Quand Obama nargue les républicains | Richard Hétu

«Lorsqu’on allumait la télévision, on voyait les mêmes gars qui affirmaient que ce serait la fin du monde si le projet de loi était adopté. Je n’exagère pas. Des chefs républicains qui qualifiaient l’adoption du texte d’Armageddon. La fin du monde tel que nous le connaissons.

Alors, après avoir promulgué la loi, j’ai regardé autour de moi pour voir si des météorites étaient en train de tomber, ou des crevasses en train de s’ouvrir. Eh bien, en fait, c’était une belle journée. Les oiseaux chantaient, les gens marchaient dans les rues de Washington, et les gens avaient toujours leurs médecins.»

via» Quand Obama nargue les républicains | Richard Hétu.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy : destins croisés?

Ce week-end a peut-être marqué le tournant tant dans la présidence de Barack Obama que dans celle de Nicolas Sarkozy. Barack Obama paraît avoir endossé sa stature présidentielle intérieure alors que, de plus en plus, ces mêmes habits paraissent trop grands pour Nicolas Sarkozy.

La Maison Blanche applaudissant à l

TechPresident (Owning the Moment | techPresident) propose cette photo de la Maison Blanche applaudissant à l’annonce du résultat du vote du Congrès sur la réforme de santé (approuvée par 219 voix à 212). Le site précise que, d’habitude, la Maison Blanche prend un certain temps avant de publier sur Flickr de telles photos. De la sorte, les photographes professionnels couvrant l’événement disposent d’une certaine préférence dans la couverture de l’actualité. Rien de tel dans le cas présent puisque cette photo était mise en ligne dix minutes après avoir été prise. Par ailleurs, le compte Twitter de Barack Obama célébrait ce vote par un unique tweet: « Yes We Can. » TechPresident souligne également le retour sur le devant de la scène d’Organizing for America pour vendre cette réforme de la santé et en tirer profit politiquement pour Barack Obama. (Voir mon précédent billet à ce propos: Dernière ligne droite pour Obama et la Réforme de Santé) Pour TechPresident:

In large part, of course, the question now becomes this bigger question of how the White House and his allies can starting « selling » the health care bill for political gain, or, in the worst case for them, to at least to preserve against losses.

Roosevelt et Obama: deux New Deal?

De son côté Rue89 (Obama et la santé : les Etats-Unis rejoignent le XXe siècle) souligne l’exploit réalisé par les Démocrates et Barack Obama d’avoir enfin réussi à offrir à sa population une couverture universelle d’assurance-maladie, même s’il ne s’agit pas d’une réforme radicale. Rue89 enchaîne avec Time Magazine pour dresser un parallèle entre Barack Obama et Franklin Roosevelt.

Pour sa part, Richard Hétu s’interroge —alors que les Républicains s’étaient promis de faire de la réforme de santé le Waterloo de Barack Obama— si ceux-ci, en adoptant des positions extrémistes, n’ont pas réussi à en faire leur propre Waterloo. Cette thèse est notamment défendue par le conservateur David Frum sur MSNBC. (Le Waterloo des républicains?).

Si les Républicains ont peut-être connu hier leur Waterloo, la Bérézina est une autre métaphore napoléonienne qui semble convenir à l’échec de l’UMP et de Nicolas Sarkozy à l’occasion des régionales de ce week-end. C’est dans tous les cas, une défaite en rase campagne. Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche) ne manque pas de souligner, même si comparaison n’est pas raison, que «s’il y avait des législatives ce soir, il faut savoir qu’il n’y aurait que 45 députés UMP.»

Non seulement, l’UMP n’est pas cette union à gagner de la droite en se rassemblant dès le premier tour, mais l’échec de celle-ci s’accompagne du retour inquiétant du Front National comme le souligne fort justement Jean-François Kahn sur son blog (Régionales: le coup de tonnerre lepéniste):

Pour la première fois le FN, partout où il était présent, a progressé d’un tour à l’autre. Ce qui signifie qu’il a réussi à arracher à la gauche un électorat populaire devenu viscéralement anti-sarkozyste, révolté, exaspéré, et ne veut pas pour autant voter PS. Mais qui, s’il n’a le choix qu’entre l’UMP et la gauche, est plus nombreux qu’il ne l’a jamais été à choisir la gauche. D’où le fait que le PS fait un bien meilleur score en duel qu’en triangulaire.

Jean-François Kahn en conclut que «le Front National est devenu, plus que le PS, un captateur de l’exaspération des couches les plus populaires.» Il s’inquiète aussi de la machine à fabriquer l’abstention qu’est cette Ve République sarkozienne et jacobine qui «risque à terme de tourner en attentat contre la démocratie.» On en frémit.

Crédit Photos: The White House (compte Flickr) et Time Magazine.

Dernière ligne droite pour Obama et la Réforme de Santé

Le vote du Congrès sur la réforme de santé pourrait intervenir ce dimanche. L’occasion pour Barack Obama et son équipe de retrouver, peut-être un peu tardivement, le style, les formes et les accents de sa campagne présidentielle.

C’est ainsi que le comité Démocrate, Organizing for America, produit une vidéo virale telle celle-ci:

Et que le site officiel de la Maison Blanche renchérit avec

Je me permets d’attirer votre attention sur le slogan final: «That’s why we can’t wait» qui ne peut manquer de faire écho au slogan de campagne: «Yes we can»

Enfin, Richard Hétu nous signale le dernier discours de Barack Obama à la veille de ce vote qu’Obama a qualifié d’historique et dans lequel il retrouvé sa verve de campagne en accusant les chaînes d’information continue de couvrir ce sujet comme s’il s’agissait d’une manifestation sportive:

A nouveau le dispositif choisi par Barack Obama est celui de sa campagne présidentielle avec le public de ses supporters (= dans la symbolique ici le peuple américain) répartis derrière lui pendant son discours et non un podium présidentiel où il s’exprimerait seul et isolé. Le plan est serré et non large pour renforcer sa proximité avec le public derrière lui qui forme un mur compact (solidarité, le peuple américain; blancs, noirs, jeunes et vieux réunis). Je note également la cravate bleue et sa chemise blanche aux manches retroussées et l’absence de veste : un homme du peuple au travail.

Sources: