Géopolitique de « Rogue One » (ou comment dire au revoir à l’Amérique)

Vincent Lowy, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Lorraine, nous offre une brillante et fouillée analyse de la serie Star Wars et plus particulièrement de son dernier avatar «Rogue One».

Dark Vador, idole affichée de Steve Bannon.  Pixabay

Dark Vador, idole affichée de Steve Bannon. Pixabay

Pour Lowy, Rogue One est un des premiers jalons culturels de l’ère Trump. Ce film est au leader populiste ce que Hairspray (2007) a été à Obama : un retentissant manifeste pour l’Amérique à venir.

Hanté par les fantômes numériques d’acteurs disparus, ce film boucle une boucle absurde et autoréférentielle, concluant implicitement à l’impossibilité d’un avenir commun dans une Amérique déchirée, où couve une guerre civile de basse intensité.

Alors que

le modèle des premiers films de la saga était en réalité le cinéma rooseveltien de l’âge d’or, en particulier les films de Frank Capra : La guerre des étoiles, c’est Monsieur Smith au Sénat. Les sénateurs corrompus et les prévaricateurs professionnels doivent s’incliner devant l’idéalisme boy-scout et l’exercice d’une presse indépendante. Seul le retour in extremis aux valeurs des pères fondateurs d’un certain nombre de figures nixoniennes et mélancoliques permet de maintenir la foi dans la République.

Si comme le suggère Ian Doscher cité par Lowy, les rebelles de Rogue One ont l’allure des terroristes qui minent le moral de l’Occident et des gagnants de la mondialisation,

c’est que la dépression post-11 septembre touche désormais au cœur du narcissisme américain et de son envahissante psyché. Il n’y a désormais plus de conversion possible dans cette Amérique en guerre contre elle-même, où les médias traditionnels sont supplantés par des sites conspirationnistes qui menacent leur rôle historique de gardien de la démocratie.

Lowy en conclut que

Dans ce monde-là, les mauvais pères sont appelés à le rester…

À lire : Géopolitique de « Rogue One » (ou comment dire au revoir à l’Amérique)

Prolongement : Les paradoxes temporels du nouveau « Star Wars »

Verbatim : Les traces du totalitarisme

Si Hannah Arendt me semble être une source stimulante pour comprendre l’ère post-vérité, ce n’est pas seulement parce qu’elle a écrit ce texte en 1964, (et déjà, dans les Origines du totalitarismes publié en 1951 elle en faisait état) et qu’à ce titre, on peut admettre soit qu’elle était visionnaire, soit que le concept de post-vérité remonte malheureusement bien plus loin que les lubies d’un Donald Trump adossées à l’exponentielle prolifération de la rumeur et de l’opinion indépendamment de tout fact checking que représente la Toile ; la post-vérité est la vérité de tout totalitarisme, autrement dit de toute politique où l’idéologie tend à se substituer intégralement au réel.

Petit guide de la « post-vérité ». Phil Venditti/Flickr, CC BY

Petit guide de la « post-vérité ». Phil Venditti/Flickr, CC BY

Totalitarisme dont l’école de Francfort, et Hannah Arendt elle-même montrent que certaines de ses tendances perdurent en démocratie, du fait de la structure de masse : la masse est la condition de possibilité du régime totalitaire, elle l’est aussi du capitalisme libéral – la publicité par exemple substituant là aussi à la valeur réelle d’une chose, une simple image, et peu importe que cette image soit fausse.

Source et à lire : Pour mieux saisir la post-vérité, relire Hannah Arendt

Source de l’image : https://flic.kr/p/Qw6qND

Lecture. « Héritage de ce temps », d’Ernst Bloch

Une extrême droite déjà au pouvoir dans certains pays d’Europe, et sur le point d’en conquérir d’autres. Des progressistes désemparés, convaincus de n’avoir pas eu totalement tort, mais ne sachant comment faire le tri entre erreurs stratégiques et perspectives d’avenir. On pourrait se croire en 2017. Pourtant, c’est la situation qu’Ernst Bloch (1885-1977) a sous les yeux en… 1935. A cette époque, le philosophe a une quarantaine d’années et déjà plusieurs livres à son actif. Il signe dans nombre de journaux, défend les avant-gardes, combat résolument le nazisme. Son singulier profil en combine plusieurs : marxiste hétérodoxe, esthète, visionnaire prophétique, écrivain flamboyant. En exil à Zurich, Bloch rassemble des textes épars sous le titre Héritage de ce temps. Le livre lui vaudra d’être déchu de la nationalité allemande, de trouver refuge aux Etats-Unis, où il rédigera son grand œuvre, Le Principe Espérance (Gallimard, 1991). Quatre-vingt-deux ans après sa parution, ce recueil réserve aux lecteurs bien des surprises. Roger-Pol Droit

KLINCKSIECK

Héritage de ce temps (Erbschaft dieser Zeit), d’Ernst Bloch, traduit de l’allemand et présenté par Jean Lacoste, Klincksieck, « Critique de la politique », 354 p., 25,50 €.

Source : http://www.lemonde.fr/livres/article/2017/01/19/thriller-essais-recit-quatre-conseils-de-lecture50650413260.html#TVMFgiKfA4W3fYVY.99

Chambres fédérales : Cesla Amarelle mène le bal sur l’Europe | La Liberté (16.01.2016)

Deux jours après la désignation de Cesla Amarelle par le Parti socialiste vaudois, le journal La Liberté, dans son édition de ce lundi,consacré un article à la première année de législature des Chambres fédérales et s'interroge sur le glissement à droite du Parlement. Parmi les parlementaires fédéraux déterminants dans la construction d'alliance, Cesla Amarelle se distingue concernant le dossier de l'immigration.

L'introduction en première page du dossier :

Les partis bourgeois ont la majorité au parlement fédéral, mais restent divisés sur plusieurs dossiers

Un glissement à droite tout relatif

BILAN Les groupes UDC et PLR disposent de la majorité absolue au Conseil national, depuis les dernières élections du 18 octobre 2015. Qualifié de «séisme», ce basculement ne se reflète pourtant pas systématiquement dans l’élaboration des lois.

CLIVAGE L’examen de quatre dossiers importants – la fiscalité des entreprises, l’énergie, les retraites et l’immigration – tempère les réalités arithmétiques. Les partis bourgeois se retrouvent souvent opposés les uns aux autres, nouant des alliances avec la gauche.

PORTRAITS Des parlementaires jouent un rôle déterminant pour former des alliances entre partis. Cesla Amarelle, Konrad Graber, Jean-François Steiert et Jacques Bourgeois se sont ainsi distingués pour leur activisme sur ces quatre dossiers emblématiques.

L'encadré en page 3 : CESLA AMARELLE MÈNE LE BAL SUR L’EUROPE

En tant que rapporteuse de la Commission des institutions politiques, la socialiste vaudoise a mené les discussions du Conseil national sur la révision de la loi sur les étrangers qui a introduit une forme de préférence indigène «light». Tout au long des débats, elle a fait usage de ses compétences de professeure de droit pour se livrer à un cours de droit constitutionnel à l’intention de l’UDC qui critiquait cette forme de mise en oeuvre de son initiative contre l’immigration de masse. Son argument: les initiants n’ont pas le monopole de l’interprétation; il convient de se livrer à une approche d’ensemble de la Constitution tenant compte de la concordance entre les différents articles. CIM

Keystone

La preuve par l'acte de sa capacité à construire des compromis dynamiques avec la droite.

Source : La Liberte

Le web et les réseaux sociaux, de bons thermomètres de l’opinion politique

Si la web analytics (l’analyse d’audience des sites) et le social media monitoring (l’analyse des données des réseaux sociaux) sont pratiquées couramment pour les entreprises, ces approches demeurent balbutiantes à des fins d’analyse sociopolitique. Pourtant, des données des sites et réseaux sociopolitiques sont disponibles qui permettent d’analyser de façon documentée cette arène importante du débat politique aujourd’hui. Les études empiriques diversifiées menées depuis l’été 2016 mettent en évidence la faisabilité, la crédibilité et l’intérêt de ces approches.

L'article de The Conversation s'intéresse à deux exemples récents :

  • la primaire française de la droite et du centre
  • l'élection présidentielle autrichienne.

Pour comprendre l’enjeu du débat, il faut préciser que la communication sur les social media se mesure de trois façons : l’audience, l’activité et l’engagement1.

Tant dans le cas de la primaire de la droite que de l'élection présidentielle autrichienne, l'engagement (le nombre de «j'aime», de partage, de retweet et de commentaires) est, pour Antoine Bevort, auteur de l'article, est l'indicateur le plus significatif et annonçait soit l'importante progression de François Fillon à fin octobre-début novembre que la victoire d'Alexander Van der Bellen à la présidentielle autrichienne. Alors même dans le deuxième cas que l'audience des deux sites des candidats donnait l'avantage à Norbert Hofer.

Les résultats du premier tour de la primaire du Parti socialiste français du 22 janvier prochain fournira un nouvel exemple concret en la matière. Actuellement, dans la primaire du parti socialiste en cours, Benoît Hamon suscite le plus d’intérêt à la fois par le rang de son site et le nombre d’interactions suscitées sur les réseaux sociaux.

A suivre donc, mais pour Antoine Bevort, "les deux exemples précédents rendent cette hypothèse plus crédible que les prévisions des sondages."

A suivre donc avec intérêt.

L'article : Le web et les réseaux sociaux, de bons thermomètres de l’opinion politique

  1. Les outils utilisés pour les différentes mesures sont le programme Alexa pour les données des sites, et Semrush pour les données sur les réseaux numériques. Les données d’Alexa permettent de classer les sites politiques, tandis que le Social Media Tool de Semrush fournit des données détaillées sur les réseaux sociaux.

Le Brexit ? « Beaucoup de bruit pour rien »… pas seulement

Voilà un avis qui a le mérite d’être clair concernant la question du Brexit :

Theresa May reprend un registre thatchérien de l’intransigeance, mais sans monnaie d’échange. Le Royaume-Uni n’est pas assis le cul entre-deux-chaises (« half-in half-out »), il est out et n’a rien à « négocier ». Paradoxalement, au-delà des apparences, le Brexit ne constitue pas un changement majeur des politiques européennes, car le Royaume-Uni n’est jamais entré dans les grandes politiques européennes depuis 1973. Pire, pour de nombreux Européens, le bilan britannique n’est guère reluisant et se résume, au mieux, à une perte de temps préjudiciable pour l’Union européenne.

Dans le même temps :

Toutefois, l’hypothèse d’une marginalisation totale politique, économique et culturelle du Royaume-Uni suite au Brexit est peu probable. Londres a su trouver des alliés ponctuels pour promouvoir durablement un certain nombre de politiques libérales partiellement populaires : la libéralisation du commerce et des services ; l’élargissement (l’ouverture à la Turquie, la libre-circulation des travailleurs polonais…) dont les nouveaux États-membres lui sont reconnaissants ; la limitation et la réorientation du budget européen avec la baisse de la part prépondérante de la PAC dans le budget européen ; la participation active à des projets de recherche scientifique. Le Royaume-Uni a même servi d’aiguillon pour des politiques parfois impopulaires qu’il avait le mérite d’endosser, comme les politiques commerciales.

Et donc au final :

le chemin pour sortir du Brexit sera long et la Révolution européenne tant attendue ne se fera pas en un jour et sans doute « avec » les Britanniques.

Source : Brexit : le Royaume-Uni sort, ses idées restent

14 janvier – Le triomphe des militant-e-s socialistes vaudois

Quel beau samedi après-midi à Clarens ! Cesla Amarelle a été désignée au premier tour et à 58% des voix par les délégués du Congrès du Parti socialiste vaudois.

Voici le ticket de l'alliance rose-verte #vd2017 photo: ARC via @PascalWassmer

Voici le ticket de l’alliance rose-verte #vd2017 photo: ARC via @PascalWassmer

Je n’avais jamais assisté à un Congrès d’une telle ampleur sur sol vaudois avec ses presque 500 délégués et à une telle manifestation de vitalité de notre parti.

Jeudi passé, un article du journal 24Heures donnait un aperçu qui se voulait moins rassembleur de la campagne interne :

Comme l’ont été Pierre-Yves Maillard en 2004 puis Nuria Gorrite en 2012, Cesla Amarelle se profile comme la candidate naturelle des socialistes. Or, la partie s’annonce plus compliquée que prévu. L’Yverdonnoise pourrait ne pas être choisie samedi lors du congrès d’investiture. Des manœuvres agitent les hautes sphères du parti. A bas bruit, elles semblent viser davantage à contrer Cesla Amarelle qu’à promouvoir une autre personnalité. Ce constat découle d’observations d’élus de gauche comme de droite. http://www.24heures.ch/vaud-regions/roses-hesitent-presenter-vraie-star/story/29172365

Les militant-e-s de ce parti dont je suis fier ont donné une toute autre image de l’engagement et des valeurs socialistes qui consistent à faire campagne pour et non contre quelqu’un. Que ceux qui n’ont pas respecté ces principes aient été désavoués est une excellente chose pour notre parti et la campagne qui s’annonce. Le résultat est net et sans bavure. Il honore la candidate, notre parti et nos militant-e-s.

Je salue les trois candidates à la candidature. J’ai eu le privilège d’assister à trois de leurs prestations devant les camarades des sections ou régionales. Toutes trois ont donné une excellente image du parti par leurs talents respectifs, leur attitudes respectueuses l’une envers l’autre et leur fairplay.

Tant Fabienne que Roxanne peuvent être fières d’elles-mêmes. Chères Fabienne et Roxanne ne prenez surtout pas votre résultat de samedi comme un désaveu de votre personne, de vos convictions ou de votre travail. Un immense merci pour votre engagement au service de notre parti et des citoyens de ce canton. Je me réjouis de chaque occasion future de vous côtoyer et plus particulièrement dans la campagne qui s’annonce.

Que rien ne soit venu déstabiliser Cesla Amarelle durant ces trois mois de campagne interne, qu’elle ait su garder une attitude positive et souriante ainsi qu’un discours clair et motivant donne un bon aperçu de la valeur de notre candidate et de sa stature de femme d’Etat.

Chapeau et respect, chère Cesla. Avec toi, le ticket socialiste et vert a fière allure. Il est motivant et mobilisateur pour tous nos militant-e-s. Ce ne sera que du bonheur que de faire campagne à tes côtés ainsi qu’aux côtés de Nuria, Pierre-Yves et Béatrice.

Depuis hier, j’en suis désormais convaincu : la campagne certes sera difficile, mais elle sera belle et couronnée de succès.