L'avenir de la presse, c'est le café | Mediapart

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La presse retrouverait-elle grâce à Internet sa fonction originelle? L’art du discours revivifiera-t-il tant la société que la politique? Tel semble le croire, en bon journal libéral, The Economist. Et vous?

«En rendant l’actualité plus participative, plus sociale, plus polyphonique et plus partisane, Internet renvoie la presse à quelque chose qui ressemble aux antiques cafés et ressuscite un art du discours oublié à l’âge des médias de masse. Ce bouleversement aura des effets profonds sur la société et la politique.»

via L’avenir de la presse, c’est le café | Mediapart.

Du bavardage à la réflexion profonde | InternetActu.net

Quasi braudélien l’éditorial de Clive Thompson dans Wired, traduit par InternetActu, sur les formes contemporaines de discussions, celui-ci s’intéresse à la médiation à court, moyen et long terme des informations.

Image : Ma vie de Tweets, 2007-2009, volume I par James Bridle qui anime notamment BookTwo, une réflexion sur l’avenir du livre. Un livre qui rassemble tous les tweets de l’auteur sur 2 ans : les formes courtes pour promouvoir une réflexion longue ? cc http://bit.ly/exgG2C

A Twitter appartiennent les instantanés tempétueux.

Aux blogs est dévolu le temps long des analyses en profondeur et la longue traîne.

Resterait le temps perdu du moyen terme. Celui qui appartenait aux hebdomadaires soit

des reportages ou des articles produits quelques jours après un événement majeur, avec un peu d’analyse saupoudrée sur le dessus.

Par ailleurs, différents outils de lecture sont apparus prenant en compte cette montée du long terme. Ainsi en est-il de Readability ou d’Instapaper. L’iPad appartiendrait à cette même catégorie d’outil adapté à la lecture de ces formes longues.

Mais si les blogs ont modifié leurs manière de bloguer, la presse ne semble pas, elle, avoir compris le changement de ces temporalités et des modifications que cela implique dans son travail.1 Du moins, est-ce une des conclusions que j’en tire de la lecture du résumé de ce très intéressant éditorial de Clive Thompson.

Source: Du bavardage à la réflexion profonde « InternetActu.net.

  1. Bien au contraire serait-je tenté de dire. En effet, elle court plus après les tweets que l’analyse fouillée. []

Le piège d'Huntington (François Miclo)

Alors que Samuel Huntington vient de s’éteindre, François Miclo revient sur le livre qui a fait le succès de son auteur dans les dernières décennies de son existence après avoir été notamment un ancien conseiller de Jimmy Carter.

Cet article a surtout le mérite de remettre cet ouvrage en perspective et de le replacer dans son contexte de production qui est celui de la chute du mur de Berlin en 1989. A l’instar de Francis Fukuyama croyant relire Hegel, Samuel Huntington tente de dresser le portrait de la scène internationale après la fin du monde bipolaire, mis en place après 1945, et de la Guerre froide. Pour Miclo, le Choc des Civilisations de Huntington est un mixte d’un peu de Braudel, une pincée de Toynbee et beaucoup de Spengler créant un mécano théologico-ethnico-politique divisant le monder en huit régions d’importance inégale: occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindouiste, slave-orthodoxe, latino-américaine et africaine. D’outil à la compréhension du monde chez Braudel, la notion de civilisation est dotée par Huntington d’une individualité et d’une identité propres.

Au centre du partage du monde, le fait religieux occupe une place prépondérante là où chez Braudel par exemple il n’est qu’un trait de caractères de sa grammaire des civilisations. Pour Huntington, le fondamentalisme religieux a déjà gagné la partie face aux Lumières et la chute du monde communiste laisse le monde occidental face à l’islam (et non l’islamisme).

La simplicité de la théorie, pour ne pas dire son simplisme, faisant son succès dans de larges cercles et notamment dans le barnum médiatique.

A lire dans: Causeur

Série de l'été : Twitter et la politique

Libération d’aujourd’hui s’intéresse à l’utilisation de l’outil Twitter par les hommes politiques… et n’oublie pas les tartes à la crème d’usage.

J’ai déjà eu l’occasion de vous entretenir sur politis.ch de l’utilisation de Twitter en politique, plus particulièrement en rapport avec la campagne présidentielle américaine. Dans la torpeur de l’été où il convient pour les journalistes d’une part de jouer à se faire peur (« et si les hommes politiques se passaient des journaux et des journalistes pour communiquer? »), d’autre part d’enquêter sur la manière dont les politiques communiquent à l’ère de l’Internet, Libération titre « Twitter, la nouvelle arme des politiques » puisque les blogs et les politiques cela a déjà été fait les derniers étés, fait un détour par l’utilisation de Twitter par Barack Obama (« Obama tisse sa victoire sur la Toile »), et interviewe ensuite à ce sujet Dominique Wolton («Trop d’interactivité risque d’accentuer l’agitation politique»).

Certes tout n’est pas sot dans les propos tenus par les différents auteurs ou interviewés. Notamment lorsqu’il s’agit de présenter l’outil Twitter:

Pas par téléphone, ni par mail, mais grâce à Twitter («gazouillis» en français), un service auquel il accède depuis son ordinateur. Merveille de la technologie moderne, cet outil lui permet de diffuser en temps réel son agenda, ses réflexions ou ses humeurs. Il lui suffit de se connecter au site Twitter.com pour poster un court message qui sera lu dans la minute par l’ensemble de son réseau. On apprend par exemple que, le 26 mai, Benoît Hamon était à Ljubljana, et que, le 17 juin, il manifestait pour la défense des 35 heures.

«La base de Twitter, c’est de diffuser à tous ses amis ce qu’on est en train de faire à l’instant. C’est du micro-blogging», explique Frédéric Cozic, consultant en Web innovant. Concrètement, son utilisateur dispose de 140 caractères (soit la taille d’un SMS) pour dire ce qu’il souhaite. Autant dire que, avec un format aussi court, il y a de quoi être sceptique. Mais pour les spécialistes des nouveaux médias, comme Joël Ronez, les avantages de Twitter sont indéniables : «D’abord, c’est très simple à utiliser. Ensuite, cela peut s’exporter : on peut par exemple twitter depuis son téléphone portable.» Et, surtout, c’est gratuit : «Vous pouvez donner rendez-vous à mille personnes en même temps sans dépenser un seul centime.» Twitter, la nouvelle arme des politiques » 

ou sur la relativité de l’apport d’un nouvel outil dans la communication ou la communication politique en particulier:

Que pensez-vous de l’engouement des dirigeants politiques pour les réseaux communautaires, les forums ou les blogs Internet ?

Il faut relativiser historiquement. Un tuyau supplémentaire, quelle que soit sa puissance ou son interactivité, ne suffit pas à changer les rapports sociaux, culturels et politiques. «Trop d’interactivité risque d’accentuer l’agitation politique»

de même que la réflexion sur le temps de la politique:

La question aujourd’hui est que le temps de la politique ne peut pas être le temps du média ou du direct. La compréhension, l’action, requièrent du temps. La société ne change pas au rythme des médias et de leurs interactions. Il faut compenser cette vitesse par la conscience aiguë que les sociétés sont lentes et complexes, surtout à l’heure de l’ouverture des unes sur les autres et du charivari provoqué par la mondialisation. Le fait de parler d’un problème ne suffit pas à le résoudre. «Trop d’interactivité risque d’accentuer l’agitation politique»

Mais les mêmes tartes à la crème que nous avons connues relativement au blogs sont également ressorties. Premièrement, ceux qui utilisent ces outils le font au détriment d’autres:

L’ennui, c’est que ce type d’activité est chronophage et ne remplace ni les médias traditionnels, ni surtout les contacts humains et sociaux, et encore moins l’action.

alors que les enquêtes relatives à l’utilisation de ces technologies montrent que celles-ci viennent s’ajouter et démultiplient les contacts sociaux dans le monde réel de leurs utilisateurs. Ceux-ci ne sont pas des agoraphobes, bien au contraire.

Deuxièmement, leur utilisation irait vers le futile, l’égo, le voyeurisme et la people:

Le public rentre dans une sorte de voyeurisme vis-à-vis des hommes politiques : il veut en savoir toujours plus tout en n’étant jamais rassuré. 

Cette tarte à la crème est née avec la transposition des blogs dans la sphère politique. Dans l’opinion journaliste, les blogs étaient tous de Skyblog, centrés sur le moi le plus futile. Cela n’a effectivement pas été amélioré avec Twitter où tout le monde s’imagine que leurs utilisateurs écrivent des messages pour dire qu’ils sont aux toilettes…

Et bien sûr, les médias traditionnels sont eux exempts de ce type de reproche que sont la «peopolisation» du politique, la futilité, le manque de prise de distance, l’absence de mise en perspective. 

C’est dommage, car l’interview de Dominique Wolton mérite d’être lu, car on peut facilement le lire en élargissant son analyse à l’ensemble des médias actuels et à la politique en général que ces derniers soient faits avec ou sans l’Internet, avec ou sans Twitter.

USA2008 : revue de presse et liens (17.01.08)

Ma revue de presse des articles parus hier sur la toîle.

USA2008 : revue de presse et liens (12.01.2008)

Vous avez «entre vos mains» mon premier bulletin d’information relatif à l’actualité consacrée aux élections présidentielles américaines de 2008.
En effet, depuis quelques temps, je m’interrogeais sur la meilleure manière de rendre compte de la campagne des Présidentielles américaines de 2008. La matière est abondante, voire sur-saturée, les articles en français souvent traduits des confrères américains. En même temps, cette campagne m’intéresse, voire me passionne (avec un côté irrationnel relativement cette «passion»), notamment sur l’emploi des médias électroniques et des réseaux sociaux par les candidat-e-s ou les internautes.
Pour ma part, je vais me centrer sur l’utilisation des médias électroniques et des réseaux sociaux tout en agrégeant des articles ou des sites consacrés à cette campagne présidentielle.
Aujourd’hui, pour couvrir cette campagne américaine, j’ai retenu le dispositif suivant:
• en premier lieu, j’ai créé une page spécifique à la campagne, intitulée USA2008 qui permet d’archiver et d’assurer le suivi de la campagne américaine. Sur cette page, vous y trouverez:
- une sélection de vidéos, issue de youtube, de la campagne américaine et plus particulièrement les déclarations des candidat-e-s lors des résultats des primaires. Je cherche à y privilégier les vidéos retenues par les candidat-e-s eux-mêmes sur leur site. En effet, je m’intéresse en premier lieu à la manière dont ceux-ci communiquent.
- une liste de liens de blogs américains ou en français consacrés à la campagne américaine de 2008 (bas de la page);
- les 15 derniers articles publiés par ma sélection de blogs;
- un «best of» (évidemment personnel) des articles publiés tout au long de cette campagne;
- une sélection d’articles plus individuels et de liens répertoriés sur mon del.icio.us politique.

• en second lieu, un billet intitulé USA2008 : revue de presse (xx.xx.2008) sera publié et regroupera les articles et liens (ainsi qu’une brève description) qui auront retenu mon attention au cours des dernières 24 heures.

• troisièmement, ma page d’accueil reprend dans sa colonne de gauche les 5 derniers articles ou liens que j’aurais répertoriés sur mon del.icio.us.

• en dernier lieu, je rédigerai des articles et billets plus spécifiques consacrés à la campagne présidentielle telle qu’elle se vit via les médias électroniques et les réseaux sociaux.

J’espère que cette démarche vous intéressera. N’hésitez pas à me solliciter pour améliorer le dispositif prévu par politis, me proposer un sujet de billet ou que je publie un de vos billets ou pour toute autre question relative à la campagne américaine.

Assez parlé, voici la sélection du jour. Bonne lecture!