Propos de crise (8) : d'un Galbraith à l'autre

Les mêmes causes – bulle immobilière et spéculative – produisant les mêmes effets – effondrement du système financier, ruineuse déflation de la dette, longue et douloureuse récession – James K. Galbraith estime que c’est dans l’étude de la crise des années 1930 qu’il convient de rechercher le modèle et le format de l’action publique requises. Que faire ? Soutenir, soutenir et soutenir encore la demande, par le biais des transferts sociaux et des investissements de l’Etat, car tant que la situation financière des ménages ne sera pas restaurée, ce qui prendra des années, prévoit-il, l’économie largement en surcapacité ne redémarrera pas. Mais même un programme de cette ampleur pourrait ne pas suffire. La crise des années trente, rappelle-t-il, n’a véritablement pris fin qu’avec l’effort de guerre, où la production avait doublé. Les USA disposent-ils alors d’une solution ? Oui, répond Galbraith, si cette crise est mise à profit pour entreprendre la tâche gigantesque de la reconversion énergétique et de la lutte contre les émissions de CO2. Reste la question du financement. Pour lui, le rôle central des USA dans les relations internationales devrait leur assurer le soutien de l’étranger et leur permettre de lever les fonds requis.

L’article complet: ContreInfo :: Une crise hors norme, par James K. Galbraith (II/II)

Rapport annuel historique pour les ORPC de la Riviera et du Pays-d’Enhaut

Evidemment après l’investiture de ce mardi à Washington, le qualificatif d’historique relativement au premier rapport annuel commun des ORPC (Office régional de Protection civile) de la Riviera et du Pays-d’Enhaut peut soit paraître présomptueux, soit faire «méquelet» (orthographe non stabilisée). Pourtant ce qualificatif n’est, en la matière, pas galvaudé concernant ce premier rapport annuel commun qui a eu lieu à Château-d’Oex le jeudi 15 janvier dernier.

Historique, en effet, puisque sans contrainte extérieure autre qu’une volonté commune de prendre en compte à la fois les défis futurs des ORPC et d’anticiper les prochaines réorganisations de ceux-ci, les deux Offices de protection civile du district ont amorcé en 2008 leur rapprochement. Tout d’abord, en 2008, les deux Offices ont organisé des cours d’instruction en commun. Ensuite, en 2009, les forces et les tâches administratives seront regroupées à Montreux et un Etat-Major commun sera créé. Enfin, en juillet 2010, le dernier étage de la fusée consistera à l’intégration du Service au sein de l’Association de communes Sécurité Riviera qui comprend déjà Police Riviera. Le volet politique nouera ainsi définitivement la gerbe.

Je me dois de souligner l’excellent état d’esprit régnant tant entre les actuels responsables opérationnels des deux entités, Pierre-Alain Masson pour la Riviera et Hervé Schopfer, son homologue du Pays-d’Enhaut. Le même état d’esprit positif m’anime ainsi que mes collègues des 12 autres communes du district.

Pour conclure, le rapprochement envisagé est cohérent relativement à l’état actuel des travaux du projet de modification de la loi vaudoise d’application de la loi fédérale sur la Protection civile puisque le projet «Agile» prévoit une organisation basée sur les districts actuels afin de répondre aux défis actuels et futurs qui attendent la Protection à la population.

Politis.ch : Bilan 2008 et Résolutions 2009

Envie de renouveler le genre, nouvelles résolutions de début d’année, lassitude du rouleau de billets générés par le principe du blog, envie de prendre un peu de recul et de temps, toujours est-il que je ressens le besoin de procéder un peu différemment en ce début 2009 au niveau du suivi de l’actualité politique et de mon écriture (un bien grand mot). En 2009, certains sujets d’actualité occuperont le terrain à coup sûr toute l’année : la crise économique, la Suisse et l’Europe, le conflit israélo-palestinien, Barack Obama et la confrontation à la réalité du pouvoir présidentiel, la réforme policière vaudoise à titre d’exemple. Tout ceci forme un certain nombre de points fixes que je souhaite traiter différemment.

En 2008, j’avais créé une page consacrée aux élections américaines de 2008 (USA2008) qui regroupait et mettait à jour en temps réel, toute une série d’articles, vidéos et liens relatifs à cet événement, mais je continuais à faire des articles/billets séparés les uns des autres via le blog. De même, la crise économique a donné lieu à une série de cinq billets intitulés Propos de crise (x).

Dans un autre ordre d’idée, le monde de l’information se cherche aujourd’hui dans le maelström de la production et de la diffusion de l’information en ligne. Certains s’attellent à refonder le journalisme. Ainsi en est-il de la démarche des Aaaliens à laquelle je participe modestement au travers de mon activité professionnelle. Si je soutiens et valide cette manière de renouveler les modes de l’information, je cherche aussi d’autres modes de rédaction. Lire la suite

Propos de crise (1)

Fragments discontinus de crise. Ecrits du bord de l’écran.

Crise de 1929 – Crise de 2008
Il y a comme un décalage entre les nouvelles en provenance des bourses du monde entier et notre perception des implications que celles-ci auront sur nos vies quotidiennes ses prochains temps. Comme une impression diffuse que cette crise n’est pas réelle, comme si nous étions au cinéma à regarder un remake.
Est-ce qu’à force de faire, à chaque début de crise, référence à cet événement totémique du Krach de 1929, fait que celui-ci n’est plus qu’un mythe. Qui a peur du grand méchant loup?

Notre incrédulité est fort étrange. Est-ce que les contemporains de 1929 partageaient une perception et une passivité comparables aux nôtres? 
En tout cas, les pseudos discours rassurants, distillés par les zélateurs de l’hyperlibéralisme, et l’évolution progressive du vocabulaire de crise de 2008 ressemblent furieusement à ceux de 1929.

It’s a brave new world! 

Discours de Nicolas S. à l’ONU
Hier Nicolas S. a prononcé un discours surréaliste à la tribune de l’ONU (Crise financière : réponses françaises, réponses américaines). Il veut que l’enquête soit menée pour trouver LE(S) responsable(s) de la crise et punir la/les victime(s) sacrificielle(s).
C’est un discours emblématique de la méthode S. : la recherche permanente du bouc-émissaire et de la stigmatisation d’un individu-autre jetté en opprobe à la vindicte populaire. 
Il prend l’expression gendarme du monde plus qu’au pied de la lettre. 

Crise du leadership mondial
Une des explications fournie de la crise de 1929 réside dans l’analyse qu’après 1918 nous étions dans une crise du leadership économique mondial entre l’ancienne puissance dominatrice la Grande-Bretagne, victorieuse militairement, mais rendue exsangue économique par le conflit mondial et la nouvelle, les Etats-Unis, retournée à l’isolationnisme politique et hésitant à assumer son nouveau leadership.
En 1945, la passation de « pouvoir » était réalisée et les Etats-Unis assumaient alors pleinement leur leadership tant économique et financier que politique.
Peut-être qu’aujourd’hui la crise économique n’est que le reflet d’une situation comparable où les Etats-Unis sont dans le rôle de la puissance économique rendant les armes alors que son successeur n’a pas encore endossé véritablement l’habit de la superpuissance économique.
Les différents signaux semblent indiquer que la Chine est le prochain détenteur de la couronne et que le centre de gravité de l’économie mondiale sera l’Asie (La crise financière, tremplin pour la Chine ?). Même Doris Leuthard a pris acte de ce changement à venir de leadership comme ses prédécesseurs d’après1945 qui s’étaient très rapidement adaptés à la nouvelle donne américaine.
Au niveau du modèle de société, c’est pas vraiment une ère « jojo » qui nous attend: hyperlibéralisme économique à la brutalité radicale et contrôle social totalitaire.  

Obama et McCain dans le même bâteau
La dernière nouvelle plus que surprenante du jour, c’est l’annonce de l’interruption de la campagne de John McCain et le départ pour le Congrès des deux candidats à la présidence pour tenter de trouver une solution au programme de crise présenté par le gouvernement. Une forme de gouvernement d’union nationale.

At 8:30 this morning, Senator Obama called Senator McCain to ask him if he would join in issuing a joint statement outlining their shared principles and conditions for the Treasury proposal and urging Congress and the White House to act in a bipartisan manner to pass such a proposal.  At 2:30 this afternoon, Senator McCain returned Senator Obama’s call and agreed to join him in issuing such a statement.  The two campaigns are currently working together on the details.
Source: http://www.dailykos.com/storyonly/2008/9/24/151942/594/254/608947

Quatre observations:
- l’ampleur et la gravité de la crise (américaine) est encore plus sidérale que notre imagination arrive aujourd’hui  à la concevoir; 
- le vide tout aussi sidéral du pouvoir présidentiel américain auquel tente de suppléer les deux sénateurs-candidats à la présidence;
- la parlementarisation quasi totale du régime américain devant ce vide du pouvoir présidentiel;
- G. W. Bush, premier président des Etats-Unis détenteur d’un MBA en économie (si, si) a été englouti par la crise.   
La cotation du « titre » président des Etats-Unis d’Amérique est proche de la valeur des emprunts russes après la Révolution russe de 1917! 

 

What crisis? Crisis!*

Depuis juillet 2007, l’entrée dans le vocabulaire de crise a été progressive malgré les références constantes à l’événement totémique du Krach de 1929. Tout a été fait d’abord pour distinguer la situation de 2007 à celle de 1929. Nous aurions appris de cette crise de 1929, nous en serions sortis plus intelligents et les marchés sauraient désormais se réguler. Et puis les fondamentaux de l’économie étaient «bons» (n’est-ce pas John McCain?). Dans le fond, ce n’était qu’une situation limitée au secteur de la finance. Pas de panique!

Ben justement depuis la semaine dernière, c’est la panique sur les marchés financiers. A tel point que maintenant ce serait vraiment la crise. Seulement depuis la semaine dernière parce que le coeur des marchés financiers sont touchés et que la crise menace l’establishment financier? Au fond la crise ne serait-elle réelle que lorsqu’elle atteint les cercles de décision les plus élevés de l’oligarchie économique et financière?

Clairement la notion de crise dépend également des éléments que l’on juge fondamentaux pour parler de crise. Le choix de ces éléments n’est pas neutre et certains de ceux-ci ont des conséquences plus que douloureuses et réelles pour des millions de gens -et cela depuis plus longtemps que juillet 2007 ou septembre 2008. Pour sa part, Natasha Chart (Natasha Chart :: This Is Now A Crisis), sur le blog OpenLeft, en liste quelques-uns:

  • 45 million Americans have « don’t get sick » for a healthcare plan and people who have health coverage but do get sick are still at high risk of going bankrupt.
  • The global greenhouse effect is wreaking havoc on our species’ life support systems.
  • Americans’ wages have been stagnating and they don’t have the purchasing power they had at the turn of the century.
  • Impoverished Americans have rising and Third World infant mortality rates, thanks to Bush administration cutsin social services that financed truly wasteful government spending.

Pourtant poursuit Natasha Chart:

When you fail, or your family fails, when your neighborhood fails, it’s unfortunate.

When Ben Bernanke’s and Henry Paulson’s ex-colleagues fail, it’s a crisis that demands immediate attention and any solution available. Those people, they need some help.

Note: Ben Bernake est le président de la Réserve fédéral et Henry Paulson le secrétaire au Trésor du gouvernement Bush.

* Quelle crise? La crise! (référence bien évidemment à l’album de Supertramp (Crisis? What crisis?)