Conseil fédéral – élection d’Ignazio Cassis – les gagnants et les perdants

Ce matin, dès le 2ème tour, le favori Ignazio Cassis a été élu au Conseil fédéral en remplacement de Didier Burkhalter, démissionnaire. Petit tour d’horizon personnel des gagnants et des perdants de cette élection.

Les gagnants

En premier lieu, et bien évidemment, Ignazio Cassis s’est imposé après seulement deux tours. Il était depuis le début le favori, un statut qui n’est pas forcément une position enviable dans une telle élection en Suisse. Sa stratégie a consisté à ne prendre aucun risque. C’était aux deux autres prétendants à prendre des risques pour le déstabiliser. Pierre Maudet partait de trop loin pour rendre la chose possible. Isabelle Moret n’a jamais su le faire.

En second lieu, le PLR tessinois, et avec lui le canton du Tessin. La stratégie du PLR tessinois de présenter un seul candidat.e a été critiquée, à juste titre concernant la question de la représentation féminine au Conseil fédéral, mais les gagnants ont toujours raison.

En troisième lieu, la droite du parlement fédéral a, cette fois-ci, traduit le résultat des élections fédérales de 2015 dans les faits. Ce n’est évidemment pas une satisfaction me concernant, mais c’est ainsi. Si ce prochain dimanche la prévoyance vieillesse était refusée, le triomphe sera complet et l’opposition de gauche à la réforme aura véritablement joué le rôle de l’idiot utile en faveur de cette droite de régression sociale.

On ne manquera pas de s’en rendre compte rapidement dans la reprise du dossier des retraites au niveau fédéral. Les lendemains ne manqueront pas d’être difficiles.

En quatrième lieu, dans les vainqueurs, je citerai les lobbys de tout poil qui pullulent au Parlement. Lobbyiste incontestable et très assumé 1, Ignazio Cassis donne des ailes aux lobbyistes du Parlement fédéral et pour ceux à venir.

Enfin, je citerai Pierre Maudet. Certes il n’a pas été élu, mais il partait de très très loin. Sa campagne n’en a pas moins été étonnante. Il a su mettre en avant ses qualités et développer des propositions et une vision claire pour la Suisse. Il a su également s’entourer d’une équipe de campagne très efficace. Il s’est imposé comme le candidat de l’ouverture et du devenir suisse 2. Il n’a aucune raison de rougir de son score. Bien au contraire.

Les perdants

En premier lieu, pour moi, les femmes sont clairement les grandes perdantes de cette élection. Le score d’Isabelle Moret est une gifle pour toutes les femmes. L’écart d’Isabelle Moret avec Pierre Maudet (28 voix ”contre” 90 voix) est abyssal. C’est probablement aussi le résultat de l’absence d’une véritable politique de promotion des candidatures féminines à droite et de leur faible représentativité aux Chambres fédérales. Cette faiblesse est éclairante du fait que, parmi les parlementaires fédérales latines, le seul nom cité a été celui d’Isabelle Moret. Cette absence de candidatures potentielles de qualité a notamment permis à Pierre Maudet de se lancer dans la course et à Ignazio Cassis de rester constamment dans sa zone de confort.

J’ajoute que les attaques à propos de la situation privée d’Isabelle Moret ainsi que les propos entendus notamment de la part d’Ueli Maurer sur la Télévision suisse romande, indiquant que la place d’une mère de famille avec de jeunes enfants est à la maison et non au Conseil fédéral font régresser de quarante ans la condition des femmes non seulement en politique, mais également dans la société en général. Là aussi, le discours sur la nécessaire cohésion nationale s’apparente à un inquiétant retour en arrière.

Découlant des propos ci-dessus, Isabelle Moret est la seconde grande perdante de l’élection. Sa campagne n’a jamais décollé en raison des ses atermoiements constants. Elle en paie le prix fort avec un score comparativement très faible face à celui de Pierre Maudet alors qu’elle se devait de faire jeu égal avec Ignazio Cassis. La suite de sa carrière politique s’annonce délicate, car, avec dans deux ans l’élection plus que probable de Jacqueline de Quattro au Conseil national, son score et sa campagne ratée offre un boulevard à Christelle Luisier dans la course au Conseil d’Etat vaudois. Parlementaire de longue date, ayant déjà échoué pour accéder au Conseil des États en 2011, même sa réélection au Conseil national pourrait s’avérer délicate.

En dernier lieu, l’ouverture de la Suisse sur l’avenir et le monde a pris un nouveau coup sur la carafe. Contrairement à l’élection de Guy Parmelin, le Parti socialiste n’a pas su ou pu tirer son épingle du jeu pour rendre cette ouverture possible sur le monde. Pour qu’un véritable espoir puisse être possible, il aurait fallu que ce soit Isabelle Moret, et non Pierre Maudet3, qui l’incarne. Cependant, même si cela avait le cas, seule l’issue aurait été probablement plus incertaine et l’écart encore plus serré. Un score plus serré aurait mis en évidence non pas une trompeuse cohésion nationale, mais bien plutôt deux Suisses. C’est sur un tel constat que la recherche d’une véritable cohésion nationale serait rendue possible. A la place, on aura un discours mantra sur la cohésion nationale, vide de mesures réellement concrètes pour la rendre effective.

A cette lumière et à nouveau, le vote de dimanche prochain donnera des indications significatives sur la recherche ou non de solutions réelles de compromis. Ces solutions sont à la base depuis quatre-vingt ans avec la Paix du travail de toute avancée dans le sens d’une amélioration de notre cohésion nationale et au bénéfice du plus grand nombre d’habitant.e.s de ce pays.


  1. Contrairement à Isabelle Moret qui n’a cessé de louvoyer avec cette question-là, comme avec celle de la représentation féminine. ↩︎
  2. Ignazio Cassis a passé comme le candidat de la cohésion nationale, mais il faut admettre que dans le contexte actuel, cette recherche d’une cohésion nationale s’apparente à un énorme repli sur soi.

    En outre, le profil d’Ignazio Cassis est celui d’une tendance extrêmement libérale, voire ultralibérale, pour la Suisse. Cette tendance ne coïncidera pas forcément dans les faits avec la recherche de cette cohésion nationale invoquée comme un mantra durant la campagne, mais jamais confrontée aux positions exprimées par le candidat. Il y a là clairement un hiatus. A moins qu’Ignazio Cassis endosse, à la suite de son élection, le costume de l’homme d’Etat. ↩︎

  3. Merci néanmoins à ce dernier d’avoir développé un discours, une vision et des propositions tournés vers l’avenir et l’extérieur. Son score laisse une marge d’espoir pour la suite. ↩︎

D. Trump président de l’ère de la TV réalité

Christophe Lachnitt est un spécialiste de la communication. Il est également passionné par les Etats-Unis, les nouvelles technologies et la politique. Son blog Superception couvre trois univers : la communication, le marketing et le management. Dans un billet daté de février 2017, il revenait sur sa conviction, formulée au lendemain de l’élection du miliardaire, que le moteur de la communication de D. Trump était la télé-réalité. Le drame de Charlottesville l’amène à réévaluer cette stratégie de communication, ses limites révélées et la résilience démocratique de la Société américaine face au Président.

Dans son billet, Le vrai moteur de la communication de Donald Trump n’est pas Twitter, après avoir rappelé ce qu’il avait écrit au lendemant de l’élection du miliardaire.

De même que Franklin D. Roosevelt avait été le candidat de la radio, John F. Kennedy celui de la télévision et Barack Obama celui des réseaux sociaux, Donald Trump a été le candidat de la télé-réalité dont il maîtrise et exploite les codes narratifs.

Il présentait en quoi la télé-réalité se distingue de la télévision traditionnelle en pervertissant quatre de ses fondamentaux.

Elle dénature :

  1. Le besoin de divertissement en addiction au voyeurisme.
  2. La présentation de la complexité de la nature humaine en réduction de chaque individu à un ou deux stéréotypes simplistes.
  3. Le goût du public pour la compétition en encouragement à la violence symbolique et glorification des “méchants”.
  4. Les téléspectateurs en télé-acteurs ayant parfois droit de vie ou de mort médiatique, par leurs votes, sur les participants à ces émissions.

Après avoir développé les quatre points, Christophe Lachnitt expliquait pourquoi cette stratégie est parfaitement adaptée à la dissolution du paysage médiatique et la cristallisation de la défiance démocratique dont souffre aujourd’hui l’Amérique.

Si le constat sur la désintermédiation associée au premier phénomène est bien connu, le “Trust Barometer” annuel récemment publié par Edelman révèle des données alarmantes sur le second :

  • une minorité d’Américains font confiance au gouvernement (37%) et aux médias (35%) ;
  • une majorité d’Américains (57%) estiment que le système politique et économique ne fonctionne pas ;
  • Trump a remporté la majorité des suffrages des Américains dont les inquiétudes et déceptions s’expriment désormais par un sentiment de peur.

Après le drame de Charlottesville, Christophe Lachnitt est revenu sur la stratégie de D. Trump (Face à Donald Trump, la Société américaine teste sa résilience démocratique). Pour lui, jusque-là sa stratégie « avait relativement réussi, au sens où les médias d’information sérieux n’avaient pas révélé la vraie nature du candidat puis Président républicain malgré ses dérapages à répétition. »
Il ajoute en outre que les médias étaient enfermés dans un triple piège. Le premier est «celui de leur propre déontologie et d’une objectivité journalistique aussi idéalisée que chimérique qui les porte à présenter de manière équilibrée les deux parties en présence ».
Cependant, avec ses propos après Charlottesvile, D. Trump semble, pour Ch. Lachnitt, avoir touché aux limites de sa stratégie :

Mais, en s’attaquant cette semaine au tabou ultime des Etats-Unis, les relations inter-ethniques, le Président semble avoir touché la limite de sa stratégie : sa propre confusion mentale et morale pourrait finir par prévaloir sur la confusion qu’il a voulu instiller dans les esprits américains.

Durant deux ans, il a testé l’élasticité des valeurs de la démocratie américaine et celles-ci ont démontré leur souplesse… ou leur manque de structure quand il s’est agi du respect des handicapés, des musulmans, des latinos-américains ou de la concorde politique. Les relations inter-ethniques, elles, revêtent une toute autre importance symbolique : elles fondent la Société américaine du melting pot tout en menaçant en permanence son équilibre.

Ce faisant Donald Trump met la Nation au pied du mur de sa prise de conscience politique et morale à son endroit.
Dès lors la question que se pose Ch. Lachnitt en conclusion de son article est la suivante :

En définitive, cette crise sans précédent ne nous apprend rien sur Donald Trump dont il suffisait de suivre la campagne (ou de lire Superception) pour connaître la vraie nature. Mais elle va nous apprendre beaucoup sur l’Amérique et sa capacité à préserver son idéal démocratique et, plus prosaïquement, ses intérêts politiques. C’est dans les difficultés que les nations, comme les individus, se révèlent. L’heure de vérité est arrivée.

D’autant que pour Lachnitt,

aujourd’hui, les Etats-Unis n’ont pas de grande figure morale, dans les univers politique, médiatique ou culturel, susceptible de mettre les dirigeants, au premier rang desquels ceux du Parti républicain, face à leurs responsabilités.

Il appartient donc à la société civile de faire le job.

Le président Donald Trump est désormais un sympathisant néo-nazi

Acte terroriste néo-nazi et suprémaciste de Charlottesville. Hier Donald Trump est revenu sur sa déclaration de lundi condamnant les Néo-Nazis et les suprémacistes blancs en renvoyant mardi la faute également sur les mouvements antiracistes. C’est une transgression sans précédent dans l’histoire américaine. Cette transgression en fait de facto, et ad minima, un sympathisant néo-nazi.

Pour le Washington Post, en tenant de tels propos, D. Trump a attisé les flammes de la division raciale et, ce faisant, il a échoué à un test crucial de sa présidence.

« Trump’s remarks represented a rebuke of the broad array of political, civic and cultural leaders who had called on him over the past several days to clearly and firmly denounce the hate groups and offer support for the victims of the violence. Under mounting pressure to set a clear moral tone for the nation, he instead lashed out defensively against criticism that he had fanned the flames of racial divisions and, in doing so, failed a crucial test of his presidency.
During the remarks — which caught senior aides watching from the lobby by surprise — Trump appeared far more passionate in defending many of the rally participants than he had in his more muted denunciation of the Ku Klux Klan and neo-Nazis a day earlier at the White House, where he read from prepared remarks. Visibly irritated, he parried with reporters and spoke over them, refusing several times to let them cut him off. »

Le schéma suivant du Washington Post illustre les zigzags de D. Trump concernant l’acte terroriste de Charlottesville :

 

Après ce nouveau revirement, les réactions politiques provenant tant du camp républicain que démocrate condamnent fermement, et plus largement qu’après sa première déclaration du 12 août, les propos de D. Trump. Le Washington Post les tient à jour ici.
Pour Richard Wollfe, chroniqueur de la politique américaine pour le Guardian, « Donald Trump the neo-Nazi sympathizer has achieved what Donald Trump the president has singularly failed to do: unite the nation ». Il a réussi créer un front bi-partisan… contre lui. Par ailleurs, pour le Guardian, cette dernière déclaration lève les (dernières) ambiguïtés concernant la véritable posture de Donald Trump à propos des néo-nazis, des suprémacistes blancs et racistes de tout poil américains en titrant sans équivoque The president of the United States is now a neo-Nazi sympathiser.

Si les propos de Donald Trump indiquant qu’il y avait aussi des gens biens dans l’alt-right vous interpellent, je vous encourage à regarder Mississipy Burning d’Alan Parker :

Vous pouvez aussi regarer le documentaire sur l’histoire réelle inspirant le film :

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p dir= »ltr »>Jusqu’à hier, je pouvais le regarder en pensant qu’il s’agissait d’une époque heureusement révolue. Depuis aujourd’hui, je me dis qu’il s’agit d’un film qui nous indique ce que demain pourrait être…

Le dilemme de Donald Trump 

Un très bon article sur la parole institutée dans les sociétés démocratiques confrontées au populisme et à l’extrémisme appliquée au cas de D. Trump.

Sa conclusion :

Pour parvenir à se présidentialiser, Donald Trump va devoir donc doit canaliser sa parole et accepter les conseils même s'ils s'opposent à son instinct. Mais en faisant cela il risque aussi de perdre encore plus de popularité, alors même qu'il atteint déjà des sommets de défiance. Plus que jamais le discours populiste, à moins de faire changer profondément le régime, devient difficilement conciliable avec l'exercice démocratique du pouvoir.

L’article : http://www.huffingtonpost.fr/pierre-emmanuel-guigo/donald-trump-aura-t-il-un-jour-letoffe-dun-president_a_23063297/

D. Trump et la Russie : une collusion d’escrocs de seconde zone et de parasites ?

Joshua Yaffa, correspondant du New Yorker à Moscou et membre du think tank New America, écrit depuis des mois sur Donald Trump, Vladimir Poutine et le scandale des liens entre la campagne de Trump et la Russie, qui devient chaque jour de plus en plus intéressant. Il a récemment écrit sur la frustration de nombreux journalistes russes face à la couverture médiatique américaine de l’affaire russe, qui à leurs yeux exagère l’influence directe de Poutine sur divers aspects de leur société et présente l’intelligence des hommes et des femmes du Kremlin sous un jour bien plus favorable qu’il n’y a lieu.

Yaffa et Isaac Chotiner ont récemment eu une discussion sur ces sujets par Skype. Les extraits choisis offrent une compréhension du fonctionnement de la Russie de Poutine et un éclairage saisissant des relations entre D. Trump et la Russie («la collision d’escrocs de seconde zone et de parasites»).

Isaac Chotiner: Comment un peu plus de cinq années à Moscou ont-elles changé votre perspective de ce scandale?

Joshua Yaffa: […] ce qui me rapproche parfois de la perspective de mes collègues russes c’est que j’ai observé pendant plusieurs années le mode de fonctionnement de cet endroit–et quand je dis «cet endroit», je veux dire Poutine, le Kremlin, l’État russe. Et je vois que, même si l’aspiration à être un empêcheur mondial et machiavélique de tourner en rond, décidé à chambouler les projets les mieux conçus des États-Unis et de l’Occident en général ne lui est pas totalement étrangère, le plus souvent la réalité est que Poutine règne sur une machine assez dysfonctionnelle, quasi cassée et définitivement très corrompue, dépourvue des pouvoirs néfastes et tout-puissants d’une super-structure façon méchant de James Bond. […].

[…]

Alors est-ce que votre théorie de ce grand scandale est que le gouvernement russe essayait certaines choses pour semer le chaos dans les élections en espérant créer une pagaille sans vraiment de conséquences et, avec un peu de chance, que cela aiderait Trump, et qu’au final il a eu plus de bol qu’il n’en aurait jamais rêvé?

En gros c’est ça, oui. Je crois que même dans ses rêves les plus fous, Poutine n’aurait jamais pensé que les Américains seraient capables de s’infliger un truc pareil, et c’est pourtant ce qui est arrivé au final. Ce sont les électeurs américains qui ont porté Trump au pouvoir, pas les électeurs russes.

[…]

Dans ce cas, pourquoi tenter à ce point de faire pencher la balance?

[…]

Ils voyaient la présidence Clinton comme une vraie menace, et tout ce qu’ils pouvaient faire pour l’affaiblir en chemin, jeter le doute sur son élection et, plus tard, sa présidence, aurait été accueilli favorablement. Et au-delà de l’idée d’affaiblir Clinton, je pense que le plus grand avantage qu’ils voyaient à une interférence dans les élections, quelle qu’en aurait été l’issue, était simplement d’affaiblir les institutions mêmes de la démocratie américaine, et ce faisant de semer le doute, l’incertitude et le chaos. Le simple fait de jeter de la boue sur les rouages du système démocratique américain ne pouvait être que positif pour la Russie, quel que soit le résultat des élections.

[…]

Est-ce que l’affaire Donald Trump Jr. a changé votre opinion sur le scandale?

Non, pas vraiment. Je n’ai jamais pensé qu’une collusion ou que quelque chose d’approchant était improbable ou impossible, donc le voir dans le détail n’a pas été un choc. […]. Même si ce n’était pas un grand complot du Kremlin pour faire élire Donald Trump, et que c’était juste la collision d’escrocs de seconde zone et de parasites, le fait est qu’ils se sont retrouvés emmêlés là-dedans et qu’ils semblent avoir des contacts haut placés ici, à Moscou. […]

[…]

Ce qui m’a attiré l’attention, et là je parle de la période d’avant WikiLeaks, c’est que quelqu’un puisse écrire dans un mail à Donald Trump Jr.: «Il s’agit évidemment d’informations de très haut niveau et très sensibles mais cela vient de Russie et c’est un soutien du gouvernement pour Monsieur Trump» sans que personne ne cille ni ne demande «Mais de quoi diable parlez-vous?»

Cela pose une question qui à mon sens s’applique à tout un pan de l’histoire, qui est que les réponses à certains de ces mystères se trouvent en Amérique, à l’intérieur de la dynamique de la campagne de Trump et de la famille Trump. Pourquoi Donald Trump Jr. s’est avéré un conspirateur aussi mauvais et raté sans la moindre intelligence de la manière dont se conduisent les sales affaires de la politique, c’est davantage une question pour Trump Jr. Pourquoi il n’a pas réagi à quelque chose qui aurait dû faire réagir n’importe quel politicien sain d’esprit, ou n’importe quel citoyen américain.

[…]

L’interview complet : «Poutine n’aurait jamais pensé que les Américains seraient capables de s’infliger un truc pareil» | Slate.fr

Vu d’Allemagne. La nouveauté Macron, symptôme d’une France à bout de souffle | Courrier international

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, quasi inconnu il y a peu, n’aurait pas pu se produire dans un pays en bonne santé, juge la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Ce changement radical rappelle celui qui se déroule aux États-Unis.

« Il y a quelques années encore prévalait cette règle d’or : les démocraties vivaient du centre ; les fortes fluctuations à droite ou à gauche n’étaient pas de bon augure et aussi ne se produisaient-elles guère. Aujourd’hui, cette règle semble avoir disparu. La droite et la gauche sont des points cardinaux qui s’estompent en politique. En France, comme dans les autres démocraties occidentales, règnent le chic de la radicalité, le glamour du chef, la promesse du révolutionnaire. Dans le pire des cas, cette promesse vient sous la forme d’un Donald Trump ; dans le meilleur, elle porte le nom d’Emmanuel Macron.Oui, le président français a l’étoffe d’un chef populiste. Son ascension est extraordinaire. Il a créé un mouvement populaire en un rien de temps. Son arrivée à la présidence et son époustouflante victoire aux législatives ne tiennent qu’à sa personne. Et tout ce pouvoir accumulé si vite doit mettre la puce à l’oreille. Comment un jeune homme politique peut-il, quasiment du jour au lendemain, rassembler un pays derrière lui ? Un système politique qui fonctionne ne s’effondre pas ainsi. Pour saisir l’ampleur de la révolution française qui est en train de se dérouler sous Macron, imaginez un instant que la CDU [Union chrétienne-démocrate, centre droit] et le SPD [Parti social-démocrate, centre gauche] passent à la trappe en un seul cycle électoral. Il se pourrait que quelque chose ne tourne pas rond. »

Source et la suite : Vu d’Allemagne. La nouveauté Macron, symptôme d’une France à bout de souffle | Courrier international

Source de l’image : Sur le cheval : “Syndicats”. Dessin de Tom, Pays-Bas.