
Panneaux électoraux, présidentielles 2007, 1er tour, Nogaro (Gers), avenue Daniate, 15/04/2007 (photo: Agnès Maillard, blog.monolecte.fr/).
Présidentielles françaises : le tournant? (du 29 mars 2007) est actuellement l’article le plus consulté de ce blog et très largement. Ce résultat me paraît très significatif de l’état de fébrilité existant actuellement autour des résultats du premier tour de la présidentielle française.
Autre signe de cette fébrilité, certains me demandent si dimanche soir je publierai sur mon blog suisse avant 20 heures les premières estimations des instituts de sondage (1).
Paradoxalement, cette fébrilité autour des sondages vient aussi de leur caractère plus que douteux depuis le coup de tonnerre du 21 avril 2002 alors qu’ils n’ont jamais été aussi présents qu’en 2007. La fébrilité doit gagner les instituts de sondage eux-mêmes, car ils jouent gros en ce 22 avril 2007. Imaginons leurs têtes, vos têtes, si la finale présidentielle opposait Ségolène Royal à Jean-Marie Le Pen ou Ségolène Royal à François Bayrou ou François Bayrou à Jean-Marie Le Pen?
Pourtant sans cesse, y compris votre serviteur, nous nous y référons, scrutons les tendances ou leurs inflexions.
Ce sont eux le vrai sujet au centre de la campagne de ce premier tour, pas les programmes des candidats. En effet, Ségolène Royal remonte au deuxième tour dans les sondages face à Nicolas Sarkozy et c’est le principal seul argument du vote François Bayou au premier tour qui s’effrite s’effondre.
Par ailleurs, à leur sujet, je m’interroge sur la part importante de sondés encore indécis : dans quelle mesure correspond-elle à la réalité ou est-ce un moyen pour les instituts de sondage de se défausser sur ces indécis en cas de plantage en grande largeur de leur part dans la soirée nuit électorale du premier tour?
Premièrement, l’action de la majorité présidentielle sortante est jugée calamiteuse par tout le monde. Or, c’est à Nicolas Sarkozy qu’il appartient de défendre ce bilan. Principalement concernant la question de l’insécurité puisque c’est sur ce thème que non seulement Jacques Chirac a axé sa campagne en 2002, mais que le ministre Nicolas Sarkozy a incarné, jusqu’à sa caricature, la politique de la majorité présidentielle depuis 2002.
Deuxièmement, je m’étonne que la majorité acquise par le PS et la gauche dans les Régions ne soit pas mieux prise en compte dans l’équation de cette présidentielle. Je manque d’ailleurs d’information à ce sujet : satisfaction, rejet, doute sur l’action des président-e-s et des majorités socialistes/gauche de ces Régions? Dans tous les cas, ces majorités acquises contrebalancent, à mon avis, la faiblesse des intentions de vote portées sur des candidats de gauche. Elles indiquent à nouveau le rejet de la majorité à la tête de la France depuis 2002.
Troisièmement, dans aucun sondage et sur la longue durée, François Bayrou ne dépasse Ségolène Royal au premier tour. Sans le 21 avril 2002, cela suffirait à clore la question. De plus, le vote François Bayrou n’est que minoritairement un vote d’adhésion à son égard. Il est doublement dépendant du rejet de Nicolas Sarkozy ou du rapport des électeurs avec Ségolène Royal (surtout sur ses chances à l’emporter face à Nicolas Sarkozy au deuxième tour), voire de la crainte d’un affrontement final entre NicolasSarkozy – Jean-Marie Le Pen.
Quatrièmement, à titre personnel, je suis impressionné par la confiance inoxydable en elle-même et dans les Français qui habite Ségolène Royal. Pas une semaine, sans qu’une tentative de déstabilisation n’apparaisse dans le champ médiatique, et pourtant elle n’a pas «pété les plombs» et elle a continué à tracer son sillon. J’incline à penser que cela jouera un rôle non négligeable dans sa qualification au second tour et dans son élection au deuxième tour.
D’autre part, la comparaison avec les deux dernières élections italiennes me frappe. Elle tient dans la mainmise des médias par le clan Sarkozy à l’instar de Silvio Berlusconi en Italie. Pour leur part, l’adhésion au club Nicolas Sarkozy ressemble à l’adhésion aux clubs Forza Italia, car elle se base sur le principe de l’adhésion de supporters dans les clubs de football. Sur ce point, Désir d’avenir de Ségolène Royal en est une réponse et non un simple couper/coller, car la différence fondamentale tient les débats participatifs qui sont organisés par Désir d’avenir (vous connaissez des débats participatifs vous dans les clubs de supporters ou chez Nicolas Sarkozy?). Elle tient aussi dans les rapports plus que troubles de Nicolas Sarkozy avec le Front national auxquels correspond l’alliance entre Forza Italia et le parti de M. Fini. Enfin, le caractère d’un vote référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy finit de dresser le parallèle avec la dernière campagne italienne.
Et alors au final? J’incline à penser que si surprise il doit y avoir au premier tour, elle devrait concerner au premier titre Nicolas Sarkozy. Il est d’ailleurs tellement tout azimut de Jaurès au quasi accord avec le Front national qu’il finira par être nulle part.
Pour le deuxième tour, je vous incite à lire les résultats suivant d’un sondage BVA: Royal devant Bayrou et Sarkozy en souhait de victoire, selon BVA. La capacité d’adhésion s’ajoutant ici au rejet suscité par la candidature de Nicolas Sarkozy.
(1) Evidemment, si je souhaite créer du buzz autour de ce blog, cela représenterait un intéressant coup de pub. De l’autre, j’incline à penser que la nuit sera avancée avant que les choses soient claires. Enfin, j’aurai peut-être autre chose à faire en fin de dimanche. Dans tous les cas, je vous incite, ceux que cela intéresse à vous connecter sur des sites de dépêches suisses d’informations :
- edicom.ch
- swisstxt.ch
- ou alors à vous brancher sur le Téléjournal suisse, via tsrinfo.ch, diffusé en direct d’ailleurs sur le net, à 19h30.
- La Radio suisse romande prévoit elle dès 18h00 son émission Forum en direct de Paris. Il est possible d’écouter l’émission en ligne.
Compléments
Juste après la rédaction de mon article, je découvre l’article suivant d’Agoravox Comme un parfum d’incertitude flottant sur la marmite électorale. Il va dans un sens voisin au propos de ce billet.
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