Qui vote pour l’AfD qui a devancé la CDU lors des élections régionales du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale?

À un an des prochaines législatives, Angela Merkel voit son parti, la CDU, être devancé par la droite populiste de l’AfD dans son fief de Mecklembourg-Poméranie occidentale, Land de l’ancienne Allemagne de l’Est coincé entre la mer Baltique et la Pologne. Qui vote pour ce parti ?

L’AfD s’implante partout en Allemagne. Plus à l’est qu’à l’ouest, certes. Dans les nouveaux Länder issus de la RDA, elle tend à supplanter la gauche radicale héritière du Parti communiste en tant que formation «tribunitienne». Elle n’aspire pas (pas encore) à participer au pouvoir, d’ailleurs personne ne songe à s’allier avec elle. C’est un parti protestataire qui profite de toutes les frustrations et tous les ressentiments… Elle prend des voix à tous les autres partis tout en profitant de la quasi-disparition du NPD, le parti néonazi, représenté depuis dix ans au Landtag de Schwering, éliminé lors de ce dernier scrutin. Elle est particulièrement représentée chez les ouvriers et les chômeurs, et dans la tranche d’âge de 30 à 65 ans. Une des caractéristiques de tous les partis populistes de droite en Europe.

Source : Lien

Les societes de Trump endettées de 650 millions

Les sociétés de Donald Trump ont un endettement cumulé d’au moins 650 millions de dollars, soit plus du double du montant annoncé par le candidat républicain dans le cadre de sa campagne, rapporte samedi le New York Times.

Parmi les créanciers de l’empire Trump figurent une des principales banques de Chine – pays que le candidat présente régulièrement comme l’ennemi commercial à soumettre – ainsi que Goldman Sachs, la célèbre banque d’affaires que Trump accuse d’avoir favorisé sa rivale Hillary Clinton.

Source : Les sociétés de Trump endettées de 650 millions | La Presse

Salman Rushdie : “Je ne veux plus être l’écrivain à la fatwa”

Avec Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, Salman Rushdie s’empare d’un récit fantastique et l’entraîne vers une fable politique, interrogeant notre civilisation partagée entre la rationalité et les déviances pseudo-religieuses. Rencontre à New York.

© Frankie & Nikki pour Les Inrockuptibles

© Frankie & Nikki pour Les Inrockuptibles

Vous écrivez que c’est la peur et l’envie qui poussent les hommes à se tourner vers la religion. Que pensez-vous de la résurgence du religieux aujourd’hui ?

C’est l’une des plus grandes surprises de ma vie. Quand j’étais étudiant à Cambridge dans les années 1960, personne n’y pensait. Le marxisme, le féminisme, le Vietnam, la marijuana étaient des sujets de conversation, mais pas la religion. Bref, on pensait que la religion s’était retirée de la vie publique, et j’ai vraiment cru que j’allais grandir dans ce monde-là.

Le retour de la religion a à voir avec des choses différentes : ce qui arrive en Iran n’est pas la même chose que ce qui arrive en Arabie Saoudite ou au Pakistan, même si c’est lié. C’est en partie dû à la géopolitique. On peut se demander : et si l’Occident n’avait pas destitué le shah, aurait-on eu Khomeiny ? Et si Blair et Bush n’avaient pas menti au sujet des armes en Irak, et s’ils ne nous avaient pas amenés à faire une guerre qui dure encore ?

Sauf que ça ne sert à rien de s’interroger sur ce qui n’a pas existé. Dans la vraie vie, j’évite ce genre de questions. Mais dans mon livre, notre époque devient le “temps des étrangetés”, car c’est exactement ce nous traversons : le monde devient étrange pour nombre d’entre nous. Il change non seulement très vite, mais aussi radicalement.

Dans votre livre, vous rappelez que l’islam peut produire de très belles choses, comme des contes, mais aussi de la philosophie…

Je ne suis pas un fan de religion, à commencer par l’islam, et j’ai de bonnes raisons pour cela. Si j’ai mis en scène le personnage d’Ibn Rushd, qui deviendra le philosophe Averroès, c’est parce qu’il aura plus d’influence pour l’Occident que pour l’islam.

Il s’est toujours défini comme croyant et pratiquant, mais c’était un esprit éclairé, qui a essayé, il y a plus de huit siècles, d’y intégrer les idées d’Aristote, c’est-à-dire du rationnel, de la raison. Mais ce qui s’est produit au XIIe siècle, c’est que l’interprétation obscure, régressive de l’islam a triomphé d’une autre, progressiste. Je pense que ça commence vraiment là.

Source : Les Inrocks – Salman Rushdie : “Je ne veux plus être l’écrivain à la fatwa”

Elisabeth Badinter: «La burqa procure un sentiment de jouissance» | LeMatin.ch

Quand on s’invite chez la philosophe Elisabeth Badinter pour parler du port de la burqa, elle répond: «Je vous attends de pied ferme.» Depuis la première polémique en France sur le voile à l’école en 1989, la défenseuse de l’égalité et de la laïcité n’a jamais baissé pavillon. Il y a quatre ans, elle signait dans la presse une petite chronique incendiaire à l’adresse des femmes qui portent volontairement la burqa: «Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact…?» Un texte qui fait encore le buzz aujourd’hui en France où malgré les lois, rien n’est réglé. Extrait de l’interview du Matin.

Image: Sébastien Anex

Vous insistez sur le fait que le vêtement crée une inégalité entre les hommes et les femmes. C’est pour cela que ça énerve tant la féministe que vous êtes?

C’est la raison qui m’a fait monter au créneau quand on a vu les premières burqas en Afghanistan, en effet. La femme est immédiatement désignée comme la source du péché de l’homme: cache ton visage pour ne pas me provoquer! C’est totalement inégal. Cela me fait penser à l’interdiction de la prostitution: les femmes deviennent responsables du péché des hommes. Il n’y a plus du tout d’équilibre entre les sexes. C’est la rupture absolue du chemin vers l’égalité auquel, nous, dans notre culture, nous tendons.

Si vous êtes aussi virulente dans ce combat contre la burqa, est-ce parce qu’il est au carrefour de deux de vos convictions: l’égalité entre hommes et femmes et la laïcité?

Parfaitement. Je double ma virulence.

Lequel de ces deux combats vous tient-il le plus à cœur?

Question difficile. La laïcité, je crois. Enfin: je trouve que le combat pour les femmes a bien avancé en trente ans. Il y a encore à faire, mais j’ai confiance. On va vers le mieux. Tandis qu’avec la laïcité, on va vers le pire. Je crois que les deux sont liés. Il faut une société laïque pour que les femmes puissent conquérir toutes leurs libertés et l’égalité avec les hommes. C’est peut-être parce que ce combat pour la laïcité me semble, je ne vais pas vous dire perdu, mais en grand danger que je suis si en colère sur cette affaire. Et tout ça, en plus, et ça me déchire, avec la participation active de la gauche, voire de l’extrême gauche.

L’interview intégral : Elisabeth Badinter: «La burqa procure un sentiment de jouissance» | LeMatin.ch

Image : Sébastien Anex

14.08.2016 : Complément la position de Pierre-Yves Maillard relativement à l’initiative de l’UDC sur l’interdiction de la burqa. Une position que je partage :

Je ne serai pas de ceux qui combattront cette initiative. Le Parlement ferait d’ailleurs mieux de régler la question et d’éviter ainsi une votation dont le résultat ne fait pas beaucoup de doute. Au-delà de cette question quand même anecdotique se joue autre chose. La gauche se voit sou vent comme une alternative à notre société. La droite, elle aussi, ne la défend plus. Elle la critique comme trop sociale et veut plus de marché, moins de protection. Il ne reste pas grand monde pour défendre nos sociétés telles qu’elles sont aujourd’hui. Quand elles ne sont pas attaquées, ce n’est pas trop grave. Mais, quand c’est le cas, il faut que les grandes forces s’unissent pour défendre l’essentiel. Or il y a une partie de la population qui peut témoigner que notre société mérite d’être défendue contre le retour en arrière. Ce sont les femmes. Il faut interroger nos mères ou nos grands-mères sur l’interdiction de porter le pantalon, d’aller à la même école que les garçons, de faire des études, de signer un contrat, de voter… Elles ont connu ça! Il y a beaucoup de choses bien qui ont été faites dans nos démocraties. A commencer par les libertés des femmes et des corps. Alors ne transigeons pas trop avec ça. Ces conquêtes sont fragiles, car rien n’est mieux toléré que l’oppression des femmes. Si ce qu’elles subissent dans certains pays touchait des groupes de population mixtes, l’ONU et les meilleures consciences du monde se seraient déjà soulevées…

http://www.lematindimanche.ch/read/ch.lematindimanche.ipad.LMD201…rai-pas-de-ceux-qui-combattront-l-initiative-antiburqa-652113926

En quinze jours, les chances de Trump d’être élu sont passées de 50% à 15% | Slate.fr

Le changement a été assez drastique. En deux semaines, le site spécialisé dans l’analyse des sondages FiveThirtyEight a fait passer, dans l’un de ses modèles statistiques, les chances de Donald Trump de remporter l’élection présidentielle américaine de près de 50% le 30 juillet à moins de 15% ce 11 août. Le site fondé par Nate Silver n’est pas le seul à donner si peu de chances au candidat républicain de remporter l’élection en novembre, mais contrairement à The Upshot, le blog spécialisé du New York Times, FiveThirtyEight était jusqu’ici bien plus optimiste pour Donald Trump.

The Upshot
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Game of Thrones et la politique américaine de 2016

Pour Emily Nusbaum du New Yorker, la saison 6 de Game of Thrones est, par plusieurs aspects, une allegorie de la politique americaine de 2016 :

Season 6, which ended Sunday, has felt perversely relevant in this election year. ILLUSTRATION BY SAM BOSMA

ILLUSTRATION BY SAM BOSMA

«Season 6 … felt perversely relevant in this election year. It was dominated by debates about purity versus pragmatism; the struggles of female candidates in a male-run world; family dynasties with ugly histories; and assorted deals with various devils. George R. R. Martin surely didn’t intend his blockbuster series of fantasy books … to be an allegorical text for U.S. voters in 2016. But that’s what you get with modern water-cooler dramas, which so often work as an aesthetic Esperanto that lets us talk about politics without fighting about the news.»

Lire l’article : The Westeros Wing – The New Yorker

De l’espoir à la déprime à la soirée de “Podemos Paris”

Les représentants parisiens de Podemos organisaient dimanche 16 juin une soirée électorale au Lieu-Dit dans le XXe arrondissement. De l’espoir à la joie, la soirée s’est finalement terminée par un coup de massue.

À 22 heures, la salle se tait pour écouter la première réaction de Podemos par la voix d’Íñigo Errejón, le  numéro 2 du parti, qui va droit au but : cette soirée est une déception. La plupart des bulletins ont désormais été dépouillés et le nombre de sièges gagnés est fixé à 71, soit seulement deux de plus qu’en décembre malgré l’union avec la gauche radicale, et, du fait d’une surprenante abstention, le parti perd un million d’électeurs, là où il avait prévu d’en gagner un million. Il n’y a presque plus aucun chance que Podemos participe au futur gouvernement espagnol.

Lire le compte-rendu : http://www.lesinrocks.com/2016/06/27/actualite/chaud-froid-ont-souffle-a-soiree-de-podemos-paris-11849935/