Si vous désirez suivre l’élection présidentielle française de mai 2012, l’équipe de Pearltrees a conçu une intéressante «perle» susceptible de vous intéresser et offrant une veille éditoriale sur cette élection.
Pearltrees est une application web qui permet d’organiser, découvrir et partager votre cueillette web sous forme de perles (ou bulles) hiérarchiquement structurées. Cela ressemble aux outils de cartes mentales (mindmapping). A noter qu’il existe une application pour iPad qui vous facilitera aussi votre existence.
Célèbre pour ses affiches réalisées lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, a produit la semaine dernière une parodie de celles-ci en faveur du mouvement Occupy Wall Street en replaçant la figure de Barack Obama par celle du masque de Guy Fawkes, figure symbolique du mouvement.
Lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, avait réalisé les célèbres affiches “Hope” et “Progress”.1
Il avait réalisé ensuite l’affiche officielle de la journée d’investiture du président Barack Obama du 20 janvier 2009.
Concernant sa nouvelle affiche, le mouvement Occupy Wall Street et Barack Obama, Fairey a indiqué sur son site:
“I see Obama as a potential ally of the Occupy movement if the energy of the movement is perceived as constructive, not destructive.”
A propos du masque de Guy Fawkes, une des «figures emblématiques» du mouvement, il faut savoir que Guy Fawkes est un personnage historique britannique du XVIIe siècle, source d’inspiration pour les cyberactivistes. Recruté en 1605 pour dynamiter la Chambre des Lords, il est dénoncés, arrêté, puis condamné à être pendu, étripé et coupé en morceaux. Depuis, il est devenu un mythe que l’on célèbre encore tous les 5 novembre en Grande-Bretagne, la Guy Fawkes Night, durant laquelle des effigies à son image sont brûlées au centre des villages. Ces célébrations font partie de la volonté britannique de défier l’autorité. L’Angleterre des années Thatcher recycle le mythe. En 1982, les dessinateurs Alan Moore et David Lloyd, créent le comic V for Vendetta, l’histoire d’un héros masqué aux traits de Guy Fawkes. V lutte dans l’ombre contre un gouvernement fasciste, dominateur et répressif. En 2006, un film est réalisé à partir de la BD. Par ailleurs, le groupe d’hackers Anonymous, pirates défendant le droit à la liberté d’expression, le prennent pour emblème. Avec «Occupy Wall Street», ils sont devenus le nouveau visage de la contestation, accompagnés de Guy Fawkes.2.
Voici une très intéressante enquête sur la manière dont les Français s’informent concernant l’actualité politique. Elle fournit des pistes sur la manière dont les partis politiques doivent intégrer la donne du web dans les campagnes politiques. Sous l’apparente défiance relativement aux médias traditionnels, c’est plutôt le basculement de la presse traditionnel en ligne qui est plébiscité par le citoyen.
On peut aussi noter que l’avenir du politique ne pourra être que via le web pour mobiliser et convaincre les moins de 35 ans. Je note aussi que la radio, média à priori fort ringard, conserve un fort potentiel d’écoute. Et en plus, elle regagne une certaine jeunesse via le web. Par ailleurs, il reste encore un bout de chemin à Mediapart, Rue89 ou Slate.fr pour s’imposer dans ce nouveau paysage médiatique.
«D’après ce baromètre « Enjeux numériques », un tiers des Français interrogés (33%) déclarent utiliser internet au moins une fois par jour pour s’informer sur l’actualité politique, positionnant le web derrière la télévision (71%) et la radio (56%), mais devant la presse écrite (23%).
A l’échelle de la semaine cependant, Internet est au coude-à-coude avec la presse papier […]. Par ailleurs, chez les moins de 35 ans, l’écart se resserre entre internet (40%) et radio (44%) au quotidien.
[…] l’étude semble conclure que logiquement, les internautes privilégient les grands portails d’actualité comme Yahoo, Google ou MSN (51%) et les sites internet des médias dits traditionnels (46%). […]. Les réseaux sociaux figurent loin derrière (17%), tout comme les forums et blogs (6%) et les sites collaboratifs (4%). Les sites d’information « pure player » (Rue89, Slate.fr, Mediapart, etc.), eux, ne sont encore appréciés que par 11% des personnes interrogées.»
Aux États-Unis, les lobbyistes des industries culturelles soutiennent plusieurs projets de loi pour renforcer les moyens de lutte contre le piratage. Quitte à autoriser des attaques en règles, en bloquant l’accès à des sites. OWNI a mené l’enquête et voici le résumé de la situation.
Les lobbyistes d’Hollywood font pression pour faire adopter devant le Congrès américain une importante réforme législative, qui prévoit le filtrage et le blocage systématiques des sites soupçonnés d’encourager le piratage d’œuvres protégées. Ce mercredi 16 novembre, les élus à la Chambre des représentants étudieront en commission le projet de loi Stop Online Privacy Act (SOPA).
Il s’agit de renforcer l’arsenal juridique pour protéger la propriété intellectuelle, à tout prix. Pour certains professeurs de droit, dont Mark Lemley, enseignant à Stanford, le projet de loi instaure une “peine de mort” pour les sites Internet.
On retrouve à la manœuvre les organisations qui depuis quelques années œuvrent pour renforcer la protections des droits de propriété intellectuelle sur Internet et ce faisant, protéger leur business model : la National Music Publishers’ Association, la Motion Picture Association of America, l’American Federation of Musicians, la Directors Guild of America ou encore la Chambre de commerce des États-Unis.
Les grandes entreprises d’Internet, jusqu’alors rétives à s’engager dans le processus législatif, ont également pris la parole. Google a menacé de quitter la Chambre de commerce des États-Unis, et plusieurs entrepreneurs de la Silicon Valley se sont rendus à Washington afin d’exprimer leur mécontentement. L’on assiste donc pour la première fois à un combat des entrepreneurs du web sur le terrain législatif, résumé par certains médias américains en “Silicon Valley vs. Hollywood”.
Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.
Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt
1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).
Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais
une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.
Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»
Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»
Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :
When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.
Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.
Ils sont les 99% qui ont perdu la foi dans le rêve américain.
Loin de s’éteindre, le mouvement Occupy Wall Street croît et se renforce. Les médias lui reprochent de ne pas exprimer de revendications claires? Les manifestants ont inventé une manière originale de se faire entendre. Sur le blog Tumblr We are the 99% (allusion au 1% des plus riches), chacun peut publier un portrait avec une feuille de papier où s’inscrivent les accidents, les déboires et les rêves déçus de la middle class américaine. Commencé le 23 août 2011, le blog comprend déjà 1243 contributions, avec leurs commentaires.
Déjà lors de l’annonce de son départ d’Apple le 24 août dernier, les commentaires et les réactions m’avaient entraîné du côté de la marchandise et de son fétichisme (Marx). Plus fort encore avec Steve Jobs, celui-ci dépassait l’expression du fétichisme de la marchandise pour l’agréger autour du fétichisme de l’homme. On touchait ainsi aux questions de la dévotion et mysticisme. Jamais probablement une entreprise et ses produits n’ont été aussi indissociables de son dirigeant aux yeux de ses contempteurs comme de ses détracteurs. Et réciproquement.
Dans les réactions qui n’ont pas manqué tout au long de la journée d’hier, Jean-Marc Proust dans Slate exprime au mieux mon sentiment.1 Fort judicieusement, Jean-Marc Proust cite Guy Debord et sa Société du spectacle :
«Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le cœur de l’irréalisme de la société réelle. Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne.»
Le fétichisme de la marchandise de Marx à l’ère de la consommation a été développé aussi par Jean Baudrillard pour expliquer les sentiments subjectifs qu’éprouve le consommateur envers les biens de consommation. Dans ce cadre-là, la publicité ajoute une mystique culturelle aux produits qu’elle vante. Le consommateur achète ensuite le produit en ayant l’illusion de s’en approprier les vertus.
Considéré par certains spécialistes comme la meilleure publicité jamais produite, le clip publicitaire diffusé mondialement à la veille du 24 janvier 1984 pour présenter le premier Macintosh illustre le basculement du monde initié par Apple où une voix proclame
«Le 24 janvier 1984, Apple Computer va introduire Macintosh. Et vous verrez pourquoi 1984 ne sera pas comme“1984”.»
Comme l’indique fort bien Mediapart, Steve Jobs a été ainsi un ingénieur en émotions.2
Steve Jobs et Apple, ce sont aussi une mise en pratique du concept bourdeusien de la distinction3 pour Jacques Proust:
Avoir un iPhone a permis à ses premiers possesseurs d’afficher à la fois leur capital économique, social et culturel (car il y a, semble-t-il, une «culture Apple»). Mais cette distinction n’avait pas vocation à rester confidentielle. L’enjeu pour Apple a toujours été de transformer l’innovation en prosélytisme pour s’imposer sur un marché mondialisé.
Dix ans après la publicité du Macintosh, Umberto Eco rédigeait dans les colonnes de l’Espresso une chroniqueérudite et amusante sur l’opposition d’alors entre le Mac et le DOS, ancêtre de Windows. Une chronique récemment remise au goût du jour par Framablog4
Le fait est que le monde est divisé entre les utilisateurs d’ordinateurs Mac et les utilisateurs d’ordinateurs compatibles MS-DOS. Je suis entièrement convaincu que le Mac est Catholique et le DOS Protestant.
En effet, le Mac est contre-réformiste et a été influencé par le ratio studiorum des Jésuites. C’est un système gai, convivial, amical, il dit au croyant comment il doit procéder étape par étape pour atteindre – sinon le Royaume des Cieux – le moment où le document est imprimé. C’est une forme de catéchisme : l’essence de la révélation est abordée au moyen de formules simples et d’icônes somptueuses. Chacun a droit au Salut.
DOS est Protestant, voire Calviniste. Il permet la libre interprétation des écritures, réclame des décisions personnelles difficiles, impose une herméneutique subtile à l’utilisateur et tient pour acquis que tout le monde ne peut pas atteindre le Salut. Afin de faire fonctionner le système, il faut interpréter soi-même le programme : loin de la communauté baroque des fêtards, l’utilisateur est enfermé à l’intérieur de la solitude de ses propres tourments.
Avec la mort de Steve Jobs, certains craignent que désormais l’utilisateur des produits Apple se retrouve lui aussi enfermé à l’intérieur de sa toute nouvelle solitude traversé par mille tourments. Que faire? Avancer la canonisation de l’apôtre ! L’hagiographe5 a déjà été désigné du vivant du fondateur. Il s’appelle Walter Isaacson. La publication de son hagiographie a été avancée du 21 novembre au 2 novembre.6 De son vivant, Steve Jobs avait déjà posé les jalons de celle-ci lors d’un discours dispensé en 2005 aux nouveaux diplômés de l’Université de Standford. Les aficionados orphelins n’ont pas manqué hier d’en diffuser la vidéo:
Et, à la suite de Jean-Marc Proust, on aime à penser que Jobs a rejoint Bourdieu, Marx et Debord à qui il a apporté cet iPhone 5 que personne n’a encore vu.
Interrogé sur la reconnaissance paradoxale par les Etats des nouvelles technologies de l’information et de la communication avec d’un côté des Etats qui saluent le rôle joué par internet et les réseaux sociaux dans le Printemps Arabe et de l’autre, ces mêmes Etats qui cherchent de plus en plus contrôler à ce nouvel espace de liberté qui les inquiète, Francis Pisani, journaliste indépendant co-auteur de Comment le web change le monde pose le diagnostic suivant
«Les États se sont rendu compte qu’il se passait quelques chose qui leur échappait. Dans cette volonté de contrôle, tout le monde est dans le même sac, depuis la Chine jusqu’à James Cameron et de l’Iran jusqu’à Nicolas Sarkozy. Mais, cet espace n’est ni bon, ni mauvais, ni neutre, pour reprendre une formule très connue. Internet est devenu un nouvel espace de lutte. Aujourd’hui je ne suis pas capable de dire qui va l’emporter, mais nos responsabilités de citoyens se jouent là dessus. C’est important d’éduquer les gens, d’en faire un débat public. Lors de l’e-G8, Internet était représenté par le gouvernement, Hollywood et par la Silicon Valley. Il faut reprocher au pouvoir de ne pas faire intervenir de représentants de la société civile dans ces débats. Notre devoir citoyens aujourd’hui, c’est de se battre pour ça. Et, il je reviens à l’éducation. Il faut éduquer.»
Par ailleurs, au sujet du Printemps arabe, il constate que
le Printemps Arabe nous a montré que les nouvelles technologies pouvaient jouer un rôle dans une révolution, mais pas encore qu’elles pouvaient servir à prendre le pouvoir.
C’est le silence qui accueille cette image satirique qui intrigue. A un moment où les héros de la primaire socialiste occupent les colonnes et les ondes, on se demande à vrai dire si Nicolas Sarkozy existe encore comme personnage politique pour l’univers médiatique. Scotché au plancher par les sondages, absent des couvertures (à l’exception de celle du Point du 1er septembre, qui ressemble à un adieu), il semble désormais tenir du meuble dans lequel on se cogne plutôt que du porte-drapeau de l’avenir majoritaire.
Dans cet article de la rubrique Ecrans du journal Libération, on apprend que
«Les amourettes d’avant l’été entre le Monde et Arianna Huffington devraient bien déboucher sur du solide : une alliance, dont les termes restent encore à définir. C’est « objectivement en bonne voie », a indiqué lundi à Libération le président du directoire du Monde, Louis Dreyfus, confirmant des informations parues dans la Correspondance de la presse.»
Dans le même article, on apprend également que le Hufftington Post (Huff Po pour les intimes), désormais premier site d’info aux Etats-Unis avait également eu des discussions, rapidement stoppées, avec Rue89 qui, indiquait Pierre Haski, était, pour Arianna Huffington, un « trop petit poisson pour elle. »
Sans aucun doute, une telle réunion illustre l’impact du web sur la mondialisation (et même l’industrialisation) de la presse. Comme pour l’industrie automobile, par exemple, la constitution de groupes mondiaux de la presse quotidienne en nombre très limité paraît possible. A cette échelle, la concentration de la presse suisse au travers de TA Media, par exemple, apparaît comme de la roupie de sansonnets.