Non, décidément non, l'UDC ne lave pas plus blanc…

Durant vingt ans, Christoph Blocher et l’UDC auront fait la leçon à tous ceux qui ne pensent pas comme eux…Et les voilà rattrapés par ce que soi-disant ils dénonçaient. Non, décidément non, l’UDC ne lave pas plus blanc…

BURKI 08 12 2011 Dessin de Burki dans 24heures du 9 décembre 2011

Triste ironie, durant vingt ans, Christoph Blocher et l’UDC auront fait la leçon à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Dénonçant le copinage entre politiciens et monde des affaires, l’incompétence des dirigeants politiques, l’abandon des valeurs helvétiques, les ambitions personnelles. Aujourd’hui, ils sont l’incarnation parfaite de ce qu’ils dénonçaient. L’amateurisme en plus.

L’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral en 2007 n’en apparaît que plus sage pour ne pas dire sain.

Depuis, le pays ne marche pas plus mal, au contraire. La Suisse a maintenu sa croissance économique, a passé des accords sur le secret bancaire avec l’Allemagne et le Royaume-Uni et a posé les jalons d’une nouvelle politique de l’énergie.

Aujourd’hui, la volonté de l’UDC consistant à simplement changer de soldat-candidat comme si de rien n’était après l’affaire Zuppiger1 les disqualifie définitivement, en l’état actuel, à disposer de deux sièges, voire même d’un seul, au Conseil fédéral.

A lire : Retour de manivelle | Le Temps (09.12.2011)

 

  1. Et une heure après seulement que celui-ci ait jeté l’éponge []

La chute de la maison Parmelin

Le groupe UDC a choisi de lancer le Zurichois Bruno Zuppiger et le Fribourgeois Jean-François Rime dans la course à l’élection au Conseil fédéral le 14 décembre. Avec ce ticket réunissant un Romand et un Alémanique, quatre autres candidats restent sur le carreau, dont le Vaudois Guy Parmelin.

Ainsi en quelques semaines, nous avons assisté presque en direct à la chute de la maison Parmelin.

Attendu et pressenti par le PLR vaudois, il était la figure «raisonnable»1 de l’UDC vaudoise, capable disait-on de sauvegarder le siège et la majorité de droite. Sa défection a alors terni son aura.

Puis s’est ajoutée sa défaite en rase campagne au deuxième tour de l’élection au Conseil des Etats. Conseiller national désormais confirmé, il est resté à la traîne derrière Isabelle Moret et n’a pas pour autant permis à celle-ci de faire le plein des voix à droite. Il entraînait ainsi, une deuxième fois après 2007, la chute du dit centre-droit vaudois.

Enfin, sa candidature à la candidature pour un deuxième siège UDC au Conseil fédéral a fini de l’écorner au niveau cantonal. Ses slaloms pour justifier sa candidature tout en essayant de préserver les relations avec le PLR vaudois tout en taisant son attitude éventuelle s’il devait être opposé à Pierre-Yves Maillard pour le remplacement de Micheline Calmy-Rey ont fini d’en faire un triste pantin des «stratèges» de l’UDC zurichoise.

Aujourd’hui, il a fini son tour de piste. Il peut tranquillement aménager son placard bernois.

  1. On évaluera son côté raisonnable pour le PLR en rappelant que Guy Parmelin est membre du comité d’initiative « Stop à l’immigration massive »… []

Occupy Wall Street : “Mister President, We HOPE You’re On Our Side.”

Célèbre pour ses affiches réalisées lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, a produit la semaine dernière une parodie de celles-ci en faveur du mouvement Occupy Wall Street en replaçant la figure de Barack Obama par celle du masque de Guy Fawkes, figure symbolique du mouvement.

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Lors de la campagne de 2008 de Barack Obama, Shepard Fairey, alias Obey Giant, avait réalisé les célèbres affiches “Hope” et “Progress”.1

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Obama « Hope » © Shepard Fairey

Il avait  réalisé ensuite l’affiche officielle de la journée d’investiture du président Barack Obama du 20 janvier 2009.

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Concernant sa nouvelle affiche, le mouvement Occupy Wall Street et Barack Obama, Fairey a indiqué sur son site:

“I see Obama as a potential ally of the Occupy movement if the energy of the movement is perceived as constructive, not destructive.”

A propos du masque de Guy Fawkes, une des «figures emblématiques» du mouvement, il faut savoir que Guy Fawkes est un personnage historique britannique du XVIIe siècle, source d’inspiration pour les cyberacti​vistes. Recruté en 1605 pour dynamiter la Chambre des Lords, il est dénoncés, arrêté, puis condamné à être pendu, étripé et coupé en morceaux. Depuis, il est devenu un mythe que l’on célèbre encore tous les 5 novembre en Grande-Bretagne, la Guy Fawkes Night, durant laquelle des effigies à son image sont brûlées au centre des villages. Ces célébrations font partie de la volonté britannique de défier l’autorité. L’Angleterre des années Thatcher recycle le mythe. En 1982, les dessinateurs Alan Moore et David Lloyd, créent le comic V for Vendetta, l’histoire d’un héros masqué aux traits de Guy Fawkes. V lutte dans l’ombre contre un gouvernement fasciste, dominateur et répressif. En 2006, un film est réalisé à partir de la BD. Par ailleurs, le groupe d’hackers Anonymous, pirates défendant le droit à la liberté d’expression, le prennent pour emblème. Avec «Occupy Wall Street», ils sont devenus le nouveau visage de la contestation, accompagnés de Guy Fawkes.2.

  1. A lire : « We made history » []
  2. Voir l’article du Temps.ch ADN d’un contre-pouvoir et l’article Guy Fawkes de Wikipedia []

Politique : un tiers des Français s'informent sur le web | Ecrans

Voici une très intéressante enquête sur la manière dont les Français s’informent concernant l’actualité politique. Elle fournit des pistes sur la manière dont les partis politiques doivent intégrer la donne du web dans les campagnes politiques. Sous l’apparente défiance relativement aux médias traditionnels, c’est plutôt le basculement de la presse traditionnel en ligne qui est plébiscité par le citoyen.

On peut aussi noter que l’avenir du politique ne pourra être que via le web pour mobiliser et convaincre les moins de 35 ans. Je note aussi que la radio, média à priori fort ringard, conserve un fort potentiel d’écoute. Et en plus, elle regagne une certaine jeunesse via le web. Par ailleurs, il reste encore un bout de chemin à Mediapart, Rue89 ou Slate.fr pour s’imposer dans ce nouveau paysage médiatique.

«D’après ce baromètre « Enjeux numériques », un tiers des Français interrogés (33%) déclarent utiliser internet au moins une fois par jour pour s’informer sur l’actualité politique, positionnant le web derrière la télévision (71%) et la radio (56%), mais devant la presse écrite (23%).

A l’échelle de la semaine cependant, Internet est au coude-à-coude avec la presse papier […]. Par ailleurs, chez les moins de 35 ans, l’écart se resserre entre internet (40%) et radio (44%) au quotidien.

[…]  l’étude semble conclure que logiquement, les internautes privilégient les grands portails d’actualité comme Yahoo, Google ou MSN (51%) et les sites internet des médias dits traditionnels (46%). […]. Les réseaux sociaux figurent loin derrière (17%), tout comme les forums et blogs (6%) et les sites collaboratifs (4%). Les sites d’information « pure player » (Rue89, Slate.fr, Mediapart, etc.), eux, ne sont encore appréciés que par 11% des personnes interrogées.»

Source : Politique : un tiers des Français s’informent sur le web | Ecrans.

L’empire Hollywood attaque Internet | OWNI

Aux États-Unis, les lobbyistes des industries culturelles soutiennent plusieurs projets de loi pour renforcer les moyens de lutte contre le piratage. Quitte à autoriser des attaques en règles, en bloquant l’accès à des sites. OWNI a mené l’enquête et voici le résumé de la situation.

Protect ip act guerre copyright clef

Les lobbyistes d’Hollywood font pression pour faire adopter devant le Congrès américain une importante réforme législative, qui prévoit le filtrage et le blocage systématiques des sites soupçonnés d’encourager le piratage d’œuvres protégées. Ce mercredi 16 novembre, les élus à la Chambre des représentants étudieront en commission le projet de loi Stop Online Privacy Act (SOPA).

Il s’agit de renforcer l’arsenal juridique pour protéger la propriété intellectuelle, à tout prix. Pour certains professeurs de droit, dont Mark Lemley, enseignant à Stanford, le projet de loi instaure une “peine de mort” pour les sites Internet.

On retrouve à la manœuvre les organisations qui depuis quelques années œuvrent pour renforcer la protections des droits de propriété intellectuelle sur Internet et ce faisant, protéger leur business model : la National Music Publishers’ Association, la Motion Picture Association of America, l’American Federation of Musicians, la Directors Guild of America ou encore la Chambre de commerce des États-Unis.

Les grandes entreprises d’Internet, jusqu’alors rétives à s’engager dans le processus législatif, ont également pris la parole. Google a menacé de quitter la Chambre de commerce des États-Unis, et plusieurs entrepreneurs de la Silicon Valley se sont rendus à Washington afin d’exprimer leur mécontentement. L’on assiste donc pour la première fois à un combat des entrepreneurs du web sur le terrain législatif, résumé par certains médias américains en “Silicon Valley vs. Hollywood”.

L’article complet : L’empire Hollywood attaque Internet | Owni.

Illustration de Christopher Dombres [cc-by] via Flickr

De Morges à Blonay-St-Légier | En passant par POCAMA

Ce soir, à Morges, les délégués de l’UCV (Union des communes vaudoises) ont élu les membres de leur comité et ont tranché, pour la présidence, en faveur de Claudine Wyssa, syndique de Bussigny opposée à Didier Lohry, syndic de Bassin. Félicitations à Claudine Wyssa qui, j’en suis sûr, sera une excellente présidente et ambassadrice des communes vaudoises.

A l’issue de la séance, j’ai notamment eu le plaisir de converser avec la joyeuse délégation des municipaux et syndics de Blonay et Saint-Légier-La Chiésaz, unis comme les quatre doigts de la main.

Lors de la conversation et après un verre d’eau minérale gazeuse, Alain Bovay, syndic de Saint-Légier-La Chiésaz, m’a enfin fait comprendre les véritables tenants et aboutissants du dispositif POCAMA déployé par la police cantonale vaudoise et dépendant du dicastère de Mme la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro.1 En fait, il s’agirait d’une opération menée en sous-main par le PLR afin de lui permettre de récolter les signatures manquantes pour faire aboutir leur initiative fédérale sur la bureaucratie inutile.

Nul doute que réunies demain, les municipalités de Blonay et Saint-Légier-La Chiésaz ne manqueront pas de déposer ci-après un croustillant communiqué dont elles ont le secret depuis peu. Dans tous les cas, je leur souhaite en toute amitié une excellente séance et un très bon week-end.

 

  1. POCAMA est le portail unique en ligne pour les demandes d’autorisation de manifestation réalisé par le Canton de Vaud. Sensé simplifié le travail des organisateurs, grâce au traitement électronique des données, il est devenu en quelques semaines une nouvelle version du cosmopompe des Shadoks, machine destinée à pomper le cosmogol 999 aux Gibis. []

EF2011 : Une UDC aux abois

L’épisode de la candidature d’Adrian Amstutz au Conseil fédéral lancée par Christoph Moergeli est l’illustration d’une UDC aux abois, manquant d’air et cherchant désespérément par quels moyens récupérer son deuxième siège. Et c’est d’une bêtise crasse au moment où Adrian Amstutz est engagé dans un deuxième tour pour conserver son siège au Conseil des Etats.

Dans la « SonntagsZeitung » de dimanche dernier, le soi-disant stratège du parti Christoph Moergeli indique que l’UDC n’hésitera pas à attaquer le siège du PLR bernois Johann Schneider-Ammann si la PBD Eveline Widmer-Schlumpf est réélue au Conseil fédéral et que c’est le Bernois Adrian Amstutz qui serait candidat.

Le lendemain, dans la « Berner Zeitung » d’hier, Adrian Amstutz annonce qu’il n’est pas en course. Une décision personnelle, précise-t-il, sans en dire davantage.

Au-delà du cafouillage au sommet du parti et de cette nécessité pour celui-ci de faire continuellement parler de lui, quitte à dire n’importe quoi, cette épisode nous montre une UDC aux abois. Aujourd’hui, l’UDC n’a pas de candidat crédible pour tenter de récupérer un deuxième siège au Conseil fédéral. Elle est isolée dans les alliances qu’elle pourrait mener avec d’autres partis. Son Alleingang est un fiasco. Elle récolte ainsi les fruits de sa politique de toute la dernière décennie. A l’inverse de 2006, elle n’a pas de scénario bis si elle n’obtient pas ce qu’elle veut. Boira-t-elle le calice jusqu’à la lie en perdant son unique siège? Au final peut-être bien si elle n’est pas en mesure de proposer un candidat romand ou latin crédible. En tout cas, si j’étais PLR, je ne manquerai pas de mettre cet argument en avant pour conserver mes deux sièges…

La prise de position de Christoph Moergeli était aussi d’une bêtise crasse qui fait douter de ses soi-disants qualités de stratèges.1 En effet, Adrian Amstutz est actuellement en lice à Berne dans le deuxième tour de l’élection au Conseil des Etats. Il est dans une triangulaire avec un candidat PDB et un autre socialiste. Après la déclaration de son pote Moergeli, si vous êtes un-e électeur/trice PLR, que faites-vous de votre bulletin? Et, si vous êtes un-e électeur/trice PDB, que faites-vous pour augmenter les chances de votre conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf d’être réélue en décembre ?

Aux abois et d’une bêtise crasse, cela se confirme, non?

 

  1. Ou plutôt qui donne la mesure de ce qu’est un stratège made in UDC []

The New Deal : A Modern History | Michael Hiltzik

Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.

Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt

Cb4fe The New Deal A Modern American History by Michael Hiltzik

1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).

Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais

une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.

Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»

Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»

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La construction d’une route en 1933 / Franklin D Roosevelt Library and Museum, via Wikimedia Commons

Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :

When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.

Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.

Des mots sur un visage | L'Atelier des icônes

 Ils sont les 99% qui ont perdu la foi dans le rêve américain.

Loin de s’éteindre, le mouvement Occupy Wall Street croît et se renforce. Les médias lui reprochent de ne pas exprimer de revendications claires? Les manifestants ont inventé une manière originale de se faire entendre. Sur le blog Tumblr We are the 99% (allusion au 1% des plus riches), chacun peut publier un portrait avec une feuille de papier où s’inscrivent les accidents, les déboires et les rêves déçus de la middle class américaine. Commencé le 23 août 2011, le blog comprend déjà 1243 contributions, avec leurs commentaires.

via Des mots sur un visage | L’Atelier des icônes.

Steve Jobs : un innovateur schumpeterien | Alternatives économiques

«Steve Jobs incarne la figure de l’entrepreneur au sens où l’entendait l’économiste Joseph Schumpeter, c’est-à-dire celle d’un innovateur, qui sait sortir des sentiers battus et réussit par son charisme à vaincre les résistances au changement de ses collaborateurs, des financiers ou des clients. La clé de cette différenciation se joue cependant moins sur le plan de l’innovation technologique proprement dite que sur celle, plus délicate, de la compréhension des attentes latentes des consommateurs.»

Source : Apple après Steve Jobs : notre dossier.