Chaque semaine, les Brèves de la semainefont office de petit zinc de mon actualité politique (nouvelles, brèves) de la semaine écoulée.Ellesregroupent les conversations de politis.ch sur Twitter, des extraits de publications ou images retranscrites sur Tumblr. et mes lectures trouvées sur la toîle, commentées et conservées sur Delicious. Certains éléments donnent lieu ensuite à des billets en bonne et due forme ici, d’autres non. Bonne lecture.
Chaque semaine, les Brèves de la semainefont office de petit zinc de mon actualité politique (nouvelles, brèves) de la semaine écoulée.Ellesregroupent les conversations de politis.ch sur Twitter, des extraits de publications ou images retranscrites sur Tumblr. et mes lectures trouvées sur la toîle, commentées et conservées sur Delicious. Certains éléments donnent lieu ensuite à des billets en bonne et due forme ici, d’autres non. Bonne lecture.
Voici une très intéressante enquête sur la manière dont les Français s’informent concernant l’actualité politique. Elle fournit des pistes sur la manière dont les partis politiques doivent intégrer la donne du web dans les campagnes politiques. Sous l’apparente défiance relativement aux médias traditionnels, c’est plutôt le basculement de la presse traditionnel en ligne qui est plébiscité par le citoyen.
On peut aussi noter que l’avenir du politique ne pourra être que via le web pour mobiliser et convaincre les moins de 35 ans. Je note aussi que la radio, média à priori fort ringard, conserve un fort potentiel d’écoute. Et en plus, elle regagne une certaine jeunesse via le web. Par ailleurs, il reste encore un bout de chemin à Mediapart, Rue89 ou Slate.fr pour s’imposer dans ce nouveau paysage médiatique.
«D’après ce baromètre « Enjeux numériques », un tiers des Français interrogés (33%) déclarent utiliser internet au moins une fois par jour pour s’informer sur l’actualité politique, positionnant le web derrière la télévision (71%) et la radio (56%), mais devant la presse écrite (23%).
A l’échelle de la semaine cependant, Internet est au coude-à-coude avec la presse papier […]. Par ailleurs, chez les moins de 35 ans, l’écart se resserre entre internet (40%) et radio (44%) au quotidien.
[…] l’étude semble conclure que logiquement, les internautes privilégient les grands portails d’actualité comme Yahoo, Google ou MSN (51%) et les sites internet des médias dits traditionnels (46%). […]. Les réseaux sociaux figurent loin derrière (17%), tout comme les forums et blogs (6%) et les sites collaboratifs (4%). Les sites d’information « pure player » (Rue89, Slate.fr, Mediapart, etc.), eux, ne sont encore appréciés que par 11% des personnes interrogées.»
Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.
Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt
1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).
Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais
une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.
Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»
Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»
Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :
When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.
Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.
Ils sont les 99% qui ont perdu la foi dans le rêve américain.
Loin de s’éteindre, le mouvement Occupy Wall Street croît et se renforce. Les médias lui reprochent de ne pas exprimer de revendications claires? Les manifestants ont inventé une manière originale de se faire entendre. Sur le blog Tumblr We are the 99% (allusion au 1% des plus riches), chacun peut publier un portrait avec une feuille de papier où s’inscrivent les accidents, les déboires et les rêves déçus de la middle class américaine. Commencé le 23 août 2011, le blog comprend déjà 1243 contributions, avec leurs commentaires.
«Steve Jobs incarne la figure de l’entrepreneur au sens où l’entendait l’économiste Joseph Schumpeter, c’est-à-dire celle d’un innovateur, qui sait sortir des sentiers battus et réussit par son charisme à vaincre les résistances au changement de ses collaborateurs, des financiers ou des clients. La clé de cette différenciation se joue cependant moins sur le plan de l’innovation technologique proprement dite que sur celle, plus délicate, de la compréhension des attentes latentes des consommateurs.»
Dans la présente campagne électorale, les stratèges de l’Union Démocratique du Centre ne parviennent pas à dicter l’agenda comme ils l’avaient fait il y a quatre ans. Cette manifeste perte d’influence, ils ont de quoi la compenser: on estime que la «machine à fric» de l’UDC a produit un trésor de guerre de 20 millions de francs, lui permettant de dépenser à elle seule davantage que tous les autres partis réunis pour les élections nationales de cet automne.
Le fléchissement de l’UDC rend particulièrement intéressants les éclairages donnés par deux publications récentes sur ce parti qui se revendique porteur de suissitude parfaite et s’avère en réalité tout à fait unschweizerisch. Cela dans la mesure où il se montre très peu porté sur les attributs du système helvétique, fait de compromis, d’arrangements et d’atermoiements aussi énervants que finalement efficients.
La majorité du Grand Conseil zurichois veut interdire aux bénéficiaires de l’aide sociale de posséder ou de louer un véhicule automobile. Ainsi réapparaît, s’il avait jamais disparu, le cliché du pauvre incapable de gérer son quotidien et qu’il faut mettre sous tutelle.
Déjà lors de l’annonce de son départ d’Apple le 24 août dernier, les commentaires et les réactions m’avaient entraîné du côté de la marchandise et de son fétichisme (Marx). Plus fort encore avec Steve Jobs, celui-ci dépassait l’expression du fétichisme de la marchandise pour l’agréger autour du fétichisme de l’homme. On touchait ainsi aux questions de la dévotion et mysticisme. Jamais probablement une entreprise et ses produits n’ont été aussi indissociables de son dirigeant aux yeux de ses contempteurs comme de ses détracteurs. Et réciproquement.
Dans les réactions qui n’ont pas manqué tout au long de la journée d’hier, Jean-Marc Proust dans Slate exprime au mieux mon sentiment.1 Fort judicieusement, Jean-Marc Proust cite Guy Debord et sa Société du spectacle :
«Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le cœur de l’irréalisme de la société réelle. Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne.»
Le fétichisme de la marchandise de Marx à l’ère de la consommation a été développé aussi par Jean Baudrillard pour expliquer les sentiments subjectifs qu’éprouve le consommateur envers les biens de consommation. Dans ce cadre-là, la publicité ajoute une mystique culturelle aux produits qu’elle vante. Le consommateur achète ensuite le produit en ayant l’illusion de s’en approprier les vertus.
Considéré par certains spécialistes comme la meilleure publicité jamais produite, le clip publicitaire diffusé mondialement à la veille du 24 janvier 1984 pour présenter le premier Macintosh illustre le basculement du monde initié par Apple où une voix proclame
«Le 24 janvier 1984, Apple Computer va introduire Macintosh. Et vous verrez pourquoi 1984 ne sera pas comme“1984”.»
Comme l’indique fort bien Mediapart, Steve Jobs a été ainsi un ingénieur en émotions.2
Steve Jobs et Apple, ce sont aussi une mise en pratique du concept bourdeusien de la distinction3 pour Jacques Proust:
Avoir un iPhone a permis à ses premiers possesseurs d’afficher à la fois leur capital économique, social et culturel (car il y a, semble-t-il, une «culture Apple»). Mais cette distinction n’avait pas vocation à rester confidentielle. L’enjeu pour Apple a toujours été de transformer l’innovation en prosélytisme pour s’imposer sur un marché mondialisé.
Dix ans après la publicité du Macintosh, Umberto Eco rédigeait dans les colonnes de l’Espresso une chroniqueérudite et amusante sur l’opposition d’alors entre le Mac et le DOS, ancêtre de Windows. Une chronique récemment remise au goût du jour par Framablog4
Le fait est que le monde est divisé entre les utilisateurs d’ordinateurs Mac et les utilisateurs d’ordinateurs compatibles MS-DOS. Je suis entièrement convaincu que le Mac est Catholique et le DOS Protestant.
En effet, le Mac est contre-réformiste et a été influencé par le ratio studiorum des Jésuites. C’est un système gai, convivial, amical, il dit au croyant comment il doit procéder étape par étape pour atteindre – sinon le Royaume des Cieux – le moment où le document est imprimé. C’est une forme de catéchisme : l’essence de la révélation est abordée au moyen de formules simples et d’icônes somptueuses. Chacun a droit au Salut.
DOS est Protestant, voire Calviniste. Il permet la libre interprétation des écritures, réclame des décisions personnelles difficiles, impose une herméneutique subtile à l’utilisateur et tient pour acquis que tout le monde ne peut pas atteindre le Salut. Afin de faire fonctionner le système, il faut interpréter soi-même le programme : loin de la communauté baroque des fêtards, l’utilisateur est enfermé à l’intérieur de la solitude de ses propres tourments.
Avec la mort de Steve Jobs, certains craignent que désormais l’utilisateur des produits Apple se retrouve lui aussi enfermé à l’intérieur de sa toute nouvelle solitude traversé par mille tourments. Que faire? Avancer la canonisation de l’apôtre ! L’hagiographe5 a déjà été désigné du vivant du fondateur. Il s’appelle Walter Isaacson. La publication de son hagiographie a été avancée du 21 novembre au 2 novembre.6 De son vivant, Steve Jobs avait déjà posé les jalons de celle-ci lors d’un discours dispensé en 2005 aux nouveaux diplômés de l’Université de Standford. Les aficionados orphelins n’ont pas manqué hier d’en diffuser la vidéo:
Et, à la suite de Jean-Marc Proust, on aime à penser que Jobs a rejoint Bourdieu, Marx et Debord à qui il a apporté cet iPhone 5 que personne n’a encore vu.
Si l’on en croit certains observateurs de la vie politique suisse, l’UDC suisse aurait opté pour un marketing politique soft (ou mou). Ceci afin de lisser son profil pour lui permettre de conquérir des sièges aux États. État des lieux.
Notons en préambule que sa campagne concernant son initiative sur l’immigration sur fond de bruit de bottes est d’un mou douteux.
«Tu constateras que les pieds appartiennent visiblement tous à des hommes adultes, six en arrière-plan plus un au premier plan. Sans vouloir trop caricaturer on ne retrouve aucune chaussure féminine, ni une petite pointure qui pourrait suggérer un pied d’enfant.
Sept immigrants, sept hommes adultes, de quoi faire péter toutes les statistiques.
En effet, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique de 2009, 47% des immigrés étaient des femmes, et 17% des enfants. La raison de ne pas les représenter sur l’affiche est facile à comprendre, un enfant inspire la pitié et l’image des femmes est moins attachée au concept de la délinquance que celle des hommes.
Ici on représente le mâle dangereux, celui qui vole et vend de la drogue, pas l’enfant qui fuit son pays avec sa mère. L’affiche joue grossièrement avec notre peur primaire, pour changer.
Alors que si on équilibre les proportions, que l’on enlève le mot « massif » abusif et que l’on change une ponctuation, le résultat est tout autre.»
Il poursuit en nous proposant cette affiche :
Lors du débat sur les Fédérales vaudoises organisé par la TSR à Lucens, j’ai aussi réalisé qu’en la matière, et cela rejoint les propos de Gael d’une autre manière, la «Weltanschaung» de ce parti se conjugue avec la Suisse des années 60/70 et du travailleur saisonnier italien. Une époque où l’immigré est un travailleur peu ou pas qualifié. Or, aujourd’hui, nos besoins en mains d’oeuvre étrangère concernent une main d’oeuvre fortement qualifiée qui ne colle nullement avec leur affiche. Comme pour l’école, le retour dans le passé comme solution d’avenir est un leurre.
L’UDC « molle » s’incarne certainement mieux dans son spot publicitaire diffusé dans les salles de cinéma:
Mou peut-être, cliché sûrement. La cible? Le public féminin.
Dans tous les cas, les codes de la pub sont bien présents et le spectateur attend la marque ou le produit. Une nouvelle fois les moyens mis sont considérables tant par rapport à la réalisation que la diffusion. Il s’agit de faire parler de soi (et c’est réussi). Par contre, il n’y a pas de contenu politique, si ce n’est une forme de machisme affirmé. La mollesse se conjugue avec une forme de vide.
Une contre-pub a été filmée et publiée sur YouTube. Elle est l’oeuvre d’un collectif intitulé « IndignezVousCH »
Celle-ci a été tournée avec de moyens nullement comparables et un espace de diffusion forcément plus restreint. Le détournement est-il réussi ? Difficile à le dire en la matière. Les réactions spontanées de spectatrices dans les salles de cinéma ont probablement été plus efficaces.
Mais si l’UDC tend parfois à une forme de «mollesse», celle-ci n’est que passagère ainsi que le démontre ces affiches qui fleurissent à nos coins de rue par la «grâce» des jeunes UDC:
Au final, à part réussir à faire parler d’elle, ces différentes affiches et ce spot illustrent peut-être les limites d’une démarche et l’essoufflement d’un discours qui peine à sortir des vieilles antiennes. Après les moutons de 2007, les bottes de 2011 peinent à surprendre et à renouveler le genre. Leur discours politique radote : tous nos problèmes ou presque n’auraient qu’une cause unique : l’immigration. C’est court et léger pour revendiquer deux sièges au gouvernement au-delà de l’aspect arithmétique.1
Nota bene : dans le carde des élections fédérales, nous utilisons l’abréviation EF2011 pour des articles en lien avec ce sujet. Je prends ainsi le mot-clé utilisé par la rubrique multimédia de la RSR pour les fédérales 2011 et son journal politique quotidien : #EF2011, le quotidien politique : http://paper.li/RSRinfo/1308736596
Du court et léger qu’incarne déjà parfaitement leur conseiller fédéral. [↩]