Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

Le 12 mars dernier, l’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification: Nabucco de Verdi. Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple. En ce 12 mars, par la grâce de Riccardo Muti, il est devenu un manifeste culturel contre Silvio Berlusconi.

Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le “Va Pensiero” à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le choeur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue ».

Riccardo Muti

Puis Ricardo Muti invita le public à chanter avec le chœur des esclaves.

« J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

Créé en 1842 à Milan par Verdi, Nabucco raconte la révolte et la souffrance des Hébreux exilés à Babylone par Nabuchodonosor. Lors de sa création, les patriotes de Jeune-Italie ont immédiatement considéré un de ses chants, «Va Pensiero», comme un hymne à la libération du territoire italien de ses oppresseurs autrichiens, et Verdi devient un acronyme: Viva Vittorio Emanuele Re d’Italia. Le «Va Pensiero» du Nabucco appartient depuis lors à l’imaginaire politique italien: c’est un chant de résistance autant qu’un chant national. Pour les Italiens, Va Pensiero c’est la Marseillaise + Le Chant des Partisans.

via Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi » OWNI, News, Augmented et «Va Pensiero» pour l’unité italienne » Le jardin des retours.
On trouvera les paroles de «Va Pensiero» et leur traduction ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Va,_pensiero

Pour tous, sans privilèges | Parti socialiste suisse

Le PS est le Parti de l’intérêt général. C’est l’avocat de ces centaines de milliers de Suisses qui ne siègent ni dans les conseils d’administration des grandes banques ni dans ceux des assureurs maladie. (Christian Levrat)

Et comme je le dis souvent : Rien ne nous est donné, tout doit être conquis. Surtout que certains ont tendance à oublier que

C’est notre engagement qui a mené à la création de l’AVS, du droit de vote des femmes, de la proportionnelle, au développement des transports publics. C’est encore cette politique qui permettra demain à la Suisse de miser sur les énergies renouvelables plutôt que sur le nucléaire.

Christian Levrat

Sur la difficile naissance de l’AVS, je vous invite à lire l’article du Dictionnaire historique suisse (DHS) consacré à la gestation de l’AVS.

via La campagne du PS défend l’intérêt général – tsr.ch – info – suisse.

Sarkozy: «Tremblez en paix Français, le président vous protège!» | Mediapart

C’est donc l’augmentation du danger, des risques et de l’incertitude qui justifierait ce remaniement et non les petitesses et erreurs de ministres égarés. Mettre un appareil gouvernemental comme en état de guerre. Contre qui? Potentiellement contre ces peuples qui se battent aujourdhui pour leur liberté. C’est la leçon de la France sarkozyste.

Et de toute une Europe qui, enfermée dans ses psychoses, n’arrive pas à prendre la mesure des événements en cours. Le manque d’envergure des principaux dirigeants européens (Sarkozy, Merkel, Berlusconi) éclate au grand jour comparativement aux dirigeants européens de 1989 lors de la Chute du Mur de Berlin (Mitterand, Kohl, Gorbatchev). A quand une nouvelle donne, un brassage des cartes en Europe également?

via Sarkozy: «Tremblez en paix Français, le président vous protège!» | Mediapart.

Khadafi : comme un air de Ceausescu ?

Plusieurs médias permettent aux internautes de suivre l’évolution des événements en Libye «minute par minute». Cette situation n’est pas sans rappeler la Roumanie à fin 1989. Et cela jusque dans le choix des images…

C’est ainsi que l’image suivante de Mouammar Khadafi est mise en avant sur le site de tsrinfo1 :

25.2.2011. Mouammar Kadhafi s'est adressé à ses partisans sur la place Verte à Tripoli. REUTERS/Libya TV - Reuters

Dans ma mémoire visuelle, je ne peux qu’y associer celle-ci de Nicolae Ceausescu2:

 

Nicolae Ceausescu (1989)

A suivre…

 

  1. La situation en Libye: suivi minute par minute | tsrinfo.ch []
  2. Source : Le Monde []

Wikileaks, vous et moi

Ces derniers jours, la saga Wikileaks a pris une nouvelle et inquiétante tournure.1 Nous assistons du côté des dirigeants de ce monde à une très claire attaque contre la liberté d’expression et son corolaire la démocratie.
Tous les moyens sont bons pour réduire Wikileaks au silence. Définitif si possible.
Le message paraît clair et plus rien ne distingue nos démocraties occidentales des pratiques des autorités chinoises en la matière.
Qui que nous sommes, désormais une épée de Damoclès trône au dessus de nos têtes. A tout moment, une machine infernale peut être enclenchée et nous emporter.

  1. Lire à ce propos: Je suis Wikileaks http://nxt.li/etuq9T []

Ma vie au Bantoustan*

Je me souviens précisément de ce moment où tout a basculé. De ce moment où les premières pierres de ma prison ont été posées : décembre 1992. Le 6 pour être précis.
Pourtant le lendemain matin, le soleil s’est levé comme d’habitude. Chacun est parti vaquer à ses occupations, l’air était le même. En apparence.
Pourtant c’est bien cette date qui marque la fondation du Bantoustan dans lequel aujourd’hui je vis.
Quelque fois mon geôlier me joue des tours comme ce 3 mars 2002 où nous avons rejoint le cercle des Nations Unies. L’illusion a été de courte durée et les vexations reprennent vite le dessus.
Les humiliations sont régulières. La démagocratie1 ne cesse ainsi de gagner du terrain. L’illusion est parfaite pourtant: le peuple aurait toujours raison, y compris quand il vote contre les fondements de l’Etat de droit… et les Lumières.
Certes je ne suis pas le plus à plaindre, je ne suis qu’un citoyen de seconde zone comme l’ensemble des habitants de ce Bantoustan qu’est devenu le canton de Vaud encore accroché aux idéaux de la Revolution française, mais les lois d’exception ne sont pas encore mon lot. Jusqu’à quand?
Mes geôliers goûtent peu notre capacité à leur dire non comme cet autre dimanche. Pour nous mettre au pas (de l’oie), ils ont ainsi décidé de venir nous faire la leçon à domicile. Si certains aimaient à parader aux flambeaux dans des stades à Nuremberg, ils préfèrent eux se la jouer schublig et vienerli dans un cadre pseudo-champêtre et le hackbrett remplace Wagner, mais leur intention est bien la même. De plus en plus…

* Les bantoustans étaient les régions créées durant la période d’apartheid en Afrique du Sud et au Sud-Ouest africain, réservées aux populations noires et qui jouissaient à des degrés divers d’une certaine autonomie.
Aujourd’hui, le terme bantoustan désigne par extension tout territoire ou région dont les habitants sont victimes de discriminations et se sentent considérés comme des « citoyens de deuxième classe » dans leur propre pays.
Source: Wikipedia

  1. La démocratie en danger? : http://www.thierryherman.ch/reflexions/la-democratie-en-danger []

Taser, à quoi ça sert? | Causeur

Et puis, ce que je me demande aussi, tiens, c’est pourquoi le gardien de la paix qui patrouille dans le jardin d’enfants près de chez moi porte son 9mm dans l’étui, mais n’a pas de Taser. Parce qu’il n’a aucune raison de s’en servir contre de jeunes mamans qui font goûter les bambins, me répondrez-vous. Nous sommes d’accord. Ce qui signifie, à contrario, que si le policier emporte avec lui un Taser ou un Flash-Ball, c’est donc pour s’en servir. Et que l’on a, logiquement, davantage de risques de tuer ou de blesser gravement quelqu’un avec une arme non létale dont on est sûr de se servir qu’avec une arme létale dont on est sûr de ne pas se servir. Eh oui.

CQFD!

via Taser, à quoi ça sert? – Causeur.fr.

Retraites : le modèle finlandais

Après l’école, le modèle finlandais pour la retraite? Confrontée de manière aigüe au problème du vieillissement de sa population, la Finlande a donc pris le taureau par les cornes sans forcément passer une augmentation de l’âge de la retraite. A méditer?

Depuis une quinzaine d’année, la Finlande a pris des mesures concrètes pour augmenter le taux des seniors au travail. En effet, ce pays se trouve déjà dans la situation d’un pays qui voit plus de personnes partir à la retraite qu’entrer sur le marché du travail. Par ailleurs plutôt que d’augmenter l’âge de la retraite, elle a choisi un âge flexible de la retraite fixé entre 63 et 68 ans. Des méthodes incitatives sont prévues pour celles et ceux qui ne prennent pas leur retraite à 63 ans.

Riche en enseignement, l’exemple finlandais est à méditer pour tous ceux et celles qui, dans le contexte actuel, n’ont que l’augmentation de l’âge de la retraite comme première obsession. En effet, interrogé dans Le Temps, Juhani Ilmarinen juge sévèrement la politique menée en France, mais ses propos s’appliquent également à la Suisse :

«Il faut d’abord développer l’environnement du travail de telle sorte que les gens soient motivés pour travailler. Une fois que ces conditions sont réunies, alors on peut demander aux gens de partir à la retraite plus tard. Je n’ai rien vu de tel en France, alors que c’est crucial. La France augmente d’abord l’âge des retraites, mais ne fait rien pour aider les gens à rester au travail. Le problème est que cela prend du temps.»

Cependant, ce n’est pas forcément la recette miracle pour toutes et tous puisque l’article précise que les mesures adoptées favorisent en premier lieu les personnes bénéficiant d’une formation universitaire. L’enjeu reste donc entier pour les personnes peu qualifiées et occupant des travaux pénibles.

L’article complet : La Finlande a su garder ses seniors au travail | Le Temps. L’article original a été publié dans le journal Le Monde.

Retraites : Nicolas Sarkozy joue sciemment au pyromane

Dans sa Chronique Education de ce jour, Philippe Watrelot rend compte de l’évolution des manifestations et des (sur)réactions policières et évoque à juste titre de stratégie du pourrissement de la part du gouvernement et du président de la République. Depuis son arrivée du pouvoir, Nicolas Sarkozy s’est, dans les relations avec les partenaires sociaux et plus particulièrement des syndicats, toujours inspiré des méthodes de Margareth Tachtcher. Aujourd’hui, bien loin de prendre ses responsabilités de chef d’Etat, il est prêt à tout pour pourrir la situation, faire ainsi peur aux bourgeois et jouer son va-tout pour se faire réélire.

En 2007, j’évoquais déjà la référence à Margaret Tatcher lors de la réforme des régimes spéciaux de retraite1. Aujourd’hui, Philippe Watrelot perçoit, dans l’attitude de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement une stratégie du pourrissement concernant les manifestations de ces derniers jours:

Blocus, poubelles incendiées, voitures retournées, violences, vols et agressions, usage des lacrymogènes pour disperser, arrestations,… C’est ce que j’ai pu voir ce matin dans le lycée dans lequel je travaille. Et dans ce lycée de banlieue, le mouvement social nous rappelait plus les émeutes urbaines de 2005 que les manifestations organisées contre le CPE de 2006. Si les jeunes sont entrés dans la mobilisation, il ne faut pas oublier que ce que l’on appelle trop rapidement ‘les jeunes’ n’est pas un bloc homogène. Parmi eux, il y a des situations très différentes et la grève est aussi le prétexte à l’expression d’une violence et d’un malaise auquel il n’a jamais été répondu depuis la crise des banlieues.

Dans bon nombre de lycées, on a vu des situations très complexes et tendues. Des lycéens très motivés et d’autres qui le sont moins se trouvent confrontés à des ‘casseurs’. C’est une situation extrêmement complexe à gérer pour les chefs d’établissements (qui sont laissés sans consignes claires par le ministère) et aussi, convenons-en, pour les forces de l’ordre. Si Vendredi, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a envoyé à tous les préfets un télégramme pour éviter toute escalade et ‘limiter l’usage de la force au strict nécessaire’, on peut aussi penser qu’après les provocations et la répression, cela peut passer pour une stratégie du pourrissement. C’est, en tout cas, une évolution dont il faut tenir compte du côté des manifestants. Il serait vraiment dommage que le mouvement social soit affecté par ces dérives. Et n’oublions pas que cette tension est aussi et surtout le résultat d’un durcissement du discours gouvernemental et d’un refus du dialogue social. Le vrai blocage est là…

Chronique Éducation: Revue de presse du lundi 18 octobre 2010.

Casser du syndicat en refusant tout dialogue social telle était la «politique»2 poursuivie en son temps par Margaret Tatcher à l’égard des syndicats de mineurs britanniques. Nicolas Sarkozy en est ainsi un digne émule. Si la novlangue veut nous faire croire que le concept de lutte des classes est passé de mode, N. Sarkozy l’applique avec toute la rigueur nécessaire pour briser ses adversaires. Son intention n’est nullement concentrée sur le règlement de la question des retraites et le mensuel économiques Alternatives Economiques le souligne3

Ce qui pose problème ce sont les choix particuliers effectués par le gouvernement. Ils sont probablement les plus injustes qu’on puisse imaginer. La hausse de l’âge minimal de départ de 60 à 62 ans revient à s’en prendre en priorité à ceux qui ont commencé à travailler tôt : celui qui a démarré à 18 ans devra cotiser 44 ans contre 41,5 ans pour les autres. Alors que ce sont souvent eux qui occupent les métiers les plus pénibles… Quant au passage de 65 à 67 ans de l’âge de départ en retraite sans décote, il va toucher tous celles et ceux qui ont eu des carrières incomplètes pour cause d’arrêt momentané… Ils sont déjà très nombreux mais le seront encore plus dans le futur compte tenu de la précarisation du marché du travail. Enfin le refus de véritablement prendre en compte la pénibilité des tâches pénalise tous ceux, très nombreux là aussi, qui ont porté des charges lourdes, travaillé au chaud, au froid, dans le bruit ou encore de nuit…

Retraites : l’autisme n’est pas une bonne politique….

Le pourrissement sarkozien, assimilable à de l’autisme pour Alternatives Economiques, ne peut que provoquer des affrontements majeurs.4 Pour la plus grande joie du pyromane Sarkozy. Ainsi, loin de penser aux prochaines générations, N. Sarkozy a surtout les yeux fixés sur les moyens de s’assurer sa prochaine réélection.

  1. Grève en France : Sarkozy à la poursuite de Tatcher? []
  2. Mot galvaudé en l’occurence []
  3. Et le mensuel fait lui aussi le rapprochement avec la Dame de Fer britannique: «Alternatives économiques est né il y a trente ans, en 1980, en réaction au slogan: There is no alternative, « TINA », de Margaret Thatcher, première ministre ultralibérale du Royaume-Uni. Notre projet était alors, et il l’est encore, de montrer que dans une situation donnée, il existe au contraire toujours des alternatives. Trente ans après les choses ont beaucoup changé, mais Nicolas Sarkozy nous refait le coup du TINA : pour les retraites, il n’y aurait pas d’autre choix que d’avaler la potion amère préparée par le bon docteur Woerth.» []
  4. D’autant plus, comme nous le rappelle Alternatives Economiques, que le président Sarkozy revient sur la promesse du candidat Sarkozy promettant, il y a trois ans, de ne pas toucher à la retraite à 60 ans. []