Quand Isabelle Chevalley voyait clair et conseillait le PLR

Les médias sociaux sont assez impitoyables dans la mesure où ils gardent la traçabilité de nos affirmations ou de nos engagements. Alors que lundi Isabelle Chevalley défendait la liste commune Verts libéraux – PLR – UDC pour se faire désavouer par les siens le jour suivant, son fil twitter nous indiquait le dédoublement de personnalité qui la saisit depuis son élection au conseil national :

Isabelle Chevalley, députée vaudoise, devrait plus écouter Isabelle Chevalley, conseillère nationale.

De Morges à Blonay-St-Légier | En passant par POCAMA

Ce soir, à Morges, les délégués de l’UCV (Union des communes vaudoises) ont élu les membres de leur comité et ont tranché, pour la présidence, en faveur de Claudine Wyssa, syndique de Bussigny opposée à Didier Lohry, syndic de Bassin. Félicitations à Claudine Wyssa qui, j’en suis sûr, sera une excellente présidente et ambassadrice des communes vaudoises.

A l’issue de la séance, j’ai notamment eu le plaisir de converser avec la joyeuse délégation des municipaux et syndics de Blonay et Saint-Légier-La Chiésaz, unis comme les quatre doigts de la main.

Lors de la conversation et après un verre d’eau minérale gazeuse, Alain Bovay, syndic de Saint-Légier-La Chiésaz, m’a enfin fait comprendre les véritables tenants et aboutissants du dispositif POCAMA déployé par la police cantonale vaudoise et dépendant du dicastère de Mme la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro.1 En fait, il s’agirait d’une opération menée en sous-main par le PLR afin de lui permettre de récolter les signatures manquantes pour faire aboutir leur initiative fédérale sur la bureaucratie inutile.

Nul doute que réunies demain, les municipalités de Blonay et Saint-Légier-La Chiésaz ne manqueront pas de déposer ci-après un croustillant communiqué dont elles ont le secret depuis peu. Dans tous les cas, je leur souhaite en toute amitié une excellente séance et un très bon week-end.

 

  1. POCAMA est le portail unique en ligne pour les demandes d’autorisation de manifestation réalisé par le Canton de Vaud. Sensé simplifié le travail des organisateurs, grâce au traitement électronique des données, il est devenu en quelques semaines une nouvelle version du cosmopompe des Shadoks, machine destinée à pomper le cosmogol 999 aux Gibis. []

Ma vie au Bantoustan*

Je me souviens précisément de ce moment où tout a basculé. De ce moment où les premières pierres de ma prison ont été posées : décembre 1992. Le 6 pour être précis.
Pourtant le lendemain matin, le soleil s’est levé comme d’habitude. Chacun est parti vaquer à ses occupations, l’air était le même. En apparence.
Pourtant c’est bien cette date qui marque la fondation du Bantoustan dans lequel aujourd’hui je vis.
Quelque fois mon geôlier me joue des tours comme ce 3 mars 2002 où nous avons rejoint le cercle des Nations Unies. L’illusion a été de courte durée et les vexations reprennent vite le dessus.
Les humiliations sont régulières. La démagocratie1 ne cesse ainsi de gagner du terrain. L’illusion est parfaite pourtant: le peuple aurait toujours raison, y compris quand il vote contre les fondements de l’Etat de droit… et les Lumières.
Certes je ne suis pas le plus à plaindre, je ne suis qu’un citoyen de seconde zone comme l’ensemble des habitants de ce Bantoustan qu’est devenu le canton de Vaud encore accroché aux idéaux de la Revolution française, mais les lois d’exception ne sont pas encore mon lot. Jusqu’à quand?
Mes geôliers goûtent peu notre capacité à leur dire non comme cet autre dimanche. Pour nous mettre au pas (de l’oie), ils ont ainsi décidé de venir nous faire la leçon à domicile. Si certains aimaient à parader aux flambeaux dans des stades à Nuremberg, ils préfèrent eux se la jouer schublig et vienerli dans un cadre pseudo-champêtre et le hackbrett remplace Wagner, mais leur intention est bien la même. De plus en plus…

* Les bantoustans étaient les régions créées durant la période d’apartheid en Afrique du Sud et au Sud-Ouest africain, réservées aux populations noires et qui jouissaient à des degrés divers d’une certaine autonomie.
Aujourd’hui, le terme bantoustan désigne par extension tout territoire ou région dont les habitants sont victimes de discriminations et se sentent considérés comme des « citoyens de deuxième classe » dans leur propre pays.
Source: Wikipedia

  1. La démocratie en danger? : http://www.thierryherman.ch/reflexions/la-democratie-en-danger []

Obama et l'iPad

Lors d'un meeting à Seatle, Sylvester Cann tend son iPad au président des États-Unis

C’est la photo du jour. Barack Obama signant son premier autographe sur un iPad tendu par un supporter. Cela se passait à l’Université Washington à Seatle lors d’un meeting de soutien au candidat démocrate Patty Murray.

Normalement, le Président des Etats-Unis ne signe pas d’autographe, car les stylos, plumes et crayons sont proscrits par les services de sécurité. Ceci en raison de la peur que ceux-ci soient utilisés comme arme… Mais pas de problème avec l’iPad, Barack Obama a pu signer avec un doigt…

Le premier autographe sur iPad du Président des Etats-Unis.

Source : Picture of the Day: Obama Signs iPad (The Atlantic)

Prise d'otages au Conseil fédéral

Bon j’avoue: les élections au Conseil fédéral m’ont laissé froid. Tactique en vue des élections fédérales de 2011, mépris de la fonction avec quatre conseillers fédéraux entrés en cours de legislature, débat et pronostics sur les personnes plus que sur le fond, tous les ingrédients étaient réunis pour s’en desintéresser. Et c’est loin d’être fini.
Actuellement, tous les ingrédients sont également réunis pour que le niveau de crédibilité du monde politique soit ainsi proche de zéro. Et les commentateurs politiques participent également à ce fiasco quand comme dans Le Temps, et à propos de Mme Simonetta Sommaruga1, ils indiquent que celle-ci devra s’affranchir de la tutelle des consommateurs pour devenir une vraie conseillère fédérale. Que dire alors de M. Johann Schneider-Ammann, vice-président d’Economie Suisse, qui reprend le département de l’Économie?2 Quel beau foutage de gueule!
Aujourd’hui encore, avec la répartition des départements, la stratégie électorale a tenu lieu de programme politique. Les dindons de la farce en ont été les deux principaux partis politiques présents au Parlement fédéral. Ce faisant les partis dits du centre-droit viennent de placer le gouvernement et l’ensemble de la classe politique en année électorale.
L’ensemble des citoyen-ne-s de ce pays vient donc d’être pris en otage. C’est un joli cadeau fait à l’initiative prônant l’élection du Conseil fédéral par le peuple. Qui a dit autogoal?

  1. Personnalité avec laquelle je précise qu’en tant que socialiste je ne me sens guère, pour ne pas dire plus, d’affinité. Et il m’étonnerait qu’avec le département qu’ils lui ont imposé les choses vont aller en s’améliorant. Vaut-il encore la peine d’être au Conseil fédéral? []
  2. A lire, à ce propos, La lettre ouverte à Christian Levrat de Fabien Fivaz []

A quoi joue la Confédération? : menace sur la photographie en Suisse

images2010.JPG

Alors que le Festival Images à Vevey fait un tabac et va à la rencontre du public en s’affichant dans la rue et dans des lieux de l’imaginaire collectif veveysan, la RSR nous apprend que le soutien aux projets photographiques d’envergure pourrait être remis en question:

La RSR a découvert, dans le message culture 2012-2015, que l’Office fédéral de la culture envisage d’externaliser ce soutien, qui se monte à environ 800’000 francs par an. Même si Pro Helvetia se chargerait d’allouer ces subventions, il n’est écrit nulle part qu’une enveloppe sera dévolue à ces projets photographiques.1

Au-delà du succès veveysan, une telle initiative interroge alors que l’univers de l’image n’a jamais été aussi présent dans notre quotidien et que la photographie a retrouvé une nouvelle jeunesse et de nouveaux usages avec le numérique et nos smartphones. On assiste également à des hybridations entre photographie et vidéo, voire cinéma.
L’art n’aurait-il rien à nous dire sur ce monde en mutation? Totalement absurde et incongru.

Photographie Lyonel Kaufmann. Festival Images – Vevey. Image sous Creative Common

  1. Menace sur la photographie en Suisse | tsr.info []

Hans-Rudolf Merz : l’homme (trop) pressé de l’économie

Tout la symbolique du parcours de Hans-Rudolf Merz est perceptible dans cette image de l’homme pressé. Mais pour aller où? Et surtout comment et avec qui? Itinéraire de celui qui devait être la carte maîtresse des milieux économiques suisses.

Cette image est toute sarkozienne ou berlusconienne. Elle incarne l’homme d’action ruant dans les brancards de l’immobilisme. On va voir ce qu’on va voir. Issu de l’économie, Hans-Rudolf Merz est là pour changer les choses, les pratiques et insuffler cet esprit d’entreprise qui manquerait tant au Conseil fédéral et au monde politique en général.

Lors de son élection, il se partageait ce rôle avec un certain Christoph B. Deux hommes-liges des milieux économiques. Mais qui s’en souvient encore alors que, désormais c’est officiel, Hans-Rudolf Merz a annoncé sa démission? D’autant que leurs résultats sont catastrophiques. Christoph B. a instauré un climat délétère tant dans son département qu’au Conseil fédéral. Hans-Rudolf Merz s’est montré tout à la fois incapable de trancher et autiste dans ses dossiers comme celui du taux de TVA unique et irréfléchi, irresponsable et non-collégial dans son costume de Président de la Confédération lors de la crise libyenne. Le costume d’homme d’État était beaucoup trop grand pour eux.

Hans-Rudolf Merz ne sera pas regretté par grand monde. Même pas par son parti qui le voyait avec forte inquiétude dans le rôle du boulet à l’approche des élections fédérales. Il ne manquerait plus d’ailleurs que l’élection de son remplaçant marque la perte du deuxième siège radical-libéral au Conseil fédéral… Ce jour, les Verts et l’UDC font mine d’y croire.1

Ce matin, en annonçant sa démission, il a encore fait cavalier seul alors que Doris Leuthard lançait la campagne sur l’assurance chômage. Comme tentative de faire partir dans le fossé une campagne de votation du Conseil fédéral, c’est assez réussi. Freud aurait certainement aimé cela.

Source de l’image: Lupe, der Satire-Blog: Vertrauliches FDP-Schreiben zum heutigen Rücktritt von Hans-Rudolf Merz.

  1. Merz: les Verts et l’UDC briguent le siège vacant []

La campagne sur l'assurance chômage est lancée | tsrinfo.ch

Serge Gaillard: Dois-je leur rappeler que j’étais économiste en chef de l’Union syndicale suisse avant d’être le chef de la Direction du travail?

La campagne sur l’assurance chômage est lancée – tsr.ch – info – suisse.