L'élection d'Ueli Maurer donne le signal à la recompostion de la droite suisse

Au-delà de l’élection en tant que telle d’Ueli Maurer, nous avons assisté ce matin au début de recomposition de la droite suisse. Observons «froidement» ce qui s’est passé ce matin et la suite des opérations:

  • après un dernier tour de piste, Christoph Blocher disparaît du paysage politique suisse;
  • par sa posture, Ueli Maurer marque le retour d’une droite conservatrice plus classique au moins dans ses formes;
  • «adoubé» par les Blocheriens, Ueli Maurer pourra d’autant plus les éliminer à petit feu;
  • Ueli Maurer a été plus qu’adoubé par les Radicaux, ceux-ci ont définitivement rejoint l’UDC pour former à terme (sous une forme à déterminer) une constellation politique du style de l’UMP à la française ou de la droite italienne;
  • fondamentalement les Radicaux-libéraux viennent de montrer leur adéquation à 98% au moins avec l’orientation politique de l’UDC;
  • une partie des PDC rejoindra également cette nouvelle constellation politique (comme une partie des centristes ayant quitté François Bayrou);
  • actuellement cette constellation est légèrement majoritaire si on observe les 122 voix obtenues par Ueli Maurer;
  • cette recomposition démarre avec la neutralisation d’Ueli Maurer relativement à la votation sur la libre-circulation (dernière ligne de fracture significative avec l’UDC actuelle);
  • cette recomposition se poursuivra via l’éviction de Toni Brunner de la présidence de l’UDC suite à son échec relativevement à la votation sur les bilatérales et la libre-circulation;
  • la gauche et les Verts formant un petit 33% du Parlement, le reste du PDC et ses alliés (Evangéliques, Verts libéraux) forment un centre-droit d’un poids électoral d’environ 15%;
  • plus on parle de quelque chose, plus ce quelque chose est menacé de disparaître à terme tel sera le destin de la concordance au niveau fédéral.

Ainsi donc la recomposition de la droite udc-radicale-libérale correspondra à celle observable sur le continent européen et tendra, à mon avis, à faire glisser toujours plus le système politique suisse sur un modèle majorité-opposition classique.