Hans-Rudolf Merz : l’homme (trop) pressé de l’économie

Tout la symbolique du parcours de Hans-Rudolf Merz est perceptible dans cette image de l’homme pressé. Mais pour aller où? Et surtout comment et avec qui? Itinéraire de celui qui devait être la carte maîtresse des milieux économiques suisses.

Cette image est toute sarkozienne ou berlusconienne. Elle incarne l’homme d’action ruant dans les brancards de l’immobilisme. On va voir ce qu’on va voir. Issu de l’économie, Hans-Rudolf Merz est là pour changer les choses, les pratiques et insuffler cet esprit d’entreprise qui manquerait tant au Conseil fédéral et au monde politique en général.

Lors de son élection, il se partageait ce rôle avec un certain Christoph B. Deux hommes-liges des milieux économiques. Mais qui s’en souvient encore alors que, désormais c’est officiel, Hans-Rudolf Merz a annoncé sa démission? D’autant que leurs résultats sont catastrophiques. Christoph B. a instauré un climat délétère tant dans son département qu’au Conseil fédéral. Hans-Rudolf Merz s’est montré tout à la fois incapable de trancher et autiste dans ses dossiers comme celui du taux de TVA unique et irréfléchi, irresponsable et non-collégial dans son costume de Président de la Confédération lors de la crise libyenne. Le costume d’homme d’État était beaucoup trop grand pour eux.

Hans-Rudolf Merz ne sera pas regretté par grand monde. Même pas par son parti qui le voyait avec forte inquiétude dans le rôle du boulet à l’approche des élections fédérales. Il ne manquerait plus d’ailleurs que l’élection de son remplaçant marque la perte du deuxième siège radical-libéral au Conseil fédéral… Ce jour, les Verts et l’UDC font mine d’y croire.1

Ce matin, en annonçant sa démission, il a encore fait cavalier seul alors que Doris Leuthard lançait la campagne sur l’assurance chômage. Comme tentative de faire partir dans le fossé une campagne de votation du Conseil fédéral, c’est assez réussi. Freud aurait certainement aimé cela.

Source de l’image: Lupe, der Satire-Blog: Vertrauliches FDP-Schreiben zum heutigen Rücktritt von Hans-Rudolf Merz.

  1. Merz: les Verts et l’UDC briguent le siège vacant []

Conseil fédéral : bal des transferts

Photo d'équipe au début de saison

Hier soir, la TSR annonçait que Hans-Rudolf Merz présenterait ce vendredi sa démission  du Conseil fédéral pour le mois de septembre. Le bal des transferts 2010 est bien ouvert.

Nulle surprise puisque que dès l’annonce du départ prévu pour la fin de l’année 2010 de Moritz Leuenberger du Conseil fédéral, les couloirs du palais pariaient déjà que ce départ serait accompagné de celui de Hans-Rudolf Merz.

Ainsi donc l’été, comme au football, devient la période ouverte des transferts pour le Conseil fédéral : Fluvio Pelli, Christian Levrat et Christian Constantin même combat. Remarquons à leur suite que, comme au football, les règles en ce domaine ont fortement évolué et que la règle de base désormais est justement qu’il n’y en a pas.

Nadaam Stadium à Oulan Bator

Les élections tous les quatre ans des conseillers fédéraux ne valent pas plus, ni mieux que les contrats signés pour deux ou quatre ans entre un joueur et un président de club. Trois, six mois ou un an après tu peux le rompre et partir pour l’Ouzbékistan ou Oulan-Bator. Les sirènes d’un contrat juteux pour le joueur, son agent ou son ancien club priment désormais sur l’intérêt sportif.

Les supporters-militant-e-s, eux, essaient tant bien que mal de suivre le mouvement et s’accrochent à une philosophie de parti ou un esprit de club qu’ils sont bien les seuls souvent à percevoir encore. Les pronostics électoraux tiennent désormais lieu de boussole. Reste à faire le bon transfert…

Présentation du nouveau joueur à ses coéquipiers

Au mois de septembre, les premiers matchs seront joués. Au mois de novembre, les premiers entraîneurs sont généralement virés. En janvier, la valse des transferts reprend en même temps que le Paris-Dakar. Tout cela est bon pour les médias qui vivent très mal le creux de l’été et celui de janvier. Cela pimente également les réunions de famille ou sur les linges de plage, les pistes de ski et au moment de l’apéro.

Et puis, une fois parti à l’étranger pour le footballeur suisse ou sur sa petite colline pour un ancien conseiller fédéral, tu peux toujours espérer un jour revenir jouer/sièger sur les lieux de tes premiers exploits. En la matière, les beaux restes côtoient des flops retentissants.

Une fois ta retraite politico-sportive prise, tu peux toujours te reconvertir en entraîneur ou éminence plus ou moins grise de parti. Selon ta carrière, tu y  apporteras ta science du tacle ou du jeu à une touche de balle. T’as aussi la possibilité d’ouvrir un bar, de prendre ta licence d’agent de joueurs, d’écumer les conseils d’administration ou, must du must, d’obtenir un mandat auprès d’une agence internationale, onusienne de préférence.

Nous vivons vraiment une époque formidable.

Le blog politique de Fabien Fivaz | Lettre ouverte à Hans-Rudolf Merz

Le secret bancaire a vécu. Plutôt que d’imaginer des solutions à court terme en espérant qu’on nous laisse tranquille, le Conseil fédéral aurait dû réformer depuis longtemps notre approche en la matière. Le secret bancaire est un mythe, destiné à enrichir nos banques et leurs élites sur le dos des contribuables honnêtes, ici comme ailleurs. Les banques n’ont jamais représenté qu’une petite part du produit intérieur brut

— Le blog politique de Fabien Fivaz – Lettre ouverte à Hans-Rudolf Merz