Quelqu'un m'a dit…

Le monde méditico-politique français et international bruisse depuis quelques jours de rumeurs relatives à la santé du couple présidentiel français. S’y ajoute un parfum autour de l’utilisation de Twitter dans la propagation de la rumeur et depuis hier de menaces de plaintes pénales du côté des protagonistes «touchés» par cette rumeur à savoir: le président français, son épouse, un chanteur récemment nominé et une jeune secrétaire d’Etat.

Dans une de ses chroniques, Richard Hétu (» Twitter et rumeurs journalistiques) nous précise que

le journaliste américain Eric Pape, qui vit à Paris, attribue à des tweets de journalistes les rumeurs sur la vie amoureuse du premier couple français.

Sur son blog, Eric Pape revient aussi sur la longue histoire des infidelités du président français et plus particulièrement celle qui se noua pendant son premier mariage avec sa future deuxième épouse

Sarkozy appears to have a long history of infidelity. One of the most notorious alleged incidents was detailed in a fascinating 2008 Vanity Fair cover story on the Sarkozys’ intersection of glam, power, and sexual predation. The magazine recounted a scene wherein Nicolas Sarkozy and his first wife (and the mother of two of his children) went on a ski trip with the wife of popular French television host Jacques Martin, Cecilia. (Sarkozy, then mayor of Neuilly-sur-Seine, had performed their wedding.) When Sarkozy’s first wife couldn’t find him anywhere in the chalet, she decided to knock on Cecilia’s door. After some rustling and a long delay, an awkward Cecilia finally appeared. There was no one inside, but Sarkozy’s first wife noticed an open window and fresh footprints in the snow leading away.

Ce matin, Jean-François Kahn vient à son tour apporter sa petite musique de circonstance relativement à cette rumeur «qui circulait dans ce qu’on appelle le «tout Paris» depuis quelques semaines». (Couple Sarkozy: l’info et la rumeur mondialisées). Il conclut en trois points fort censés que les protagonistes de cette affaire devraient méditer avant de déposer plainte

  1. Internet est à la fois un formidable instrument de dégommage des censures, de décryptage des discours officiels, de subversion des pensées uniques et d’abolition des frontières qui séparent l’information de la rumeur ;
  2. on ne peut prendre le risque de bipolariser la vie publique et d’instrumentaliser sa vie privée sans que cela vous revienne en boomerang ;
  3. la mondialisation débouche, aussi, sur la subversion de toutes les retenues internes par un manque total de retenues externes.

Mais les propos d’Eric Pape nous indiquent aussi que le journalisme politique français est tombé bien bas et sa volonté de trouver coupable dans les réseaux sociaux tel Twitter le rend plus pitoyable encore.

(Photo Reuters)

Sarkozy : vrai populiste bonapartiste ou réactionnaire maurassien?

Nicolas Sarkozy ou le syndrôme Katrina

Nicolas Sarkozy ou le syndrôme Katrina. Sarkofrance décrypte l'image de Nicolas Sarkozy survolant les zones sinistrées par Xynthia en la mettant en parallèle avec celle de Georges Bush survolant alors les zones sinistrées par Katrina.

Jean-François Kahan vient sur son blog de proposer un portrait fort bien léché de Nicolas Sarkozy avec un style que ne renierait pas Patrick Rambaud dans sa fresque du règne de Nicolas Ier (voir mon billet Chronique du règne de Nicolas Ier):

Sarkozy n’est pas nul. Loin de là. Non, on ne saurait le réduire, comme certains, à une espèce de pantin dérisoire et inculte. Il a un vrai talent réactif, quasi énergétique, et un rare sens de l’appropriation de toutes les opportunités et de toutes les occasions. Comme il n’est nullement, quoi qu’on en dise, un idéologue dogmatique, mais, pour le coup, un vrai populiste bonapartiste, sans conviction contraignante, capable de transformer en passion apparemment incandescente un cynisme froid, il peut arborer tour à tour toutes les casaques, enfourcher tous les chevaux, les recruter dans toutes les écuries et les diriger vers tous les abreuvoirs en leur faisant emprunter tous les chemins de traverse pour débouler en tête sur la piste de l’hippodrome central.

via Régionales : ne vendons pas la peau de l’ours.

Cependant, comme le fait justement remarquer un de ses commentateurs:

Il faut faire la différence entre les discours et le bilan réel. Dans ses discours il peut dire une chose et son contraire d’un mois sur l’autre, et paraitre avoir des idées malleables (c’est le moins qu’on puisse dire !).

Mais si on regarde son bilan réel, c’est à dire les lois réellement votées et appliquées, on y retrouve quoi : le paquet fiscal, les lois sécuritaires, les reconduites à la frontières et les procédures de naturalisation complexifiées. Donc un bilan réel au gout clairement idéologique.

(Yendred, commentaire no 29 du billet de J.-F. Kahn)

En ce sens-là, comme je l’indiquais après un an de règne,

Nicolas Sarkozy a montré son vrai visage: celui non pas d’un libéral, mais d’un réactionnaire que n’aurait pas renié Charles Maurras et l’Action française.
Putain un an! Autopsie d’une débâcle annoncée, 4 mai 2008

Depuis 2008, la crise économique est passée par là et renforce le brouillage d’un discours sarkozien que ce dernier s’amuse à brouiller à souhait. Ainsi en est-il lorsque Nicolas Sarkozy après les ravages ces jours-ci de Xynthia prend ses airs de justicier et tonne:

Il faut qu’on s’interroge pour savoir comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison. […] On ne peut pas transiger avec la sécurité. De mon point de vue, la sécurité est prioritaire.

alors que, comme le relève Rue89, moins d’un an avant ce même Nicolas Sarkozy insistait sur la nécessité de construire en zone inondable, de densifier les zones urbaines et de se libérer des contraintes de la loi Littoral et que le Sarkozy candidat de 2007 tenait déjà à assouplir la loi littoral. (Avant Xynthia, Sarkozy voulait « construire en zone inondable ».

Référence de l’image et à l’article de SarkoFrance: Avec Xynthia, Sarkozy, défait, a trouvé sa Katrina.

Patrick Rambaud en est pour sa part au troisième année de sa Chronique du règne de Nicolas Ier : A la cour de Sa Compulsive Grandeur (L’Hebdo, 6 janvier 2010).

ACTA : le traité qui fera de vous un criminel de l’Internet

Saviez-vous que depuis 2006, la Suisse participe, dans la plus grande opacité,  à l’élaboration du traité ACTA (accord de commerce anti-contrefaçon) visant à renforcer de manière démesurée le pouvoir du copyright sur les contenus numériques et par là-même contrôler et à criminaliser vos usages dans ce domaine?

Pour saisir l’implication dans nos vies de l’application d’un tel traité, la lecture de RedWriteWeb France est éclairante:

Si le traité ACTA venait à être appliqué, l’internet tel qu’on le connait aujourd’hui serait radicalement changé. Le traité renforce de façon démesurée le pouvoir du copyright (ou du droit d’auteur, en l’occurrence la différence est insignifiante), forcera les fournisseurs de services sur internet à faire la police du copyright, rendant du même coup l’hébergement de contenus générés par les utilisateurs impossible à assumer financièrement, il mettra en place des sanctions pour les utilisateurs violant le copyright, comme de leur couper l’accès à l’internet après trois avertissements, et exigera que les supports informatiques soient inspectés aux frontières (disques dur, lecteurs mp3, etc.). Ceux qui contiendraient des fichiers copyrightés téléchargés de façon illégale seraient détruits, et leur possesseurs se verraient infliger une amende.

Pour parvenir à leurs fins, les autorités chargées de faire appliquer un tel accord disposeraient de moyens d’actions touchant notablement à la liberté d’expression et à la protection des communications privées. A cet effet, le filtrage des contenus serait notamment légalisé et rendu obligatoire pour les fournisseurs d’accès. Ce filtrage des contenus ne serait rien d’autre que la version occidentalisée de la méthode chinoise de filtrage internet.

Par ailleurs, un tel dispositif illustre sous un nouveau jour la condamnation récente d’une jeune Tessinoise pour téléchargement illégal de contenus numériques.

Pour imaginer ce qui nous attend en Suisse en ces domaines,  les récentes lois françaises Hadopi/Loppsi (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) ou les récentes lois espagnoles et italiennes —dépassant la simple lutte contre le piratage, pour s’en prendre directement à la liberté d’expression— sont les premiers indices de dispositifs législatifs inspirés par les dispositions du traité ACTA. Lire la suite

Jean-François Kahn ouvre son blog

Jean-François Kahn a ouvert son blog en ce début 2010.

Après deux jours, il en est déjà à quatre billets auxquels s’ajoutent pour faire bon poids certainement quelques autres textes rédigés en 2009.

Son sens de la formule choc, toujours a portée de plume, devrait trouver avec ce blog un espace à la mesure du tourbillon d’idées qui l’agite en permanence et souvent avec brio. Jean-François Kahn l’a déjà sorti le deuxième jour avec ce titre-là : Burqa: interdisons aussi le casque à pointe!

Son billet d’introduction: Bienvenue ! | Tourner la page, le blog de Jean-François Kahn

Bonne lecture!

Zones grises | Béquilles.ch : It's not JUST the economy

Cela dit, pourquoi les Suisses se plaignent-ils des juges étrangers qui piétinent leurs plate-bandes, tandis que les leurs ne font pas leur travail? Mardi, un tribunal de district zurichois a renoncé à attaquer les anciens directeurs d’UBS pour l’aide active et massive que la banque a fourni aux évadés du fisc américain au cours de la décennie écoulée. Celle-ci a avoué les faits aux Etats-Unis. Le gérant de fortune qui a alerté le fisc avait prévenu sa direction générale des irrégularités systématiques: des documents de la justice de paix genevoise en attestent. La direction générale ne pouvait pas ne pas être au courant des méthodes utilisées.

La justice zurichoise répond qu’une bonne partie de ces faits et comportements, s’ils sont punissables en droit américain, ne le sont pas en droit suisse. Telle est l’hypocrisie du système. Je me souviens pourtant des assurances enflammées que me faisait le banquier Patrick Odier, aujourd’hui président de l’Association des banquiers suisses: « Nous ne tolérons pas l’aide active à l’évasion fiscale! ». Pur mensonge.

Du bon journalisme, du bon Jean-Claude Péclet.
Béquilles.ch – It’s not JUST the economy: Zones grises

L'Extrême Droite – Politis

Dans la vraie vie, «l’extrême droite» n’est pas du tout affaiblie : elle ne s’est en réalité jamais si bien portée, au plus haut niveau, que sous le règne du nouveau chef de l’État français, qui met en application, en matière d’immigration, de très larges pans du programme de Bruno Mégret – lequel, éricbessoniste avant l’heure, fut le premier, en 1991, à réclamer la création d’«un ministère de la population ayant autorité pour coordonner l’action de l’ensemble des administrations sur les questions d’immigration»; à réclamer que «les forces de police» soient «habilitées à effectuer des contrôles d’identité … de façon à interpeller les immigrés clandestins présents sur notre sol», puis qu’«une fois arrêtés ceux-ci» soient «dirigés vers» des «centres d’hébergement surveillés avant expulsion» ; à réclamer que «les services du ministère de l’Intérieur » soient « dotés des moyens nécessaires pour faire appliquer ces mesures à l’encontre de tous ceux qui par centaines de milliers sont actuellement concernés par ces mesures».
L’Extrême Droite – Politis

Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici de refaire le débat ou la campagne du 27 septembre dernier relativement à l’initiative des gendarmes, dite d’Artagnan, pour une police unique, mais de signaler la publication d’un compte-rendu concernant l’ouvrage de Steve Savage: Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de  Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Couverture de Steve Savage, Police Reform. Forces for Change, Oxford University Press, 2007.

Le compte-rendu de La Vie des idées est intéressant dans la perspective des politiques sécuritaires et de l’évolution des institutions policières. L’auteur, Jacques de Maillard, se propose dans son compte-rendu de répondre à la question suivante: comment le pouvoir politique peut-il engager des réformes d’ampleur des organisations policières ?

Il s’y emploie, et c’est un des intérêts de ce compte-rendu, en comparant les évolutions des institutions policières britannique et française. Il débute son propos par une présentation des réformes connues par les polices britanniques depuis les émeutes de Brighton de 1981.

Dans sa présentation de l’ouvrage, Jacques de Maillard souligne que Steve Savage propose une lecture qui rend justice au caractère composite et plurivoque des réformes. Ce dernier souligne principalement le poids combiné de trois facteurs de changement : les crises, les professionnels et les acteurs politiques.

Au niveau des réformes entreprises en Grande-Bretagne, celles-ci ont été articulées autour de trois axes principaux:

  • la managérialisation au travers de la mise en place de nombreux indicateurs relatifs à l’activité policière;
  • la centralisation avec la mise en œuvre de plans nationaux comportant des priorités d’action, y compris concernant les polices locales;
  • une préoccupation pour le lien entre police et population avec notamment le lancement, par le New Labour, de la police de voisinage (neighbourhood policing) qui repose sur les principes de visibilité et d’accessibilité des services de police.

Un autre élément significatif à relever concernant le cas britannique réside dans le recrutement de plus en plus large d’agents civils aux différents échelon de l’organisation policière. Dans un premier temps, ceux-ci sont intervenus dans les domaines de la communication pour progressivement être également recrutés dans le domaine des patrouilles, voire même de l’investigation judiciaire. Aujourd’hui, près de 40% des membres des polices britanniques sont des civils alors qu’en France le mouvement reste à un bien plus faible niveau avec 18 % de non policiers sur l’ensemble des effectifs de police nationale.

Dans sa comparaison avec le cas français, Jacques de Maillard relève d’autres différences:

  • si  les résultats des différentes polices britanniques (indicateurs) sont rendus publics, comparés et accessibles directement sur internet, les résultats des polices françaises demeurent centralisés et tournés vers l’Etat plus que vers les citoyens;
  • les réformes britanniques ont renforcé la centralisation du système alors que celle-ci reste persistante dans le cas français. Cependant, le centralisme britannique a suscité de fortes critiques et les excès du managérialisme centralisé ont conduit à des revendications d’un «nouveau localisme», aboutissant à la «police de voisinage»;
  • si en France, police et gendarmerie sont des administrations pyramidales et intégrées; en Grande-Bretagne, le centre n’a pas la responsabilité des forces de police, qui restent locales, mais il les pilote à distance par l’intermédiaire des instruments de suivi/contrôle (les indicateurs);
  • après avoir abandonné sa réforme de la police de proximité, la France s’interroge relativement à la question de la satisfaction de la population essentiellement au travers du seul prisme des résultats chiffrés de l’activité policière. A contrario, en Angleterre, différentes crises ont conduit à une remise en cause des modèles d’action et des modes d’organisation des polices.

Jacques de Maillard termine son travail de comparaison et son compte-rendu de l’ouvrage de Steve Savage de la manière suivante:

On se gardera d’une lecture qui pourrait explicitement ou implicitement faire du modèle britannique un modèle. Non seulement les systèmes policiers ne se transforment pas par décret en fonction des bonnes idées venant de l’étranger, mais le système britannique donne une idée des dérives potentielles associées aux velléités réformatrices : pression politique constante sur l’activité policière, pilotage de l’action uniquement en fonction de tableaux de bord chiffrés, etc. Le cas britannique peut cependant constituer une source d’inspiration dans l’élaboration de nouvelles directions pour l’activité policière, pour ce qui concerne la prise en compte des perceptions de la population vis-à-vis du travail policier ou le suivi réel des réformes engagées. Ces changements ont l’avantage d’attirer l’attention sur une dimension qui est au cœur de l’activité policière : celle-ci doit construire son autorité sur le consentement et l’acceptation par la population.

Source: Peut-on réformer la police ? – La vie des idées

Un beau week-end de et pour la gauche!

Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société fondée sur des valeurs d’humanité, l’égalité, la justice, à rebours de la brutalité de tant d’oppression, d’exploitation, de marchandisation, ou tout simplement de renoncement.

(Martine Aubry, La Rochelle, août 2009)

Alors que certains veulent nous faire croire que la crise serait déjà dernière nous alors que le chômage augmente ainsi que la précarité dans une curieuse symétrie avec le redémarrage des bonus des traders, ce week-end a été un beau week-end de gauche en France, Allemagne et au Japon. Signe que le bourrage de crâne a un temps? Ce ne serait que justice.

Ainsi au Japon, les élections ont confirmé le séisme politique prévu avec la fin de 50 ans de mainmise sur le pouvoir de la part du Parti libéral-démocrate (PLD). Ce dernier a perdu le 60% de ses sièges par rapport à 2005. Le grand vainqueur est un parti de centre gauche, le Parti démocrate du Japon (PDF) qui a rafflé 308 sièges soit 67 sièges de plus que la majorité absolue. (Après un demi-siècle de pouvoir libéral, le Japon bascule au centre gaucheLe Monde)

En Allemagne, trois élections régionales avaient lieu ce week-end en Sarre, Thuringe et Saxe. Les résultats du scrutin sont sans appel puisque la CDU (Chrétiens conservateurs) a perdu plus que des plumes en Thuringe et en Sarre. Dans ces deux Lands, la gauche progresse. Die Linke de 11 sièges en Sarre alors que le SPD en perd 5. Le SPD et les Verts en Thuringe respectivement de 3 et 6 sièges alors que die Linke en perd 1. (Les résultats en Sarre, Thuringe et SaxeDie Spiegel)

En Sarre, le résultat de ces élections pourrait déboucher sur la première majorité dans l’Ouest du pays formée du SPD, die Linke et des Verts. A trois semaines des élections générales, ces résultats rebrassent les cartes d’un jeu qui semblait jouer en défaveur de la gauche. Trois options semblent maintenant se dégager pour construire une majorité: la première consiste à une majorité composée de la CDU-CSU et du FDP (le parti libéral lui aussi en progression de 2, 6 et 7 sièges dans les trois Länder); la deuxième verrait le SPD, les Verts et le FDP former la majorité et la troisième composée du SPD, die Linke et des Verts. (Allemagne : la victoire de Die Linke, casse-tête du SPDRue89)

En France, certains pronostiquaient un enterrement de première classe pour le Parti socialiste français et sa première secrétaire Martine Aubry lors des Universités d’été à La Rochelle. Celle-ci a dû d’une part à ses propres mérites et, d’autre part, au champ libre laissé par ses adversaires internes d’avoir renversé la situation et d’avoir réussi en un week-end à se replacer au centre du jeu.

Ainsi, en ouverture, elle a traduit véritablement le concept de démocratie participative utilisé par Ségolène Royal durant les primaires présidentielles de 2007 (Comment Aubry a bluffé les cadres et les militants du PSRue89). Pour régler les querelles internes au parti, elle a décidé de trancher en faisant voter les militants, puis en inscrivant leurs décisions dans les statuts du PS. Cette démarche touche cinq sujets:

  • La fin du cumul des mandats ou sa limitation drastique;
  • Des primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS en 2012;
  • L’obligation de parité, de diversité et de renouvellement générationnel;
  • Une charte éthique pour faire respecter une discipline interne;
  • Modification des processus pour adhérer, militer et voter.

En clôture, elle a produit un discours fleuve et combatif (une traduction française du discours made in Obama?). Mais surtout une première ébauche de programme pour la rentrée 2009 et pour la présidentielle de 2012 qui ne soit pas un simple ralliement à l’anti-sarkozysme. Rue89 n’y a rien vu de moins que le rappel du fameux discours d’Epinay de la «rupture avec le capitalisme» prononcé en 1971 par François Mitterrand lorsqu’il prit les commandes du Parti socialiste français:

La bataille des idées semble réengagée et c’est probablement la meilleure nouvelle de ce week-end pour le Parti socialiste français et la gauche française en général.

Lectures d'été (7): Ségolène® la femme marque

Ségolène® la femme marque de François Belley, c’est l’histoire d’un Storrytelling à la française [voir notre Lectures d’été (3) : Storytelling de Christian Salmon]. C’est écrit par un publicitaire passionné de communication politique et c’est donc forcément agaçant pour les naïfs de la politique et les militants (Qui a dit ce sont les mêmes?) de voir traiter les mécanismes de l’ascension d’un-e candidat-e comme l’ascension d’une barre chocolatée ou d’un sachet de soupe, voire encore d’une nouvelle marque. En même temps, c’est éclairant.

De plus, grâce à la préface de Jacques Séguéla, tout est dit en deux phrases, issues d’une confidence qui lui aurait été faite par François Mitterand, sur les fondamentaux de la communication politique et du storytelling:

« Est élu l’homme qui raconte à son peuple l’histoire qu’il a envie d’entendre à ce moment donné de son Histoire. A l’expresse condition d’en être le héros crédible » (François Mitterand)

A lire ne serait-ce que pour être en avance si la prédiction de Henry Moreigne se confirmait à savoir que

«Si la marque Ségolène a connu une érosion de ses parts de marché à l’issue des présidentielles de 2007, elle se prépare activement à être la marque leader en 2012 »

qui nous permet peut-être de décrypter une des raisons de son soutien actuel à Martine Aubry. En effet, Ségolène Royal n’a aucun intérêt à passer pour être la fossoyeuse du Parti socialiste, mais à en être tout à la fois sa continuatrice et son dépassement.

A noter également que François Belley dispose d’un blog et d’un site dédié à son livre.

Ce week-end: Festival de théâtre La Tour en scène

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Depuis mercredi, la première édition du Festival international de théâtre amateur, La Tour en scène, bat les tréteaux de la Salle des Remparts et du Théâtre du Château à La Tour-de-Peilz avec des troupes en provenance de Suisse, France, Belgique, Monaco et du Québec.
Il a également été prévu des animations et des spectacles gratuit pour la jeunesse : le Fest’Off.
Le festival se tient jusqu’à dimanche.

Le programmation officiel de ce soir à dimanche:

Le Nouveau Théâtre, Fribourg, Suisse
Gelsomina Adaptation de P. Dupoyet
Salle des Remparts, vendredi 24 avril à 20 h

Le Trac’nart, Lausanne, VD, Suisse
Ils s’aiment de Palmade & Robin
Théâtre du Château, vendredi 24 avril à 22 h

Galatée, Cortaillod, NE, Suisse
Marcia Hesse de F. Melquio
Salle des Remparts, samedi 25 avril à 10 h 30

Le Théâtre 2000, Courcelles, Hainaut, Belgique
On est bien Création CH
Salle des Remparts, samedi 25 avril à 14 h 30

Le Théâtre des 4 saisons TQS, Narbonne, France
La Maladie du sable de J.P. Alègre
Théâtre du Château, samedi 25 avril à 16 h 30

Le Studio de Monaco, Monte Carlo, Monaco
L’Avare de Molière ( Version moderne)
Salle des Remparts, samedi 25 avril à 20 h 15

Le Théâtre de la Cité, Fribourg, Suisse
L’Amant de H. Pinter
Théâtre du Château, samedi 25 avril à 22 h 30

Le Trac’nart, Lausanne, VD, Suisse
Ils s’aiment de Palmade & Robin
Théâtre du Château, dimanche 26 avril à 10 h 15

La Cie Emoi, Paris, France
Grand’Peur et misère du III ème Reich de B. Brecht
Salle des Remparts, dimanche 26 avril à 11 h 30

Toutes les informations: http://www.la-tour-en-scene.ch/

L’affiche et le programme du Fest’Off:

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