Communales 2011 : c'est parti !

Cette fois-ci, c’est parti pour les communales vaudoises de 2011. En effet, le délai du dépôt des listes était fixé ce lundi à 12h00. Dans la foulée, comme à La Tour-de-Peilz, le tirage au sort fixait le numéro des listes. Pour le PS La Tour, ce sera la liste no 3 pour le Conseil communal. Pour la municipalité, le Parti socialiste et les Verts ont hérité de la liste no 1.

Je n’ai pas attendu les élections pour vous tenir au courant régulièrement sur mon activité de municipal et vous avez tout loisir de vous (re)plonger dans les différents articles que j’ai rédigés, à ce propos, sous la rubrique politis.peilz.

Municipalité votez la liste no 1 : Parti socialiste et les Verts !

Le PS La Tour présente 32 candidat-e-s pour le Conseil communal et 2 candidats pour la Municipalité. Concernant la Municipalité, notre liste a le soutien des Verts. Ceux-ci présentent de leur côté une liste pour le Conseil communal.

Retrouvez le programme et les candidat-e-s au fil des pages « Communales 2011″et Notre Programme du site du PS La Tour (entièrement «relooké»).

Bonne lecture!

Vidéosurveillance: lire, comprendre, débattre…

Pour prolonger la réflexion et la discussion relativement aux questions touchant à la vidéosurveillance, je vous propose deux ouvrages qui replacent la question de la vidéosurveillance dans le contexte plus global des nouveaux dispositifs de contrôle et de la modification de notre rapport au monde qui en découle.

Eric Sadin (2009) Surveillance globale – Enquête sur les nouvelles formes de contrôle. Paris: Flammarion ISBN 978208122297

Nous vivons dans un monde sous surveillance : plus personne n’oserait en douter. Mais quelle forme prennent aujourd’hui les nouveaux dispositifs de contrôle et en quoi sont-ils différents des pratiques du siècle dernier ? Comment modifient-ils notre rapport au monde et aux autres ? Vont-ils jusqu’à menacer le droit à la vie privée ? Telles sont les questions abordées dans ce livre, qui reprend ainsi un débat ancien sous un jour totalement nouveau. Car il ne s’agit plus seulement d’assurer une surveillance ciblée pour déceler les comportements déviants et les punir, mais de prévenir toute dérive en instaurant un traçage permanent et généralisé. Il ne s’agit plus d’observer l’espace public, mais de pénétrer les espaces privés pour accumuler des données sur chaque individu, considéré sinon comme un terroriste en puissance, du moins comme une cible marketing, ou un voisin à espionner. S’organise ainsi un scannage ininterrompu des actes et des désirs, abolissant la frontière entre surveillant et surveillé, entre monde physique et monde virtuel. Au moyen de procédés que nous relayons ou alimentons à notre insu – vidéosurveillance, géolocalisation, bases de données, biométrie, puces RFID, logiciels d’analyse comportementale un Big Brother désincarné, dont nous sommes à la fois victimes et complices, opère désormais en chacun de nous. Mêlant l’enquête à la réflexion, cet essai explore avec une acuité remarquable les multiples enjeux de la surveillance contemporaine, et incite chacun à réagir face au danger d’une nouvelle servitude volontaire.

En complément, on pourra lire également une interview de l’auteur par Chronicart : Eric Sadin – Self Control.

Françoise de Blomac et Thierry Rousselin (2008). Sous surveillance. Démêler le mythe de la réalité. Ed. Les Carnets de l’info ISBN : 978 2 9166 2829 5

Caméras de surveillance au coin de la rue, localisation de votre téléphone par votre patron, images satellites qui montrent jusqu’au détail de votre serviette de bain, puce électronique sous la peau pour entrer au carré VIP d’une boîte à la mode… Sommes nous tous aujourd’hui réellement sous surveillance ? Toutes ces merveilleuses techniques, qui protègent nos enfants et nous facilitent la vie, ne sont-elles pas en train de construire un Etat de surveillance totale ? Si c’est le cas, pourquoi la délinquance ne faiblit-elle pas et pourquoi Ben Laden reste-t-il introuvable ? Et qui tire les ficelles ? Même si l’assemblage cohérent de toutes ces techniques relève encore aujourd’hui plus du fantasme des séries télé que de la réalité, nous sommes en train de franchir un pas (irréversible ?) en abandonnant certaines de nos libertés fondamentales au profit d’une sécurité (peut-être) accrue. L’heure est à la vigilance, si nous voulons que Big Brother reste au rayon «anticipation ».

Mais pour cela, encore faut-il démêler le possible de l’impossible, la réalité du mythe …

Une interview vidéo de Thierry Rosselin:

Après ces deux lectures, peut-être souhaiterez-vous vous détendre? Pourquoi ne pas le faire à l’aide d’un bon film de Science fiction? Je vous propose un bon Spielberg adaptant Philippe K. Dick:

Cet article de Wikipedia vous présentera notamment les différences entre le film de Spielberg et la nouvelle de Dick. Pour une présentation du film et de ses thématiques, vous pourrez lire également cette fiche film (.pdf).

Évidemment, la sortie du film a coïncidé avec la réédition de la nouvelle de Philippe K. Dick en édition poche Folio SF.

Il n’est pas inutile de souligner que cette nouvelle de Philippe K. Dick qui pouvait sembler n’être qu’un délire d’auteur de science-fiction trouvait une tonalité toute particulière et nouvelle avec le tournage et la sortie du film qui s’inscrivaient eux dans le contexte de l’Après-11 septembre et des diverses entorses faites au nom de la sécurité d’Etat par l’administration Bush…

Bon week-end et bonnes vacances de Février pour celles et ceux qui les débutent.

Vidéosurveillance: et pourquoi pas dans nos chambres à coucher?

S’il s’agit de lutter contre la criminalité à l’aide de la vidéosurveillance autant s’attaquer aux espaces où se commettent le plus d’infractions. Or, l’espace où se commettent le plus d’infractions, ce n’est pas la rue, mais nos chambres à coucher. Démonstration par Anastassia Tsoukala.

Le premier argument qui est avancé pour justifier les politiques et les moyens de la vidéosurveillance, c’est l’argument de la sécurité. Par extension, c’est pour notre bien que nous devons accepter le sacrifice de notre vie privée. Si c’est ainsi on peut s’attendre à ce qu’on applique la même logique à tous les contextes. Or il s’avère que toutes les enquêtes de criminologie indiquent que l’espace le plus criminogène, c’est-à-dire où se commet le plus d’infraction dans nos villes contemporaines, ce n’est pas la rue, mais c’est notre domicile et surtout nos chambres à coucher. C’est là où sont commis les violences conjugales, les cas d’inceste, de viol, de maltraitance d’enfants. etc. Nous avons là des milliers de victimes réelles et pas hypothétiques. Devrions-nous alors au nom de la violation de toute une série de valeurs sociales incontestables accepter l’installation de caméras de surveillance dans nos chambres à coucher?

Anastassia Tsoukala (juriste, criminologue, maître de conférences à Paris XI) participait à la dernière table ronde « Identification, surveillance et libertés individuelles » dans le cadre du colloque « Identification et surveillance des individus : quels enjeux pour nos démocraties », organisé par la Bibliothèque publique d’information – Centre Pompidou le 17 janvier 2009.

Vidéosurveillance: le mirage technologique

Une nouvelle fois le topoï de l’angélisme dont ferait preuve la gauche nous est resservi concernant les caméras de vidéosurveillance. Pourtant à y regarder de plus près, il y a deux attitudes possibles en matière de sécurité: l’une qui cherche à vérifier le plus objectivement possible qu’un tel moyen serve effectivement à atteindre les objectifs fixés; l’autre qui gesticule à la proximité d’échéances électorales pour faire croire qu’on a la solution miracle.

« On ne peut pas dire que les techniques modernes sont inutiles. Quand on sait ce que l’on cherche, ça peut aider beaucoup. Mais si on ne sait pas ce que l’on cherche, on est automatiquement noyé dans des millions d’informations dont on ne sait que faire. La technique n’est qu’un soutien logistique à un travail de renseignement alors qu’elle est présentée aujourd’hui comme la solution miracle qui produit elle-même le renseignement. C’est là qu’est l’erreur fondamentale, le mirage de «l’enchantement technologique» […] Si on met des caméras à tous les coins de centre-ville, il faudra embaucher des milliers de gens pour regarder les images collectées. Tous ces éléments techniques ne sont ni préventifs, ni dissuasifs lorsqu’ils sont dirigés vers l’espace public en général. Les techniques ne peuvent qu’appuyer les enquêtes pour trouver quelque chose après coup, si on dispose déjà de pistes. Si on ne sait pas ce que l’on cherche, la technique ne peut rien, elle est aveugle. C’est l’homme qui a des yeux et un cerveau, ce n’est pas la machine. »

Ces propos de Laurent Mucchiellichercheur au CNRS et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), publiés par le journal Libération en 2005 sont mêmes confirmés quatre ans plus tard par le ministère français de l’Intérieur, peu susceptible d’être considéré comme un opposant au développement des systèmes de vidéosurveillance par les collectivités publiques, lorsque ce dernier répond le 25 août 2009 à une interpellation d’un député UMP à l’Assemblée nationale dans les termes suivants:

«Il n’est pas effectué de corrélation nationale entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et leur impact sur les crimes et délits commis sur la voie publique, ainsi que les taux d’élucidation.»

Dès lors, comment peut-on expliquer cet engouement de certains politiques pour la vidéosurveillance? Pour Philippe Madelin, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité,

«La vidéo surveillance […] semble plutôt relever de l’argumentation «politique» plutôt que de l’efficacité réelle. En dotant la ville d’un système, d’une certaine manière le Maire ne garantit pas la diminution de la délinquance, mais la prise en compte de tous les paramètres de la sécurité. On réclame des renforts de police nationale ou de gendarmerie, qui ne viennent pas ; donc on veut accroître les effectifs de la police municipale, très coûteuse. En fin de compte, on croit pouvoir remplacer les «ressources humaines» par de la technologie.»

En d’autres termes, il s’agit pour le politique de gesticuler et de faire croire qu’il agit et non d’objectiver la nature exacte et l’ampleur des problèmes auxquels il s’agit de faire face, puis de se doter des moyens proportionnés et adéquats pour les solutionner. De plus, certains partis tirent un profit direct d’une insécurité réelle ou fantasmée.

Source:  Vidéo surveillance : les questions « Dans le secret des faits – Philippe Madelin.

«Celui qui échange la liberté contre la sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et perdra les deux»

«Ces symptômes peuvent être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers. Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales, mais nos leaders essaient d’imposer des lois de plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour le justifier.»

Via YouTube – Hadopi, Loppsi, Sarkozie… Big Brother State ?.

De l'angélisme de la gauche en matière de sécurité

La messe est dite et redite: en matière de sécurité la gauche serait angélique. Une nouvelle fois ce topoï a été resservi après la défaite de la gauche et des verts au Conseil d’Etat genevois. Pourtant de tels propos ne sont jamais objectivés sérieusement. Prenons l’exemple de la tolérance zéro que la nouvelle conseillère d’Etat libérale Isabelle Rochat appelait de ses vœux dimanche soir à Genève.

Harcourt (2006) L'illusion de l'ordre

Harcourt (2006) L'illusion de l'ordre

Ce concept d’une police centrée sur la répression exclusive a fait florès à l’époque de Rudolf Giuliani, gouverneur de New York. Pourtant, devant l’ampleur des dégâts collatéraux générés, la police de New York a fait marche arrière. En 2006 déjà, Bernard Harcourt, professeur de droit à l’université de Chicago, décrivait l’échec de la tolérance zéro qui

« s’appuie sur une politique qui ne fait baisser ni les meurtres ni les vols et on gaspille les ressources (policières). Les relations de plus en plus tendues entre la police et les populations dans les quartiers favorisent aussi un embrasement de la situation. » (L’illusion de l’ordre: incivilités et violences urbaines, tolérance zéro? Paris, Descartes & Cie, 2006)

Pour Harcourt, la tolérance zéro a débouché sur la criminalisation des problèmes sociaux s’en résoudre la cause et n’a servi qu’à exclure un peu plus des cohortes de gens déjà marginalisés.

Aujourd’hui, le volet éminemment social d’une police de proximité (rencontres et travail avec les habitants/associations de quartiers, intégration d’assistants sociaux et de psychologues ou de personnel non-policier en civil dans les unités de police, renforcement ou retour des postes de quartiers ou îlotages) a été réintroduit par la police new yorkaise. Il est prôné le développement d’une police communautaire (community policy) et pluridisciplinaire où l’accent est aussi mis de manière importante sur la prévention.

En ce sens, les mesures récentes prises par Laurent Moutinot —et votées par le Parlement genevois— de favoriser à Genève le développement des polices municipales et de proximité s’inscrivent dans cette logique qui doit maintenant être mise en oeuvre.

Cependant, cette seule politique de sécurité ne suffit pas pour répondre aux causes des problèmes sociaux, car elle ne peut qu’en limiter les effets. En ce sens, les politiques économiques et sociales prônées par la gauche loin d’être déconnectées des problèmes de sécurité en forment l’indispensable complément.

Au terme de ce petit tour d’horizon, je ne tomberai pas dans un autre topoï qui voudrait qu’une certaine droite serait elle cynique électoralement au sujet de la sécurité en prônant une tolérance zéro qui ne peut que maintenir un contexte pesant d’insécurité plutôt que de le faire régresser…

Cet article fait également l’objet de ma chronique sur combats.ch.

Compléments:

• le site de Bernard Harcourt avec des textes en français et en anglais. Je vous recommande plus particulièrement l’article suivant: Du Désordre et de la délinquence: Réflexions sur l’importation de la théorie de la vitre brisée en France, (.pdf) CAHIERS PARISIENS, No. 2 2006 (2006)

• Concernant la situation à Genève ces dernières années, lire Yves Delachaux, Monsieur Ethique de la Police genevoise, sur son site (http://www.flicdequartier.ch) ou son interview de la Revue Reiso : Quand un flic dépose les armes. On lire également compte-rendu de son expérience édifiante en banlieue française dans le journal Le Temps, Un helvète chez les flics de banlieue (Saint-Denis en France) qui illustre bien l’impasse du concept de la tolérance zéro à l’échelle de la France.

Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici de refaire le débat ou la campagne du 27 septembre dernier relativement à l’initiative des gendarmes, dite d’Artagnan, pour une police unique, mais de signaler la publication d’un compte-rendu concernant l’ouvrage de Steve Savage: Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de  Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Le compte-rendu de La Vie des idées est intéressant dans la perspective des politiques sécuritaires et de l’évolution des institutions policières. L’auteur, Jacques de Maillard, se propose dans son compte-rendu de répondre à la question suivante: comment le pouvoir politique peut-il engager des réformes d’ampleur des organisations policières ?

Il s’y emploie, et c’est un des intérêts de ce compte-rendu, en comparant les évolutions des institutions policières britannique et française. Il débute son propos par une présentation des réformes connues par les polices britanniques depuis les émeutes de Brighton de 1981.

Dans sa présentation de l’ouvrage, Jacques de Maillard souligne que Steve Savage propose une lecture qui rend justice au caractère composite et plurivoque des réformes. Ce dernier souligne principalement le poids combiné de trois facteurs de changement : les crises, les professionnels et les acteurs politiques.

Au niveau des réformes entreprises en Grande-Bretagne, celles-ci ont été articulées autour de trois axes principaux:

  • la managérialisation au travers de la mise en place de nombreux indicateurs relatifs à l’activité policière;
  • la centralisation avec la mise en œuvre de plans nationaux comportant des priorités d’action, y compris concernant les polices locales;
  • une préoccupation pour le lien entre police et population avec notamment le lancement, par le New Labour, de la police de voisinage (neighbourhood policing) qui repose sur les principes de visibilité et d’accessibilité des services de police.

Un autre élément significatif à relever concernant le cas britannique réside dans le recrutement de plus en plus large d’agents civils aux différents échelon de l’organisation policière. Dans un premier temps, ceux-ci sont intervenus dans les domaines de la communication pour progressivement être également recrutés dans le domaine des patrouilles, voire même de l’investigation judiciaire. Aujourd’hui, près de 40% des membres des polices britanniques sont des civils alors qu’en France le mouvement reste à un bien plus faible niveau avec 18 % de non policiers sur l’ensemble des effectifs de police nationale.

Dans sa comparaison avec le cas français, Jacques de Maillard relève d’autres différences:

  • si  les résultats des différentes polices britanniques (indicateurs) sont rendus publics, comparés et accessibles directement sur internet, les résultats des polices françaises demeurent centralisés et tournés vers l’Etat plus que vers les citoyens;
  • les réformes britanniques ont renforcé la centralisation du système alors que celle-ci reste persistante dans le cas français. Cependant, le centralisme britannique a suscité de fortes critiques et les excès du managérialisme centralisé ont conduit à des revendications d’un «nouveau localisme», aboutissant à la «police de voisinage»;
  • si en France, police et gendarmerie sont des administrations pyramidales et intégrées; en Grande-Bretagne, le centre n’a pas la responsabilité des forces de police, qui restent locales, mais il les pilote à distance par l’intermédiaire des instruments de suivi/contrôle (les indicateurs);
  • après avoir abandonné sa réforme de la police de proximité, la France s’interroge relativement à la question de la satisfaction de la population essentiellement au travers du seul prisme des résultats chiffrés de l’activité policière. A contrario, en Angleterre, différentes crises ont conduit à une remise en cause des modèles d’action et des modes d’organisation des polices.

Jacques de Maillard termine son travail de comparaison et son compte-rendu de l’ouvrage de Steve Savage de la manière suivante:

On se gardera d’une lecture qui pourrait explicitement ou implicitement faire du modèle britannique un modèle. Non seulement les systèmes policiers ne se transforment pas par décret en fonction des bonnes idées venant de l’étranger, mais le système britannique donne une idée des dérives potentielles associées aux velléités réformatrices : pression politique constante sur l’activité policière, pilotage de l’action uniquement en fonction de tableaux de bord chiffrés, etc. Le cas britannique peut cependant constituer une source d’inspiration dans l’élaboration de nouvelles directions pour l’activité policière, pour ce qui concerne la prise en compte des perceptions de la population vis-à-vis du travail policier ou le suivi réel des réformes engagées. Ces changements ont l’avantage d’attirer l’attention sur une dimension qui est au cœur de l’activité policière : celle-ci doit construire son autorité sur le consentement et l’acceptation par la population.

Source: Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Votation : les Vaudois-e-s sont attachés à leur police…

…quelle soit cantonale ou communale. C’est la première leçon à tirer des résultats de la votation de ce week-end. Globalement les citoyen-ne-s vaudois-e-s sont satisfaits des prestations offertes par leur police. Dans le cas contraire, ils et elles auraient voulu en changer «radicalement».

Vevey - Place du marché.

Vevey - Place du marché - Dimanche soir

Par ailleurs, les citoyen-ne-s attendent de leurs autorités qu’elles se positionnent clairement lorsqu’un objet qui les concerne est soumis en votation populaire. C’est la deuxième leçon. Globalement, là où les autorités communales ont donné leur position sans ambiguïté ou arrière-pensée —pour le OUI comme pour le NON—, elles ont été suivies par leurs électeurs.

Ce faisant, les citoyen-ne-s montrent leur attachement au rôle des communes en matière de sécurité et de police. Ce sont elles qui sont considérées comme le mieux à même de déterminer la forme que celle-ci doit prendre pour répondre à leurs besoins et à ceux de leurs habitants : police secours uniquement, contrat de prestation au-delà ou police communale/intercommunale.

Enfin, loin d’être le résultat d’une loterie, les citoyen-ne-s de ce canton ont pesé le pour et le contre, se sont fait une opinion en s’informant et ne se sont pas laissés détournés soit par des slogans forcément simplificateurs, soit par les considérations annexes qui ont constamment émaillé la campagne. Il s’agit maintenant de respecter ce verdict populaire et d’avancer rapidement dans la mise en place des nouvelles structures définies par le Protocole d’accord conclut entre l’Etat et les communes.

Pour la Riviera, les résultats de la votation est un important signe de confiance dans l’organisation régionale Police Riviera et pour les hommes et les femmes qui la font vivre au quotidien. Après la chaotique expérience de Police 2000, la voie choisie par les autorités communales est ainsi clairement plébiscitée. Un merci tout particulier aux électeur-trices de La Tour-de-Peilz qui ont accepté la police coordonnée à 64%.

Les villes affirment leur responsabilité | La Liberté (12.09.2009)

Dans le journal La Liberté du samedi 12 septembre 2009, Jérôme Cachin présentait les alternatives proposées aux citoyen-ne-s vaudois-e-s entre l’initiative du syndicat des gendarmes pour une police unique et le contre-projet indirect signé entre le canton et les communes pour l’instauration d’une police coordonnée. Par ailleurs, il rédigeait l’éditorial du jour aux conclusions suivantes:

Aujourd’hui, la lourdeur de «D’Artagnan» tombe sur les citoyens: faut-il «unifier» les polices existantes? La devise des mousquetaires du roman d’Alexandre Dumas a-t-elle une valeur dans la complexe réalité actuelle? Non. Derrière cette proposition se cache mal la volonté de puissance du syndicat des gendarmes et de la quarantaine d’officiers de la police cantonale, sans la caution desquels cette initiative n’aurait pas eu l’impact politique qu’il faut lui reconnaître. Aux prises avec cette question au simplisme dangereusement séduisant, les villes et le canton répliquent. Ils élaborent conjointement un contre-projet respectueux de l’autonomie communale, notion qui prend une dimension précieuse en matière de sécurité publique. Car plutôt que d’autoriser le chacun pour soi du morcellement campagnard, cette notion rend justice aux principales villes vaudoises.
Celles-ci peuvent non seulement partager le pouvoir policier avec le canton, donc le limiter. Mais aussi, comme dans d’autres domaines, elles affirment leur responsabilité et leur identité. Cela doit se concrétiser par le lien le plus étroit possible entre un élu communal et son corps de police. A cette aune-là, on ne peut que dire non à l’initiative gendarmesque, pour que le compromis canton-communes puisse s’appliquer.

Source: Jérôme Cachin, La Liberté, samedi 12 septembre 2009

Une prise de position claire qui ne cache pas la merde au chat.*

*cher Jérôme Cachin la référence au chat n’est évidemment pas fortuite… ;-)

Police unique ou Police coordonnée?

Le 27 septembre prochain, les électeurs et électrices vaudoises auront à choisir entre le modèle de l’initiative pour la police unique du syndicat des gendarmes vaudois et le modèle de la police coordonnée, proposé par le Conseil d’Etat et les communes et qui entrera en vigueur dès 2011 si l’intiative est rejetée. Mon éclairage et ma prise de position.

Ce dernier week-end, au hasard d’une rencontre, Madame Sylvie Winkler, municipale de la sécurité lors de la précédente législature, m’évoquait les discussions ubuesques et kafkaiennes échangées avec les responsables de la police cantonale lors des séances du comité de pilotage de Police 2000 concernant la Riviera. Ainsi, dans une séance, ces responsables cantonaux juraient la main sur le coeur faire des actions préventives et se soucier de police de proximité alors que le journal d’intervention pour La Tour-de-Peilz se résumait sur la semaine écoulée de l’époque à une présence d’une patrouille pour une durée de 5 minutes à 6 heures du matin à la gare.

Cette anecdote est à l’image de la distance qui n’a cessé d’exister entre la vision cantonale et les attentes locales tant des municipalités de la Riviera que de leurs conseils et de nos concitoyens et concitoyennes en matière de sécurité.

Pour développer une police qui corresponde aux attentes de la population, les Municipalités et les Conseils communaux de la Riviera ont pris en 2005, puis en 2006 la sage décision, d’une part, de mettre fin à l’expérience douloureuse de Police 2000 et, d’autre part, de réaliser l’association de commune Sécurité Riviera. Depuis le calme est revenu et les interpellations au Conseil de La Tour-de-Peilz ont cessé*.

Depuis également Police Riviera sert de référence et de modèle dans les réformes entreprises ou projetées par les différentes polices municipales. C’est ainsi que la Police de l’Ouest lausannois s’en est inspirée et a été créée en 2008. Le contre-projet indirect du Conseil d’Etat instaurant une police coordonnée se base également sur le modèle Riviera pour définir les contours des futures polices municipales et redonnera à Police Riviera l’autorisation d’enregistrement de toutes les plaintes, autorisation mesquinement retirée au terme de Police 2000 par le commandant de la police cantonale.

A l’inverse, en cas d’acceptation de l’initiative, Police Riviera sera démantelée. Cela marquera la fin de l’approche multidisciplinaire de la sécurité de proximité qui associe actuellement les cellules d’intervention de Police Riviera avec les autres cellules de l’organisation telles la police du commerce ou les assistants de police.

A ceci s’ajoute encore le flou le plus total concernant le coût d’une police unique pour notre commune alors que le cadre financier de la convention canton-communes est connu et maîtrisé. En effet, les deux points d’impôts rétrocédés par le canton aux communes nous permettront de faire face à l’augmentation des nouvelles tâches octroyées. En outre, l’expérience en matière de l’évolution des charges cantonales répercutées sur les communes ne plaide guère en faveur du modèle de la police unique.

Enfin, si nous discutons ces derniers temps au niveau régional de caisse de pension à propos des VMCV, nous ne serons guère déçus par les discussions que nous aurons et du prix que nous aurons à payer concernant le transfert de nos agents au canton. Pour nos dix communes, le montant à payer pourrait s’élever jusqu’à 21 des 80 millions estimés pour la CIP (Caisse Intercommunale de Pension). De plus, des dégâts collatéraux pourraient affecter l’ensemble des employés communaux assurés par cette caisse, voire l’existence même de cette caisse de pension.

Dès lors, soucieuse de défendre au mieux les intérêts financiers de la commune et d’assurer aux citoyen-ne-s de notre région une police de proximité digne de ce nom ainsi que par respect envers les engagements pris, le travail accompli au quotidien par les hommes et les femmes de Sécurité Riviera, la Municipalité incorpore de La Tour-de-Peilz s’est engagée dans le comité de soutien du NON à la police unique. Je vous invite donc à en faire de même et à glisser dans votre enveloppe un NON tout aussi résolu.
Lyonel Kaufmann
Municipal en charge du dicastère de la Sécurité et des Affaires culturelles.
La Tour-de-Peilz, le 10 septembre 2009

* Le cas échéant, je vous invite à consulter les procès-verbaux des séances de 2003, 2004 et 2005 du Conseil communal et à prendre connaissance des nombreuses questions et interpellations que les conseillers communaux avaient déposées à La Tour-de-Peilz concernant Police 2000 ainsi que des communications municipales de cette période.

Prolongements: si vous avez manqué les épisodes précédents, j’ai déjà publié sur le sujet en 2008-2009:

  • Polices vaudoises: l’âge de raison? qui présentait la  convention signée par le canton et les communes, convention qui s’oppose aujourd’hui, dans la mesure où les initiants n’ont pas privilégié une sortie par le haut, à l’intiative prônant la police unique;
  • Quelle police pour les Vaudois-e-s? qui présentait les enjeux en terme de sécurité et plus particulièrement de proximité pour le canton et les communes.