Le sénateur Harry Reid pourrait dire merci au Tea Party

Les affligeantes propositions de candidats républicains pour combattre la réforme de la santé adoptée par les démocrates et les candidats républicains imposés par le mouvement du Tea Party sont les meilleurs alliés des démocrates et de Barack Obama pour les élections de mi-mandats. Le cas du sénateur démocrate Harry Reid l’illustre à la perfection.

Dernièrement, j’émettais ici même deux avis (Etats-Unis: où est la vague républicaine?). Mon premier avis était que l’extrémisme du mouvement du Tea Party détourneraient les électeurs centristes du Parti républicain au moment du choix final. Mon deuxième avis était que Barack Obama avait fait le calcul que l’opposition totale et inconditionnelle des élus Républicains à la Réforme de santé se retourneraient à terme contre eux.

Harry Reid accueille Michèle Obama

Le cas du sénateur du Nevada et leader de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid illustre mes propos à la perfection. Donné perdant par la plupart des observateurs il y a deux mois, le dernier sondage le donne gagnant contre tous ses adversaires républicains potentiels, y compris la protégée du Tea Party, Sharon Angle:

Selon un nouveau sondage sur la course à l’investiture républicaine pour l’élection sénatoriale du Nevada, Angle a devancé Sue Lowden, dont la campagne est en perte de vitesse depuis qu’elle a suggéré le retour du troc pour défrayer les coûts de la santé sur un ton nostalgique, elle a rappelé l’époque où les gens payaient leur docteur avec un poulet. Les républicains du Nevada tiendront leur primaire mardi prochain. Une victoire de la candidate du Tea Party pourrait aider la cause de Reid et faciliter sa réélection.

La résurrection du sénateur Harry Reid | Richard Hétu.

Les propos de Richard Hétu traduisent le marasme dans lequel se débat le Parti Républicain, marasme dans lequel les Républicains auront bien de la peine à sortir ces prochaines années. A moins qu’un nouvel échec en novembre soit salutaires pour eux.

(Photo AP)

Obama et Twitter contre les Blues Dogs et le lobby de la santé

La réforme du système de santé américain est un vieux serpent de mer ainsi qu’un point important du programme démocrate. Bill Clinton s’y était rapidement cassé les dents au grand désespoir d’Hillary. Toujours pas résolue, cette question est un des points importants sur lequel Barack Obama est attendu durant son mandat présidentiel et sa réforme de santé est actuellement déposée à la Chambre de Représentants.

Malgré sa confortable majorité législative, Barack Obama doit faire face aux résistances d’une parties des élus démocrates surnommés les Blues Dogs. Le toujours excellent Richard Hétu (Que veulent les Blue Dogs?) nous explique avec son sens inné de la concision qui ils sont et les raisons de leur opposition:

«Le Blue Dog est un élu démocrate de la Chambre des représentants qui se définit comme un conservateur fiscal. […]

Que veulent les Blue Dogs? Ce que veulent leurs maîtres, répond de son côté le chroniqueur Joe Conason, faisant notamment état d’une étude démontrant que la coalition de démocrates a récolté des sommes records auprès des industries de la santé, de l’énergie et de la finance au cours des six derniers mois. Il se trouve que plusieurs Blue Dogs ont déjà voté contre le projet de loi de la Chambre créant une bourse de carbone et visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.»

La menace est donc sérieuse et le lobby puissant. Pour faire céder ces élus démocrates récalcitrants, Barack Obama a choisi de mobiliser l’électorat qui l’a porté au pouvoir afin que ses électeurs fassent pression sur les élus démocrates de leur circonscription. Pour ce faire, Barack Obama bénéfice de son ancien site de campagne devenu sous le nom de d’Organizing for America, le bras armé du Comité national démocrate (voir techPresident).

TweetYourSenator

Depuis la page « Tweet Your Senator » tout un chacun peut d’une part localiser à l’aide de son code postal les élus de sa région, puis être renvoyé sur twitter pour leur composer ensuite un message personnalisé. De plus, les nouveaux messages s’inscrivent directement sur la carte interactive du site.

Qui des lobbys ou de twitter influencera le plus ces élus? Réponse en août.

Plus largement, le laboratoire de la campagne de Barack Obama ne s’est pas arrêté avec l’élection. Ceci non seulement au moyen du site officiel de la Maison Blanche, mais également en «recyclant» son site de campagne. Ce laboratoire interroge aussi sur les questions de la démocratie d’opinion et des risques de dérives plébiscitaires d’une telle utilisation des moyens de la part du président des Etats-Unis. Dans le même temps, c’est aussi la traduction de deux autres promesses de campagne: changer Washington et être le président d’aucun lobby.

Mise à jour (30 juillet 2009)

Blue Dogs/Lobby de la santé 1 – Barack Obama/Twitter 0 à la lecture d’un nouvel article de Richard Hétu (Santé : victoire des Blue Dogs):

«Les Blue Dogs […] semblent en effet avoir arraché un compromis à leurs chefs de file en réduisant de 100 milliards de dollars le coût de leur projet de réforme du système de santé américain et en repoussant à septembre un vote de l’ensemble de la Chambre sur ladite réforme. Ils ont cependant conservé intact le projet de créer une assurance maladie publique qui coexisterait avec les assurances privées.»

To be continued…

Barack Obama et les indépendants

Le prestigieux institut de sondages Pew Research Center vient de publier à fin mai sa nouvelle enquête politique. Elle compile 22 ans de données et annonce le retour en force des indépendants dans l’ère Obama. Mais des indépendants qui affirment se reconnaître plus facilement dans les idées et les valeurs démocrates que républicaines ainsi que le met en évidence le tableau suivant:

Extrait de l’enquête du Pew publiée le 21 mai 2009

Extrait de l’enquête du Pew publiée le 21 mai 2009

Revenant sur les primaires démocrates et la présidentielle de novembre, ilovepolitics (Barack Obama face à un échiquier politique dominé par les indépendants) souligne que

Lors des primaires démocrates, ouvertes le plus souvent à tous les Américains peu importe leur couleur politique, l’on avait vu le candidat Obama, alors jeune outsider plein d’espoir, se positionner assez près du centre, notamment sur l’enjeu de la couverture maladie, face à une Hillary Clinton, figure de l’establishment, qui entendait faire le plein de voix à gauche pour remporter l’investiture démocrate, dans l’idée de se repositionner au centre par après. L’on sait depuis que la posture stratégique choisie par le David métis lui donna l’avantage face une Goliath de la politique. Mais Barack Obama ne s’est pas arrêté là. L’investiture démocrate en poche, il n’a pas manqué de se réapproprier solidement le centre pour empocher les voix des indépendants et des républicains modérés qu’ont effrayés les dérives d’une administration Bush qui a divisé le pays pendant huit ans. Surtout, sa campagne a été portée par des millions d’individus à travers l’Amérique qui ont su lui offrir leur bras et leurs finances, conférant au candidat Obama une indépendance exceptionnelle à l’égard de son parti.

Au terme de l’analyse de l’attitude de Barack Obama et du positionnement des indépendant, ilovepolitics conclut qu’il ne faut point s’étonner si le président américain apparaît moins radical qu’espéré par certains alors qu’il vient pourtant de la gauche de l’échiquier politique américain ainsi qu’en atteste son passé.

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«Mettre fin à l'Obamania avec de froides et dures vérités»

Voici typiquement le style de campagne auquel Barack Obama doit s’attendre et auquel il sera confronté s’il est choisi pour affronter John McCain lors de l’élection présidentielle américaine de novembre:

C’est beaucoup moins construit, argumenté et développé que son discours sur la race (YouTube - Obama Speech: ‘A More Perfect Union’), mais l’objectif de destruction massive du «peut-être» candidat démocrate à l’élection présidentielle est évidente et a commencé du côté de républicain. En effet, j’ai trouvé cette vidéo sur le blog d’une militante du parti républicain, fort distinguée au demeurant, à l’appui de son dernier billet intitulé Ending Obama-mania with Cold, Hard Truth (mettre fin à l’Obamania avec de froides et dures vérités).

«Changes» de Barack Obama à Tony Blair avec David Bowie

«Changes» est certainement le terme «idomatique» de la campagne des primaires américaines de 2008 tant chez les Démocrates que chez les Républicains. Il marque certainement la volonté de tourner la page de G. W. Bush —au moins dans les propos— et est un signe de l’échec patent de la politique de l’actuel président des Etats-Unis.
La vidéo ci-dessus l’illustre, mais elle n’est pas originale. En effet, elle reprend tous les ingrédients (terme, musique, montage) d’une vidéo réalisée il y a une année —et dont nous avions parlé de même que François Brutsch— mais avec Tony Blair et David Cameron en lieu est place des candidat-e-s des primaires américaines. La vidéo:

A part cela, il me revient aussi qu’on ne parle jamais autant que de quelque chose qui a déjà disparu. La chose, l’objet ou le concept occupe une place symbolique d’autant plus importante que sa place réelle disparaît ou a disparu. Ainsi les discours gaulliens sur la France et sa grandeur étaient prononcés dans le même temps où —à juste titre— cette même France décolonisait. La rhétorique gaullienne faisait vivre par procuration une grandeur passée et l’(hyper)agitation actuelle de Nicolas Sarkozy en est la dernière farce tragi-comique connue…

Pour mémoire, notre billet :
Vidéo parodique de Blair et Cameron
• voir aussi la vidéo Blair-Cameron ici qui permet de constater que la vidéo «Changes» des primaires américaines se calque jusqu’à la durée de la vidéo elle-même (1:44 minutes).

USA2008: le jour du pasteur…

Lundi, en cette journée commémorative du pasteur Martin Luther King, la campagne démocrate était largement centrée sur cet événement et la course au vote noir. Phénomène amplifié par la polémique récente sur les rapports d’Hillary Clinton avec la communauté afro-américaine. L’impact de cette journée particulière se retrouvait également à la une des sites des candidats. Petit tour comparatif
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USA2008 : and yet they are (only) two…

Les résultats de la primaire démocrate sont presque connus (c’est par ici). Hillary Clinton l’emportera avec près de 51% des voix devant Barack Obama qui la suit avec un peu plus de 45%. Aucun autre candidat n’atteindra le seuil minimal fixé, y compris John Edwards obtient moins de 4% des suffrages. Les voix de ce dernier seront donc réparties entre les deux autres.
Désormais il est clair qu’ils ne sont plus que deux avec un avantage certain à Hillary Clinton. La médiatisation de leur «duel», la caisse de résonance des sondages et certainement une forme de «vote utile» auront joué à plein. Certainement que John Edwards continuera au plus jusqu’au SuperTuesday. A ce rythme, il n’est pas sûr qu’il ait grand chose à négocier…

USA2008 : revue de presse (19.01.08)

Ma revue de presse du jour :

  • La présidentielle USA 2008 par 20minutes.fr: FROM VEGAS – J’ai rencontré John Kerry (et il toujours un peu coincé)
    John Kerry VIP de campagne à Las Vegas pour Barack Obama
    (tags: USA2008 BarackObama Nevada LasVegas JohnKerry)
  • Caucus du Nevada : le coup de poker des électeurs latinos
    Présentation du scrutin du Nevada, plus particulièrement sur les attentes des électeurs latinos. Les candidat-e-s démocrates paraissent mieux répondre à ces dernières que les candidats républicains.
    (tags: USA2008 Nevada Démocrates Républicains)
  • ReviewJournal.com – THE NEVADA CAUCUS: Poll
    Dans le dernier sondage avant les primaires de ce samedi dans le Nevada, Hillary Clinton aurait 9 points d’avance sur Barack Obama. Dans le camp républicain, Mitt Romney aurait 15 points d’avance sur John McCain.
    (tags: USA2008 HillaryClinton BarackObama MittRomney JohnMcCain Nevada Sondages)
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  • Hillary Clinton en tête des requêtes sur Yahoo

    Lors du caucus de l’Iowa et des primaires du New Hampshire, il existait une corrélation entre le nombre de requêtes effectuées par candidat-e-s et le résultat du scrutin. Cette méthodologie trouvera-t-elle la même corrélation pour le Nevada et la Caroline du Sud. That is the question.
    Toujours est-il que s’il en était ainsi dans les deux Etats, c’est Hillary Clinton qui gagnerait ses scrutins ainsi que le montre les deux graphiques réalisés par Joshua Levy pour TechPresident :

    Très clairement, si la tendance du net correspond à celle du monde «réel», Hillary Clinton est sur la pente ascendante et l’effet Barack Obama s’estompe. Le tout dans un contexte toujours très volatile. Cela confirmerait mon diagnostique que la récession économique américaine sera le facteur décisif dans le choix du candidat-e… et du futur locataire de la Maison-Blanche.

    USA2008 : revue de presse et liens (17.01.08)

    Ma revue de presse des articles parus hier sur la toîle.