Rétrospective 2007

Un homme : l’anti-homme providentiel qui est aussi une femme : le/la militant-e toujours présent-e, régulièrement sollicité-e en cette année 2007. Qu’on en juge : élections cantonales en février/mars, élection complémentaire à la municipalité en mai/juin, élections au Conseil national et au Conseil aux Etats de septembre à novembre. Merci donc à lui et à elle.
J’aurais aussi pu vous parler de Barak Obama, mais j’espère pouvoir garder ce plaisir pour la fin 2008…

Une femme : Dure de n’en choisir qu’une, car elles sont admirables d’abnégation dans ce monde de mecs qu’est la politique. Je retiendrai néanmoins Géraldine Savary et son magnifique parcours pour renforcer le siège socialiste vaudois au Conseil des Etats. D’autant que son triomphe se complète de la conquête par la gauche et les Verts du deuxième siège vaudois. Je fais confiance aux deux sénateurs élu-e-s d’ancrer le canton dans le XXIe siècle.

Un lieu : L’Assemblée fédérale les 12 et 13 décembre dernier. Pas besoin de vous faire un dessin…

Un objet : mon téléphone portable, ou plutôt devrais-je dire son agenda. Malgré quelques couacs qui me sont entièrement imputables, il est mon compagnon indispensable dans ma gestion de mon double mandat.

Une date : 17 juin 2007. Pour deux raisons très personnelles. Premièrement, c’était l’anniversaire de ma fille. Deuxièmement, j’ai été élu au premier tour à la Municipalité de la Tour-de-Peilz. Belle date d’égoïste.

Un combat : contre la bêtise, l’ignorance, la mauvaise foi et l’intolérance. J’ai bien cru que porté par l’UDC blocherienne ce quatuor-là finirait par me gâcher mon enthousiasme. Depuis mi-décembre, j’ai été requinqué, mais le mal est encore là. Je continuerai donc à faire mon travail à ma manière contre ce courant populiste et proto-fascisant (et je pèse mes mots). Je constate que, depuis la non-élection du Guide suprême, la vraie nature de cette engeance apparaît de plus en plus au grand jour.

Un média : en reste-t-il vraiment? Des fois je me le demande. Les temps sont durs pour Le Courrier, Page de Gauche ou Domaine public. Alors, tenez bon!

Une émission TV : aucune, j’ai horreur des émissions politiques à la TV. Paradoxal, non? Certainement, mais elles me «gonflent». J’en regretterais presque Eliane Ballif (ou Roland Bhend) et Table ouverte (j’ai bien dit «presque»…).

Un blog : là, c’est le meilleur moyen de me fâcher avec plusieurs de mes confrères blogueurs « ès » politique. Néanmoins pour son style, sa diversité et sa visibilité, j’accorde un accessit tout particulier à Alain Hubler blogue [http://alainhubler.wordpress.com/]

Une promesse : même si le rôle dans un exécutif -qui plus est minoritaire- nécessite d’arrondir les angles, je resterai profondément un militant.

Un espoir : je souhaiterai qu’un collectif se mette à la rédaction d’Une histoire populaire de la Suisse en équivalent du remarquable ouvrage d’Howard Zinn, Une histoire populaire des Etats-Unis.[1] J’espère avoir l’occasion d’en reparler.

Un coup de gueule : à l’égard de toutes celles et ceux qui ne sont que « contre » et jamais « avec » ou « pour ».

Un coup de coeur : pour les Moutons de garde [http://moutonsdegarde.ch/], les employés de la Boillat [http://www.laboillat.blogspot.com/] et leurs familles ainsi qu’à la famille Memetovic (et son permis B).

Un aveux : j’ai un énorme plaisir à m’investir dans mon rôle de municipal et l’ambiance est bonne tant à la municipalité qu’au sein de l’administration communale. L’ambiance est aussi bonne au sein du comité de direction de Police Riviera. Merci à tous mes collègues et aux membres de l’administration et des services de m’avoir aussi bien accueilli!

Sur une idée de Nues Blog – Actu, Société, Politique et ronds dans l’eau (http://www.nuesblog.com/?803/Retour-sur-2007-Exercice-editorial-impose)

Notes:
  1. Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque -de Christophe Colomb à George Walker Bush- aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.

Arrivée d’une nouvelle génération d’élu-e-s fédéraux

Bien malin celui qui sait ce qui s’est tramé lors de cette deuxième nuit des longs couteaux. En attendant et en guise de réflexion, je vous propose l’observation suivante.


Christophe Darbellay (PDC)

Il est indubitable que l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral a marqué hier l’arrivée en tête de ligne d’une nouvelle génération de politicien-ne-s. Cette génération va très certainement d’autant plus vite faire vieillir le tribun zurichois et son discours. Surtout si celui-ci se replie sur la présidence de l’UDC.[1] En effet, deux des principaux protagonistes du scénario de ce mercredi sont ou seront face à lui dans leurs habits de président de parti national. J’ai bien sûr nommé Christophe Darbellay (PDC) et Christian Levrat (PS). [2]


Christian Levrat (PS)

A voir : les vidéos des interventions à 19h30 avec les mêmes.

Notes:
  1. En cela, Blocher pourrait bien devenir le principal obstacle à l’émergence d’une relève blochérienne au sein de l’UDC. Comme Le Pen en France ou Castro à Cuba, c’est toujours la succession du Vieux Chef qui se révèle, heureusement, la plus redoutable pour les partis populistes ou extrémistes.
  2. Dans les débats TSR de 12h00 et 13h00, j’ai été frappé du côté tout d’un coup vieilli des représentants UDC relativement aux autres représentants de parti. Face aux ténors, Christophe Darbellay et Christian Levrat, on retrouvait Jean-François Rime ou Hans Fehr. D’un coup, zappés Oscar Freysinger ou Yvan Perrin.

Retour sur la chute d’un tribun populiste zurichois…

Depuis quinze ans exactement, soit l’échec de la votation populaire sur l’Espace économique européen, la capacité de nuisance, la volonté de revanche sur l’establishment bourgeois zurichois, le mépris de l’Autre —soit de celui qui ne pense pas à l’identique— et la soif de pouvoir personnel d’un fils de pasteur zurichois a causé d’incommensurables dégâts à son parti, la population suisse, aux Chambres fédérales et, dernier avatar en date, au Conseil fédéral. A tel point que ces derniers temps, la crédibilité du gouvernement suisse sur la scène internationale et l’image de notre pays à l’étranger n’ont jamais été aussi basses et que notre isolement n’avait jamais été aussi perceptible sans pourtant qu’aucun conflit mondial ne pointe le bout de son nez à l’horizon.
Pire, dans le délire personnel de cet homme et collectif d’une partie de la population, plus les signaux émis de l’étranger étaient alarmants et plus la Suisse se serait rapprochée d’une pureté orginelle, plus telle une secte hérétique cet homme et ses sbire nous rapprochaient d’un suicide collectif. Le tout au nom des valeurs mêmes qu’ils ne cessaient de fouler au pied (concordance, respect des minorités, ouverture vers l’extérieur et j’en passe).
Aujourd’hui[1] une première lueur d’espoir a pointé le bout de son nez et une partie de ses alliés politiques semble avoir définitivement pris la mesure de la nature de la menace. Et, eux aussi, ils ont commencé à faire de la politique.
Demain, cet homme devrait continuer à nuire à son parti, mais je l’espère de moins en moins à la Suisse. Par contre, son parti ferait bien de s’interroger sur la manière d’envisager durablement son avenir sans lui ou une fois lui parti.
Mais il convient également qu’à partir de demain le front républicain ainsi constitué continue à faire de la politique et ne s’endorme pas…
La suite dès 8h00 ce jeudi.

renvoi_Blocher

Post-scriptum:

En écoutant certaines interventions de parlementaires fédéraux et de commentateurs, je me réjouis très immodestement de trouver certaines réflexions publiées sur ce blog.[2] Ainsi le 22 juillet, je détournais l’affiche de l’UDC pour la transformer en une initiative pour renvoyer Christoph Blocher du Conseil fédéral; ce dernier prenant à son tour les atours d’un mouton noir. Or, désormais et à la suite d’une multitude de détournement de l’affiche initiale de l’UDC, la formule du mouton noir Blocher fait partie du vocabulaire utilisé aujourd’hui pour expliquer son éviction. Il y a là un phénomène boomerang incontestable qui rejoint quelque part les propos de mon billet relatif à la Psychologie des foules de Le Bon:

Un des éléments importants à souligner se rapportant à la psychologie des foules de Le Bon, c’est que l’émotion, le non-rationnel prédominent à ce stade. Il n’est donc pas possible de vouloir, le cas échéant, inverser la tendance en développant uniquement un discours rationnel. Le discours de la raison n’a pas prise, du moins sur la foule hypnotisée. C’est certainement une des difficultés des démocrates vis–vis des populistes, voire des fascistes, car il leur faut aussi développer un discours «irrationnel» pour espérer inverser la tendance.
[…] en suivant Le Bon, pour combattre le discours de l’UDC, il conviendrait d’utiliser des moyens comparables pour des-hypnotiser les foules.

Si dans un premier temps, nous sommes parvenus au bord du gouffre le 21 octobre, il faut reconnaître que ce résultat a eu l’effet d’un électrochoc d’abord sur les électorats vaudois, zurichois et saint-gallois pour le deuxième tour au Conseil aux Etats, puis sur une partie des parlementaires fédéraux bourgeois en ce mercredi 12 décembre.

Ensuite, le 31 juillet (Prenons Christoph Blocher et l’UDC au mot), j’indiquais qu’il s’agissait de prendre au mot le referendum plébiscitaire initié par l’UDC, via ses affiches électorales centrées sur l’élection du tribun zurichois au Conseil fédéral, et je disais:

Pourquoi pas dans le fond. Allez banco, si l’UDC n’obtient pas 51% des suffrages, il n’y aura aucune raison de réélire Christoph Blocher, ni aucun UDC au Conseil fédéral. Joué, perdu. Dans sa sagesse légendaire, le peuple suisse en aura décidé ainsi.

Depuis ces derniers temps, cet aspect-là est mis en avant ainsi que le fait que si effectivement l’UDC et Christoph Blocher ont obtenu 29% des voix, 71% des voix, de facto, avaient voté contre Blocher selon la logique même initiée par les affiches UDC.

Par ailleurs, je vous invite instamment à lire l’article acéré publié dans Domaine public par Yvette Jaggi (Christoph Blocher: échec d’un style, fin d’un contre-emploi)

Notes:
  1. Billet rédigé mercredi, mais mis en ligne aux premières heures de ce jeudi!
  2. Mais d’autres ont fait un travail comparable qui, après le 21 octobre, a été décrié notamment concernant les différentes initiatives autour de l’affiche des moutons noirs, mais qui en ce mois de décembre ont finalement joué leur rôle dans la mobilisation et la création d’un front républicain.