Cantonales vaudoises 2012 : Ticket socialiste désigné | Reportage photos

En ce samedi 7 janvier 2012, le Parti socialiste vaudois tenait son Congrès à Penthalaz. Les deux principaux points à l’ordre du jour étaient la désignation de ses candidats au Conseil d’Etat et l’adoption de son programme électoral. Reportage du côté de la délégation de la Riviera.

A l’ouverture du Congrès, les délégués de la Riviera prennent connaissance des amendements au programme déposés par les sections :

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Richard Sendra, Taraneh Aminian (à gauche), Roland Piguet, Pascual Sendra, Martine Gagnebins, et Pierre Butty (à droite) au travail

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Sylvie Winkler, Irina Gote, Olivier Gfeller (à gauche) et Jacqueline Pellet (à droite) en pleine discussion

Il appartient à Anne-Marie Bolinger, présidente de la section locale du Gros-de-Vaud, d’ouvrir le Congrès:

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Anne-Marie Bolinger sous les yeux d’Arnaud Bouverat et Cesla Amarelle

Après que le Congrès ait avalisé la liste à trois socialistes et une Verte et leur présentation par leur section, les candidat-e-s au Conseil d’Etat donnent leur motivation et leur vision

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Anne-Catherine Lyon ouvre le bal avec son phrasé inimitable. Chapeau bas Mme la Conseillère d’Etat pour vos dix ans pleins à la tête du Département de la formation et de la jeunesse !

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Pierre-Yves Maillard poursuit combatif et concret comme à son habitude

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Moment d’émotion pour Nuria Gorrite et un discours déjà de femme d’Etat

Conquise, la salle réserve une standing ovation aux trois candidat-e-s:

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Une équipe est née…

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La suite se poursuivra avec l’adoption du programme cantonal du PSV.

Philipp Hildebrand, Christoph B., la BNS et nous

Alors que les regards sur la BNS sont détournés des enjeux de la politique monétaire pour se fixer sur une question de personne et de vendetta personnelle, l’USS nous rappelle que les enjeux actuels de la politique monétaire suisse sont bien plus larges et que c’est l’avenir de notre place industrielle qui se joue. Ne nous trompons pas d’enjeux.

L’Union syndicale suisse demande USS à la BNS de relever le taux plancher du franc par rapport à leuro de 1,20 à 1,40 francs. Le franc fort menace des « dizaines de milliers demplois » et risque de provoquer une « désindustrialisation » de la Suisse, relève l’USS dans sa conférence de presse annuelle jeudi à Berne.

via L’USS demande un taux plancher à 1,40 francs – tsr.ch – info – economie.

Cependant, cela ne saurait le cas échéant absoudre Philippe Hildebrand d’une faute politique à défaut d’être pénale. Ce n’est pas non plus parce que Christoph Blocher est persuadé d’être le seul à avoir toujours raison qu’il ne saurait être question d’évaluer les fautes de Philipp Hildebrand en fonction de leurs conséquences pour la crédibilité de la BNS et l’impact sur sa politique.

Finalement, c’est la politique monétaire de la BNS qui doit être l’objet de notre attention et des nécessaires débats à son sujet et non des conflits ou des vengeances personnelles. Or, aujourd’hui, les deux sont mêlés et c’est la confusion qui règne. La situation n’en est que plus dommageable. C’est bien cela qui discrédite la démarche de Christoph Blocher ainsi que ses atermoiements depuis plus d’une année sur la politique que devrait suivre la BNS.

Dans ce contexte, seuls l’USS et le Parti socialiste suisse ont été constants et crédibles en la matière. Il ne faudrait juste pas l’oublier…

La concordance helvétique reste en l'état un mort-vivant

Ainsi donc le Parti libéral-radical (PLR) est parvenu ce matin à sauver son deuxième siège au Conseil fédéral remettant ainsi à plus tard la mort officielle de la concordance à la sauce helvétique. Analyse.
Dans l’exercice, et ce n’est pas le moindre de son exploit du jour, le Parti libéral-radical a réussi à éviter de se retrouver dans la position d’un parti satellite de l’UDC. Oh certes probablement pas de beaucoup, mais suffisamment pour se donner un peu d’air et espérer avoir un avenir propre. Les formes du destin commun de ces deux partis se joueront donc à la suite des élections fédérales de 2011. C’est d’ailleurs peut-être cet élément consistant à éviter la satellisation complète dès maintenant du PLR qui a retenu certains élus de gauche à voter Urs Schwaller.
Concernant l’UDC, il était très piquant de voir Caspar Baader ou Jean-François Rime se poser en champion de la concordance helvétique. Autant dire que la concordance dans la bouche de tels personnages prend des accents des plus saugrenus. Un tel concept est ainsi assassiné en direct. D’ailleurs plus on évoque ce terme et plus ce qu’il est sensé décrire dans le monde réel meurt.
Toujours concernant l’UDC, il faut néanmoins noter que ce parti n’est pas parvenu à se poser en faiseur de roi/reine et qu’il a dû sérieusement en rabattre puisqu’au final il a voté Didier Burkhalter. Le leurre Christian Lüscher a parfaitement fonctionné en l’occurrence et les velléités de l’UDC de présenter Jean-François Rime n’ont fait peur à personne, même pas aux PLR! La ligne de l’UDC devient de plus en plus floue pour ses électeurs et sa perte d’influence est réelle depuis fin 2007. Je ne m’en plaindrai pas. (1)
Pour une fois, ce n’est pas le PDC qui s’est retrouvé dans la peau du ventre mou du Parlement helvétique, mais la gauche et plus particulièrement le Parti socialiste. (2) Le PDC s’en trouve grandi et devient clairement la force autour duquel le centre-droit se recomposera une fois que les noces entre le PLR et l’UDC auront été prononcées.
Ainsi, la gauche n’a pas confirmé la stratégie élaborée avec le PDC lors de l’élection au Conseil fédéral de fin 2007. Cette stratégie a connu un premier échec (d’un cheveu) lors de l’élection d’Ueli Maurer. Mais, cette fois-ci, c’est elle-même qui n’a pas osé aller jusqu’au bout de sa logique. Elle s’est privée de faire véritablement de la politique qui consiste aussi à prendre des risques, y compris celui, pour le Parti socialiste, d’un retour de bâton lors d’une prochaine élection au Conseil fédéral.
Rien n’assure cependant qu’une telle stratégie soit gagnante pour le Parti socialiste lors du renouvellement du Conseil fédéral en 2011, ni pour les Verts d’ailleurs si le PDC arrive à agréger autour de lui les forces du centre-droit (Évangéliques, Verts libéraux… et PAB).
Ce manque d’audace de la gauche reste pour moi incompréhensible de la part d’une force politique (PS + Verts) qui stagne depuis de nombreuses années légèrement au-dessus des 30% des forces en présence au sein de l’Assemblée fédérale. Mais ceci explique peut-être cela.
Finalement, également et une nouvelle fois, un autre possible n’est guère envisageable tant que la manoeuvre se limite à des questions de choix de personnes et non au développement d’un véritable projet politique post-concordance. Se fier au hasard pour la renouveller ou en sortir n’est tout simplement ni responsable, ni crédible.

Post-scriptum: il va de soi que je félicite Didier Burkhalter pour son élection et que tous mes voeux l’accompagnent dans l’exercice de sa nouvelle fonction.

(1) Si je continue à penser que ce qui se passe sous nos yeux n’est rien d’autre que la recomposition de la droite en Suisse, ce n’est pas tout à fait la même chose si celle-ci a lieu sous l’entière houlette de l’UDC, celle du PLR ou celle conjointe de l’UDC et du PLR.

(2) Quoique je perçois une part de Realpolitik des Verts en choisissant de ne pas passer avec armes et bagages du côté du PDC. En effet, pour obtenir des voix de la droite éventuellement contre un-e candidat-e socialiste en 2011, les voix du Parti libéral-radical ne seront pas de trop… En procédant de la sorte, les Verts se banalisent et n’en sortiront pas forcément gagnant à terme.

Un beau week-end de et pour la gauche!

Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société fondée sur des valeurs d’humanité, l’égalité, la justice, à rebours de la brutalité de tant d’oppression, d’exploitation, de marchandisation, ou tout simplement de renoncement.

(Martine Aubry, La Rochelle, août 2009)

Alors que certains veulent nous faire croire que la crise serait déjà dernière nous alors que le chômage augmente ainsi que la précarité dans une curieuse symétrie avec le redémarrage des bonus des traders, ce week-end a été un beau week-end de gauche en France, Allemagne et au Japon. Signe que le bourrage de crâne a un temps? Ce ne serait que justice.

Ainsi au Japon, les élections ont confirmé le séisme politique prévu avec la fin de 50 ans de mainmise sur le pouvoir de la part du Parti libéral-démocrate (PLD). Ce dernier a perdu le 60% de ses sièges par rapport à 2005. Le grand vainqueur est un parti de centre gauche, le Parti démocrate du Japon (PDF) qui a rafflé 308 sièges soit 67 sièges de plus que la majorité absolue. (Après un demi-siècle de pouvoir libéral, le Japon bascule au centre gaucheLe Monde)

En Allemagne, trois élections régionales avaient lieu ce week-end en Sarre, Thuringe et Saxe. Les résultats du scrutin sont sans appel puisque la CDU (Chrétiens conservateurs) a perdu plus que des plumes en Thuringe et en Sarre. Dans ces deux Lands, la gauche progresse. Die Linke de 11 sièges en Sarre alors que le SPD en perd 5. Le SPD et les Verts en Thuringe respectivement de 3 et 6 sièges alors que die Linke en perd 1. (Les résultats en Sarre, Thuringe et SaxeDie Spiegel)

En Sarre, le résultat de ces élections pourrait déboucher sur la première majorité dans l’Ouest du pays formée du SPD, die Linke et des Verts. A trois semaines des élections générales, ces résultats rebrassent les cartes d’un jeu qui semblait jouer en défaveur de la gauche. Trois options semblent maintenant se dégager pour construire une majorité: la première consiste à une majorité composée de la CDU-CSU et du FDP (le parti libéral lui aussi en progression de 2, 6 et 7 sièges dans les trois Länder); la deuxième verrait le SPD, les Verts et le FDP former la majorité et la troisième composée du SPD, die Linke et des Verts. (Allemagne : la victoire de Die Linke, casse-tête du SPDRue89)

En France, certains pronostiquaient un enterrement de première classe pour le Parti socialiste français et sa première secrétaire Martine Aubry lors des Universités d’été à La Rochelle. Celle-ci a dû d’une part à ses propres mérites et, d’autre part, au champ libre laissé par ses adversaires internes d’avoir renversé la situation et d’avoir réussi en un week-end à se replacer au centre du jeu.

Ainsi, en ouverture, elle a traduit véritablement le concept de démocratie participative utilisé par Ségolène Royal durant les primaires présidentielles de 2007 (Comment Aubry a bluffé les cadres et les militants du PSRue89). Pour régler les querelles internes au parti, elle a décidé de trancher en faisant voter les militants, puis en inscrivant leurs décisions dans les statuts du PS. Cette démarche touche cinq sujets:

  • La fin du cumul des mandats ou sa limitation drastique;
  • Des primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS en 2012;
  • L’obligation de parité, de diversité et de renouvellement générationnel;
  • Une charte éthique pour faire respecter une discipline interne;
  • Modification des processus pour adhérer, militer et voter.

En clôture, elle a produit un discours fleuve et combatif (une traduction française du discours made in Obama?). Mais surtout une première ébauche de programme pour la rentrée 2009 et pour la présidentielle de 2012 qui ne soit pas un simple ralliement à l’anti-sarkozysme. Rue89 n’y a rien vu de moins que le rappel du fameux discours d’Epinay de la «rupture avec le capitalisme» prononcé en 1971 par François Mitterrand lorsqu’il prit les commandes du Parti socialiste français:

La bataille des idées semble réengagée et c’est probablement la meilleure nouvelle de ce week-end pour le Parti socialiste français et la gauche française en général.

Lectures d'été (7): Ségolène® la femme marque

Ségolène® la femme marque de François Belley, c’est l’histoire d’un Storrytelling à la française [voir notre Lectures d’été (3) : Storytelling de Christian Salmon]. C’est écrit par un publicitaire passionné de communication politique et c’est donc forcément agaçant pour les naïfs de la politique et les militants (Qui a dit ce sont les mêmes?) de voir traiter les mécanismes de l’ascension d’un-e candidat-e comme l’ascension d’une barre chocolatée ou d’un sachet de soupe, voire encore d’une nouvelle marque. En même temps, c’est éclairant.

De plus, grâce à la préface de Jacques Séguéla, tout est dit en deux phrases, issues d’une confidence qui lui aurait été faite par François Mitterand, sur les fondamentaux de la communication politique et du storytelling:

« Est élu l’homme qui raconte à son peuple l’histoire qu’il a envie d’entendre à ce moment donné de son Histoire. A l’expresse condition d’en être le héros crédible » (François Mitterand)

A lire ne serait-ce que pour être en avance si la prédiction de Henry Moreigne se confirmait à savoir que

«Si la marque Ségolène a connu une érosion de ses parts de marché à l’issue des présidentielles de 2007, elle se prépare activement à être la marque leader en 2012 »

qui nous permet peut-être de décrypter une des raisons de son soutien actuel à Martine Aubry. En effet, Ségolène Royal n’a aucun intérêt à passer pour être la fossoyeuse du Parti socialiste, mais à en être tout à la fois sa continuatrice et son dépassement.

A noter également que François Belley dispose d’un blog et d’un site dédié à son livre.