Bilatérales: Un OUI pro-européen responsable et patriotique (lundi 26 janvier 2009)
Décembre 1992, le refus en votation populaire sur l’Espace Economique Européen résonne durement aux oreilles des pro-européens. Ces derniers alors fondent le NOMES (Nouveau mouvement européen suisse) et leur objectif est à terme l’adhésion à l’Union européenne. Du côté de vainqueurs du scrutin populaire, ceux-ci clament et exigent le recours au seul bilatéralisme, paré de toutes les vertus, avec l’Union européenne.
Janvier 2009, ceux qui avaient prôné les bilatérales les vouent presque aux gémonies puisqu’un NON majoritaire dans l’urne équivaudrait à la liquidation des principaux accords liant la Suisse et l’Union européenne. Le résultat des bilatérales les conduirait-il à un constat d’échec relativement au refus en 1992 de l’Espace Economique Européen? S’agirait-il pour ces tenants des bilatérales de faire leur mea-culpa? De défendre dès lors l’adhésion à l’Union européenne? Non. Pire, certains, le plus sérieusement du monde, professent un accord avec l’Alena (Accord réunissant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) plutôt qu’avec un ensemble, l’Union européenne, qui fournit le 82% de nos importations et qui accueille le 62% de nos exportations (contre respectivement 5% et 10 % pour les USA). [Source: L'air de Bruxelles (.pdf)]. Une telle attitude conduit la Suisse à un suicide collectif.
Pour autant, le OUI, prôné le 8 février prochain par les pro-européens du NOMES, a symétriquement un côté paradoxal. En effet, depuis 1992, la volonté d’adhésion de la population suisse à l’Union européenne subit une érosion au fur et à mesure que les accords bilatéraux se sont développés. Jamais la perspective d’une adhésion n’a parue si éloignée. Logiquement, les pro-européen devraient jouer la politique du pire, car après le 8 février, en cas de refus, la question de l’adhésion pourrait retrouver rapidement toute sa vigueur.
Alors qu’en conclure?
- premièrement que l’aveuglement idéologique n’est pas forcément où on veut le voir;
- deuxièmement qu’il existe une différence fondamentale entre une attitude responsable, celle des pro-européens, et l’attitude suicidaire des autres, les anti-européens;
- enfin que l’attitude patriotique et la vraie défense de la patrie sont du ressort de ceux qui prônent l’ouverture aux autres plutôt que le réduit paranoïaque.
PS: Pour l’argumentaire du NOMES, vous pouvez consulter leur site: http://www.europa.ch/.
20 bloggeurs suisses s’associent pour soutenir la poursuite et l’extension de l’accord sur la libre circulation (dimanche 18 janvier 2009)
A l’initiative du bloguer vert Andrea Kyriacou de Zurich, 20 bloggeurs se sont associés pour soutenir le « OUI », pour les votations du 8 février. Sont aussi de la partie: quatre parlementaires nationaux, d’autres bloggeurs célèbres, comme le blog satyrique (de langue allemande) Swiss-lupe et le blog franco-anglophone très connu climbtothestars. Des représentants Socialistes, Verts, Chrétiens-socials, Démocrates-Chrétiens, Radicaux, Libéraux et UDC participent avec des articles issus des trois régions linguistiques et en Anglais.
Jusqu’au dimanche de votation, chaque participant rédige une contribution sur son blogg, dans lequel il explique pourquoi nous devons voter « OUI » le 8 février. Chaque contribution apparaît aussi sur le site internet de la campagne pour le « OUI » : http://www.bilablog.ch / http://www.bila-blog.ch . Bilablog.ch peut publiera ainsi quotidiennement au moins un nouvel article pendant toute la campagne précédant les votations. D’autres bloggeurs sont bien-entendu invités à participer.
Sollicité par Andrea, Politis.ch participe à cette action et publiera un billet spécifique relativement à la position des pro-européens sur la votation du 8 février 2009. Politis.ch affiche donc la bannière spécifique de l’action. Je vous incite à en faire de même.
Et si les Valaisans et les Fribourgeois étaient «nos» Bulgares et «nos» Roumains? (mardi 13 janvier 2009)
Que dirait-on si l’Union européenne était d’accord de signer l’accord sur la libre-circulation des personnes avec la Suisse à la condition que les ressortissants valaisans ou fribourgeois soient exclus de l’accord? Un député européen ne se gênerait pour asséner que
«Ces cantons se situent à un niveau tellement bas (en termes social et économique) qu’il serait totalement irresponsable de leur accorder la libre circulation des personnes»*
On en craindrait l’afflux et leur sous-enchère salariale, le tout mâtiné d’une bonne dose de préjugés cachés, relatifs à leur mentalité, un certain retard dans leur rapport à la modernité ou une moindre helvetico-compatibilité.
Evidemment cela ne manquerait pas de soulever des tollés devant l’arrogance des Européens, leur xénophobie, voire un certain racisme latent de leur part ainsi leur intolérable ingérence dans les affaires internes de la Confédération. Ce ne serait rien moins que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui serait bafoué et nous ne manquerions pas de nous adresser aux instances internationales pour faire respecter notre droit à disposer de nous-mêmes.
Pourtant, c’est bien ce que certains voudraient faire relativement à l’extension des accords aux ressortissants bulgares ou roumains de l’Union européenne. Ceux-ci s’arrogent le droit de décider depuis l’extérieur qui peut recevoir le label « européen».
C’est bien pourquoi le 8 février nous nous prononcerons, non pas sur la définition de qui est ou n’est pas membre de l’Union européenne, mais sur la globalité de l’accord sur la libre-circulation des personnes. Si nous voulions pouvoir décerner des brevets d’euro-compatibilité à certains pays candidats, il fallait adhérer à l’Union européenne avant eux. De facto, ceux-ci sont plus européens que nous et ce sera, peut-être, à eux de jauger un jour de notre euro-compatibilité!
*Propos tenus par Yvan Perrin relativement aux Bulgares et aux Polonais, seul le terme «canton» remplaçant le terme de «pays» pour la démonstration (La campagne contre la libre circulation est lancée suisseinfo.ch du 30.12.2008 http://tinyurl.com/99vwj4).
Le non aux bilatérales est d’abord un non de droite (lundi 12 janvier 2009)
En fin de semaine dernière, le premier sondage Idée Suisse/TSR a été publié relativement à la votation du 8 février sur la libre-circulation. Les électeurs les plus enclins à glisser un «OUI» dans l’urne ou l’enveloppe sont dans l’ordre, les électeurs Verts, Radicaux et Socialistes entre 65 et 71%. Les électeurs les moins enclins se trouvent parmi les électeurs de l’UDC. Les plus partagés sont les électeurs du PDC avec 55% d’avis positifs seulement. Un résultat final positif dépend donc en premier lieu de l’attitude des électeurs de droite et plus particulièrement des électeurs du PDC. (Source: Libre circulation, le oui l’emporterait de peu). Ce n’est sans doute pas pour rien que ce week-end, Doris Leuthard est montée au créneau pour souligner les effets positifs des accords bilatéraux (Source: Libre circulation: Doris Leuthard se veut rassurante et argumente, chiffres à l’appui). Eveline Widmer-Schlmpf, auréolée de son Swiss Awards, s’est même jointe à sa collègue et à Micheline Calmy-Rey pour mettre les électeurs en garde contre un rejet en votation de cet objet le 8 février prochain (Source : Les conseillères fédérales mettent en garde contre un refus de la libre circulation le 8 février)
Ce n’est pas pour rien non plus que la presse et les médias se sont surtout fait l’écho de la campagne des milieux de droite favorables aux accords bilatéraux. Quitte à donner l’impression que la gauche ne faisait pas campagne. Voici donc quelques prises de position de la gauche de l’échiquier politique.
- Un OUI pour protéger les salaire (Christian Levrat);
- Libre circulation: un oui de gauche (Julien Sansonnens);
- Libre circulation: des adversaires qui avancent masqués (Domaine public);
- Retour sur les mesures d’accompagnement (Vasco Pedrina dans Pages de Gauche).
Pour terminer, je soulignerai provisoirement deux choses:
- premièrement la question de la libre-circulation qui nous est posée se pose dans les deux sens: ce n’est pas seulement la libre-circulation des résidents de l’Union européenne qui est en jeu par rapport à la Suisse, c’est aussi la libre-circulation des Suisses dans l’Union européenne qui se jouera le 8 février prochain;
- deuxièmement, je parle volontairement d’une votation sur les accords bilatéraux, car le 8 février prochain ce n’est pas seulement la question de la libre-circulation qui sera à l’ordre du jour, mais bien l’ensemble des accords bilatéraux passés ces dernières années avec l’Union européenne qui seront soit confirmés par les Suisses, soit rejetés. Avec toutes les conséquences qui en découleront.

Et bien, je pense heureusement qu’on a pas la Suisse dans l’Europe, on a déjà les Anglais comme paradis fiscal, qui sous pression de la city bloque tout initiative Europpéene (fiscalité commune, taxe Tobin, Politique industrielle…)