Dans la vraie vie, «l’extrême droite» n’est pas du tout affaiblie : elle ne s’est en réalité jamais si bien portée, au plus haut niveau, que sous le règne du nouveau chef de l’État français, qui met en application, en matière d’immigration, de très larges pans du programme de Bruno Mégret – lequel, éricbessoniste avant l’heure, fut le premier, en 1991, à réclamer la création d’«un ministère de la population ayant autorité pour coordonner l’action de l’ensemble des administrations sur les questions d’immigration»; à réclamer que «les forces de police» soient «habilitées à effectuer des contrôles d’identité … de façon à interpeller les immigrés clandestins présents sur notre sol», puis qu’«une fois arrêtés ceux-ci» soient «dirigés vers» des «centres d’hébergement surveillés avant expulsion» ; à réclamer que «les services du ministère de l’Intérieur » soient « dotés des moyens nécessaires pour faire appliquer ces mesures à l’encontre de tous ceux qui par centaines de milliers sont actuellement concernés par ces mesures».
L’Extrême Droite – Politis
Archives du mot-clef politique
Chronique d'un racisme ordinaire au quotidien
«Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer». Cette sortie raciste d’André Valentin, maire UMP de Gussainville (Meuse), selon qui «y’en a déjà dix millions», «dix millions que l’on paye à rien foutre», n’a pas fait réagir Jean-François Copé.
Le dérapage d’un maire UMP lors d’un débat sur l’identité nationale -Libération
Tout cela est aujourd’hui possible en Suisse comme en Europe sans un seul brassard, sans une seule chemise brune. Effrayant…
Carte des mentalités politiques régionales en Suisse | Strange Maps
Encore un de ses paradoxes helvétiques dont nous avons le secret: passer par un blog anglais pour découvrir les travaux de recherches d’une équipe de chercheurs suisses-alémaniques! Ceux-ci ont cartographiés les mentalités politiques régionales en Suisse à partir de deux axes de libéral à conservateur (nord-sud) et de droite à gauche est-ouest). La carte est composée de couleurs différentes en fonction des régions linguistiques: en rose, les résultats concernant la Suisse romande, en vert ceux de la Suisse alémanique et en jaune ceux de la Suisse italienne. Plus la couleur est foncée, plus la densité des lieux cartographiés est forte.
Je constate que le clivage ville-campagne est toujours aussi fort autant, plus encore que le clivage Suisse romande-Suisse alémanique.
Au final, le résultat donne une Suisse formant une magnifique île !
Sources: 403 – Regional Political Mentalities in Switzerland « Strange Maps et sotomoto.ch.
Pascal Broulis sort du bois pour se faire manger par le loup Pelli
Il a craqué! C’est TSR info qui me l’apprend:
Pascal Broulis va se lancer dans la course au Conseil fédéral, apprend-on jeudi. Le président du Conseil d’Etat vaudois doit officiellement annoncer sa candidature à la succession de Pascal Couchepin en début d’après-midi à Lausanne.
tsr.ch – Info – Pascal Broulis sera candidat au Conseil fédéral
Le tout avec une belle image:

Un Pascal Broulis bien lisse, très centre droit sur la photo
Mais avait-il le choix? Non, pas vraiment.
Et maintenant? Ben, il apparaîtra vite que ses lacunes en allemand —sans même parler du reste— ne lui laissent aucune chance devant les groupes politiques des Chambres fédérales, que la double candidature genevoise est sympathique, mais sans plus et que Didier Burkhalter est non-UDC compatible.
Et alors? Eh bien Fulvio Pelli pourra tranquillement sortir du bois en se présentant en sauveur du deuxième siège radical de la réserve latine.
Et en face, que reste-t-il? Dans le fond, pas grand chose. Un Christophe Darbellay qui hérisse le poil à tout le monde et un Urs Schwaller, suisse-alémanique englué dans un canton latin (même si c’est lui l’homme d’Etat).
Et un-e candidat-e UDC latin? Vous êtes un petit drôle vous! Un rien vous amuse. Soyons sérieux deux minutes si vous le voulez bien. Merci.
Alors on peut retourner à nos vacances? Oui.
Même si un blog jamais ne sauvera l'université (et même si un coup de dés jamais n'abolira …), cela vaut le coup d'essayer | affordance.info:
Et par dessus tout, ce mouvement fut celui d’une épistolaire réticularité. La vraie épine dorsale de ce mouvement fut constitué des échanges mail qui eurent lieu sur différentes listes de discussion, dont celle de la coordination nationale (avec une moyenne de 300 messages par jour) auxquelles s’ajoutent toutes les listes syndicales, disciplinaires, d’établissement, de laboratoire … Mon sentiment – là encore rien de scientifique, juste une impression issue d’une observation participante immersive de plusieurs semaines … – mon sentiment disais-je, est qu’à chaque outil (blogs et listes de discussion) correspond un certain niveau de mobilisation. Les collègues s’exprimant sur la liste de la coordination nationale des universités (mais aussi sur celle de la coordination nationale des personnels d’IUT) furent les éléments moteurs du mouvement. Ceux qui bâtirent les actions, les mots d’ordre, les événements (symboliques ou non). Une autre catégorie de collègues, ceux qui « se contentèrent » se suivre les informations publiées sur les différents blogs « nationaux » ou « largement représentatifs » s’inscrivit dans une mobilisation plus « périphérique », sans que ce dernier terme ait quoi que ce soit de péjoratif. Ou si l’on préfère, les généraux d’un côté, l’infanterie de l’autre. Et ce dans une indissociable et nécessaire complémentarité (une manifestation de généraux n’aurait pas grande force, pas plus que ne pourrait exister de manifestation spontanée suffisamment représentative et coordonnée). En ce sens là, généraux et infanterie, listes de discussion et blogs, marquèrent et marquent encore une vraie réussite dans cette mobilisation.
Compte-rendu de lutte (mouvement des Universités françaises) au travers de la tenue par Olivier Ertzscheid (Affordance) de deux blogs. A lire en contre-point aux citations de mon billet précédent Quand Internet croit faire de la politique – Framablog ou de l’indispensable articulation entre mobilisation de terrain et mobilisation au travers des réseaux.
Quand Internet croit faire de la politique – Framablog
18 juin 1940 – le général de Gaulle envoit un message sur Twitter et crée une cause sur Facebook.
19 juin 1940 – déjà plus de 30 millions d’internautes ont rejoint les rangs des “Français Libres” sur les réseaux sociaux. Les SMS et mails de soutien affluent. Des milliers de blogs fleurissent. Sur les forums, Gaullistes, FFI, FTP et Miliciens pétainistes s’écharpent..
18 juin 2009 – In Frankreich wird nur noch Deutsch gesprochen…
«L‘homo communicans. Cette obsession de l’information libératrice postule qu’il suffirait d’être au courant des horreurs du monde pour les combattre. Ce peut être une condition nécessaire mais jamais suffisante, et il n’y a pas de lien direct entre information et action – si l’on entend bien sûr par « action » actes et engagement, et non un simple réflexe émotionnel ou compassionnel.
Le rapport de force politique ne se crée pas devant un écran. Car scoops et révélations n’entraînent pas mobilisations. Car ces informations et cette masse de connaissances accessibles, aussi critiques soient-elles, si elles n’entrent pas dans la « réalité de nos situations », c’est-à-dire dans un ordre constitué de croyances, de valeurs, de repères et de pratiques, ne produisent aucune puissance politique. Or la société communicationnelle nous condamne à n’être que des émetteurs-récepteurs d’informations, perpétuellement plongés dans l’univers des machines, extérieurs au monde.»
Quand Internet croit faire de la politique – Framablog
Hans-Rudolph Merz précipite la Suisse dans la récession

Hans Arp mit dem Nabel-Monokel, 1928 (Fotograf unbekannt) © Stifung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V.
La confiance était le mot-clé, hypnotique de Hans-Rudolph Merz en présentant ses voeux pour 2009 et en répondant aux journalistes de la TSR. La méthode Coué comme étendard et comme remède à la crise. J’émettais mes doutes sur la méthode et les chiffres du chômage, publiés le lendemain, projettaient déjà l’ombre du doute sur les résultats des remèdes du bon Dr Merz.
Hier soir, au Conseil communal, j’avais les preuves de l’échec de ce discours au sein même des troupes de notre brave Président lorsqu’une conseillère libérale venait demander si la commune ressentait déjà les effets de la crise et s’il ne fallait pas anticiper certains investissements pour soutenir les entreprises.
En rentrant, je lis sur le site du journal Le Temps que l’industrie d’exportation était totalement désarmée et que les patrons demandaient des mesures ciblées (Les patrons veulent des mesures ciblées).
Commentant le deuxième plan de relance en deux mois —et alors que début janvier le même Hans-Rudolph Merz estimait les mesures prises largement suffisantes en l’état actuel, car la situation était sous contrôle et que nous faisions mieux que nos voisins (ce fameux Sonderfall…)— ce même journal Le Temps jaugeait en édito ce deuxième programme comme insuffisant et manquant cruellement d’ambition (L’éditorial: «Manque d’ambition»).
C’est peu dire que les milieux économiques paniquent. Après avoir suranticipé la crise en licenciant à fin 2008 de manière préventive —et donc appelé au loup—, les voici cherchant l’abri vers papa Etat.
Décidément le néolibéralisme n’est bon que pour les salariés! D’autant qu’à côté des mesures (insuffisantes) de relance à 700 millions de francs, ce même bon docteur initie un plan d’économie de 600 millions de francs (1) . Au final, notre brave docteur pense pouvoir nous sortir de la gonfle en mettant 100 francs par Suisse sur la table… tout en la rabotant. (Alain Hubler: Je vous ai apporté des bonbons)
La Suisse joue donc petit bras, aveuglé par son idéologie libérale, alors que l’ensemble des pays industrialisés ou émergents ont mis leur œillères idéologiques au placard devant la gravité de la situation ainsi que le souligne le très marxisant Michel Lagier, chef économiste chez la banque Rothschild, en comparant le plan suisse:
«Comparé à ce qui est fait à l’étranger, le plan suisse est à peine visible, tardif, et flou. Il ne devrait pas avoir d’impact notable. Les investissements représentent 0,2% du PIB national, contre 1,5% en Europe, 4 à 5% aux Etats-Unis et 15% en Chine.» («A peine visible de l’étranger»)
Engrangez bien les «peanuts» d’Hans-Rudolph Merz, car vous devrez les découper très, très finement si vous comptez traverser cette crise en leur compagnie.
(1) Allez on lance les paris sur ceux qui devront se serrer la ceinture…
Crisis? What Crisis?
Dorothea Lange, Mère migrante (Migrant Mother), 1936
Marcel Gauchet: «Le communisme rendait fou, le néolibéralisme rend stupide» (vendredi 30 janvier 2009)
Intervenant lors d’une conférence à l’école des Hautes études en sciences sociales (Ehess) sur le thème « la crise financière : une approche politique », Marcel Gauchet est revenu sur la portée politique de la crise actuelle. Le site Marianne.fr a rendu compte de ses propos. Morceaux choisis:
- les responsables actuels ne veulent fondamentalement rien changer: «il est d’ailleurs assez clair que la plupart des responsables de toutes obédiences attendent que cela passe et sont bien décidés à recommencer comme par devant dès que l’orage sera passé, après quelques concessions inévitables mais limitées sur le chapitre de la fameuse régulation».
- Une crise qui remet en question la philosophie de la construction européenne: « La crise met manifestement en question toute la philosophie de la construction européenne telle qu’elle s’est redéfinie dans les années 80. L’urgence, le travail de pompier où en sont les dirigeants politiques impliquent de passer par d’autres canaux. Cette crise met en échec toute la philosophie de la gouvernance dont se gargarisait nos élites. Nous n’en sommes qu’au tout début d’une remise en question globale ».
- La politique est l’otage des financiers: « Il faut tordre le coup à un canard journalistique: «cette crise marquerait un retour du politique ! Il n’y a aucun retour du politique. Le politique a été pris en otage par les financiers qui sont venus lui mettre le marché en main : on saute tous ou vous faites quelque chose. Et ce quelqu’en soit le prix. On voit que le prix augmente tous les jours…Nous avons assisté à un appel au secours désespéré du politique, cela n’a rien à voir à un retour du politique».
- Un moment idéologique intense: «nous sommes dans un moment idéologique intense dont la mise en place de cette économie financière globale a été l’un des vecteurs efficaces. Mais aussi un entraîneur idéologique. Cette idéologie a l’étrange propriété de ne pas se prendre pour telle car elle est très largement partagée et qu’elle entretient un rapport direct avec la pratique économique qui en dissimule les rouages. […] Nous sommes passés du régime idéologique de la folie au régime idéologique de la bêtise ! Le communisme rendait fou, mais le néolibéralisme rend stupide ! ».
Marcel Gauchet: «Le communisme rendait fou, le néolibéralisme rend stupide» Lire la suite

