«Celui qui échange la liberté contre la sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et perdra les deux»

«Ces symptômes peuvent être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers. Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales, mais nos leaders essaient d’imposer des lois de plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour le justifier.»

Via YouTube – Hadopi, Loppsi, Sarkozie… Big Brother State ?.

Les femmes fonctionnaires, boucs émissaires de la Grande Dépression | Le Temps

Le service des abonnements de Ringier en 1930. (RDB)

Le service des abonnements de Ringier en 1930. (RDB)

Les femmes au foyer. Sur ce mot d’ordre de la droite catholique, tous les partis ou presque ont réclamé ou soutenu, dans les années 1930, des mesures visant à restreindre l’accès des femmes à la fonction publique

Il ne faut pas licencier en priorité les femmes: c’est Doris Leuthard qui l’a dit récemment dans une interview au Matin. Constatant que les travailleuses, plus présentes dans les emplois temporaires, à temps partiel et/ou précaires, sont particulièrement menacées, la conseillère fédérale a engagé les employeurs à ne pas se dire qu’«une jeune femme va peut-être vouloir fonder une famille». Les internautes qui ont réagi sur le site du quotidien ne sont pas tous d’accord. Mais la plupart s’en prennent à d’autres points soulevés par la ministre, et ils sont rares à rebondir sur une prise de position qui semble aller de soi.

Cela n’a pas toujours été le cas. La Grande Dépression des années 1930 avait été l’occasion d’une attaque en règle contre les femmes, accusées de causer le chômage en chassant les hommes du monde du travail et poussées à leur tour vers la sortie. Un déchaînement vite oublié, qui n’a pas épargné la Suisse et auquel l’historienne Céline Schoeni a consacré sa thèse. Retour sur un épisode peu glorieux de la marche vers l’égalité.

Lire la suite: LeTemps.ch | Les femmes fonctionnaires, boucs émissaires de la Grande Dépression

La soirée électorale des élections européennes (1)

Taux de participation
La soirée des élections européennes a débuté avec les taux de participation, puis les premières estimations.
En France comme en Allemagne ou en Italie, l’abstention est massive autour de 60%. Par contre, dans les anciens Pays de l’Est, elle se situe autour de 20%. En Slovaquie, l’abstention monterait à 80%.

En cas de forte abstention, l’élection se jouera donc dans sa capacité à mobiliser ses membres et ses sympathisants. Mieux vaut donc ne pas être un parti ou un groupement divisé ou en manque de sympathisants. A ne pas oublier lors de l’analyse.

Les premières estimations (20h30)
En Allemagne, la CDU/CSU est largement en tête à plus de 38% des suffrages, suivie par le SPD à 21%, les Libéraux du FDP avec 11,5%, les Verts avec 10,8% et die Linke avec 7,5%. Angela Merkel a ainsi gagné son pari et c’est la droite allemande qui tire clairement les marrons du feu de la coalition. Globalement la gauche est en recul en prenant le résultat du FDP. D’autant plus si l’on considère qu’actuellement le SPD refuserait de former un gouvernement avec die Linke.

En France, les premières estimations dégagent clairement les vainqueurs et les perdants de cette soirée électorale. Les vainqueurs sont au nombre de trois:
- Nicolas Sarkozy qui s’assure de sa première place au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 et qui réussit à fragmenter l’opposition à sa politique et à sa personne;
- Europe Ecologie qui obtiendrait 15% des suffrages et qui dégomme le Modem;
- le Front de gauche qui obtiendrait près de 7% des suffrages et qui dépasse le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) de Besancenot.

Les perdants sont également au nombre de trois:
- le Parti socialiste en-dessous des 20%;
- le Modem en-dessous des 10%;
- le Nouveau parti anticapitaliste avec ses 5%.

Actuellement aucun opposant à Nicolas Sarkozy n’est suffisamment crédible pour fédérer l’opposition à sa politique réactionnaire. Et comme le dit Jack Lang —avec lequel pour une fois je serai d’accord—: «L’antisarkozysme primaire ne peut tenir lieu de programme» pas plus que l’anti-Bush n’avait permis seul à empêcher sa réélection.
A peine les résultats du PS connu, la dynamique interne d’auto-destruction reprend de plus belle (exemple: Une défaite prévisible ! de Gérard Collomb). La suite est d’autant plus compliquée pour le PS qu’il se fait tailler des bavettes sur sa droite (Europe Ecologie) et sur sa gauche (Front de gauche). C’est le syndrome du Parti radical vaudois.
Europe Ecologie a vampé l’électorat du Modem. François Bayrou l’a bien aidé largement plus que le film Home.
Il n’est pas inintéressant de noter que le principal vainqueur du jour est le seul parti ayant le terme «Europe» dans son intitulé.

En Suède, le Pirate Party ferait 8% des voix et obtiendrait 2 sièges. Voilà une très bonne nouvelle. Pour son leader, le mot d’ordre est simple: “Nous n’acceptons pas le programme de surveillance de masse des autorités. »

En Grèce, le PASOK (socialiste) dépasse la Nouvelle démocratie, parti au pouvoir, de 6%.

A suivre…

G20: Gueule de bois post-guerre froide pour la Suisse

Après la deuxième guerre mondiale, la Suisse a réussi à rétablir la situation en étant, après les Etats-Unis le seul pays à disposer d’assez de cash pour financer, via ce qui deviendra l’OCDE, le plan Marshall. Ce deal la plaçait, bien que neutre, très clairement du côté des Américains et dans le sillage de l’impérialisme de ce dernier. Clairement dans le camp occidental, pays sans colonies, épargnée par le conflit mondial, la Suisse servait d’utile intermédiaire ou de pays écran principalement à la politique américaine.

Dans les années 1990, la question des fonds en déshérence marquait un premier coup de semonce et un premier indice que ces relations privilégiées avec les Etats-Unis étaient remises en cause. La fin de la guerre froide n’était pas pour rien dans cette inflexion américaine.

Ce 2 avril marquera probablement la fin (définitive?) de cette idylle. Deux événements symbolisent aujourd’hui cette rupture:

- l’un anecdotique est fourni par le jugement sans appel de la Cour de New York par 6 à 0 pour le défi américain dans le conflit qui opposait Alinghi à Oracle relativement à la Coupe de l’America;

- l’autre est évidemment le placement de la Suisse sur la liste grise des paradis fiscaux établie par le G20 et l’OCDE alors que dans le même temps les îles anglo-britanniques de Jersey et Gernesey ou l’Etat américain du Delaware en réchappent.

On peut certes considérer que la Suisse sert de bouc-émissaire commode et que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne sont pas mécontentes de déstabiliser un de leurs sérieux concurrents dans ces lucratifs marchés. Ce serait néanmoins faire fi de deux éléments centraux relativement à la position de la Suisse:

- le premier met en lumière les conséquences de la politique de l’Alleingang et de la non-intégration à l’Union européenne qui fait que dans la situation actuelle il n’y avait plus personne pour défendre les intérêts de la Suisse;

- le second élément réside dans la fin de cette situation privilégiée de financier mondial qu’occupait la Suisse en 1945. Aujourd’hui, le G20 a consacré l’émergence officielle d’autres bailleurs de fonds des plans de relance notamment américain ou britannique. Ainsi en est-il de la Chine qui ce jeudi matin “par la voix de son ministère des Affaires étrangères, s’était dite prête à soutenir cet effort particulier, tout en soulignant qu’elle n’envisageait pas que ses territoires de Hong Kong et Macao soient considérés comme des paradis fiscaux.” (Le G20 annonce 1.100 milliards de dollars pour dépasser la crise, Le Point.fr) et qui a évidemment obtenu gain de cause…

Et c’est l’OCDE, l’institution qu’intégra la Suisse pour réintégrer la communauté internationale après 1945, qui est chargée d’inscrire cette dernière sur la liste grise des paradis fiscaux mis sous surveillance active.

NB: plus globalement je fais mienne la petite phrase de Jacques Attali concernant le G20 (13.03.2009): «Le G20 à Londres? Un réunion d’ex-alcooliques dans un bar à vin!»

Le G20 et la machine à fabriquer des histoires

La réunion du G20 est-elle susceptible d’apporter des réponses à la crise économique que nous traversons?

Personnellement j’en doute. Comme de la plupart des mesures prises par les différents gouvernements.

Ce que je constate, c’est que, plutôt que de s’attaquer véritablement à la question, chaque gouvernement, président, premier ministre s’essaye surtout à relancer la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits communément appelée «storytelling» [Christian Salmon (2008). Storytelling. Paris: La Découverte]. Nous sommes en plein dans l’ère de la fiction, dans un western financier où dans le rôle de la brute et le truand on trouve les paradis fiscaux, Fred Goodwin —l’ancien patron de la Royal Bank of Scotland ou les empêcheurs de secret bancaire made in Switzerland.

A chacun le sien. A chacun de trouver bouc-émissaire à son pied.

Cela suffira-t-il à détourner l’attention des différents publics nationaux? Quand est-ce que le soma cessera-t-il de faire effet?

Pourtant, rapportée à la sphère économique, il ne s’agit que de l’autre face de la même pièce jouée depuis les années 1980 et incarnée par le «storytelling». En effet, ce dernier traduit en récit depuis les années 1980 “l’idéologie qui justifie l’engagement dans le capitalisme” [Boltanski et Chiapello (2000). Eve, Le Nouvel Esprit du capitalisme. Paris: Gallimard], dépasse le simple fait de raconter des histoires pour construire “un ensemble de croyance à même de susciter l’adhésion et d’orienter les flux d’émotions, bref de créer un mythe collectif contraignant” (Salmon: 102)

De même ce qui se passe devant nos yeux n’est que le remake à la puissance x de la faillite d’Enron. Il suffit de lire l’évocation faite par Salmon (p. 104 et ss):

“It’s a fabulous story…” Au printemps 2001, quelques mois avant la banqueroute retentissante d’Enron, son P-DG concluait ainsi un spot de publicité consacré à sa société. Enron était alors la septième entreprise des Etats-Unis, évaluée à presque 70 milliards de dollars, l’un des fleurons de la “nouvelle économie” […] juste avant de s’effondrer en 2001.

Selon Bethany McLean, une journaliste de Fortune qui fut une des premières à mettre en doute la solidité financière du géant Enron, cette entreprise était en fait “un château de cartes, un mirage construit par une politique de la poudre aux yeux”. […] Enron a mis seize ans pour voir ses actifs passer de 10 millions à 65 milliards de dollars et vingt-quatre jours pour faire faillite; 20’000 employés ont perdu leur emploi, 2 milliards de dollars de pensions et de retraites ont été dilapidés…

Enron c’est aussi l’histoire de son P-DG, Ken Lay, fils de pasteur, originaire d’une famille pauvre, qui rêvait enfant de faire fortune. Le parcours d’un ambitieux qui fait des études d’économie, puis part à Washington diplôme en poche pour faire fortune, rencontre les années Ronald Reagan et profite de la dérégulation des marchés de l’énergie. C’est le temps où Ronald Reagan décline en deux phrases le credo néolibéral: “Le gouvernement ne résout pas les problèmes. Il est le problème.”

Comment ne pas être intrigué par les similitudes de cette histoire-là avec celle de la Royal Bank of Scotland et de son P-DG Fred Goodwin rapportée par le journal Libération:

Longtemps, Fred Goodwin a été le chouchou de la City, un homme adulé pour ses coups d’audace : n’avait-il pas réussi en quelques années à convertir une petite banque écossaise somnolant depuis trois siècles en un acteur du groupe de tête de la finance mondiale ? Une trajectoire totalement en phase avec le discours du New Labour de Tony Blair et Gordon Brown sur la nécessité pour les banques britanniques de se doter d’une envergure mondiale, afin que la City devienne la première place financière mondiale. Une réussite, puis une catastrophe. […].

Fils d’électricien, [Fred Goodwin] a étudié le droit à l’université de Glasgow, après avoir grandi dans une banlieue pas très glamour de la ville écossaise. D’abord embauché dans une entreprise de conseil, puis une première petite banque écossaise, il entre à RBS il y a dix ans, comme directeur général adjoint. C’est alors qu’il monte le plus beau coup de sa carrière : le rachat hostile de NatWest, trois fois plus grosse que RBS. Le réseau NatWest est conservé, mais la fusion se solde tout de même par la suppression de 18 000 emplois. Le jeune banquier y gagne son surnom de «Fred the Shred», Fred la tronçonneuse. En guise de remerciements, il est nommé n° 1 et se lance dans une série d’acquisitions plus ou moins importantes, une vingtaine au total, qui le mènent des Etats-Unis jusqu’à la Chine.

[…] En 2002, c’est la 13e banque mondiale, la 4e en bénéfices, derrière Citigroup, Bank of America et HSBC. Fred Goodwin fait la une du magazine Forbes comme «global businessman of the year». L’année suivante, il est «banquier européen de l’année», un titre décerné par un panel de journalistes financiers. Puis, en 2004, c’est la consécration suprême, le titre de «Sir». La porte du 11 Downing Street, le ministère des Finances, lui est ouverte.

[…]

La chute de Sir Fred a été plus rapide encore que son ascension. En 2007, pour doubler sa concurrente Barclays, il veut racheter à tout prix le géant de la banque néerlandaise ABN Amro. Il monte alors avec ses alliés Fortis et Santander la plus grosse fusion-acquisition de l’histoire du secteur bancaire mondial. Le deal est signé en octobre 2007, alors que la crise des subprimes secoue déjà les Etats-Unis et commence à se propager en Grande-Bretagne.

A la City, on traite Sir Fred de mégalo. Entre l’achat surpayé d’ABN Amro et les filiales américaines de RBS qui sont déjà infectées de subprimes, la banque commence sa grande dégringolade. En Bourse, l’action perd… 98 % de sa valeur en 2008. Goodwin est désigné «le pire banquier du monde» par Newsweek et les lecteurs du blog Alphaville du Financial Times.

Y a pas à dire: It’s a brave new world!

NB: bien entendu cela ne veut pas dire que le secret bancaire est légitime ou qu’il ne faut pas lutter contre les paradis fiscaux. C’est dire que ces deux éléments font partie du système. C’est le chiffon agité devant le taureau qui obnubilé par celui-ci ne voit pas ni les banderilles, ni l’épée du toréador.

Hans-Rudolph Merz précipite la Suisse dans la récession

Hans Arp mit dem Nabel-Monokel, 1928 (Fotograf unbekannt) © Stifung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V.

Hans Arp mit dem Nabel-Monokel, 1928 (Fotograf unbekannt) © Stifung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V.

La confiance était le mot-clé, hypnotique de Hans-Rudolph Merz en présentant ses voeux pour 2009 et en répondant aux journalistes de la TSR. La méthode Coué comme étendard et comme remède à la crise. J’émettais mes doutes sur la méthode et les chiffres du chômage, publiés le lendemain, projettaient déjà l’ombre du doute sur les résultats des remèdes du bon Dr Merz.
Hier soir, au Conseil communal, j’avais les preuves de l’échec de ce discours au sein même des troupes de notre brave Président lorsqu’une conseillère libérale venait demander si la commune ressentait déjà les effets de la crise et s’il ne fallait pas anticiper certains investissements pour soutenir les entreprises.
En rentrant, je lis sur le site du journal Le Temps que l’industrie d’exportation était totalement désarmée et que les patrons demandaient des mesures ciblées (Les patrons veulent des mesures ciblées).

Commentant le deuxième plan de relance en deux mois —et alors que début janvier le même Hans-Rudolph Merz estimait les mesures prises largement suffisantes en l’état actuel, car la situation était sous contrôle et que nous faisions mieux que nos voisins (ce fameux Sonderfall…)— ce même journal Le Temps jaugeait en édito ce deuxième programme comme insuffisant et manquant cruellement d’ambition (L’éditorial: «Manque d’ambition»).

C’est peu dire que les milieux économiques paniquent. Après avoir suranticipé la crise en licenciant à fin 2008 de manière préventive —et donc appelé au loup—, les voici cherchant l’abri vers papa Etat.

Décidément le néolibéralisme n’est bon que pour les salariés! D’autant qu’à côté des mesures (insuffisantes) de relance à 700 millions de francs, ce même bon docteur initie un plan d’économie de 600 millions de francs (1) . Au final, notre brave docteur pense pouvoir nous sortir de la gonfle en mettant 100 francs par Suisse sur la table… tout en la rabotant. (Alain Hubler: Je vous ai apporté des bonbons)

La Suisse joue donc petit bras, aveuglé par son idéologie libérale, alors que l’ensemble des pays industrialisés ou émergents ont mis leur œillères idéologiques au placard devant la gravité de la situation ainsi que le souligne le très marxisant Michel Lagier, chef économiste chez la banque Rothschild, en comparant le plan suisse:

«Comparé à ce qui est fait à l’étranger, le plan suisse est à peine visible, tardif, et flou. Il ne devrait pas avoir d’impact notable. Les investissements représentent 0,2% du PIB national, contre 1,5% en Europe, 4 à 5% aux Etats-Unis et 15% en Chine.» («A peine visible de l’étranger»)

Engrangez bien les «peanuts» d’Hans-Rudolph Merz, car vous devrez les découper très, très finement si vous comptez traverser cette crise en leur compagnie.

(1) Allez on lance les paris sur ceux qui devront se serrer la ceinture…

Bilatérales: Surprise, les Suisses s’exportent mieux que les plombiers polonais!

Bloguer pour les Bilatérales Rien ne m’agace plus que cette volonté de nous faire croire que seuls les Européens «profitent» des accords bilatéraux sur la libre-circulation des personnes. Rien n’est plus faux et encore plus faux que je ne le pensais.

Sait-on seulement que les Suisses expatriés dans l’Union européenne représentent l’équivalent des deux-tiers de la population du canton de Vaud? [1]

Sait-on seulement qu’entre 2004 et 2007, le nombre de Suisses résidant dans l’Union européenne est passé de 388’000 personnes (sur 623’000 Suisses expatriés) à 415’000 (sur 668’000 Suisses expatriés)? [1] Ainsi donc à plus de 90%, la croissance de Suisses expatriés dans le monde est due à leur établissement dans l’Union européenne.

Sait-on seulement que des Européens ou des Suisses, en pourcentage de la population, ce sont les Suisses qui «profitent» le plus de ces accords? Et pas d’un petit bout, 25 fois plus! Ainsi, en 2006, c’est l’équivalent de 5% de la population suisse qui était établie dans l’Union européenne contre seulement 0,2% de la population de l’Union européenne en Suisse. [2]

Ainsi donc la fermeture des frontières -résultant de la non-reconduction des accords bilatéraux sur la libre-circulation- pénaliserait en premier lieu la libre-circulation des Suisses. Etonnant, non?

Notes: 

[1] Source: Département fédéral des affaires étrangères, Service des Suisses de l’étranger (Schweizer im Ausland)

[2] Source: Europäische Kommission:  La libre circulation des personnes

Crisis? What Crisis?

Dorothea Lange, Mère migrante (Migrant Mother), 1936

Dorothea Lange, Mère migrante (Migrant Mother), 1936

Marcel Gauchet: «Le communisme rendait fou, le néolibéralisme rend stupide» (vendredi 30 janvier 2009)

Intervenant lors d’une conférence à l’école des Hautes études en sciences sociales (Ehess) sur le thème « la crise financière : une approche politique », Marcel Gauchet est revenu sur la portée politique de la crise actuelle. Le site Marianne.fr a rendu compte de ses propos. Morceaux choisis:

  • les responsables actuels ne veulent fondamentalement rien changer: «il est d’ailleurs assez clair que la plupart des responsables de toutes obédiences attendent que cela passe et sont bien décidés à recommencer comme par devant dès que l’orage sera passé, après quelques concessions inévitables mais limitées sur le chapitre de la fameuse régulation».
  • Une crise qui remet en question la philosophie de la construction européenne: « La crise met manifestement en question toute la philosophie de la construction européenne telle qu’elle s’est redéfinie dans les années 80. L’urgence, le travail de pompier où en sont les dirigeants politiques impliquent de passer par d’autres canaux. Cette crise met en échec toute la philosophie de la gouvernance dont se gargarisait nos élites. Nous n’en sommes qu’au tout début d’une remise en question globale ».
  • La politique est l’otage des financiers: « Il faut tordre le coup à un canard journalistique: «cette crise marquerait un retour du politique ! Il n’y a aucun retour du politique. Le politique a été pris en otage par les financiers qui sont venus lui mettre le marché en main : on saute tous ou vous faites quelque chose. Et ce quelqu’en soit le prix. On voit que le prix augmente tous les jours…Nous avons assisté à un appel au secours désespéré du politique, cela n’a rien à voir à un retour du politique».
  • Un moment idéologique intense: «nous sommes dans un moment idéologique intense dont la mise en place de cette économie financière globale a été l’un des vecteurs efficaces. Mais aussi un entraîneur idéologique. Cette idéologie a l’étrange propriété de ne pas se prendre pour telle car elle est très largement partagée et qu’elle entretient un rapport direct avec la pratique économique qui en dissimule les rouages. […] Nous sommes passés du régime idéologique de la folie au régime idéologique de la bêtise ! Le communisme rendait fou, mais le néolibéralisme rend stupide ! ».

Marcel Gauchet: «Le communisme rendait fou, le néolibéralisme rend stupide» Lire la suite

La Suisse et l'Europe

20 bloggeurs suisses s’associent pour soutenir la poursuite et l’extension de l’accord sur la libre circulation (dimanche 18 janvier 2009)

A l’initiative du bloguer vert Andrea Kyriacou de Zurich, 20 bloggeurs se sont associés pour soutenir le « OUI », pour les votations du 8 février. Sont aussi de la partie: quatre parlementaires nationaux, d’autres bloggeurs célèbres, comme le blog satyrique (de langue allemande) Swiss-lupe et le blog franco-anglophone très connu climbtothestars. Des représentants Socialistes, Verts, Chrétiens-socials, Démocrates-Chrétiens, Radicaux, Libéraux et UDC participent avec des articles issus des trois régions linguistiques et en Anglais.

Jusqu’au dimanche de votation, chaque participant rédige une contribution sur son blogg, dans lequel il explique pourquoi nous devons voter « OUI » le 8 février. Chaque contribution apparaît aussi sur le site internet de la campagne pour le « OUI » : http://www.bilablog.ch / http://www.bila-blog.ch . Bilablog.ch peut publiera ainsi quotidiennement au moins un nouvel article pendant toute la campagne précédant les votations. D’autres bloggeurs sont bien-entendu invités à participer.

Sollicité par Andrea, Politis.ch participe à cette action et publiera un billet spécifique relativement à la position des pro-européens sur la votation du 8 février 2009. Politis.ch affiche donc la bannière spécifique de l’action. Je vous incite à en faire de même. Lire la suite