#VD2012 : résultat du bal pré-électoral

La succession des échéances électorales dans le canton de Vaud met à rude épreuve les partis politiques et leurs militants. Dans un rythme effréné, les différents partis ont établi et tenté d’affiner leur stratégie électorale tant pour l’élection au Conseil d’Etat qu’au Grand Conseil. En une semaine, il a fallu établir les listes pour le Conseil d’Etat et les alliances en même temps qu’était assermentée l’écologiste Béatrice Métraux et étrennée une majorité rose-verte. Bilan d’une semaine (pré-)électorale assez folle.

Les gagnants

Indubitablement les trois candidat-e-s socialistes entraîneront Béatrice Métraux pour confirmer la majorité sortie des urnes le 18 décembre dernier. On mesurera le chemin parcouru par cette liste à quatre devant l’absence de psychodrame et la grande sérénité du congrès du Parti socialiste du samedi 7 janvier. Idem du côté des Verts, malgré une victime collatérale (Yves Ferrari).
Le PDC a eu chaud en lançant sans concertation avec ses alliés du centre la candidature de Claude Béglé. Le PDC réussit in extremis à conclure une liste à quatre au Conseil d’Etat avec l’UDF, les Verts libéraux et le PBD. L’essentiel est sauf, même si au niveau du Grand Conseil, les listes PDC entreront en concurrence, dans certains district, avec celles des Verts libéraux/PBD.
Les militants des Verts libéraux ont fait preuve de plus de maturité et de sens politique durable que leurs ténors Jacques-André Haury et Isabelle Chevalley.
Les trois candidats du PLR ont sauvé l’essentiel, c’est-à-dire leur tête, en partant avec le candidat UDC.

 

Les perdants

Sans conteste, Isabelle Chevalley voit son étoile pâlir après avoir brillé au mois d’octobre avec son élection au Conseil national. Problème de croissance? C’est tout un paradoxe pour une libérale verte. Ou alors un problème d’égo.
Vaud libre se retrouve esseulé, rejeté par l’Alliance du centre et sans grand soutien du côté de la gauche et des Verts. Son côté Winkelried de la complémentaire de novembre n’est en définitive guère récompensé.
Dans certains district, le dit-Centre avec sa dispersion des listes risque de perdre l’avantage de sa liste commune pour le Conseil d’Etat. La lutte sera notamment acharnée sur la Riviera avec trois listes : celle de Riviera Libre (Vaud libre), celle du PDC et celle des Verts libéraux et du PBD.
La majorité de droite au Conseil d’Etat avec son candidat UDC désigné à l’insu de son plein gré et muni de son lot de casseroles made in Jura.
La chimère que représentait un candidat agrarien non blochérien.

 

Sur le ballant

Si le PLR conservera ses trois magistrats au Conseil d’Etat, il est difficile d’établir le pronostic pour le Grand Conseil. De plus, suivant les arrondissements, on trouvera une ou deux listes PLR. En outre, l’érosion vers le dit-centre devrait se poursuivre. Cependant, le découpage des arrondissements électoraux joue plus en leur faveur que l’arrondissement unique des fédérales. Match nul.

 

Inaudible

Les cinq candidats de La Gauche assurément et c’est bien dommage, mais le mal est ancien.

 

Interrogation

Le PBD ne servira-t-il qu’à apporter d’utiles suffrages aux Verts libéraux sur les listes du Grand Conseil ou…?

 

#VD2012 est le hashtag retenu par la mini-communauté de twtteriens vaudois et autres pour suivre l’actualité des élections cantonales vaudoises de ce printemps. Je l’utiliserai à l’occasion dans le titre de mes articles en lien avec cette campagne.

 

Pierre-Yves Rapaz est-il soluble dans les Verts libéraux ?

A moins que la question soit inverse : Les Verts libéraux sont-ils solubles avec Pierre-Yves Rapaz? Je m’explique.

Dans le journal 24 Heures de ce jour, la conseillère nationale Isabelle Chevalley explique pourquoi elle souhaite que son parti s’allie avec l’UDC. Elle indique également la raison pour laquelle son parti avait appelé à voter blanc lors de l’élection complémentaire du 18 décembre dernier.

Vous avez refusé de soutenir le candidat de l’UDC à l’élection complémentaire du 18 décembre. Mais vous présentez comme une nécessité l’alliance avec son parti en vue de l’élection générale du Conseil d’Etat du 11 mars. Comment justifier ce grand écart?

Dans le cadre de l’élection complémentaire, nous ne contestions pas le siège de l’UDC, mais le candidat qu’elle présentait. Nous avons manifesté cette réprobation en appelant au vote blanc. C’était un signal adressé à l’UDC: «Nous ne sommes pas contre vous, pour autant que vous présentiez une personnalité représentative de la singularité cantonale de votre parti.»

Dans le fond, Isabelle Chevalley et les Verts libéraux souhaitaient donner une leçon à l’UDC vaudoise afin que celle-ci revienne à de meilleurs sentiments. Mais que prônera-t-elle demain lors du Congrès de Verts libéraux maintenant que le seul candidat UDC à disposition est justement celui que les Verts libéraux ne voulaient pas aux mois de novembre/décembre? Et maintenant que l’on sait que la «singularité cantonale de l’UDC vaudoise», c’est du pipeau?

En effet, le site de la TSR nous apprend ce soir que

Le comité de l’UDC-Vaud n’a enregistré pour l’heure qu’une candidature à l’interne pour l’élection au Conseil d’Etat du 11 mars. Pierre-Yves Rapaz est le seul à vouloir se lancer dans la course. Le congrès du parti aura le dernier mot mardi soir.

Le secrétaire général du parti Claude-Alain Voiblet, dont la candidature a été évoquée dans les médias, a renoncé à se présenter. « Je l’ai fait savoir à la section de Lausanne », a-t-il communiqué lundi à l’ats.

Comme le dit également fort bien 24Heures de ce jour pour la droite vaudoise et les Verts libéraux: l’heure de vérité c’est demain!

Mise à jour (10.01.2012)

Décidément chaque jour, pour ne pas dire chaque heure, est un nouveau jour/nouvelle heure pour l’UDC vaudoise.

En effet, on apprend (10.01.2012 à 14h07) que

Pierre-Yves Rapaz se retire de la course au Conseil d’Etat vaudois. Le comité central de l’UDC propose de le remplacer par le coordinateur romand de l’UDC suisse Claude-Alain Voiblet. Cette candidature doit encore être approuvée par le congrès du parti vaudois mardi soir à Morges.

Claude-Alain Voiblet est également secrétaire général de l’UDC Vaud, député et président du Conseil communal de Lausanne. Lundi encore, il assurait ne pas vouloir être candidat.

Source : tsrinfo.ch

Voici donc que Claude-Alain Voiblet invente le candidat udc vaudois à l’insu de son plein gré ! Il faut dire que dans les atermoiements il était à bonne enseigne grâce à Guy Parmelin.

 

Conseil d’Etat vaudois : l’élection de Béatrice Métraux en deux tweets

Comme pour le 1er tour, je vous propose le résumé du jour en deux tweets, suivi d’un rapide commentaire.

Le premier tweet pour vous donner les résultats à La Tour-de-Peilz:

 

Le deuxième pour un regard quelque peu décalé après une année fort nombreuse en élections et votations dans le canton de Vaud et plus particulièrement dans notre commune:

 

J’y ajoute le résultat de l’élection pour l’ensemble du canton de Vaud:

CE BeatriceMettraux Pierre YvesRapaz

Mon commentaire du jour :

Mon premier commentaire sera pour la participation, celle-ci est passée de 32.5% à 32.34% pour La Tour-de-Peilz et de 31% à 30.34%. Contrairement à certains pronostics et malgré la multiplication des scrutins, les électeurs du premier tour ont largement remis la compresse pour ce deuxième tour. La légitimité de Béatrice Mettraux ne saurait ainsi être remise en question.

Par rapport au premier tour, Béatrice Mettraux creuse l’écart. Elle a capté l’essentiel des voix centristes puisqu’elle passe, au niveau cantonal, de 40% à 54% alors que Pierre-Yves Rapaz passe lui de 40% à 43.15%.

Avec 58.2% des suffrages au deuxième tour à La Tour-de-Peilz, Béatrice Mettraux (58.2%) réussit un score qui se situe entre celui de Géraldine Savary (60.02%) et de Luc Recordon (56.42%) au deuxième tour du Conseil des Etats. Au niveau cantonal, elle se situe cependant plus près de Géraldine Savary (55.52%) que de Luc Recordon (50.95%). De part son mandat de syndic de Bottens, Béatrice Mettraux dispose certainement d’un plus fort soutien dans les campagne que Luc Recordon.

A noter que, pour sa part, Pierre-Yves Rapaz (43.15%) fait mieux que Guy Parmelin (41.76%) au niveau cantonal et presque aussi bien qu’Isabelle Moret (44.33%). Le plafond de l’alliance PLR/UDC au niveau cantonal vaudois se situe donc bien actuellement entre 42% et 44%. C’est largement insuffisant pour garder la majorité à l’exécutif vaudois comme au Conseil des Etats à Berne. Et c’est bien le dilemme de cette alliance dans la perspective de mars 2012.

Enfin, les résultats de ce deuxième tour confirment ce que j’indiquais déjà au premier tour (Conseil d’Etat vaudois : la complémentaire en trois tweets) : l’UDC blochérienne est donc bien la machine à perdre de la droite et le centre (Vaud libre, PDC, Verts libéraux) se pose en arbitre.

La suite au mois de mars… en attendant toutes mes félicitations à Béatrice Mettraux pour sa brillante élection.

Conseil d'Etat vaudois : la complémentaire en trois tweets

Un deuxième tour sera nécessaire le 18 décembre prochain pour départager qui de Béatrice Mettraux ou de Pierre-Yves Rapaz sera élu au Conseil d’Etat pour 6 mois. Le résumé du jour en trois tweets, suivi d’un rapide commentaire.

Le premier tweet pour les résultats à La Tour-de-Peilz:

La Tour-de-Peilz : participation 33.72%. Mettraux : 948 (44.3%) ; Rapaz : 694 (32.5%); Gétaz : 402 (18.8%). #CE #Vaud

Le deuxième message rapportait les résultats du canton :

#Vaud : B: Métraux 44% des voix, P-Y Rapaz (40%), E. Gétaz (10%). Participation : 31%. #CE

Enfin la question du jour pour le deuxième tour :

Deux questions pour le 18.12.2011 : E. Gétaz continuera-t-il? Sinon où iront les voix des centristes? #Vaud #CE

Mon commentaire du jour :

Il vaut la peine de comparer ces résultats du premier tour à l’élection complémentaire avec les résultats du 23 octobre pour les élections fédérales. Concernant la Tour-de-Peilz, j’avais écris l’article suivant : EF2011 : Les résultats du Conseil national à La Tour-de-Peilz (2007 – 2011).

Le 23 octobre dernier, la gauche et les Verts avaient obtenu 43,6% des suffrages. Béatrice Mettraux se situe légèrement au-dessus. L’alliance gauche-verte a donc bien fonctionné ce jour. Le constat est identique au niveau cantonal. Par contre, le déficit de notoriété de Béatrice Mettaux ne lui permet pas d’atteindre les scores du premier tour de Géraldine Savary ou de Luc Recordon.

De leur côté, l’alliance PLR-UDC a nettement moins bien fonctionné à La Tour-de-Peilz. Aux fédérales, ces partis obtenaient 40.45% des suffrages. Ce 27 novembre, Pierre-Yves Rapaz perd 8% principalement en faveur du candidat centriste Emmanuel Gétaz, local de l’étape. Par contre, au niveau cantonal, l’alliance PLR-UDC fonctionne mieux, mais elle plafonne à 40%.

Comme nous l’indiquions à l’issue du 2e tour de l’élection au Conseil des Etats, l’UDC blochérienne est donc bien la machine à perdre de la droite et le centre (Vaud libre, PDC, Verts libéraux) se pose en arbitre. Cependant, il nous faut encore nous mobiliser à gauche en faveur de Béatrice Mettraux au 2e tour pour transformer un bel automne électoral. Le rendez-vous est pris pour le 18 décembre prochain.

Du mépris du gouvernement à l'égard des profs de gymnase

D’un côté, la majorité de droite du Conseil d’Etat vaudois a versé plus d’un demi-million pour se séparer d’un chef de service dont il n’est pas satisfait et de la payer sans contrepartie aucune.

C’est le prix du silence.

De l’autre, cette même autorité refuse de rémunérer comme il se doit 150 jeunes enseignant-e-s qui effectuent un travail de qualité au quotidien. Le coût? 1 million de francs soit un peu plus que l’indemnité de départ d’un cadre de l’Etat…

C’est la marque du mépris.

Le Conseil d'Etat vaudois favorise-t-il l'émergence d'une nouvelle Pravda?

La nomination de Laurent Busslinger, journaliste à 24Heures, comme prochain conseiller personnel de Pascal Broulis, conseiller d’Etat vaudois, provoque de légitimes remous alors que son prédécesseur fait le chemin inverse. D’autant plus que, au mépris d’un minimum de déontologie et au lendemain du résultat de votations, M. Busslinger est l’auteur de l’éditorial de 24Heures se félicitant de l’acceptation par les citoyen-ne-s vaudois-e-s des baisses d’impôts défendues par son (futur) patron. La question qui me tarabuste est la suivante:
M. Busslinger mange-t-il à tous les râteliers ou est-ce que le Conseil d’Etat et Edipresse ne forment-ils que le même et unique râtelier (radical)?
A cela s’ajoute le fait que Anne Dousse, journaliste au Matin, remplacera prochainement Sabrina Cohen-Dumani comme conseillère personnelle de Jacqueline de Quattro et rejoindra à cette fonction Michel Pont, autre ex-futur journaliste à 24Heures.
A tel point que le député boéland socialiste Nicolas Mattenberger a déposé ce jour une interpellation au Grand conseil vaudois intitulée « Le Conseil d’Etat favorise-t-il l’émergence d’une nouvelle Pravda? ».
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mattenberg11A noter aussi l’ouverture d’un groupe Facebook: Félicitations M. Busslinger.
Mise à jour (14 février 2009): La discussion engagée avec Jérôme Cachin concernant cette situation m’incite à considérer que mes propos à l’égard de M. Laurent Busslinger allaient trop loin relativement à sa personne et que certains étaient inadéquats. C’est pourquoi j’ai modifié une partie de cet article. Je présente donc mes excuses à Monsieur Busslinger.
Mes interrogations demeurent relativement à la question de l’indépendance de la presse et des relations dans ce canton entre un éditeur en situation monopolistique, ses journalistes et le pouvoir cantonal.