Caisses maladie : au puissant suisse allemand, les réserves du misérable romand…

Où l’on apprend que les réserves des assurés romands sont bradées aux assurés alémaniques pour que ces derniers ne se rallient pas à la nouvelle et prochaine initiative sur la caisse unique.

Ce vendredi,  le conseiller fédéral Didier Burkhalter doit annoncer  une hausse des primes maladies pour 2011 avec en toile de fond la guerre est ouverte entre les cantons romands et la Confédération à propos des réserves des caisses.

Dans l’édition de ce jeudi du journal Le Temps,  Jean-Claude Péclet rendait compte d’une séance édifiante au siège de l’Office fédéral de la santé publique. Plus intéressant —d’autant plus venant du journal Le Temps peut susceptible de sympathie à l’égard de la Caisse unique—, il s’interrogeait au final sur les raisons du non règlement par un arrêté fédéral urgent du problème des réserves des assurés romands que les caisses maladies Supra et Assura veulent transférer dans d’autres cantons. Il terminait en émettant une très intéressante hypothèse:

Et pourquoi ne pas régler par un arrêté urgent le problème des «stocks» romands en attendant que les réformes de Didier Burkhalter portent leurs fruits? Devant le silence assourdissant des principaux intéressés face à cette question, l’observateur en est réduit à des hypothèses. En voici une.

Le Conseil fédéral n’a pas envie de s’engager contre le pillage des réserves romandes parce qu’il craint, plus encore que la colère vaudoise, genevoise ou neuchâteloise, celle des assurés alémaniques qui verraient leurs primes exploser si le transfert envisagé par Assura et Supra (et d’autres probablement) était interdit. En effet, les réserves atteignent 3,9% du montant des primes à Lucerne, 0,4% à Saint-Gall et… – 7,5% à Berne, alors que le minimum légal pour des grandes caisses est de 10%. Il faut les reconstituer, d’une façon ou d’une autre. En mettant trop de pression outre-Sarine, on court le risque de voir une nouvelle initiative sur la caisse unique y rallier une forte minorité, tandis qu’elle pourrait obtenir la majorité en Suisse romande.

Si la solidarité confédérale n’avait aucun intérêt pour la droite du Conseil fédéral et du Parlement lors de la révision de l’Assurance chômage, elle semble leur tenir lieu de bouée de sauvetage et uniquement pour ménager les Suisses alémaniques —qui paraît-il dans leurs gênes seraient moins enclins à demander l’aide de l’Etat…— dans le domaine de l’Assurance maladie.

Selon que vous serez puissant suisse allemand

ou misérable suisse romand

Les jugement de cour vous rendront (mouton) blanc ou noir…

via LeTemps.ch | Comment le contrôleur des primes s’est fait casser les dents.

La concordance helvétique reste en l'état un mort-vivant

Ainsi donc le Parti libéral-radical (PLR) est parvenu ce matin à sauver son deuxième siège au Conseil fédéral remettant ainsi à plus tard la mort officielle de la concordance à la sauce helvétique. Analyse.
Dans l’exercice, et ce n’est pas le moindre de son exploit du jour, le Parti libéral-radical a réussi à éviter de se retrouver dans la position d’un parti satellite de l’UDC. Oh certes probablement pas de beaucoup, mais suffisamment pour se donner un peu d’air et espérer avoir un avenir propre. Les formes du destin commun de ces deux partis se joueront donc à la suite des élections fédérales de 2011. C’est d’ailleurs peut-être cet élément consistant à éviter la satellisation complète dès maintenant du PLR qui a retenu certains élus de gauche à voter Urs Schwaller.
Concernant l’UDC, il était très piquant de voir Caspar Baader ou Jean-François Rime se poser en champion de la concordance helvétique. Autant dire que la concordance dans la bouche de tels personnages prend des accents des plus saugrenus. Un tel concept est ainsi assassiné en direct. D’ailleurs plus on évoque ce terme et plus ce qu’il est sensé décrire dans le monde réel meurt.
Toujours concernant l’UDC, il faut néanmoins noter que ce parti n’est pas parvenu à se poser en faiseur de roi/reine et qu’il a dû sérieusement en rabattre puisqu’au final il a voté Didier Burkhalter. Le leurre Christian Lüscher a parfaitement fonctionné en l’occurrence et les velléités de l’UDC de présenter Jean-François Rime n’ont fait peur à personne, même pas aux PLR! La ligne de l’UDC devient de plus en plus floue pour ses électeurs et sa perte d’influence est réelle depuis fin 2007. Je ne m’en plaindrai pas. (1)
Pour une fois, ce n’est pas le PDC qui s’est retrouvé dans la peau du ventre mou du Parlement helvétique, mais la gauche et plus particulièrement le Parti socialiste. (2) Le PDC s’en trouve grandi et devient clairement la force autour duquel le centre-droit se recomposera une fois que les noces entre le PLR et l’UDC auront été prononcées.
Ainsi, la gauche n’a pas confirmé la stratégie élaborée avec le PDC lors de l’élection au Conseil fédéral de fin 2007. Cette stratégie a connu un premier échec (d’un cheveu) lors de l’élection d’Ueli Maurer. Mais, cette fois-ci, c’est elle-même qui n’a pas osé aller jusqu’au bout de sa logique. Elle s’est privée de faire véritablement de la politique qui consiste aussi à prendre des risques, y compris celui, pour le Parti socialiste, d’un retour de bâton lors d’une prochaine élection au Conseil fédéral.
Rien n’assure cependant qu’une telle stratégie soit gagnante pour le Parti socialiste lors du renouvellement du Conseil fédéral en 2011, ni pour les Verts d’ailleurs si le PDC arrive à agréger autour de lui les forces du centre-droit (Évangéliques, Verts libéraux… et PAB).
Ce manque d’audace de la gauche reste pour moi incompréhensible de la part d’une force politique (PS + Verts) qui stagne depuis de nombreuses années légèrement au-dessus des 30% des forces en présence au sein de l’Assemblée fédérale. Mais ceci explique peut-être cela.
Finalement, également et une nouvelle fois, un autre possible n’est guère envisageable tant que la manoeuvre se limite à des questions de choix de personnes et non au développement d’un véritable projet politique post-concordance. Se fier au hasard pour la renouveller ou en sortir n’est tout simplement ni responsable, ni crédible.

Post-scriptum: il va de soi que je félicite Didier Burkhalter pour son élection et que tous mes voeux l’accompagnent dans l’exercice de sa nouvelle fonction.

(1) Si je continue à penser que ce qui se passe sous nos yeux n’est rien d’autre que la recomposition de la droite en Suisse, ce n’est pas tout à fait la même chose si celle-ci a lieu sous l’entière houlette de l’UDC, celle du PLR ou celle conjointe de l’UDC et du PLR.

(2) Quoique je perçois une part de Realpolitik des Verts en choisissant de ne pas passer avec armes et bagages du côté du PDC. En effet, pour obtenir des voix de la droite éventuellement contre un-e candidat-e socialiste en 2011, les voix du Parti libéral-radical ne seront pas de trop… En procédant de la sorte, les Verts se banalisent et n’en sortiront pas forcément gagnant à terme.

Les candidat-e-s au Conseil fédéral sur Facebook (3) | eDemokratie.ch

eDemokratie publie sa troisième livraison relativement au positionnement des candidats au Conseil fédéral sur Facebook. Dans cette nouvelle livraison, Urs Schwaller creuse l’écart alors que Didier Burkhalter fait du surplace et Christian Lüscher reste à la traîne, mais progresse néanmoins plus fortement que le Neuchâtelois.

Fan-Groupes sur «Facebook»

15.08.2009 31.08.2009 13.09.2009
Didier Burkhalter (FDP) 361 391 415
Christian Lüscher (FDP) 68 142 183
Urs Schwaller (CVP) 44 731 910

Source: Bundesratskandidaten auf «Facebook» (III): Schwaller am populärsten | eDemokratie

Les candidat-e-s au Conseil fédéral sur Facebook (2) | eDemokratie.ch

Le 16 août, eDemokratie publiait le positionnement des candidats au Conseil fédéral sur Facebook (voir notre premier billet: Les candidat-e-s au Conseil fédéral sur Facebook | eDemokratie.ch).

Hier, eDemokratie remettait le couvert. Alors qu’il était à la traîne, Urs Schwaller a plus que rattrapé son retard et désormais c’est lui qui mène le bal comme en témoigne le tableau suivant:

15.08.2009 31.08.2009
Didier Burkhalter (FDP) 361 391
Christian Lüscher (FDP) 68 142
Urs Schwaller (CVP) 44 731

Source: Bundesratskandidaten auf «Facebook» (II): Schwaller hat die Nase vorn | eDemokratie

Les candidat-e-s au Conseil fédéral sur Facebook | eDemokratie.ch

Le site eDemocratie.ch a recensé les comptes des différent-e-s candidat-e-s au Conseil fédéral sur Facebook et les différents groupes créés à l’occasion de l’élection au Conseil fédéral de septembre.

A un mois de l’élection, Christian Lüscher, Martine Brunschwig-Graf et Fulvio Pelli forment le trio de la plus forte présence sur Facebook.

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