Revue de presse : «On paie l’addition de 2003 et 2007»

Revue de presse : UDC Grounding (8 décembre 2011)

  • L’UDC s’enfonce dans la crise | LeTemps.ch – La fin de la maison Blocher ? :
    «Une question, parmi d’autres, occupe les élus UDC. Pourquoi la direction du parti n’a-t-elle pas informé le groupe parlementaire des reproches visant Bruno Zuppiger? Le fait que c’est précisément la Weltwoche, publication proche de l’UDC, qui a révélé le pot aux roses, provoque des remous dans le parti. De nombreux UDC, déstabilisés, n’ont plus confiance. Habitués à marcher au pas, ils se sentent floués […]»
  • Le jeudi noir des stratèges de l’UDC | LeTemps.ch – Exit Bruno Zuppiger et le système de concordance pour Le Temps :
    «Pour Bruno Zuppiger, hier candidat au Conseil fédéral, ce jeudi aura été le jour de la honte, l’aveu public d’un mensonge, et la fin de sa carrière politique. Pour l’UDC, ce fut une journée dramatique. La journée des dupes; en l’occurrence ses propres dirigeants trop naïfs. Afin de sauver la face, le groupe UDC a été contraint d’aller rechercher celui qu’il ne voulait pas il y a trois ans, Hansjörg Walter, fraîchement élu à la présidence du Conseil national. La précipitation des événements aura porté un rude coup à la crédibilité du premier parti de Suisse et accéléré la déstabilisation du système de concordance.
    Après Bruno Zuppiger, victime de ses propres appétits et insuffisances, c’est la direction de l’UDC elle-même qui a perdu tout crédit. Et pas n’importe qui: le président du parti Toni Brunner, le chef du groupe Caspar Baader et le grand stratège Christoph Blocher.»

Revue de presse : La concordance est aussi ancienne que la Suisse moderne(1 décembre 2011)

  • La concordance est aussi ancienne que la Suisse moderne | Domaine Public- La composition du Conseil fédéral obéit à la règle de la concordance depuis 1848 déjà, rappelle l’historien et homme de médias Roger Blum (NZZ, 21.11).De l’observation du comportement électoral du Parlement depuis 1848, Roger Blum dégage trois principes. Tout d’abord le Parlement vise une certaine concordance. Il place au gouvernement des représentants de différentes tendances politiques de manière à ce que les compromis se nouent déjà au sein de l’exécutif. […]

    Ensuite le Parlement refuse l’accès à l’exécutif aux formations qui n’adhèrent pas à un consensus minimal: reconnaissance de l’Etat fédéral, acceptation de la laïcité et de la défense nationale, adhésion à l’Etat de droit – y compris au droit international -, à la tradition humanitaire de la Suisse et à la collaboration internationale. C’est pourquoi les conservateurs catholiques ont dû attendre jusqu’en 1891 et les socialistes jusqu’en 1943 pour faire leur entrée au Conseil fédéral. […]

    Enfin le Parlement se réserve le droit de ne pas suivre les propositions des partis: tous les partis gouvernementaux se sont vu imposer à l’occasion des magistrats dont ils n’avaient pas présenté la candidature.

    Reste maintenant à savoir à quelle sauce sera apprêté le Conseil fédéral à mi-décembre 2011…

Le blog politique de Fabien Fivaz | Lettre ouverte à Hans-Rudolf Merz

Le secret bancaire a vécu. Plutôt que d’imaginer des solutions à court terme en espérant qu’on nous laisse tranquille, le Conseil fédéral aurait dû réformer depuis longtemps notre approche en la matière. Le secret bancaire est un mythe, destiné à enrichir nos banques et leurs élites sur le dos des contribuables honnêtes, ici comme ailleurs. Les banques n’ont jamais représenté qu’une petite part du produit intérieur brut

— Le blog politique de Fabien Fivaz – Lettre ouverte à Hans-Rudolf Merz

L'élection d'Ueli Maurer donne le signal à la recompostion de la droite suisse

Au-delà de l’élection en tant que telle d’Ueli Maurer, nous avons assisté ce matin au début de recomposition de la droite suisse. Observons «froidement» ce qui s’est passé ce matin et la suite des opérations:

  • après un dernier tour de piste, Christoph Blocher disparaît du paysage politique suisse;
  • par sa posture, Ueli Maurer marque le retour d’une droite conservatrice plus classique au moins dans ses formes;
  • «adoubé» par les Blocheriens, Ueli Maurer pourra d’autant plus les éliminer à petit feu;
  • Ueli Maurer a été plus qu’adoubé par les Radicaux, ceux-ci ont définitivement rejoint l’UDC pour former à terme (sous une forme à déterminer) une constellation politique du style de l’UMP à la française ou de la droite italienne;
  • fondamentalement les Radicaux-libéraux viennent de montrer leur adéquation à 98% au moins avec l’orientation politique de l’UDC;
  • une partie des PDC rejoindra également cette nouvelle constellation politique (comme une partie des centristes ayant quitté François Bayrou);
  • actuellement cette constellation est légèrement majoritaire si on observe les 122 voix obtenues par Ueli Maurer;
  • cette recomposition démarre avec la neutralisation d’Ueli Maurer relativement à la votation sur la libre-circulation (dernière ligne de fracture significative avec l’UDC actuelle);
  • cette recomposition se poursuivra via l’éviction de Toni Brunner de la présidence de l’UDC suite à son échec relativevement à la votation sur les bilatérales et la libre-circulation;
  • la gauche et les Verts formant un petit 33% du Parlement, le reste du PDC et ses alliés (Evangéliques, Verts libéraux) forment un centre-droit d’un poids électoral d’environ 15%;
  • plus on parle de quelque chose, plus ce quelque chose est menacé de disparaître à terme tel sera le destin de la concordance au niveau fédéral.

Ainsi donc la recomposition de la droite udc-radicale-libérale correspondra à celle observable sur le continent européen et tendra, à mon avis, à faire glisser toujours plus le système politique suisse sur un modèle majorité-opposition classique.

Eveline Widmer-Schlumpf à Lausanne: un vrai succès populaire

Ainsi que le relate le journal 24Heures (Widmer-Schlumpf affiche la taille patron – 6 mai 2008) de ce jour, plus de 1000 personnes sont venus écouter et ovationner Mme la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf à Dorigny-Lausanne où elle était invitée par Philippe Leuba (joli coup de pub pour ce dernier au passage).

Un vrai succès populaire oui, un succès populiste non pour Mme Widmer-Schlumpf. Et c’est bien là toute la différence entre une femme ou un homme d’Etat et un chef de bande venu pour vampiriser à son profit le pouvoir. 

Toute la différence aussi qui explique, mieux que toutes les théories du complot, les raisons de l’éviction du chef de bande du Conseil fédéral en décembre 2007.

Toute la différence également entre une UDC conservatrice —car sans surprise, Mme Widmer-Schlmpf a démontré hier par ses propos qu’elle était en tout point une conseillère fédérale de la droite (très) conservatrice— et une UDC nauséabonde —celle qui produit des affiches de campagne dignes des partis fascistes des années 1930— aux tendances internes eugénistes et totalitaires.

Toute la différence encore entre une population qui à 70% n’a pas voté en 2007 pour l’Unique Blocher Partei et un parti qui, parce qu’il atteint 30% de l’électorat, estime incarner à lui tout seul la Suisse et a des prétentions politique hégémoniques et non-démocratiques.

Toute la différence enfin qui explique la haine et le ressentiment de l’éconduit de décembre et de sa clique. Plus que tout, pour l’éconduit, il y a cette insupportable éviction par une femme et une femme rayonnante, taille patron authentique, qui désormais le pousse vers l’ombre.

Et si dans le fond ce n’était pas cette ombre qui désormais le recouvrira petit à petit qui expliquait cet acharnement, cette furreur, voire cette haine, du tribun zurichois et de sa faction à l’égard de Mme Widmer-Schlumpf?

Interview de Christoph Blocher (Mise au point – TSR)

Quelques heures après son éviction du gouvernement, le futur ex conseiller fédéral répond, à chaud, aux questions d’Alain Hertig pour l’émission Mise au point de la TSR.

C’est fou comment l’image de l’homme groggy vient contredire le discours qui tente de faire croire qu’il s’était préparé à ce cas de figure. D’un coup, l’homme politique Blocher a vieilli.
A noter aussi qu’Alain Hertig semble tout aussi groggy que Christoph Blocher devant ce qui s’est déroulé le jour même.

Elle a dit oui…

en tenant un discours de Cheffe d’Etat, respectueux des institutions de notre pays.


Eveline Widmer-Schlumpf

« Cette élection est un grand honneur »
« je m’engagerai avec toutes mes forces dans cette tâche »

Portrait de la nouvelle élue : http://www.federales.ch/

PS : avec l’élection de la nouvelle chancelière de la Confédération et celle de Mme Widmer-Schlumpf, la parité est presque totale au Conseil fédéral. C’est donc un grand moment aussi pour les femmes de notre pays.

Arrivée d’une nouvelle génération d’élu-e-s fédéraux

Bien malin celui qui sait ce qui s’est tramé lors de cette deuxième nuit des longs couteaux. En attendant et en guise de réflexion, je vous propose l’observation suivante.


Christophe Darbellay (PDC)

Il est indubitable que l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral a marqué hier l’arrivée en tête de ligne d’une nouvelle génération de politicien-ne-s. Cette génération va très certainement d’autant plus vite faire vieillir le tribun zurichois et son discours. Surtout si celui-ci se replie sur la présidence de l’UDC.[1] En effet, deux des principaux protagonistes du scénario de ce mercredi sont ou seront face à lui dans leurs habits de président de parti national. J’ai bien sûr nommé Christophe Darbellay (PDC) et Christian Levrat (PS). [2]


Christian Levrat (PS)

A voir : les vidéos des interventions à 19h30 avec les mêmes.

Notes:
  1. En cela, Blocher pourrait bien devenir le principal obstacle à l’émergence d’une relève blochérienne au sein de l’UDC. Comme Le Pen en France ou Castro à Cuba, c’est toujours la succession du Vieux Chef qui se révèle, heureusement, la plus redoutable pour les partis populistes ou extrémistes.
  2. Dans les débats TSR de 12h00 et 13h00, j’ai été frappé du côté tout d’un coup vieilli des représentants UDC relativement aux autres représentants de parti. Face aux ténors, Christophe Darbellay et Christian Levrat, on retrouvait Jean-François Rime ou Hans Fehr. D’un coup, zappés Oscar Freysinger ou Yvan Perrin.

Retour sur la chute d’un tribun populiste zurichois…

Depuis quinze ans exactement, soit l’échec de la votation populaire sur l’Espace économique européen, la capacité de nuisance, la volonté de revanche sur l’establishment bourgeois zurichois, le mépris de l’Autre —soit de celui qui ne pense pas à l’identique— et la soif de pouvoir personnel d’un fils de pasteur zurichois a causé d’incommensurables dégâts à son parti, la population suisse, aux Chambres fédérales et, dernier avatar en date, au Conseil fédéral. A tel point que ces derniers temps, la crédibilité du gouvernement suisse sur la scène internationale et l’image de notre pays à l’étranger n’ont jamais été aussi basses et que notre isolement n’avait jamais été aussi perceptible sans pourtant qu’aucun conflit mondial ne pointe le bout de son nez à l’horizon.
Pire, dans le délire personnel de cet homme et collectif d’une partie de la population, plus les signaux émis de l’étranger étaient alarmants et plus la Suisse se serait rapprochée d’une pureté orginelle, plus telle une secte hérétique cet homme et ses sbire nous rapprochaient d’un suicide collectif. Le tout au nom des valeurs mêmes qu’ils ne cessaient de fouler au pied (concordance, respect des minorités, ouverture vers l’extérieur et j’en passe).
Aujourd’hui[1] une première lueur d’espoir a pointé le bout de son nez et une partie de ses alliés politiques semble avoir définitivement pris la mesure de la nature de la menace. Et, eux aussi, ils ont commencé à faire de la politique.
Demain, cet homme devrait continuer à nuire à son parti, mais je l’espère de moins en moins à la Suisse. Par contre, son parti ferait bien de s’interroger sur la manière d’envisager durablement son avenir sans lui ou une fois lui parti.
Mais il convient également qu’à partir de demain le front républicain ainsi constitué continue à faire de la politique et ne s’endorme pas…
La suite dès 8h00 ce jeudi.

renvoi_Blocher

Post-scriptum:

En écoutant certaines interventions de parlementaires fédéraux et de commentateurs, je me réjouis très immodestement de trouver certaines réflexions publiées sur ce blog.[2] Ainsi le 22 juillet, je détournais l’affiche de l’UDC pour la transformer en une initiative pour renvoyer Christoph Blocher du Conseil fédéral; ce dernier prenant à son tour les atours d’un mouton noir. Or, désormais et à la suite d’une multitude de détournement de l’affiche initiale de l’UDC, la formule du mouton noir Blocher fait partie du vocabulaire utilisé aujourd’hui pour expliquer son éviction. Il y a là un phénomène boomerang incontestable qui rejoint quelque part les propos de mon billet relatif à la Psychologie des foules de Le Bon:

Un des éléments importants à souligner se rapportant à la psychologie des foules de Le Bon, c’est que l’émotion, le non-rationnel prédominent à ce stade. Il n’est donc pas possible de vouloir, le cas échéant, inverser la tendance en développant uniquement un discours rationnel. Le discours de la raison n’a pas prise, du moins sur la foule hypnotisée. C’est certainement une des difficultés des démocrates vis–vis des populistes, voire des fascistes, car il leur faut aussi développer un discours «irrationnel» pour espérer inverser la tendance.
[…] en suivant Le Bon, pour combattre le discours de l’UDC, il conviendrait d’utiliser des moyens comparables pour des-hypnotiser les foules.

Si dans un premier temps, nous sommes parvenus au bord du gouffre le 21 octobre, il faut reconnaître que ce résultat a eu l’effet d’un électrochoc d’abord sur les électorats vaudois, zurichois et saint-gallois pour le deuxième tour au Conseil aux Etats, puis sur une partie des parlementaires fédéraux bourgeois en ce mercredi 12 décembre.

Ensuite, le 31 juillet (Prenons Christoph Blocher et l’UDC au mot), j’indiquais qu’il s’agissait de prendre au mot le referendum plébiscitaire initié par l’UDC, via ses affiches électorales centrées sur l’élection du tribun zurichois au Conseil fédéral, et je disais:

Pourquoi pas dans le fond. Allez banco, si l’UDC n’obtient pas 51% des suffrages, il n’y aura aucune raison de réélire Christoph Blocher, ni aucun UDC au Conseil fédéral. Joué, perdu. Dans sa sagesse légendaire, le peuple suisse en aura décidé ainsi.

Depuis ces derniers temps, cet aspect-là est mis en avant ainsi que le fait que si effectivement l’UDC et Christoph Blocher ont obtenu 29% des voix, 71% des voix, de facto, avaient voté contre Blocher selon la logique même initiée par les affiches UDC.

Par ailleurs, je vous invite instamment à lire l’article acéré publié dans Domaine public par Yvette Jaggi (Christoph Blocher: échec d’un style, fin d’un contre-emploi)

Notes:
  1. Billet rédigé mercredi, mais mis en ligne aux premières heures de ce jeudi!
  2. Mais d’autres ont fait un travail comparable qui, après le 21 octobre, a été décrié notamment concernant les différentes initiatives autour de l’affiche des moutons noirs, mais qui en ce mois de décembre ont finalement joué leur rôle dans la mobilisation et la création d’un front républicain.