Occupy Wall Street : “Mister President, We HOPE You’re On Our Side.”

Célèbre pour ses affiches réalisées lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, a produit la semaine dernière une parodie de celles-ci en faveur du mouvement Occupy Wall Street en replaçant la figure de Barack Obama par celle du masque de Guy Fawkes, figure symbolique du mouvement.

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Lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, avait réalisé les célèbres affiches “Hope” et “Progress”.1

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Obama « Hope » © Shepard Fairey

Il avait  réalisé ensuite l’affiche officielle de la journée d’investiture du président Barack Obama du 20 janvier 2009.

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Concernant sa nouvelle affiche, le mouvement Occupy Wall Street et Barack Obama, Fairey a indiqué sur son site:

“I see Obama as a potential ally of the Occupy movement if the energy of the movement is perceived as constructive, not destructive.”

A propos du masque de Guy Fawkes, une des «figures emblématiques» du mouvement, il faut savoir que Guy Fawkes est un personnage historique britannique du XVIIe siècle, source d’inspiration pour les cyberacti​vistes. Recruté en 1605 pour dynamiter la Chambre des Lords, il est dénoncés, arrêté, puis condamné à être pendu, étripé et coupé en morceaux. Depuis, il est devenu un mythe que l’on célèbre encore tous les 5 novembre en Grande-Bretagne, la Guy Fawkes Night, durant laquelle des effigies à son image sont brûlées au centre des villages. Ces célébrations font partie de la volonté britannique de défier l’autorité. L’Angleterre des années Thatcher recycle le mythe. En 1982, les dessinateurs Alan Moore et David Lloyd, créent le comic V for Vendetta, l’histoire d’un héros masqué aux traits de Guy Fawkes. V lutte dans l’ombre contre un gouvernement fasciste, dominateur et répressif. En 2006, un film est réalisé à partir de la BD. Par ailleurs, le groupe d’hackers Anonymous, pirates défendant le droit à la liberté d’expression, le prennent pour emblème. Avec «Occupy Wall Street», ils sont devenus le nouveau visage de la contestation, accompagnés de Guy Fawkes.2.

  1. A lire : « We made history » []
  2. Voir l’article du Temps.ch ADN d’un contre-pouvoir et l’article Guy Fawkes de Wikipedia []

Lecture d'été (5) : Tribus de Seth Godin | via Zéro seconde

Tribus de Seth Godin

La torpeur estivale progressivement nous gagne. Les mauvais feuilletons de l’été sont programmés. En tête de liste, le feuilleton«Mais qui pour Couchepin» tient la corde. Mais bon, si c’est pour avoir du feuilleton, autant en lire du bon ou au moins de bons livres ou sujets de réflexion. D’où l’idée de mes lectures d’été.

«(…) Jusqu’en 2006, Internet est essentiellement un media ayant pour fonction d’informer et d’accéder aux masses – avec le présupposé que plus on touche de gens, mieux c’est. Avec Obama, Internet est une plateforme pour identifier et générer des réseaux différenciés de fans, des micro-mouvements d’activistes, des tribus très différentes entre elles, mais qui sont interconnectées par un message. Ce message, exprimé au travers d’informations transmises en temps réel, a opéré comme une sorte de protocole de communication établissant un langage de base commun. Les internautes auxquels s’est adressée la campagne Obama n’étaient pas seulement des millions de paires d’yeux, mais une myriade de petites tribus dans chacun des 50 États des États-Unis, chacune étant susceptible de se retrouver sous un angle ou sous un autre dans la tribu Obama globale. »

Source: ZERO SECONDE: Tribus -version française (par Martin Lessard)

L'Amérique qui attend le pire (Le Temps)

Reportage sur la crise à Philadelphie, ville gagnée par la sinistrose. Crise oblige, la Ville ferme des casernes de pompiers, des piscines, des bibliothèques. Des habitants vendent leur bijoux en or contre du cash. La crise frappe tout le monde: Blancs, Noirs, riches, pauvres, jeunes, vieux…

Le Déclin de l’Empire américain pour de vrai?

Le Temps – temps fort

Obama Président: revue de presse (06.11.2008)

  • A trois occasion dans son existence, le New York Times avait utilisé une taille de caractère de 96 points dans un titre: le premier homme sur la lune, la démission de Nixon et le 09/11. Depuis hier, il y a une quatrième fois: OBAMA.
  • Cet article fait le point sur le programme que devrait mettre en oeuvre Barack Obama concernant la formation supérieure. Dans le programme du candidat, c’est sa quatrième priorité après l’économie, l’Irak et l’Afghanistan. C’est dire si 25 après « A Nation at Risk » (qui ne concernait pas la formation supérieure), l’éducation sera un des thèmes majeure du calendrier politique présidentiel. Un accent particulier devrait être mis sur les sciences et les technologies. Il y a notamment sa volonté de réinstaurer que les décisions politiques soient basées sur des critères scientifiques valides plutôt que sur des considérations idéologiques des agences gouvernementales. Ces objectifs consistent également à relier éducation, science et compétitivité économique. L’article offre un lien à ce sujet relativement au discours qu’Obama a tenu en juin à la Kettering University. Dans son programme, il y a clairement le maintien de la discrimination positive en y adjoignant le facteur de classe sociale.

Barack Obama Président 2.0

Que peut-il y avoir en terme de communication et de liens avec les supporters et militants en termes de Politique 2.0 après ça?

Obama - Biden : Thank you

Obama - Biden : Thank you

Parce que le risque peut-être celui-là pour les Obamaniques s’il faut se fier à la vidéo réalisé par The Onion:

Après avoir suivi fiévreusement au jour le jour les rebondissements de la course à la Maison-Blanche, les plus obsédés des partisans de Barack Obama contemplent aujourd’hui le vide de leur vie.

C’était un des objets de ma discussion de hier soir avec François Monney. Comment Barack Obama allait-il maintenir et à quel rythme le flux communicationnel alors que son rôle allait changer de nature de par sa fonction? Déjà le rythme du flux de son twitter a diminué d’intensité. Il ne paraissait pas imaginable qu’il puisse le maintenir en l’état tenant au courant, minute par minute et via son équipe, de son agenda présidentiel.

Pour ma part, j’indiquais que son équipe de campagne avait toujours eu un coup d’avance en terme de couverture médiatique 2.0 et que j’étais sûr que la suite était déjà prévue.

En rentrant à la maison et en consultant mes sources d’informations, le début de réponse à cette question s’y trouvait déjà. Dans l’intervalle entre maintenant et la prise de fonction, ce sera cela:

Change.gov

Change.gov

La source de cet info, l’excellent site techPresident, indiquait que la réflexion de l’équipe de Barack Obama concernant la transition de la courverture web du candidat au président avait démarré il y a deux mois:

There are just two months and a half months between now and when Barack Obama will take the oath of office as the 44th President of the United States, and without what even seemed to be a pause for a champagne toast, the Obama-Biden ’08 campaign shifted into transition mode for what will be the Obama-Biden administration.

Brièvement que trouve-t-on? D’abord un site très design web 2.0 et très proche de certains thèmes réalisés sous WordPress (et donc proche de ce Politis.ch!). Tout en haut à gauche, on y trouve la date du jour (comme sur Politis.ch!) e décompte séparant Barack Obama de la cérémonie d’investiture. Puis l’en-tête du site et un sous-menu. Il y a les rubriques traditionnelles de ce sous-menu (blog, newsroom, agenda, biographie de B. Obama et J. Biden) ainsi que deux autres qui elles sont interactives avec les visiteurs et les supporters et initient un web présidentiel participatif: American Moment et America Serves.

  • American Moment se compose de deux sous-pages: Share your Story et Share your Vision. La première permet a tout en chacun de dire comment il a vécu cette élection alors que la deuxième permet au visiteur d’indiquer comment il voit l’Amérique conduite par Barack Obama
  • America Serves poursuit l’objectif de renouveler la participation civique des citoyens dans les programmes de service national et plus particulièrement dans le domaine de l’éducation:

The Obama Administration will call on Americans to serve in order to meet the nation’s challenges. President-Elect Obama will expand national service programs like AmeriCorps and Peace Corps and will create a new Classroom Corps to help teachers in underserved schools, as well as a new Health Corps, Clean Energy Corps, and Veterans Corps. Obama will call on citizens of all ages to serve America, by developing a plan to require 50 hours of community service in middle school and high school and 100 hours of community service in college every year. Obama will encourage retiring Americans to serve by improving programs available for individuals over age 55, while at the same time promoting youth programs such as Youth Build and Head Start.

Si je m’intéresse maintenant au pied de page, celui-ci reprend les rubriques d’en-tête mais en développant directement les sous-pages de celle-ci. C’est ainsi que j’ai pu constater que la rubrique agenda comprenait les différents points du programme que Barack Obama et Joe Biden comptaient mettre en oeuvre une fois élus. Chacune de ces pages programmatiques est organisée de la même manière avec en premier lieu la problématique (The Problem) et ensuite le plan d’action du duo présidentiel.

La suite est donc déjà en marche: http://www.change.gov

Post-scriptum: le pit-bull de Barack Obama est déjà connu et il mord très (trop?) bien, mais sans rouge à lèvres. Il s’agit de Rahm Emanuel qui sera le secrétaire général de la Maison-Blanche, une sorte de chef de cabinet. Richard Hétu qui nous apprend la nouvelle présente le personnage de la manière suivante:

Emanuel n’est pas un rassembleur à la Obama. C’est un vrai pit-bull qui pratique la politique à la manière de Chicago. Comme le rappelle Josh Green dans cet article publié en 2005, il a déjà envoyé un poisson pourri à un sondeur qui lui avait déplu. Selon ses amis, le secret du succès d’Emanuel, numéro quatre dans l’état-major démocrate à la Chambre des représentants, réside dans son intensité légendaire.

C’est aussi une personne qui est prête à tout pour gagner qui servira fidèlement son président:

Emanuel is a composite of three distinct models of chief of staff: the personal confidant, the prominent public figure and the Washington operative.

mais qui fâche déjà les Républicains. (Obama sends powerful signal (Politico)

Pour un autre avis sur Emmanuel Rahm: OpenLeft – What Rahm Says About An Obama Administration

Yes He Can: Barack Obama est élu

D’abord, l’évolution des résultats via MSNBC pour l’élection présidentielle, mais également la situation au Sénat (+ 5 pour les Démocrates) et à la Chambre des représentants (+15 pour les Démocrates):

Son discours de victoire depuis Chicago:

« Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd’hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique », a-t-il affirmé, depuis une tribune installée dans l’immense jardin public Grant Park, cerné de gratte-ciels illuminés au bord du lac Michigan. « Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir », a-t-il fait valoir, devant 65 000 personnes. « C’est votre victoire », a-t-il assuré à ses partisans, réunis en masse pour pour célébrer l’élection du sénateur de l’Illinois à la Maison Blanche. Il a salué son adversaire républicain John McCain. « Je le félicite » pour sa campagne, a-t-il dit. M. Obama a également rendu hommage à sa femme Michelle et à ses deux filles, Malia et Sasha, qui l’accompagnaient à la tribune. Il a remercié son colistier Joe Biden, sa famille et son équipe de campagne. Il a ensuite rappelé les défi de sa présidence – la crise économique, les guerres d’Irak et d’Afghanistan -, parlant d’une « route escarpée », alors que le public scandait « Yes we can ».
Source : Le Monde

J’ai également publié hier un billet sur mon blog professionnel relativement à l’utilisation de l’histoire par Barack Obama: « An American Dream »: Obama et l’histoire. Le propos de ce billet:

Barack Obama entrera très probablement dans l’histoire en devenant le premier afro-américain à accéder à la fonction présidentielle, mais depuis le début de sa campagne il n’a cessé de se positionner par rapport à un ensemble de figures historiques américaines. Cet article vous propose de revenir vers les étapes principales de ce rapport à l’histoire du candidat Obama.

Compléments:
La version du discours de victoire d’Obama avec sa traduction en français: http://www.dailymotion.com/video/x7b29a_barack-obama-president-des-etatsuni_news

USA2008: une campagne sous le signe d'Obama

Dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine, l’heure n’est pas ici aux sondages et aux prédictions astrologiques, mais à un regard sur quelques éléments significatifs de la campagne, notamment sous l’angle de l’utilisation du net.

Quelque soit le résultat de l’élection, tant les primaires que la générale ont été entièrement placées sous l’influence du candidat Barack Obama. Si néanmoins il venait finalement à être coiffé au poteau, ce n’est pas à ses qualités que son challenger le devrait, mais au fait que les Etats-Unis ne seraient pas encore prêts à élire un afro-américain. Ni Hillary Clinton, ni John McCain, politiciens pourtant chevronés, n’ont réussi à durablement percer la cuirasse du candidat Obama.

Contrairement aux campagnes passées, les stratégies négatives ont cette fois-ci été mises en échec par le storytelling construit par l’équipe d’Obama et la formidable frappe de force financière mise à son service. Barack Obama a été modelé dès 2004 pour fournir aux électeurs l’ultime avatar possible du rêve américain. ll est à souligner que visiblement cet ultime avatar ne pouvait être une femme d’où la profonde colère d’une partie d’entre elles à la non-désignation d’Hillary Clinton. Le contexte socio-économique dépressif n’est certainement pas étranger au besoin d’une grande partie de l’électorat de se raccrocher à ce mythe. [1]

Le succès d’Obama et des démocrates doit beaucoup à Howard Dean, candidat malheureux des primaires de 2004 et président actuel du Parti démocrate. En effet, la machine électorale de Barack Obama est basée sur celle mise sur pied par H. Dean et n’a guère apporté de nouveauté formelle dans la campagne. L’équipe de campagne de Barack Obama a surtout mieux su transformer la mobilisation initiée sur internet en une mobilisation également sur le terrain. Les petits montants récoltés via internet n’ont pas seulement été mis au service de la construction du mythe, mais ils ont surtout permis trois choses:

a) trouver de nouveaux électeurs et de nouveaux militants;

b) transformer les donateurs en militant assistant aux meeting d’Obama et en quadrillant tous les Etats-Unis, y compris les fiefs républicains;

c) motiver les donateurs jusqu’au bout pour qu’ils se rendent dans les bureaux de vote:

Par ailleurs, Howard Dean, comme président des démocrates, a conceptualisé deux ans avant l’élection présidentielle la stratégie pour la campagne générale du candidat Obama. En effet, lors du renouvellement partiel des chambres, Howard Dean a investit dans la campagne, y compris dans des circonscriptions formant des bastions républicains. Il a d’ailleurs été critiqué principalement par l’équipe des Clintons parce que le gain en sièges aurait été plus important pour les Démocrates en concentrant plus les moyens financiers sur un nombre plus limités de circonscription. Or, si les gains ont peut-être été plus modestes, les Démocrates ont néanmoins obtenu la majorité du Congrès, mais surtout leur implantation a été renforcée.

En juillet, la statégie de campagne arrêtée par l’équipe de Barack Obama a été identique à celle retenue par Howard Dean. Dès le début, il ne s’agissait pas de concentrer uniquement ses forces dans les swing states, mais de porter le fer partout, y compris dans les bastions républicains réputés. Dès juin, je rapportais cette stratégie (Elle s’en va, billet du 8 juin 2008) et je soulignais à ce propos

Assisterait-on à la traduction en politique et à l’élection présidentielle américaine du concept de «guerre totale»? […] Dans tous les cas de figure, la stratégie de Barack Obama correspondrait alors à:

  • changer les règles du jeux et définir ses règles du jeu;
  • placer John McCain sur la défensive;
  • l’étrangler financièrement;
  • déplacer, voire dépasser, les frontières républicain/démocrate.

Fondamentalement, et malgré le fait que cette stratégie était connue en juin, les Républicains n’ont visiblement pas pris au sérieux cette stratégie au même titre que l’équipe de campagne d’Hillay Clinton durant les primaires. Certainement que la mauvaise situation financière du parti républicain n’aidait en rien l’élaboration d’une autre stratégie.

Dans un autre ordre d’idée, la campagne de Barack Obama a été conçue comme celle d’une rock star. Si en 2004, des artistes américains tel Bruce Springsteen organisait des concerts géants pour soutenir John Kerry, ceux-ci sont restés cette-fois en arrière-plan sur le terrain pour laisser la place à Barack Obama lui-même et ses monstres meetings attirant jusqu’à plus de 35’000 personnes. Par contre, les stars ont une présence sur internet notamment sur le principe du clip vidéo, le plus célèbre d’entre eux étant bien évidement le Yes We Can de Will.i.am:



L’ensemble médias électroniques-rencontres sur le terrain a été conçu et a fonctionné de la même manière que pour le show business. Le buzz est d’abord créé sur le net à l’instar de MySpace pour les musiciens, démultiplié via la plate-forme youtube avec les vidéos et après, seulement après, la tournée de concerts est organisée avec une vente des billets via internet. Fondamentalement la campagne de Barack Obama repose sur les mêmes principes. Tout a commencé via son discours de candidature prononcé à Springfield, ville où a grandi Abraham Lincoln, immédiatement diffusé sur le net en même temps que son site de campagne permettait aux premiers fans de s’engager dans la campagne en sa faveur.

Comme pour les artistes confirmés, il y a les versions courtes et les versions longues des albums et les collectors réservés aux fans. Par ailleurs, un certain nombre de discours fleuves sont prononcés jouant habilement avec les références historiques. De ce côté-là, Barack Obama n’est guère différent du Nicolas Sarkozy de la campagne présidentielle de 2007. S’il commence par Lincoln lors de son discours de candidature, Barack Obama construira sa campagne principalement au travers des référence à J.-F. Kennedy et Martin Luther King (voir son discours A More Perfect Union):

Avec l’accélération de la crise économique américaine [2], il « récupère » même Roosevelt et le New Deal dans sa besace.

En définitive, la campagne de 2008 a renouvelé l’approche terrain-média est l’internet supplante comme force de frappe comme dans l’inventivité tant la presse écrite que les télévisions. Internet remet même au goût du jour des formats tel le film de propagande ou les formats longs qui semblaient à jamais condamnés à l’âge du zapping télévisuel. (voir sous [1]) Et dans l’information instannée, les télescripteurs crachant les dépêches d’agence sont remplacé par twitter (USA2008 : naissance du microjournalisme et de la micropolitique, article du 22 janvier 2008). [3]

Voilà, il me reste plus qu’à vous retrouver ce soir, via ce site, mais plus largement via mon twitter (à partir de 23h00-23h30): http://twitter.com/lyonelkaufmann.

[1] Les articles suivants de ces derniers jours éclairent les propos de ce billet:

[2] Cette vidéo de mars 2008 est non seulement prémonitoire, mais on y trouve déjà la fameuse photo représentant John McCain embrassant G. W. Bush et qui est régulièrement reprise dans les spots publicitaires de Barack Obama reprochant à John McCain d’avoir voté à 90% pour G. W. Bush:

[3] Si vous consultez le compte twitter consacré à l’élection ’08 (http://election.twitter.com/), vous aurez l’exact reflet du fonctionnement des télescripteurs de l’époque crachant et imprimant des nouvelles en continu. Seul le bruit des aiguilles du télescripteur a disparu.

Propos de crise (3)

Fragments discontinus de crise. Ecrits du bord de l’écran.

Cette fois-ci le plan de sauvetage de l’administration Bush a définitivement été torpillé par 2/3 des Républicains et 40% des Démocrates. Tout le monde naviguera désormais à vue en l’absence de barreur avec les Etats-Unis suspendus au résultat des élections présidentielles et l’Europe incapable de parler d’une seule voix. Ce sera l’heure du sauve-qui-peut général.
Coincé entre électoralisme et idéologie, le Congrès américain joue à la roulette russe avec six balles dans son chargeur. Plus spécifiquement et indubitablement, les Républicains jouent la politique du pire en espérant ainsi sauver leur peau… ou engloutir tout le monde à leur suite. Plus largement, l’impéritie bushienne dépasse la crise de fin de régime pour se transformer en crise-système. 
Comme lu, cet événement équivaudrait à la chute du Mur de Berlin du capitalisme. Nous sommes bien loin de la fin de l’histoire affirmée par Fukuyama dans le prolongement de 1989. L’absence de contre-modèle et de contre-poids aurait-il laissé le système capitalisme made in America sans garde-fou pour finir par se broyer lui-même?
Diantre aussi que cela va être long avant le changement de président américain. Et pourquoi? Que restera-t-il entre les mains du futur président le jour de son investiture? L’élection américaine pourrait ainsi prendre la tournure du dérisoire absolu.