ma personne que la production musicale. Bien sûr je peux songer à un «revival» permanent, mais il ne saurait répondre à mes défis d’ajourd’hui et à ceux du monde musical. Me contenter de me passer et repasser ces disques ne ferait que de me plonger dans une douce torpeur, certes agréable, mais illusoire. Ce qui ne veut pas dire qu’aujourd’hui est meilleur que hier, mais que pour répondre aux questions d’aujourd’hui, il ne sert à rien de mimer les réponses d’hier : le 33tours n’est pas la réponse pour les maisons du disque à la dématérialisation de la musique et à la crise de l’industrie musicale. Le 33tours est un marché de niche, répondant à des nostalgiques ou à des besoins spécifiques, mais il n’est pas généralisable à l’ensemble des consommateurs de musique.
Pas plus que la réforme des programmes du primaire français annoncée à Perigueux par Nicolas Sarkozy et développée par Xavier Darcos, son ministre de l’éducation, se proposant in fine de revenir à l’école primaire du XIXe siècle de Jules Ferry ou que l’initiative vaudoise pour enclencher la marche arrière scolaire et figer l’école vaudoise dans le formol du siècle passé ne sont LA réponse d’aujourd’hui aux défis qui attendent demain notre société et notre jeunesse. C’est les plonger, nous plonger, dans cette trompeuse torpeur, c’est mimer un temps qui ne peut pas revenir. C’est enclencher la marche arrière qui fera que nous serons écrasés par le passé plutôt que de tirer les leçons du passé pour construire les outils qui, aujourd’hui, nous aiderons à construire notre monde de demain.