- Russie: des dizaines de milliers de manifestants demandent le départ de Poutine | Mediapart – Jamais depuis les années de la perestroïka et la fin de l’URSS, le pays n’a connu de telles mobilisations et de tels débats. Depuis maintenant deux mois se développe dans les grandes villes du pays une mobilisation citoyenne inédite.
Ces mouvements d’opposition ont largement réussi leur pari ce samedi 4 février. Malgré un froid polaire (-20°c à Moscou), environ 100.000 personnes se sont réunies à deux pas des murailles du Kremlin pour demander « des élections propres » et la démission de Vladimir Poutine. La surprise est aussi venue du reste du pays et des mobilisations qui ont eu lieu dans plusieurs villes.
- La question allemande | Slate – L'Europe a-t-elle raison de suivre Berlin? Faut-il imposer, coûte que coûte et sans attendre, un ajustement forcé et rapide des comptes budgétaires? L'austérité pour tous est-elle la bonne stratégie?
La comparaison avec les Etats-Unis ne plaide pas en faveur de la thèse germanique. Washington conduit une politique exactement opposée: les coupes budgétaires n'interviendront qu'en 2013 lorsque seront stabilisés les deux marchés clefs de l'immobilier et de l'emploi. La reprise semble se confirmer outre-Atlantique, tandis que l'Union sera en 2012 en récession.
- Romney, Gore, Kerry, même combat. Perdu d’avance? | Slate – Le favori pour l'investiture républicaine est trop beau, trop riche et trop suffisant pour conquérir le cœur des Américains ordinaires.
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Revue de presse (6 novembre 2011)
- La dernière année d’Obama à la Maison-Blanche? | Richard Hétu – Dans un an jour pour jour, les Américains décideront s’ils accordent un second mandat de quatre ans à Barack Obama. Comme l’explique le Washington Post dans cet article, aucun président sortant depuis George Bush père n’aura tenté de se faire réélire dans un contexte aussi difficile : électorat pessimiste, aigri et divisé, taux de chômage élevé, croissance économique anémique.
Quoi qu’il en soit, les stratèges des deux partis s’entendent pour dire que l’élection présidentielle de 2012 se jouera dans neuf États que Barack Obama a enlevé aux républicains en 2008 : Colorado, Floride, Indiana, Iowa, Nevada, Nouveau-Mexique, Caroline du Nord, Ohio et Virginie. Les démocrates reconnaissent qu’ils perdront probablement l’Indiana, mais ne concèdent aucun autre de ces États. - L’islam interdit-il les images de Mahomet? | Slate – «Si l’interdiction de faire des images de Dieu dans l’islam n’est pas contestée, il n’en va pas de même pour les images de Mahomet, le prophète de la religion musulmane. Aucun passage du Coran n’interdit la représentation des êtres vivants, et donc de Mahomet, qui n’est qu’un homme et non l’incarnation de Dieu comme Jésus. C’est une différence majeure avec la Bible, qui interdit de manière explicite la création d’images dans le second commandement:
«Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.» (Exode XX, 4)»
Une interdiction plutôt respectée par les juifs mais vite abandonnée par les chrétiens, qui ont considéré que l’arrivée sur terre de Jésus, la réincarnation de Dieu, permettait de représenter ce dernier de manière figurative et d’en faire un vieux barbu.
- Les Grecs pour un gouvernement d’union nationale – tsr.ch – info – monde – Les Grecs sont majoritairement en faveur d'un gouvernement d'union nationale, proposé par l'exécutif socialiste à une opposition de droite réticente. Ils plébiscitent aussi à près de 80% l'ancrage dans l'euro, selon trois sondages publiés dimanche par la presse.
Ces sondages confirment aussi l'avance d'environ de dix points du parti conservateur de la Nouvelle-Démocratie d'Antonis Samaras sur le Pasok (socialiste – au pouvoir), avec des intentions de vote d'environ 30% pour le premier et 20% pour le deuxième. Mais ces scores ne permettraient pas au premier de disposer d'une majorité absolue au Parlement.
The New Deal : A Modern History | Michael Hiltzik
Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.
Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt

1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).
Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais
une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.
Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»
Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»

La construction d’une route en 1933 / Franklin D Roosevelt Library and Museum, via Wikimedia Commons
Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :
When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.
Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.
Revue de presse (6 novembre 2011)
- Les ménages suisses trinquent pour leur santé | Domaine Public – Aux primes d’assurance et aux impôts s’ajoutent les frais directement à la charge des intéressés.
Les dépenses de santé atteignaient 61 milliards de francs en 2009. Les caisses-maladie et les collectivités publiques ont pris en charge 70% de la facture. Mais les ménages ont aussi déboursé les 30% restants, soit près de 19 milliards de francs selon la dernière étude de l’Observatoire suisse de la santé élaborée en collaboration avec l’Office fédéral de la statistique. - Crise: la part de responsabilité de la Suisse | Domaine Public – A l’aune de son taux de chômage, de sa balance commerciale et de ses finances publiques, la Suisse pourrait être tentée par l’autosatisfaction, teintée même d’une légère condescendance à l’égard de ses voisins. A tort. Car notre pays porte une part de responsabilité dans le mauvaise état de santé de l’économie mondiale et il n’échappera pas à la contagion.
Revue de presse : la crise grecque (1er novembre 2011)
- La menace d’un krach social planétaire | Mediapart – «c’est un séisme social planétaire qui se prépare, généré par une crise économique historique. Un séisme dont on mesure la gravité au travers de deux documents: le dernier « Rapport sur le travail dans le monde en 2011 », que vient de publier l’Organisation internationale du travail (OIT), et les dernières statistiques sur le chômage en Europe, révélées par Eurostat.»
- La Grèce rappelle à l’Europe ce que démocratie signifie | Mediapart- «Les procès en irresponsabilité de la Grèce et de son premier ministre ne vont pas manquer (lire notre article ici). La décision grecque est si contraire aux usages technocratiques européens. Elle est politique, dans le meilleur sens du terme. A ce stade, compte tenu des enjeux et des choix, la représentation politique n’a plus la légitimité suffisante pour décider au nom de tous : le peuple grec seul peut trancher et choisir son destin. Les arguments sur le populisme, l’aveuglement du peuple, incapable de comprendre les enjeux si importants et si subtils vont fleurir, comme à chaque recours au référendum. Mais cela s’appelle tout simplement la démocratie.On comprend l’étonnement des responsables européens. A force de chercher à plaire et à rassurer les marchés, ils en ont oublié les peuples.»
Robert Boyer: «La crise est plus grave que celle de 1929» | Mediapart
Avec Michel Aglietta, Robert Boyer est l’un des pères de la théorie de la régulation et un spécialiste mondial des crises du capitalisme, au coeur de la réflexion régulationniste. Dans cet interview accordé à Mediapart, il analyse la crise actuelle en la replaçant notamment en perspective par rapport à la crise de 1929. A ce titre, il n’est guère optimiste.
En premier lieu, il s’inquiète notamment du fait qu’en 2008 la dette privée a été transformée en dette publique. En 2011, les Etats n’ont donc plus la capacité financière pour un deuxième sauvetage:
«Si bien que, si un Etat décrète qu’il ne peut plus rembourser ses dettes, des banques feront faillite.»
Par ailleurs, pour Robert Boyer, nous sommes en présence simultanée de deux crises : l’européenne et l’américaine. Et une troisième est rampante : la chinoise :
«Je pensais qu’il y aurait d’abord la crise européenne, puis la crise américaine. Et ces fous du Tea Party ont été capables de synchroniser la crise américaine avec la crise européenne. Deux crises en même temps. Et puis il y a la Chine, confrontée à des déséquilibres considérables. Elle cherche à doper la demande des ménages. Mais pour cela, il faudrait qu’elle distribue du pouvoir d’achat. Or les salariés n’ont aucun pouvoir, et la concurrence entre les provinces est telle, qu’il n’est pas simple de relever le salaire de base.
[…] La crise est rampante en Chine. Conséquence, quand ça éclatera: il n’y aura plus d’achat du bon du Trésor américain, ni d’achat d’obligations européennes, pendant un temps… Les deux crises que nous vivons ne sont rien à côté de ce scénario. On devra par exemple arrêter la cotation du dollar…
Vous avez trois pôles à peu près égaux, Etats-Unis, Chine et Europe, et chacun a sa crise. Et la crise de l’un se répercute sur les deux autres. C’est extraordinairement dur à gérer.»
Concernant la crise grecque, Robert Boyer préconise le scénario suivi par l’Argentine en 2001 :
«Il faut admettre clairement que les Grecs ne pourront pas payer. Je plaide pour un défaut de la Grèce, sur le modèle argentin de 2001, mais sans pour autant sortir de l’euro. D’abord, il faut renégocier à la baisse la valeur des dettes, à la manière des «Brady bonds». Immédiatement, tout l’argent qui part dans le service des intérêts de la dette aujourd’hui serait réorienté vers l’éducation et l’investissement. Mais cela risque de mettre en difficulté les banques françaises et allemandes qui détiennent beaucoup de dette grecque, et bien sûr toutes les banques grecques. Dans ce cas, mieux vaut utiliser les aides européennes que l’on est en train de débloquer, pour recapitaliser ces banques directement.»
Le regard porté par Robert Boyer est globalement pessimiste. Reste-t-il quelque proposition pour éviter la déprime?
Mon collègue Frédéric Lordon en a déjà parlé: il ne faudrait ouvrir le marché boursier qu’une fois par trimestre. Ou une fois par an. Une seule séance suffirait pour établir la valeur, par exemple, de la Société générale, en fonction de ses résultats annuels. Et l’on éviterait tous les phénomènes de contagion et de rumeurs, sur lesquels prospère la spéculation. Et je propose aussi, pendant que l’on y est, de ne publier qu’un sondage d’opinion par an. Pour tenter de reconstituer le lien des partis avec les citoyens. Je peux vous assurer que l’on ne vivrait plus du tout dans le même monde.
Moi je dis : banco !
Source : Robert Boyer: «La crise est plus grave que celle de 1929» | Mediapart.
1932 et 2010 : l'An III de la crise…
Les flux d’informations de la tsr crépitent aujourd’hui encore des échos de la crise économique et financière. Celle-ci a débuté en 2007. Elle a donc trois ans. Nous sommes donc en l’an 1932 de la crise de 1929. Nous reste-t-il encore sept ans avant la Troisième guerre mondiale?
La dépêche de ce jour publiée à 10h35:
Les marchés européens et asiatiques se sont effondrés lundi après les mauvais chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et les nouvelles craintes qui pèsent sur la crise d’endettement en Europe, notamment en Hongrie. L’euro a plongé à son plus bas niveau depuis quatre ans.
via tsr.ch – info – economie – Les bourses européennes et l’euro s’effondrent.
La situation en 1932 nous apprend que c’est cette année-là que l’indice boursier du Down Jones sera à son niveau le plus bas. Il aura alors perdu pratiquement 90% entre son plus haut niveau de 1929 et son plus bas de 1932. Cette même année, le système bancaire s’effondre provoquant une crise de liquidité dramatique pour l’activité économique. Entre 1930 et 1932, 773 établissements bancaires firent faillites.
En 1932 toujours, Herbert Hoover vit sa dernière année à la tête des Etats-Unis. Il faudra attendre novembre et l’élection de Franklin Delano Roosevelt pour le lancement de programmes nationaux (New Deal).
Des Etats-Unis, la crise s’est propagée en Europe et dans le monde. Ainsi, par exemple, la France sera touchée à partir du second semestre de 1930, soit six mois plus tard. et l’Italie fasciste l’est à partir de 1931.
Ce bref exposé des faits met en évidence les éléments tant convergents que divergents entre 1932 et 2010. Ainsi Barack Obama est déjà depuis un an et demi à la tête des Etats-Unis. Il a pris des mesures pour sauver les banques… et les réguler, mais la crise continue. Dès le début de la crise l’injection de liquidités devait permettre de ne pas se retrouver dans la situation de la crise de 1929. Si les instituts financiers paraissent avoir ainsi été préservés, il n’en est pas de même aujourd’hui pour les Etats à l’exemple de la Grèce ou de la Hongrie. De même, jusqu’à présent, le maintien global de la consommation a maintenu l’activité économique. Qu’en sera-t-il dans un an alors qu’en 1933, la production industrielle américaine avait baissé de moitié depuis 1929?
Plus fondamentalement, dans les années 1930, quatre modèles économiques seront en concurrence pour sortir de la crise. Le modèle libéral, le modèle social-démocrate, le modèle communiste et le modèle fasciste. Aujourd’hui le modèle de la pensée unique économique est-il en mesure d’être dépassé? Le national-populisme autoritaire sera-t-il la planche de salut du modèle libéral ou une révolution sociale le balaiera-t-il? Qui sera le Keynes de cette crise? L’Etat sera-t-il liquidé?
A suivre…
Sur les différentes explications de la crise de 1929, on en lira une synthèse sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression
Source de la photo: Keystone. 21 rue du Renard.75004 Paris. Tél: 01-44-78-84-00 ; site web
Dangereuse insuffisance de la réaction européenne face à la crise | Paul Krugman – ContreInfo
CITATION 1
Je suis préoccupé par l’Europe. En fait, je suis préoccupé pour le monde entier : il n’existe pas de refuge contre cette tempête économique mondiale. Mais la situation en Europe m’inquiète plus encore que celle des Etats-Unis.
Soyons clair. Il ne s’agit pas de réitérer la critique américaine habituelle de l’Europe déplorant que les impôts y soient trop élevés et les avantages sociaux trop généreux. L’importance de ses Etats-providence n’est pas la cause de la crise actuelle en l’Europe. De fait, ils sont un facteur réel d’atténuation de cette crise.
Le danger immédiat et manifeste pour l’Europe à l’heure actuelle réside ailleurs, dans l’incapacité du continent à réagir efficacement à la crise financière. L’Europe agit trop peu en termes de politique budgétaire et monétaire : elle fait face à une crise au moins aussi grave qu’aux États-Unis, mais elle fait beaucoup moins pour lutter contre le ralentissement économique.
CITATION 2
Le seul élément qui travaille en faveur de l’Europe est celui pour lequel elle est le plus critiquée : la taille et la générosité de ses Etats-providence, qui ont amorti l’impact de la crise économique.
Ce n’est pas peu de chose. La garantie de l’assurance maladie et des prestations de chômage généreuses assure que, du moins jusqu’à présent, il n’y aura pas autant de souffrance humaine en Europe qu’il n’en existe en Amérique. Et ces programmes permettront également de soutenir la consommation durant le marasme.
Mais ces « stabilisateurs automatiques » ne peuvent se substituer à l’action.
CITATION 3
il existe un problème plus profond : L’intégration économique et monétaire européenne a pris trop d’avance par rapport à ses institutions. […] contrairement à l’Amérique, l’Europe ne dispose pas des institutions à l’échelle du continent nécessaires pour faire face à une crise qui frappe le continent en son entier.
C’est l’une des principales raisons de l’absence de mesures financières : il n’existe pas de gouvernement qui soit à même de prendre la responsabilité de l’économie européenne dans son ensemble.
— ContreInfo :: Dangereuse insuffisance de la réaction européenne face à la crise, par Paul Krugman