CFF: l'UDC ou la politique des copains/coquins

Alors que les CFF viennent d’attribuer à Bombardier le contrat pour 59 trains à deux étages, l’UDC monte au créneau pour défendre Peter Spuhler, conseiller national UDC et actionnaire majoritaire de Stalder Rail, une des deux entreprises évincées. Ou quand au nom d’un soi-disant nationalisme économique se cache une politique «UDC inside» des copains/coquins.

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Une maquette des nouveaux trains qui sillonneront la Suisse. (source: cff.ch)

Ainsi c’est l’entreprise canadienne Bombardier qui a décroché le « contrat du siècle » des CFF. 1,9 milliard sera investi pour 59 trains à deux étages, produits en partie à Villeneuve dans le canton de Vaud. Deux cents emplois seront créés sur le site vaudois de Bombardier et cent autres dans la région zurichoise. Actuellement Bombardier emploie 950 collaborateurs en Suisse sur les sites de Zurich-Oerlikon, Villeuneuve (200 employés aujourd’hui), Winterthour et Turgi (Argovie).

Cette décision déplait fortement à Peter Spuhler, actionnaire majoritaire de Stadler Rail, et par ricochet à l’UDC suisse. Pourtant Stadler Rail équipe déjà avec ses trains le réseau régional des CFF, mais un monopole privé ou une rente de situation, c’est mieux. La libre-concurrence est un concept à géométrie variable surtout valable pour les autres. Pour dissimuler la manoeuvre, l’UDC embouche les trompettes d’un nationalisme économique… qui s’arrête en outre aux frontières de la Suisse alémanique. (1) Nous avons là un bel exemple d’une politique «UDC inside» des copains/coquins.

D’autant plus que tant Bombardier que Stalder Rail ont déposé des dossiers prévoyant que 60% de la commande donnerait lieu à du travail en Suisse…

On notera également que ce nationalisme économique n’est nullement mâtiné de conscience sociale. Ainsi, le Syndicat du personnel des transports (SEV) et Unia se réjouissent que Bombardier ait présenté un projet prévoyant d’engager prioritairement des travailleurs de la région et de passer des contrats de sous-traitance avec des entreprises (40 entreprises prévues) disposant de conventions collectives de travail (CCT). Pour Yves Defferrard (Unia)

«C’est un grand soulagement pour l’emploi dans le canton de Vaud et pour les salariés de Bombardier à Villeneuve (VD) qui craignaient une restructuration. Je salue la transparence de cette entreprise dont le dossier était supérieur sur le plan social.»

En comparaison, sur Forum (RSR), Géraldine Savary (conseillère aux Etats vaudois/PS) pointait le fait que Stadler Rail s’est toujours refusée à signer une telle convention collective de travail (CCT).

Pour Stadler Rail et Peter Spuhler, le nationalisme économique consiste donc à engranger les commandes et les profits sans se préoccuper des conditions sociales des employés. Au même titre que le profit électoral de l’UDC et ceux de ses membres (suisses alémaniques) influents priment sur le bien-être de la population suisse.

A lire en lien avec le sujet:

(1) Stadler Rail n’emploie pas de collaborateurs en Suisse romande (site de production).

La Suisse a portée de train et les CFF a portée de claques ! (avec sondage)

Depuis juin 2006, la Commune de La Tour-de-Peilz met à la disposition de ses citoyens, comme de nombreuses communes de Suisse, deux abonnements journaliers CFF au tarif avantageux de frs 35.- par jour. Grâce à cette carte journalière des communes, les personnes avec un budget restreint peuvent voyager avantageusement avec les transports publics.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si les CFF n’avaient pas décidé, sans consultation des communes, non seulement d’augmenter le prix de cette carte journalière, mais également d’en limiter l’utilisation puisqu’elle ne serait valable, en semaine qu’à partir de 9h00 le matin. Inutile de dire que l’habitant-e boéland désirant, par exemple, se rendre en semaine du côté de Zurich ou de Lucerne n’aurait quasiment plus aucun intérêt à le faire avec cette carte journalière. Un véritable scandale.

Pour les CFF, la manœuvre paraît claire, il s’agit purement et simplement de vouloir tuer cette prestation sans vouloir en porter la responsabilité. En effet, si elle se trouve confirmée, cette mesure est plus que susceptible de remettre en cause cette prestation offerte aux habitants de notre commune et de nombreuses autres communes en Suisse.

Si notre municipalité va tenter d’intervenir, vous pouvez également manifester votre désapprobation de la manière et de la méthode et, par là-même votre soutien pour que cette carte journalière reste attractive – surtout pour les jeunes, les familles, les seniors et les habitants des régions périphériques en adhérant notamment au groupe Facebook «Ne touchez pas aux cartes journalières des communes!!»

Vous pouvez également répondre au sondage ci-dessous: