Le Japon va sortir du nucléaire

Depuis Fukushima, le Japon a réduit a réduit de 28% sa consommation électrique et près de 40% dans la région de Tokyo. Il n’y a plus aujourd’hui que 14 réacteurs qui sont en activité sur 57. Rue 89 nous indique comment cela a été rendu possible.

Cette réduction massive a été obtenue par un éventail de mesures : par exemple, l’extinction des lumières dans les ministères pendant la journée, l’absence de climatisation (malgré les 38 degrés qu’il faisait à Kyoto voici quelques jours), l’extinction des grandes publicités dans Tokyo le soir ou une organisation différente du système de production industrielle qui travaille en roulement et qui a ainsi permis d’obtenir ce résultat remarquable.

Cela ne préfigure rien de moins pour le Japon que de sortir à terme du nucléaire, même si officiellement on se tait à ce propos. Cela nous donne également une idée de l’ampleur de la catastrophe de Fukushima et des problèmes non résolus. La lecture de l’article de Rue 89 vous éclairera à ce sujet.

Dans tous les cas, le Japon nous montre la voie à suivre pour sortir du nucléaire. Sachons nous en inspirer.

Source : De retour de Fukushima, où le silence et les mensonges tuent | Rue89.

Manuel de survie 2.0 en cas de catastrophe nucléaire | OWNI

Je vous propose une petite sélection d’articles sur la situation au Japon et les réactions qu’elle suscite.

Dans QUAND LA FIN DU MONDE RATTRAPE LE JAPON, Jean-Noël Lafargue traite de la familiarité des images qui nous parviennent sur le Japon:

Ce qui me fascine en voyant défiler les tristes images du Japon dévasté par une catastrophe naturelle et menacé par un accident nucléaire, c’est à quel point elles me semblent familières. Malgré leur envergure exceptionnelle et leur brutalité, ces évènements, j’y avais déjà assisté, et les Japonais, plus encore que moi, tant les fictions qu’ils consomment regorgent de catastrophes de ce genre.

Dans MANUEL DE SURVIE 2.0 EN CAS DE CATASTROPHE NUCLÉAIRE, la catastrophe nucléaire est-elle le moyen de redistribuer le pouvoir et de faire émerger une nouvelle classe dominante? L’imagine-t-elle globale?

Une catastrophe nucléaire qui se respecte a au moins pour elle de ne pas faire de discrimination : elle tue les riches comme les pauvres, les noirs comme les blancs… elle a juste un petit faible pour les enfants, les personnes âgées et les fœtus. Une nouvelle classe dominante va naturellement s’élever et rebâtir le monde à son image. Dans nos société post-idéologiques, globalisées, post-raciales et post tout ce que tu veux, si la classe dominante capitaliste s’effondre, qui restera-t-il à part Google, Facebook et Anonymous, pour nous dire quoi faire ? Facebook a déjà créé sa propre monnaie, Anonymous a toutes les apparences d’une armée secrète, Apple a déjà tout d’une religion et Google est déjà un empire maléfique, non ? Qui d’autre pourrait prendre le contrôle ?

via Manuel de survie 2.0 en cas de catastrophe nucléaire » Article » OWNI, Digital Journalism.

Pour sa part, Culture visuelle a déjà consacré toute une série d’articles concernant le traitement médiatique de l’événement : Le séisme japonais sur Culture Visuelle (sommaire). Je signale, plus particulièrement

Déjà vu: l’image de la catastrophe

Lundi 14 mars 2011, par André Gunthert
Déjà vu: l’image de la catastropheOn se souvient des rapprochements entre les images du 11 septembre et celles des films à grand spectacle qui semblaient en fournir la préfiguration. Quelques jours à peine après le séisme qui a frappé l’archipel nippon, on peut lire des évocations de l’imagerie populaire japonaise soulignant la troublante prescience de l’imaginaire. “Les mangas ont déjà [...]
et
 

La pleureuse d’Ishinomaki ou l’esthétique du désastre

Lundi 21 mars 2011, par André Gunthert
La pleureuse d’Ishinomaki ou l’esthétique du désastrePourquoi la photographie de Tadashi Okubo d’une japonaise au milieu des décombres est-elle devenue la signature visuelle du séisme japonais (fig. 1)? Trois explications ont été avancées: 1) une forme de paresse éditoriale, l’image ayant été diffusée simultanément par les trois grandes agences filaires, AP, AFP, Reuters; 2) une explication plus technique: la baisse des budgets [...]

 

 

Illustration : Katsuhiro Ōtomo (1982). Akira. La destruction de Neo-Tōkyō.

Un beau week-end de et pour la gauche!

Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société fondée sur des valeurs d’humanité, l’égalité, la justice, à rebours de la brutalité de tant d’oppression, d’exploitation, de marchandisation, ou tout simplement de renoncement.

(Martine Aubry, La Rochelle, août 2009)

Alors que certains veulent nous faire croire que la crise serait déjà dernière nous alors que le chômage augmente ainsi que la précarité dans une curieuse symétrie avec le redémarrage des bonus des traders, ce week-end a été un beau week-end de gauche en France, Allemagne et au Japon. Signe que le bourrage de crâne a un temps? Ce ne serait que justice.

Ainsi au Japon, les élections ont confirmé le séisme politique prévu avec la fin de 50 ans de mainmise sur le pouvoir de la part du Parti libéral-démocrate (PLD). Ce dernier a perdu le 60% de ses sièges par rapport à 2005. Le grand vainqueur est un parti de centre gauche, le Parti démocrate du Japon (PDF) qui a rafflé 308 sièges soit 67 sièges de plus que la majorité absolue. (Après un demi-siècle de pouvoir libéral, le Japon bascule au centre gaucheLe Monde)

En Allemagne, trois élections régionales avaient lieu ce week-end en Sarre, Thuringe et Saxe. Les résultats du scrutin sont sans appel puisque la CDU (Chrétiens conservateurs) a perdu plus que des plumes en Thuringe et en Sarre. Dans ces deux Lands, la gauche progresse. Die Linke de 11 sièges en Sarre alors que le SPD en perd 5. Le SPD et les Verts en Thuringe respectivement de 3 et 6 sièges alors que die Linke en perd 1. (Les résultats en Sarre, Thuringe et SaxeDie Spiegel)

En Sarre, le résultat de ces élections pourrait déboucher sur la première majorité dans l’Ouest du pays formée du SPD, die Linke et des Verts. A trois semaines des élections générales, ces résultats rebrassent les cartes d’un jeu qui semblait jouer en défaveur de la gauche. Trois options semblent maintenant se dégager pour construire une majorité: la première consiste à une majorité composée de la CDU-CSU et du FDP (le parti libéral lui aussi en progression de 2, 6 et 7 sièges dans les trois Länder); la deuxième verrait le SPD, les Verts et le FDP former la majorité et la troisième composée du SPD, die Linke et des Verts. (Allemagne : la victoire de Die Linke, casse-tête du SPDRue89)

En France, certains pronostiquaient un enterrement de première classe pour le Parti socialiste français et sa première secrétaire Martine Aubry lors des Universités d’été à La Rochelle. Celle-ci a dû d’une part à ses propres mérites et, d’autre part, au champ libre laissé par ses adversaires internes d’avoir renversé la situation et d’avoir réussi en un week-end à se replacer au centre du jeu.

Ainsi, en ouverture, elle a traduit véritablement le concept de démocratie participative utilisé par Ségolène Royal durant les primaires présidentielles de 2007 (Comment Aubry a bluffé les cadres et les militants du PSRue89). Pour régler les querelles internes au parti, elle a décidé de trancher en faisant voter les militants, puis en inscrivant leurs décisions dans les statuts du PS. Cette démarche touche cinq sujets:

  • La fin du cumul des mandats ou sa limitation drastique;
  • Des primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS en 2012;
  • L’obligation de parité, de diversité et de renouvellement générationnel;
  • Une charte éthique pour faire respecter une discipline interne;
  • Modification des processus pour adhérer, militer et voter.

En clôture, elle a produit un discours fleuve et combatif (une traduction française du discours made in Obama?). Mais surtout une première ébauche de programme pour la rentrée 2009 et pour la présidentielle de 2012 qui ne soit pas un simple ralliement à l’anti-sarkozysme. Rue89 n’y a rien vu de moins que le rappel du fameux discours d’Epinay de la «rupture avec le capitalisme» prononcé en 1971 par François Mitterrand lorsqu’il prit les commandes du Parti socialiste français:

La bataille des idées semble réengagée et c’est probablement la meilleure nouvelle de ce week-end pour le Parti socialiste français et la gauche française en général.