Revue de presse (6 novembre 2011)

  • La dernière année d’Obama à la Maison-Blanche? | Richard Hétu – Dans un an jour pour jour, les Américains décideront s’ils accordent un second mandat de quatre ans à Barack Obama. Comme l’explique le Washington Post dans cet article, aucun président sortant depuis George Bush père n’aura tenté de se faire réélire dans un contexte aussi difficile : électorat pessimiste, aigri et divisé, taux de chômage élevé, croissance économique anémique.
    Quoi qu’il en soit, les stratèges des deux partis s’entendent pour dire que l’élection présidentielle de 2012 se jouera dans neuf États que Barack Obama a enlevé aux républicains en 2008 : Colorado, Floride, Indiana, Iowa, Nevada, Nouveau-Mexique, Caroline du Nord, Ohio et Virginie. Les démocrates reconnaissent qu’ils perdront probablement l’Indiana, mais ne concèdent aucun autre de ces États.
  • L’islam interdit-il les images de Mahomet? | Slate – «Si l’interdiction de faire des images de Dieu dans l’islam n’est pas contestée, il n’en va pas de même pour les images de Mahomet, le prophète de la religion musulmane. Aucun passage du Coran n’interdit la représentation des êtres vivants, et donc de Mahomet, qui n’est qu’un homme et non l’incarnation de Dieu comme Jésus. C’est une différence majeure avec la Bible, qui interdit de manière explicite la création d’images dans le second commandement:

    «Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.» (Exode XX, 4)»

    Une interdiction plutôt respectée par les juifs mais vite abandonnée par les chrétiens, qui ont considéré que l’arrivée sur terre de Jésus, la réincarnation de Dieu, permettait de représenter ce dernier de manière figurative et d’en faire un vieux barbu.

  • Les Grecs pour un gouvernement d’union nationale – tsr.ch – info – monde – Les Grecs sont majoritairement en faveur d'un gouvernement d'union nationale, proposé par l'exécutif socialiste à une opposition de droite réticente. Ils plébiscitent aussi à près de 80% l'ancrage dans l'euro, selon trois sondages publiés dimanche par la presse.
    Ces sondages confirment aussi l'avance d'environ de dix points du parti conservateur de la Nouvelle-Démocratie d'Antonis Samaras sur le Pasok (socialiste – au pouvoir), avec des intentions de vote d'environ 30% pour le premier et 20% pour le deuxième. Mais ces scores ne permettraient pas au premier de disposer d'une majorité absolue au Parlement.

EF2011 : Le cours du franc suisse ou le retour à l'Europe

Alors que le débat européen paraissait mort et enterré et qu’on se frottait la panse d’un «il n’y en a point comme nous», celui-ci s’inscrit de nouveau au coeur de notre agenda politique et certainement des prochaines élections fédérales. Décodeur.

«Ce n’est pas une option pour moi. Cela entraînerait une hausse des coûts en Suisse, une hausse de la TVA et établirait un lien avec l’Union européenne. Je n’en veux pas»

Ces propos de Johann Schneider-Ammann1 au sujet du rattachement du franc à l’euro réclamé par la gauche ne manquent pas de piquant alors que le cours de l’euro s’établissait au taux de 1,06 frs à la clôture ce lundi.

On constate donc que la fixation d’un cours du francs suisse par rapport à l’euro est une question autant politique qu’économique. La proposition de fixer un objectif de cours de change dans une fourchette de 1 fr 20 à 1 fr 30 est notamment à examiner à la lumière des questions de la politique européenne de la Suisse.

L’incapacité de Johann Scheider-Ammann à envisager un ancrage du francs suisse à l’euro s’explique aussi par sa vision de nos relations européennes. Ancrer le franc à l’euro, comme il l’était ne l’oublions pas pendant longtemps à l’égard du Deutschmark, c’est admettre que notre futur ne peut s’inscrire qu’avec l’Union européenne, que notre destin est lié à celle-ci. Il y a là une barrière mentale qui, sans conteste, influera sur les décisions de Johann Scheider-Ammannen en matière de politique économique. Cela est regrettable tant économiquement que politiquement puisqu’elles participeront au déni d’Europe dont l’UDC s’est faite le champion.

Pourtant notre dépendance à l’égard de l’Europe que certains veulent à tout prix ne pas voir revient à grande vitesse ces derniers jours. C’est ainsi que le dernier Matin Dimanche évoquait la volonté de certaines entreprises de payer les salaires de leurs employés suisses en euros.2 Pour sa part, la branche hôtelière souhaite un cours de l’euro spécifique pour les prix de leurs établissements.

On notera aussi que parmi les mesures prévues et à rediscuter par le Conseil fédéral, la loi sur les cartels pourrait être révisée afin d’étendre les possibilités d’intervention contre les cartels verticaux qui permettent à un producteur d’imposer en Suisse un prix de vente plus élevé qu’à l’étranger.

On peut être sûr qu’un parti comme l’UDC ne défendra guère les travailleurs, mais plus les importateurs dont certains sont des figures de proue et de gros contributeurs du parti. C’est ainsi que Walter Frey, du groupe Emil Frey leader des importateurs automobiles en Suisse avec 30% du marché, est un des principaux contributeurs de la campagne des fédérales de l’UDC suisse3 et l’un de ses vice-présidents.

Sur ces questions gênantes, leur récente initiative sur l’immigration détournera-t-elle longtemps les électeurs des véritables questions et enjeux qui se posent concernant ce parti ainsi qu’à nos relations avec l’Union européenne?

Nota bene : dans le carde des élections fédérales, nous utiliserons l’abréviation EF2011 pour des articles en lien avec ce sujet. Je prends ainsi le mot-clé utilisé par la rubrique multimédia de la RSR pour les fédérales 2011 et son journal politique quotidien : #EF2011, le quotidien politique : http://paper.li/RSRinfo/1308736596

  1. LeTemps.ch | Euro: un taux plancher est en discussion []
  2. Des salaires en euros aussi pour les Suisses | Le Matin Dimanche, 6 août 2011 []
  3. L’argent secret des partis politiques | Politikblog, 20 mai 2011 []

L'effet boomerang de la Realpolitik | Lumières du Siècle

En inventant une nouvelle donne politique, les insurgés ont provisoirement inversé les rapports de domination. Les diplomaties occidentales sont aux abois devant ce qui s’apparente à une seconde décolonisation. La France et l’Italie, anciennes puissances coloniales de la Tunisie et de la Libye, se sont tellement compromises avec les anciens régimes qu’elles n’ont rien vu venir. Rechignant jusqu’au dernier moment à soutenir les insurgés, Paris et Rome craignent que la chute des dictatures ne remette en cause les accords politiques et économiques signés avec Ben Ali et Kadhafi. En Europe, la liberté reconquise des populations du Maghreb et du Moyen-Orient fait aussi craindre un tsunami migratoire. De leur côté, les Etats-Unis sont tout aussi englués dans leur soutien historique à Moubarak. Tout en évacuant ses milliers de ressortissants de Libye, la Chine sait qu’elle bénéficie désormais d’un capital de bienveillance inédit. L’affaiblissement régional de l’influence occidentale au profit d’une puissance asiatique pourrait bien être une des premières conséquences géopolitiques des révoltes et révolutions du monde arabe.

Encore une fois, Lumières du Siècle nous propose une analyse et remet les événements en cours en perspective. Une nouvelle fois, on en sort plus intelligent après. A lire donc avec attention.
viaL’effet boomerang de la Realpolitik : Lumières du Siècle.

Sarkozy: «Tremblez en paix Français, le président vous protège!» | Mediapart

C’est donc l’augmentation du danger, des risques et de l’incertitude qui justifierait ce remaniement et non les petitesses et erreurs de ministres égarés. Mettre un appareil gouvernemental comme en état de guerre. Contre qui? Potentiellement contre ces peuples qui se battent aujourdhui pour leur liberté. C’est la leçon de la France sarkozyste.

Et de toute une Europe qui, enfermée dans ses psychoses, n’arrive pas à prendre la mesure des événements en cours. Le manque d’envergure des principaux dirigeants européens (Sarkozy, Merkel, Berlusconi) éclate au grand jour comparativement aux dirigeants européens de 1989 lors de la Chute du Mur de Berlin (Mitterand, Kohl, Gorbatchev). A quand une nouvelle donne, un brassage des cartes en Europe également?

via Sarkozy: «Tremblez en paix Français, le président vous protège!» | Mediapart.

N. Sarkozy : "Nouvel Extrémisme" (Newsweek)

La Une de Newsweek (daté du 4 octobre 2010)

«En France, Nicolas Sarkozy, qui a besoin d’un soutien populaire pour compenser son succès politique qui s’évanouit, a lancé une campagne de critiques et d’expulsions forcées contre la minorité Rom. Même certains supporters de Sarkozy ont été choqués (…) Il ne fait aucun doute que le spectacle d’un centriste comme Sarkozy1 qui joue avec les extrêmes est un signe avant-coureur de ce qui va venir.»

Et le cas de la France est loin d’être isolé. L’ensemble des Parlements européens voit des sièges tomber dans les mains des extrémistes de droite. Le dernier exemple est celui de la Suède. Pour Newsweek, ce phénomène

«représente la plus importante secousse connue par le continent depuis la fin du communisme.»

Une nouvelle preuve aussi que le continent européen -et pas seulement lui si l’on observe la montée du Tea Party aux Etats-Unis- traverse une crise politique et économique comparable à la crise des années 19302 .  Sans que la gauche ne semble aujourd’hui représenter un contre-poid crédible aux yeux des citoyen-ne-s… et alors que la droite classique semble elle «contaminée» par cet extrémisme.

Source : Arrêt sur images – vite dit et l’article de Newsweek (Rise of the Right).

  1. Parler d’un Nicolas Sarkozy centriste est des plus cocasses… aujourd’hui comme hier. []
  2. Depuis 1973, la situation économique et sociale n’a été qu’une suite de crises de différentes natures. Depuis lors, le socle incompressible de chômage n’a ainsi jamais cessé d’augmenter. []

La soirée électorale des élections européennes (1)

Taux de participation
La soirée des élections européennes a débuté avec les taux de participation, puis les premières estimations.
En France comme en Allemagne ou en Italie, l’abstention est massive autour de 60%. Par contre, dans les anciens Pays de l’Est, elle se situe autour de 20%. En Slovaquie, l’abstention monterait à 80%.

En cas de forte abstention, l’élection se jouera donc dans sa capacité à mobiliser ses membres et ses sympathisants. Mieux vaut donc ne pas être un parti ou un groupement divisé ou en manque de sympathisants. A ne pas oublier lors de l’analyse.

Les premières estimations (20h30)
En Allemagne, la CDU/CSU est largement en tête à plus de 38% des suffrages, suivie par le SPD à 21%, les Libéraux du FDP avec 11,5%, les Verts avec 10,8% et die Linke avec 7,5%. Angela Merkel a ainsi gagné son pari et c’est la droite allemande qui tire clairement les marrons du feu de la coalition. Globalement la gauche est en recul en prenant le résultat du FDP. D’autant plus si l’on considère qu’actuellement le SPD refuserait de former un gouvernement avec die Linke.

En France, les premières estimations dégagent clairement les vainqueurs et les perdants de cette soirée électorale. Les vainqueurs sont au nombre de trois:
- Nicolas Sarkozy qui s’assure de sa première place au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 et qui réussit à fragmenter l’opposition à sa politique et à sa personne;
- Europe Ecologie qui obtiendrait 15% des suffrages et qui dégomme le Modem;
- le Front de gauche qui obtiendrait près de 7% des suffrages et qui dépasse le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) de Besancenot.

Les perdants sont également au nombre de trois:
- le Parti socialiste en-dessous des 20%;
- le Modem en-dessous des 10%;
- le Nouveau parti anticapitaliste avec ses 5%.

Actuellement aucun opposant à Nicolas Sarkozy n’est suffisamment crédible pour fédérer l’opposition à sa politique réactionnaire. Et comme le dit Jack Lang —avec lequel pour une fois je serai d’accord—: «L’antisarkozysme primaire ne peut tenir lieu de programme» pas plus que l’anti-Bush n’avait permis seul à empêcher sa réélection.
A peine les résultats du PS connu, la dynamique interne d’auto-destruction reprend de plus belle (exemple: Une défaite prévisible ! de Gérard Collomb). La suite est d’autant plus compliquée pour le PS qu’il se fait tailler des bavettes sur sa droite (Europe Ecologie) et sur sa gauche (Front de gauche). C’est le syndrome du Parti radical vaudois.
Europe Ecologie a vampé l’électorat du Modem. François Bayrou l’a bien aidé largement plus que le film Home.
Il n’est pas inintéressant de noter que le principal vainqueur du jour est le seul parti ayant le terme «Europe» dans son intitulé.

En Suède, le Pirate Party ferait 8% des voix et obtiendrait 2 sièges. Voilà une très bonne nouvelle. Pour son leader, le mot d’ordre est simple: “Nous n’acceptons pas le programme de surveillance de masse des autorités. »

En Grèce, le PASOK (socialiste) dépasse la Nouvelle démocratie, parti au pouvoir, de 6%.

A suivre…

Dangereuse insuffisance de la réaction européenne face à la crise | Paul Krugman – ContreInfo

CITATION 1

Je suis préoccupé par l’Europe. En fait, je suis préoccupé pour le monde entier : il n’existe pas de refuge contre cette tempête économique mondiale. Mais la situation en Europe m’inquiète plus encore que celle des Etats-Unis.

Soyons clair. Il ne s’agit pas de réitérer la critique américaine habituelle de l’Europe déplorant que les impôts y soient trop élevés et les avantages sociaux trop généreux. L’importance de ses Etats-providence n’est pas la cause de la crise actuelle en l’Europe. De fait, ils sont un facteur réel d’atténuation de cette crise.

Le danger immédiat et manifeste pour l’Europe à l’heure actuelle réside ailleurs, dans l’incapacité du continent à réagir efficacement à la crise financière. L’Europe agit trop peu en termes de politique budgétaire et monétaire : elle fait face à une crise au moins aussi grave qu’aux États-Unis, mais elle fait beaucoup moins pour lutter contre le ralentissement économique.

CITATION 2

Le seul élément qui travaille en faveur de l’Europe est celui pour lequel elle est le plus critiquée : la taille et la générosité de ses Etats-providence, qui ont amorti l’impact de la crise économique.

Ce n’est pas peu de chose. La garantie de l’assurance maladie et des prestations de chômage généreuses assure que, du moins jusqu’à présent, il n’y aura pas autant de souffrance humaine en Europe qu’il n’en existe en Amérique. Et ces programmes permettront également de soutenir la consommation durant le marasme.

Mais ces « stabilisateurs automatiques » ne peuvent se substituer à l’action.

CITATION 3

il existe un problème plus profond : L’intégration économique et monétaire européenne a pris trop d’avance par rapport à ses institutions. […] contrairement à l’Amérique, l’Europe ne dispose pas des institutions à l’échelle du continent nécessaires pour faire face à une crise qui frappe le continent en son entier.

C’est l’une des principales raisons de l’absence de mesures financières : il n’existe pas de gouvernement qui soit à même de prendre la responsabilité de l’économie européenne dans son ensemble.

— ContreInfo :: Dangereuse insuffisance de la réaction européenne face à la crise, par Paul Krugman

Propos de crise (6) : Europe et Chine

A lire plus particulièrement, dans son numéro du mois de mars 2009, deux articles du mensuel économique Alternatives Economiques.

Le premier article s’intitule L’Europe malade de la crise. Pour Sandra Moatti, Guillaume Duval, la crise montre à quel point les structures de l’Union européenne sont inadaptées pour permettre une coopération efficace sur le plan économique. En effet,

privée d’un budget fédéral digne de ce nom, l’Union reste avant tout un grand marché avec des règles du jeu communes en matière d’aides et de déficits publics. Face à la crise, ces règles ont été de facto mises entre parenthèses par les différents Etats. Mais l’anomie qui en résulte débouche inévitablement sur de nombreux clashs. De quoi menacer le marché unique dans son existence même.

L’Europe saura-t-elle s’inventer des mécanismes de solidarité nouveaux qu’exige la crise? Plus largement l’avenir de l’Europe se joue aujourd’hui.

Pour sa part, Jean-François Bayart (chercheur au CNRS) s’attarde sur le cas chinois. Souvent présentée comme le nouvel acteur phare de l’économie mondiale devant progressivement supplanter ou du moins faire jeu égal avec les Etats-Unis dans un remake de la transition Grande-Bretagne/Etats-Unis de l’entre-deux-guerres, le miracle chinois est-il en péril?
Jean-François Bayart note une inversion de l’exode rural puisque près de 20 millions d’ouvriers migrants installés dans les villes seraient déjà rentrés au village. Ce serait le signe que la crise mondiale a fini par atteindre la Chine et

Ce début d’inversion de l’exode rural fait à nouveau se demander si la « Chine bleue » de la côte sera en mesure d’absorber l’énorme « Chine jaune » de l’hinterland.

La crise fera-t-elle éclater au grand jour des contradictions irréconciliables du système chinois? D’autant que le miracle économique chinois reste en trompe-l’oeil notamment en raison de sa dépendance à l’égard des Etats-Unis et plus largement du système financier international. La Chine devra-t-elle se doter d’un système bancaire et financier correspondant aux normes capitalistes internationales pour résoudre ses contradictions et se hisser dans la cour des grands? Ou sera-t-elle rattrapée par une intensification des troubles sociaux qui agitent de manière récurrente les campagnes? Sans parler du coût environnemental généré par le développement de la classe moyenne et de l’adoption d’un mode de consommation occidental.

Bref tout cela nous indique que nous sommes loin d’être sorti du sable.

La Suisse et l'Europe

20 bloggeurs suisses s’associent pour soutenir la poursuite et l’extension de l’accord sur la libre circulation (dimanche 18 janvier 2009)

A l’initiative du bloguer vert Andrea Kyriacou de Zurich, 20 bloggeurs se sont associés pour soutenir le « OUI », pour les votations du 8 février. Sont aussi de la partie: quatre parlementaires nationaux, d’autres bloggeurs célèbres, comme le blog satyrique (de langue allemande) Swiss-lupe et le blog franco-anglophone très connu climbtothestars. Des représentants Socialistes, Verts, Chrétiens-socials, Démocrates-Chrétiens, Radicaux, Libéraux et UDC participent avec des articles issus des trois régions linguistiques et en Anglais.

Jusqu’au dimanche de votation, chaque participant rédige une contribution sur son blogg, dans lequel il explique pourquoi nous devons voter « OUI » le 8 février. Chaque contribution apparaît aussi sur le site internet de la campagne pour le « OUI » : http://www.bilablog.ch / http://www.bila-blog.ch . Bilablog.ch peut publiera ainsi quotidiennement au moins un nouvel article pendant toute la campagne précédant les votations. D’autres bloggeurs sont bien-entendu invités à participer.

Sollicité par Andrea, Politis.ch participe à cette action et publiera un billet spécifique relativement à la position des pro-européens sur la votation du 8 février 2009. Politis.ch affiche donc la bannière spécifique de l’action. Je vous incite à en faire de même. Lire la suite

La peur de la récession gagne la Suisse et l'Europe

Aujourd’hui je pense que le terme de Krach 2008 pour la crise des subprimes déclenchées à l’été 2007 n’est pas un terme trop fort. Ces prochains temps montreront clairement qui de Keynes ou de Friedman et qui de Roosevelt ou de Hoover servira d’inspiration à nos gouvernements et plus particulièrement à nos banques centrales.

Mais, en préambule, notre petite revue de presse internationale du jour est très éclairante du climat ambiant. Un peu partout la peur de la récession prédomine dans le public. Enfin, le fait que le public craigne la récession a toutes les composantes d’anticipation auto-réalisantes… à moins que les responsables politiques et économiques jouent juste (ce dont personnellement je doute fort).

a) Une dépêche de l’ATS titre : Nouveau recul du moral des consommateurs en juillet en Suisse

Pour la deuxième fois consécutive, le moral des consommateurs s’est encore dégradé en Suisse. L’indice du climat de consommation, désormais négatif, a plongé à -17 points en juillet, contre +2 points en avril.

[…] Alors qu’elle était encore positive en avril, l’appréciation de la situation économique des ménages sur les douze derniers mois a chuté à -25 points en juillet. Cette valeur était encore positive en avril (+2).

[…] De même, les attentes portant sur le développement futur de ce même budget ont été revues à la baisse à -9 points, contre +7 en avril.

http://www.edicom.ch/fr/news/economie/nouveau-recul-du-moral-des-consommateurs-en-juillet-en-suisse_1184-5670405

b) Le Guardian nous apprend que La peur de la récession gagne la Grande-Bretagne

Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a dressé un tableau pessimiste pour l’économie britannique. Le quotidien The Guardian s’intéresse aux implications du gouvernement en Grande-Bretagne. « Si les salaires continuent de stagner, toutes les raisons seront réunies pour baisser le taux directeur. La Banque [d'Angleterre] reste nerveuse mais pense en tout cas que cela l’aidera à faire face à son dilemme [du risque d'inflation en raison des baisses du taux directeur]. Les ministres n’ont pas cette chance. … En particulier, Gordon Brown qui doit s’inquiéter désormais de voir les électeurs tourner le dos encore plus brutalement à celui qui leur a fait croire autrefois qu’il avait réussi à supprimer le boom et la faillite. »<

» article intégral (lien externe, anglais)

c) En France : «Les chiffres ne sont pas bons» reconnaît Christine Lagarde

Pour la ministre de l’Economie, « les chiffres ne sont pas bons ». « Ce qui est important, c’est de se demander ce qu’il va se passer dans les mois qui viennent » (Reuters)

Le PIB a reculé de 0,3% au 2e trimestre 2008, selon l’Insee, ce qui n’était pas arrivé depuis 2002. La ministre de l’Economie invoque le contexte international.

Ce sont des « chiffres auxquels on s’attendait et qui ne sont pas bons », a de son côté commenté la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, sur France Inter.

Elle a notamment justifié ces mauvais chiffres par le contexte international morose, citant « les augmentations du cours des matières premières, l’affaiblissement du dollar » et « l’inflation ». « Il serait totalement inexact de parler de récession » a estimé la ministre.

Christine Lagarde a par ailleurs estimé qu’il fallait s’attendre à « moins de créations d’emplois en 2008″ qu’en 2007.

Source: http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/345122.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

d) Wall Street ouvre en baisse après le bond de l’inflation au plus haut en 17 ans

La Bourse de New York a ouvert en baisse jeudi après l’annonce d’un bond de l’inflation en juillet, ressortie au plus haut depuis 17 ans: le Dow Jones perdait 0,50% et le Nasdaq 0,41%.

Vers 13H40 GMT, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) cédait 58,21 points, à 11.474,75 points, et l’indice Nasdaq, à forte composante technologique, 9,92 points à 2.418,70 points.

L’indice élargi Standard & Poor’s 500 lâchait 7,67 points à 1.278,16 points (-0,60%).

Les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% par rapport à juin, soit deux fois plus que les attentes des marchés, tandis que l’indice de base (hors alimentation et énergie) a progressé de 0,3%, bien plus que prévu également.

Sur un an, l’inflation a bondi de 5,6%, ce qui est la progression la plus importante depuis janvier 1991. L’indice de base a progressé de 2,5%, soit la hausse la plus marquée depuis février 2007.
Ce rapport était très attendu parce que les investisseurs redoutent que les ménages limitent leurs dépenses superflues, en raison de la flambée des prix de l’énergie et des denrées agricoles. Or la consommation compte pour plus de deux-tiers de l’activité économique aux Etats-Unis.

Le marché de l’emploi a également envoyé un message négatif: les demandes hebdomadaires d’allocation chômage ont baissé de seulement 10.000 la semaine dernière, alors que les analystes tablaient sur un recul de 24.000.

Source: http://www.edicom.ch/fr/news/economie/wall-street-ouvre-en-baisse-apres-le-bond-de-l-inflation-au-plus-haut-en-17-ans_1184-5670641

La récession est un doux euphémisme pour ne pas parler de crise économique et ne pas trop renvoyer aux images des années 1930. Or, l’état des indicateurs cités ci-dessus sont clairement orientés «crises»

  • baisse des indicateurs boursiers;
  • recul des PIB (donc de la production);
  • forte tendance inflationniste;
  • baisse de la consommation des ménages;
  • incertitude sur le marché de l’emploi.

La théorie monétaire stricte des banques centrales voudraient que les moyens soient mis dans la lutte contre l’inflation en digne représentant du néo-libéralisme. Cependant, une telle mesure donnera un mauvais signe en direction des ménages et de leur consommation. Une baisse de la consommation accentuera la baisse du PIB.

Cette dernière décennie, les salariés en Suisse comme ailleurs ont vu leurs revenus stagnés, voire régressé. Les syndicats demande des augmentations de salaires en sus de la compensation du renchérissement. Non seulement pour compenser le manque à gagner de ces dernières années, mais aussi pour soutenir la consommation en période de crise. Les syndicats préconisent donc une politique keynésienne.

La volonté des différents ministres et intervenants dans les différents pays cherchant à minimiser la situation indique clairement que les politiques gouvernementales et monétaires suivront le dogme néo-libéral. Dans la situation actuelle, ils seront également les dignes descendants du président Hoover. Et nous trinquerons…